Affichage des articles dont le libellé est Premiers soins. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Premiers soins. Afficher tous les articles

mardi 10 mai 2016

RETEX Equipes Médicales- Attentats du 13 novembre 2015




Retour d’expérience des attentats du 13 novembre 2015:
Prise en charge secouriste et interactions avec les équipes médicales



- Résumé

Les attentats de Paris du 13 novembre 2015 ont confronté les secours à de nouvelles problématiques: l’engagement des secours en zone non sécurisée, le très grand nombre de victimes civiles présentant des blessures de guerre, une stratégie d’évacuation adaptée à cette situation de catastrophe à effet majeur. 


Pour la première fois en France, le concept tactique du « plan rouge alpha » a été appliqué: triage médical, damage control préhospitalier, médicalisation uniquement des urgences absolues le nécessitant et transport rapide vers les centres hospitaliers. Ces principes de sauvetage au combat ont permis de sauver le maximum de vies.

Mots clés
Triage · Damage control préhospitalier · Premiers secours


- Introduction

Au quotidien comme en situation de catastrophe, la survie des victimes est souvent conditionnée par la réalisation de gestes adaptés dès les premières minutes après la blessure. En situation d’attentats, les équipes secouristes des sapeurs-pompiers sont ainsi en première ligne pour extraire les blessés exposés à une menace persistante, assurer leur survie jusqu’à l’arrivée des équipes médicales et préparer au mieux leur prise en charge et leur évacuation rapide.

Lors des attentats du 13 novembre 2015, le nombre de victimes, leur dispersion sur de multiples sites et l’insécurité persistante ont rendu d’autant plus complexe l’organisation initiale des secours. Cent vingt-cinq engins de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), armés par 430 secouristes et renforcés rapidement par de nombreuses équipes d’associations agréées de sécurité civile (Protection civile, Croix Rouge, Ordre de Malte notamment) ont dû assurer la prise en charge initiale de 381 victimes en zone d’insécurité. 


Les premiers retours d’expérience ont permis de confirmer l’importance de certaines actions et de mieux décrire les difficultés rencontrées.


- Prise d’appel et engagement des secours

S’ajoutant aux difficultés inhérentes à la réception d’un très grand nombre d’appels en quelques minutes, la dispersion de plusieurs centaines de victimes de fusillade dans un même arrondissement a confronté les centres de réception des appels d’urgence à des enjeux particuliers: identifier les sites concernés malgré la diversité des adresses données par les requérants, centraliser rapidement les informations relatives à la menace pour guider au mieux les équipes vers des zones aussi sécurisées que possible et prodiguer aux requérants des conseils téléphoniques adaptés: confinement, fuite, conseils pour tenter de stopper les hémorragies externes...


- Arrivée sur place des équipes secouristes

Le 13 novembre, les secours ont été confrontés à deux types de menace: une menace potentielle, les terroristes ayant a priori quitté les lieux mais n’étant pas localisés par les forces de police, et une menace réelle, au Bataclan, où certaines équipes secouristes de la BSPP ont été directement prises à partie (impacts de balles sur les engins), d’autres ayant continué leur progression malgré les tirs difficilement localisables.

L’enjeu était alors de concilier efficacité des secours et engagement en sécurité. Le bilan d’ambiance réalisé par les premières équipes a permis d’adapter au mieux l’engagement des équipes suivantes en fonction de la victimologie (nombre de patients classés urgences absolues [ UA ] et urgences relatives [ UR ] ) et du contexte tactique (zonage, axes dangereux...).

La réalisation d’une zone de déploiement initiale, en particulier sur le site du Bataclan où les victimes étaient très dispersées et où un danger persistait (terroristes toujours sur les lieux contrairement aux autres sites) a permis de coordonner l’engagement interservice des moyens depuis une zone sécurisée à proximité de l’intervention.  


Le risque de sur-attentat ou d’agression envers les équipes préhospitalières étant une préoccupation majeure, des « petites norias » ont été réalisées sous la protection de la police afin de mettre en sécurité victimes et secours.


- Réalisation de gestes de survie

Les victimes de fusillade s’apparentent par de nombreux aspects à des blessés de guerre. En zone non sécurisée, les seuls gestes réalisables sont des gestes de sauvetage. 


