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lundi 19 février 2018

Interview - ARPAC



Vol West, Français vivant dans le Montana, aux Etats-Unis, est Co-auteur du livre "Rues Barbares - Survivre en ville" et connu pour ses vidéos et son blog "Le survivaliste" qui traite du sujet de l'autonomie. 

Nous lui avons posé quelques questions sur le port d'armes pour connaître son opinion, depuis sa position particulière.


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Pierre Bourguignon - Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, pouvez vous en quelques mots résumer l'activité de votre blog ?

Le blog est une sorte de témoin…le témoin de mon intention d’indépendance. J’y explore une multitude de champs notionnels plus ou moins riches et complexes, et qui ont tous le dénominateur commun d’optimiser notre niveau de résilience et d’autonomie au quotidien.

Ces champs d’indépendance sont par exemple la sécurité alimentaire, notamment au travers de la production de nourriture, la sécurité personnelle au jour le jour, la résilience familiale face a un accident, une perte de l’emploi, une catastrophe locale ou une maladie grave, l’indépendance énergétique et hydrique ou encore certaines stratégies économiques capables d’améliorer nos vies.




PB - Vous êtes français et vivez depuis de nombreuses années aux États-Unis. Comment percevez vous le rapport aux armes à feu dans ces deux pays?



Comme dans de nombreux pays, tout dépend de notre environnement immédiat.

Les médias français nous renvoient souvent cette image d’une Amérique ultra armée, ultra réac et ou tout le monde porte un .45 a la ceinture. Le Farwest quoi !

La vérité est la même qu’en France, il y a grossièrement deux vitesses, deux pays: le milieu urbain, et le milieu rural. Dans les grandes villes américaines, la culture de l’arme a feu est non seulement absente, mais l’opinion collective urbanisée concernant la possession et le port des armes par le citoyen est largement négative. Pour eux, les détenteurs d’armes a feu sont des gros réac, des extrémistes, des bouseux, des méchants chasseurs ou encore des psychopathes…

Registration systématique, limitations de la capacité des chargeurs, prise des empreintes digitales pour l'achat des munitions ou encore interdiction totale de la possession d'une arme et ceci quelle qu'elle