Après mise à l’abri, les enseignements du sauvetage au combat et les retours d’expérience de nombreux attentats soulignent les enjeux prioritaires que sont, sur le plan secouriste, l’arrêt des hémorragies externes, la libération des voies aériennes supérieures, la gestion des plaies thoraciques (position, pansement « 3 côtés »...) puis la prévention de l’hypothermie.

Le regroupement des victimes et une première catégorisation en UA et UR facilite ensuite la prise en charge médicale et le début des évacuations.

Depuis de nombreuses années, la BSPP forme ses secouristes à l’utilisation de garrots et de pansements compressifs d’urgence. Chaque engin de prompt secours peut prendre en charge quatre à cinq victimes présentant une hémorragie en fonction de leurs lésions. 


Le 13 novembre 2015, devant le nombre de victimes et la présence pour chacune d’entre elles de plusieurs lésions hémorragiques, les moyens de contrôle de l’hémorragie ont rapidement été consommés. 

Depuis les attentats de janvier 2015, la BSPP avait engagé une réflexion sur l’évolution du matériel d’arrêt des hémorragies mis à disposition dans ses engins de premier secours. S’inspirant de l’expérience du service de santé des Armées en opérations extérieures, ces travaux ont conduit à l’élaboration d’une trousse « Hémorragies en situations d’exception » pour venir compléter le matériel en dotation courante. 

Cette trousse est actuellement en dotation dans tous les engins de la BSPP. Elle comprend notamment deux garrots tactiques tourniquets (en complément de ceux du sac de secours et du véhicule) et un pansement hémostatique de type Quikclot Gauze®.



- Contact médical et évacuations

Dès que possible, la prise en charge médicale des blessés graves fait suite aux gestes secouristes. Lorsque le nombre de blessés graves dépasse largement le nombre d’équipes médicales, le choix de faire évacuer certains blessés par des véhicules non médicalisés peut permettre de ne pas retarder leur admission en milieu hospitalier. Le concept tactique du « plan rouge alpha » prévoit ainsi que l’ensemble des patients classés UA (incluant les extrêmes urgences [ EU ] et les premières urgences [ U1 ]) bénéficie d’un tri et d’un conditionnement médical, puis que le transport des EU soit effectué par des équipes médicalisées et celui des U1 éventuellement par des équipes secouristes après réalisation des gestes médicaux nécessaires. 


Dans ce même plan, la séparation des UR en U2 et U3 permet d’accélérer les évacuations en assurant le transport des patients les moins graves par bus collectifs vers des services d’urgence si possible à distance de l’événement.


L’application de ces principes s’est avérée particulièrement adaptée aux événements dramatiques du 13 novembre, permettant aux équipes médicales déployées sur les différents sites d’adapter la prise en charge et l’évacuation de chaque blessé en fonction de la nature de ses lésions, des ressources disponibles (nombres d’ambulances médicalisées, nombre de véhicules de secours aux victimes [ VSAV ], renforts en bus collectifs) et du contexte tactique évolutif (menace persistante, possibilité de faire accéder des équipes supplémentaires...).

En complément, les caractéristiques spécifiques d’une fusillade en milieu civil ont conduit les équipes à s’adapter à deux contraintes majeures; une très importante proportion de victimes catégorisée UA en comparaison à d’autres types de situations civiles (attentats par explosion...) ou militaires (victimes bénéficiant de protections balistiques) et une insécurité persistante compliquant l’arrivée des véhicules de renfort et l’organisation du tri puis des évacuations.

Un triage simplifié a dans ce contexte été réalisé par plusieurs médecins avec catégorisation de la façon suivante: UA pour les victimes blessées au thorax, à l’abdomen et/ou en choc hémorragique, UR pour les autres victimes y compris les plaies de membres garrotées. 


En raison du nombre initialement insuffisant d’équipes médicales sur plusieurs sites et des délais nécessaires pour faire accéder les renforts, le choix a souvent été fait de privilégier un transport rapide par des équipes secouristes vers des structures hospitalières adaptées. En effet, dans les 20 à 30 premières minutes de l’événement, il faut souligner que certains engins de prompt secours n’ont pas pu être renforcés par des équipes médicalisées, soit parce qu’ils ne pouvaient pas attendre leur arrivée car ils étaient sous le feu, soit parce qu’il n’y en avait pas de disponibles immédiatement, ou que leur accès était rendu difficile par la manœuvre de police. Dans ces situations, le choix médical (directeur des secours médicaux ou salle de crise santé de la BSPP) d’une évacuation rapide a parfois semblé la meilleure solution en termes de balance bénéficie/risque pour la survie des victimes.

Par ailleurs, la réalisation de colonnes d’évacuation avec un moyen médicalisé pour plusieurs VSAV et escorte policière a parfois semblé intéressante pour mutualiser tant la protection policière que les équipes médicales, sous réserve de ne pas retarder l’évacuation des blessés graves. Chaque engin de premiers secours assurait alors le transport de 3 à 4 UR ou 1 UA et 1 UR. Une équipe médicale effectuait la surveillance et les soins en cours d’évacuation de l’ensemble de la colonne.


- Conclusion

L’action rapide des équipes secouristes participe à la survie initiale des blessés tout en favorisant leur prise en charge médicale et leur évacuation. En situation de catastrophe, une parfaite coordination entre ce premier maillon, les servi-
ces de police, les équipes médicales préhospitalières puis les hôpitaux fait partie des conditions indispensables à une prise en charge efficace de chaque blessé.


M. Franchin · B. Frattini · F. Briche · S. Travers · M. Bignand · J.-P. Tourtier
Reçu le 8 janvier 2016 ; accepté le 13 janvier 2016
© SFMU et Lavoisier SAS 2016
>> Lien vers les autres Retour d’expérience des attentats du 13 novembre 2015.

mardi 28 octobre 2014

La Violence de Rue


- La violence peut survenir n'importe ou et a n'importe quel moment. Dans la rue, dans le métro  au travail, dans la cage d'escalier, au restaurant... 
Etes-vous prêt physiquement et psychologiquement a y faire face ? A vous défendre ? A venir en aide a une victime ? A contrôler un agresseur ultra violent ?

- La police et les "professionnels de la violence" ne sont que très rarement présent dans l'instant. Si une minute ou deux parait très court au quotidien, pour la victime, ces secondes sont souvent interminables et fatales.

- Les citoyens…c'est a dire vous et moi…sommes toujours les premiers "au front". Nous sommes le premier rempart capable d'exercer une influence plus ou moins importante sur nos environnements, et par défaut, nous sommes souvent le premier "policier", le premier "pompier", le premier "docteur". Etes-vous prêt physiquement et psychologiquement a faire face ? A gérer ? 

- Si l'attitude et la fortitude d'esprit sont les bases de notre résilience, de notre survie, il n'en est pas moins que les outils peuvent ici faire toute la différence, ne serait-ce que pour venir renforcer et soutenir nos appuis psychologiques: Gazeuses, telescos, kubotans, lampes tactiques, parapluies…sont des outils capables d'incapaciter ou de freiner un agresseur, sans pour autant forcer le contact rapproché avec lui, et/ou dépendre d'une certaine force physique pour stopper une agression.

- Pourquoi avoir une formation aux premiers secours, des gants en Nitrile dans la poche, une trousse de premiers soin ou un TRAUMA KIT en EDC ? Pour se donner les moyens d'assister une victime, et peut être faire la différence. Notons que la victime sur cette video n'est prise en charge par PERSONNE ! Elle s'effondre au sol SEULE, sans aucun soutien psychologique ou physique.

Il y aurait d'autres points et d'autres observations…mais au final, ce genre de video me parait importante a diffuser et partager, pour peut être réaliser le potentiel de violence présent dans nos sociétés, et les réalités concernant la confrontation physique.


Stay Safe.




jeudi 9 octobre 2014

Sauver des Vies - Le Trauma Kit




1- Pansement Compressif OLAES 4"



2- Eponge hémostatique (QuikClot)




3- SOF Tactical Tourniquet - W (Wide)



4- Pansement occlusif / non-occlusif


5- Le matériel de Support
- Adhésif (Duct Tape)
- Gants Nitrile (x2)
- Paire de Ciseaux d'Urgence
- Sharpie



6- Les Options
- Canule Nasopharyngée de 28FR
- Z-Pack
- Frontale



lundi 25 août 2014

Une Introduction a la Pharmacie Familiale



Pour continuer d'alimenter la réflexion résiliante et la base de données autonomistes qu'est ce blog, j'ai fait appel a un infirmier pour qu'il nous parle de sa vision de la pharmacie familiale, et plus particulièrement des médicaments qu'il considère important de posséder dans le cadre d'une rupture ou d'un effondrement de la normalité.

Merci a lui.




Infirmier depuis 7 ans dans un des plus gros services d'accueil des urgences de France (70 000 patients / an), diplômé universitaire infirmier en Médecine d'Urgence et en Médecine de Catastrophe, je ne suis pas un Survivaliste, loin de la, mais un quidam tombé par hasard sur ce blog, la tête remplie de préjugés: types barbues, paramilitaires et paranoïaques enfermés dans un bunker attendant patiemment la fin du monde pour pouvoir enfin dire "j'avais raison !". Un cliché, véhiculé par les quelques médias s'intéressant de loin au phénomène pour combler leur édito du lendemain.



Puis j'ai parcouru le blog. Par curiosité d'abord, puis rapidement par admiration pour ce courant de réflexion, et du sens aiguë de l'anticipation requit pour s'y tenir. 
Rapidement, on se met a se placer soit même au centre de ce "Conditionnel Futur", regardant derrière lui son chez soi, en se posant la question : "et si ça m'arrivait un jour ?".

J'invite le futur lecteur qui tombera par hasard sur ce blog, comme moi, a laisser ses aprioris de coté et se laisser porter par le flot de pensées induites par les différents articles, a se poser lui aussi la question..."et moi, ou en suis-je ?".
Je ne parle pas de catastrophes mondiales ou interplanétaires, non, je parle simplement de la coupure d'eau et d'électricité pendant quelques jours, ou la petite catastrophe naturelle annuelle. Combien d'entre nous aurait de quoi y faire face ?







Il apparait clairement que nous sommes comme ces poulets en batterie, bien sagement rangés dans nos appartements, nourris au grain par les supermarchés, dépendant de tout, dépendant de tous.

Energie, eau, nourriture, sécurité, nous sommes même dépendant de nos toilettes et de nos poubelles !...Nous pensons être libre, nous pensons avoir le choix mais finalement, on se rend vite compte que nous sommes simplement tous branchés a un cordon ombilical fragile nous reliant a notre société...et pour prendre une métaphore un peu glauque, si maman meurt...bébé meurt...



On pourra me dire "alors? Après la lecture de ce blog, es-tu prêt a toutes éventualités ? Es-tu Autonome et indépendant ?".
Non, je n'ai pas acheté de couteau de survie, non je n'ai pas investi dans une bâche bleu (fort pratique) ou un réchaud a gaz. Non, la transformation ne peut pas être radicale, du moins chez moi, mais la prochaine fois que vous irez faire vos courses...vous achèterez peut être ces bougies en promo, quelques conserves en plus ou cette lampe de poche. Vous ferez peut être, comme moi, une trousse de soins digne de ce nom ou garderez un briquet dans un coin de vos tiroirs en vous disant simplement "au cas ou". 

Si vous faite ça, si vous vous posez la question, c'est qu'une petite part de Survivalisme s'est accrochée a vous.




Je pense que l'on peut adapter sa pharmacie selon quelques critères simples en se posant les bonnes questions:

- A qui s'adresse cette pharmacie: enfants ? Adultes ? Personnes âgés ? Pathologies connues ? 
Que vous soyez seul, en couple ou en famille, n'oubliez pas que chaque personne, en fonction de son état de santé et/ou de son âge, aura des besoins et des problèmes parfois spécifiques.

- Quels sont les risques les plus probables auxquels je vais être confronté ? Leur fréquence ? il est évident que nous avons plus de chance de se casser une cheville ou d'attraper un rhume, que de se faire transpercer par une lance. 

- Quels sont les risques plus spécifiques a certaines situation dégradées ?

- Quel est mon environnement ? La nature de la pharmacie dépend du lieu d'habitat: foret, jungle, montagne, urbain ect. On ne possédera pas exactement la même pharmacie que l'on vive dans une grande ville d'Afrique sub saharienne, en milieu rural trans sibérien ou a Paris.




Ma pharmacie permet de traiter énormément de petits bobos, et beaucoup moins les traumatologie graves. 

Il faut garder en tête que certaines pathologies, qui, si elles ne sont pas traitées par une équipe médicale dotée de moyens importants ou par des gens possédants des compétences spécifiques, entraineront inévitablement votre mort.

Je souligne ce fait car en lisant divers commentaires ici et la, j'ai pu constater que certains ont une image biaisée de la médecine de guerre et/ou de catastrophe, souvent véhiculée par le cinema ou la télé. 
Car non, on ne peut pas guérir d'une balle de .45 dans le ventre avec un bout de fil, un multitool et une bouteille de whisky !
Non, on ne retire pas un bout de métal d'une cuisse en s'imaginant que cela va se guérir tout seul avec un bout de DuctTape.





A titre personnel, en cas de rupture ou d'effondrement de la normalité, une simple bronchite me préoccupera bien plus qu'une jambe cassé.
Sur la même ligne, les menaces majeurs de type NRBC, a moins de posséder un bunker ultra équipé, tout ne sera qu'une question de temps avant que la mort vienne vous chercher...inutile d'encombrer votre pharmacie avec des produits ultra spécifiques, ultra chers, ultra complexes….et ultra difficile a se procurer. 

Il faut rester simple et humble face a nos limites.



La question du volume se pose aussi. Une pharmacie oui, mais pour quelle durée d'autonomie ?
Avec une pharmacie bien remplie, au vu du faible volume des médicaments et hors pathologies infectieuses, celle-ci peut être capable de fournir une autonomie conséquente. La notion d'autonomie est donc directement liée aux quantités stockées.

En ce qui concerne les médicaments, la question du mode d'administration peut se poser et nécessitera, dans les cas les plus graves, de savoir les passer en intraveineux.



Pour composer sa pharmacie, il faut avoir un raisonnement finalement très pragmatique, et concentrer nos efforts sur des médicaments pouvant réellement, dans un contexte d'effondrement, faire toute la différence et sauver des vies.

1- Les Antibiotiques.




Les antibiotiques devraient être stockés en quantités importantes. Par exemple, une cure d'amoxicilline peut durer de 7 a 10 jours. 
L'amoxicilline est l'antibiotique le plus couramment utilisé, notamment chez les enfants, car elle présente une bonne absorption par voie orale, un spectre d'action antimicrobien large et un coût faible.
L'amoxicilline fait partie de la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé (Voir la liste complète ici). 


2- Antihistaminiques + corticoide + Adrénaline auto-injectable.




En cas de réaction allergique et plus précisément de choc anaphylactique, la base est ici l'adrénaline auto-injectable, utilisé pour injecter une dose d'epinéphrine pour éviter le choc anaphylactique. Les noms commerciaux de ces injecteurs sont EpiPen, Anapen et Twinject.

Pour le reste, il faut certaines compétences et techniques avec poses de perfusion et adrénaline IV ect, ce qui devient vite compliqué pour des gens sans aucune formation médicale.


3- Bronchodilatateur type Ventoline:




En cas de crise d'asthme (entre autre).


Voila les seuls médicaments INDISPENSABLES PER OS que j'intégrerai a ma pharmacie familiale.


Apres...on trouvera toute la panoplie suivante, toujours PER OS:

4- Antalgique vrai:  
           
- Paracetamol ( antipyrétique aussi).
- Tramadol.
- Codeine.
- Nefopam / Nubain.

A noter : le cannabis est un excellent anti-douleur et facile a faire pousser (toujours dans notre contexte d'effondrement de la normalité).


5- Anti-Inflammatoire: 

Attention a ne pas prendre ces médicaments n'importe comment car ils peuvent faire "flamber" une infection. A préconiser dans les douleurs rhumatho/ortho (fracture par exemple) et indispensable dans les coliques néphrétiques.


6- Anti-Spasmodique / Anti-emetique / Anti-meteorisme / Levure / IPP (anti-acide): 

Pour les douleurs abdominales, les gastro-entérites, les "touristas" des eaux polluées. (Ne pas oublié hydratation +++ et antipyrétique si besoin - attention aux anti-diarrhéiques).


7- Anxiolitique / hypnotique: 

Il ne faut pas sous estimer l'importance d'un sommeil de qualité, peu importe l'endroit ou les circonstances. Stilnox (Zolpidem) car inducteur de sommeil ( reste 2h dans le sang ), Atarax (hydroxyzine) car anxiolytique ET antihistaminiques ou encore Xanax, Lexomil et Seresta…peuvent jouer un rôle important dans notre contexte d'effondrement.

A noter, pour pousser la réflexion plus loin, les techniques de sommeil avancé utilisées par l'armée et les navigateurs en solitaire.


8- Aspirine Dosée a 500mg:

En cas de douleur a la poitrine chez une personne a risque cardiaque.


Voila c'est a peu prêt tout ce que je conseil pour un quidam sans formation médicale et PerOs en sachant qu'il serai judicieux, en plus des médicaments, de posséder des bases en premiers soins, et un résumé de cette liste avec, en bref, les posologie (pédiatrique aussi), les indications et les contres indications, le tout sur un support plastifié accroché a la pharmacie.




Je profite de l'espace d'expression qui m'est offert (merci vol) pour faire une petite parenthèse concernant les masques de protections, qui devraient, eux aussi, intégrer nos pharmacies.




Nous distinguons 3 types de masque FFP (Filtering Facepiece Particles, pièce faciale filtrante contre les particules), correspondant a 3 niveaux de protections:

1- Le masque FFP1:




Il s'agit du masque le moins filtrant des trois.

Pourcentage de filtration d'aérosols : 70 % au minimum.
Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 22 % au maximum.

Ce masque est principalement utilisé comme masque anti-poussières (très efficace pour le bricolage ou travaux divers). Les poussières peuvent en effet causer des maladies pulmonaires, telles que la silicose, l'anthracose et la sidérose (plus particulièrement les poussières de charbon, silice, minerais de fer, zinc, aluminium ou encore le ciment).

2- Le masque FFP2:




Pourcentage de filtration d'aérosols : 94 % au minimum.
Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 8 % au maximum.

Ce masque permet une protection dans divers domaines tels que l'industrie du verre, la fonderie, le bâtiment, l'industrie pharmaceutique et l'agriculture. Il arrête en effet les substances chimiques en poudre. Ce masque peut aussi servir de protection contre les virus grippaux comme la grippe aviaire, la grippe A (H1N1) ou le SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère). Il protège également de la tuberculose.

3- Le masque FFP3: 




Pourcentage de filtration d'aérosols : 99 % au minimum.
Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 2 % au maximum.

Le masque FFP3 est le plus filtrant des masques FFP. Il protège des très fines particules comme l'amiante par exemple.


Avec ou sans soupape ?



L'utilisation d'une soupape doit être vue comme un élément de confort pour la respiration. Grâce à l'expiration facilitée par la soupape, l'humidité qu'elle contient se condense moins dans le masque et risque moins de se déposer dans le filtre, qui devient moins perméable et désagréable à porter. 

Néanmoins, son ajout comporte le risque de mal fonctionnement donc un risque d'infiltration du virus ou de poussières toxiques. Si les avantages et les désavantages des soupapes s'équilibrent à peu près pour les masques FFP1 et FFP2, la durée d'utilisation doit également être prise en compte. Pour les FFP3, l'utilisation d'une soupape est préférable, puisque doté de couches filtrantes très épaisses, ce qui rend la respiration plus difficile. C'est pourquoi la majorité de ces masques est proposée avec une soupape intégrée.  


Pour finir, j'ai envie de conclure par la célèbre maxime "mieux vaut prévenir que guérir". Désinfecter une plaie pour ne pas qu'elle s'infecte, décontaminer correctement l'eau pour ne pas avoir la chiasse, posséder un minimum de solutions familiales pour ne pas dépendre d'un service de santé fragile et parfois incapable de pleinement fonctionner…



Pourquoi ? Car je confirme qu'en cas de force majeur, je serai le premier a abandonner mon poste pour aller m'occuper de ma famille, et il en va de même pour une grande partie des médecins, infirmiers, pompiers, gendarmes, policiers...vous, vous resteriez au bureau a finir vos dossiers si vous saviez votre famille en danger ? A méditer...

lundi 14 juillet 2014

Le Survivalisme et la Médecine en Milieu Naturel





Quelque soit notre environnement, notre projection économique ou nos préoccupations intimes, l'intention de résilience commence souvent par les mêmes fondations: l'eau, la nourriture, l'énergie, la protection personnelle, l'hygiène et finalement tout ce qui concerne l'univers plus ou moins complexe et dense de "la médecine".

Ces cinq chaines d'encrage (l'hygiène et la santé étant des sphères considérées comme liées et faisant parties d'un même rayonnement), composées de plusieurs maillons et capables de stabiliser notre navire familiale, ont la particularité d'exercer une influence systématique sur la qualité de nos vies au quotidien.

En ce qui concerne la médecine, qu'elle soit de connaissances hyper développées ou des plus basique et expéditive, apprendre a gérer une tension d'ordre médicale me parait être incontournable aujourd'hui, même si cette gestion s'arrête au déclenchement des secours a l'aide de notre téléphone portable, et au support psychologique de la victime: "Bonjour Mr./Mme, mon nom est volwest, ne vous inquiétez pas les secours sont en route, nous allons les attendre ensemble et tout va bien ce passer".



Que nous soyons en voiture, dans le métro, a la maison, au travail, en vacance ou dans les bois, une multitude d'urgences plus ou moins déterminantes peuvent survenir a l'intérieur même de notre cercle d'influence immédiat.
Chutes, malaises, accidents de la route et blessures, l'urgence médicale est une réalité omniprésente, et un risque bien plus important et surtout constant qu'une guerre nucléaire, un effondrement économique global ou une éruption solaire "fin du mondiste".



Simplement, les probabilités de devoir gérer une blessure, une crise cardiaque ou un accident de la route restent beaucoup plus importantes aujourd'hui que de succomber a la faim durant une guerre civile.





Si l'urgence médicale "quand tout va bien et dans un pays civilisé" est généralement d'une réaction étatique positive et immédiate (Pompier / SAMU / Hôpital en moins d'une heure), durant une situation chaotique de rupture de la normalité (inondation, black out, incident technologique…), ou la totalité de la machine médicale est souvent débordée, stressée, et ou la communication, et donc la coordination est difficile voir inexistante, l'urgence médicale peut vite devenir un cauchemars.



Durant les Ouragans Sandy et Katrina par exemple, les hôpitaux ont été systématiquement fermés après ne plus pouvoir produire d'électricité, les patients refusés, les équipes d'urgence immobilisés, et plus généralement, l'accès aux soins est rapidement devenu difficile et lent.



Routes impraticables - Ouragan Sandy - New York

Perte de l'électricité et Evacuation des patients dans un hôpital de NY durant l'Ouragan Sandy.

Chambre d'hôpital après l'ouragan Katrina - Nouvelle Orleans.


Mais il y a d'autres situations, ou environnements, qui d'une certaine manière mimiquent un accès difficile, lent, voir impossible, a nos hôpitaux ultra modernes et efficaces.

Le milieu naturel est par définition un environnement plus ou moins imperméable a l'efficacité de la machine médicale et toute sa lourdeur "techno-dépendante". Dans certaines régions, l'accès est difficile, la communication impossible, et la prise en main professionnelle des plus rudimentaire a plusieurs heures de marche.






Un ami français et ancien Chasseur Alpin vivant dans le Montana connais particulièrement bien les enjeux médicaux liés au milieu naturel. En plus d'être instructeur chez AERIE, l'une des plus prestigieuse école de médecine en milieu naturel aux Etats Unis spécialisée dans la formation des shérifs, des guides en tous genres et des pompiers comme les "Smoke Jumpers", il fait aussi partit de l'équipe locale de Search And Rescue (SAR - Recherche et Sauvetage), et intervient régulièrement sur le terrain, le plus souvent a pied et a ski.

Pendant deux jours, il m'a donc gracieusement initié a cette facette particulière de l'intervention médicale en milieu naturel, avec notamment:



- Définition de la médecine en milieu naturel = Patient a plus de 90 minutes d'un hôpital.
- Connaissances + Compétences + Jugement.
- Ne pas Nuire.
- Rester Simple.
- Evaluation Générale de l'Environnement = Sécu Perso + Situation Dynamique:
Est-ce que l'environnement est stable ?
Combien d'heures avant la nuit ?
Saison de chasse ?
Quelle température ?
Quelle altitude ?
De quoi ai-je besoin ? 
Etc.
- Evaluation Générale et Visuelle du Patient: 
Assis ?
Debout ?
Conscient ?
Jeune ?
Vieux ?
Femme ?
Homme ?
Saignement ?
Posture ?
Peur ?
Couleur de peau ?
Respiration ?
- Noter et intérioriser notre propre réaction face a l'évaluation visuelle.
- Le Ton de la Voix, le Choix des Mots.

- Evaluation du Patient = Identifier et Corriger les Menaces Vitales:
- A B C D E: Etre Systématique, Minutieux et Efficace.
A - AIRWAY = Voies Respiratoires.
B - BREATHING = Respiration.
C - CIRCULATION = Système Circulatoire.
D - DEFICIT = Déficits Neurologiques.
E - ENVIRONMENT = Protection du Patient de l'Environnement (hypothermie / hyperthermie).

- De cette Analyse = 2 possibilités = TRAUMA ou MEDICAL.


Seau d'irrigation et de traitement d'une plaie avec un sac plastique et un SAM SPLINT.

- Les Signes Vitaux (toutes les 5 minutes):
1) LOR - Level Of Responsiveness = Le Niveau de Réactivité du Patient:
Question 1 = Qui êtes-vous ?
Question 2 = Ou êtes-vous ?
Question 3 = Quelle heure est-il ?
Question 4 = Qu'est-ce qui vous est arrivé ?
2) HR - HEART RATE = Rythme Cardiaque.
3) RR - RESPIRATORY RATE = Fréquence Respiratoire.
4) SCTM - SKIN COLOR, TEMPERATURE and MOISTURE = Peau: Couleur, Température et Humidité.
5) PERRL - PUPILS are EQUAL, ROUND, and REACTIVE to LIGHT = Pupilles: Egales en taille, Rondes et Réactives a la Lumière.

- Evaluation -> Intervention -> Réévaluation.

- Rapport Ecrit.
- Gestion des Voies Respiratoires.
- Saignements et Choc (En médecine, le choc est défini par un apport insuffisant de sang riche en oxygène aux cellules du corps).
a) Saignements Externes.
b) Saignements Internes.
- Trauma Poitrine:
a) Blessures a la poitrine - Fermées.
b) Blessures a la poitrine - Ouvertes.
- CPR = Réanimation: Massage Cardiaque + Défibrillateur.



- PLS: Mise en Position Latérale de Sécurité.
- Blessures ouvertes.
- Entorses et Foulures.
- Fractures.
- Contentions.
- Litières Improvisées.


Litière improvisée avec deux sacs a dos.

- Le Tourniquet (il en a toujours 2 sur lui).
- Le Pansement Compressif.
- L'Adrénaline auto-injectable.
- L'Hypothermie.


                                  Emballage d'une victime souffrant d'Hypothermie.

- Les Médicaments.
- La Trousse de Soins.
- Le Matériel d'Urgence.



L'une de nos priorités "Survivaliste" devrait être de nous investir dans une formation médicale de base comme le PSC1 par exemple. Ces formations, et donc ces savoirs faire, ne peuvent que venir nourrir et optimiser notre intention de résilience, et comme avec toutes les autres fondations (eau, nourriture, énergie, protection personnelle et hygiène) nos capacités a agir et faire partie de la solution, et non du problème.

Personnellement, j'ai particulièrement apprécié cette approche systématique, minutieuse et efficace de la médecine en milieu naturel, et je vais continuer de calquer mes formations sur cet axe. Le matériel est simple et fonctionnel, les méthodes sont décomplexées mais efficaces, et surtout, le milieu naturel reflète un environnement ou l'accès a l'hôpital est difficile et ou le terrain est systématiquement dynamique.

Immobilisation d'un membre inférieur avec un tapis de sol auto-gonflant et un bâton de marche.




Merci a J. pour son temps, sa gentillesse et son professionnalisme.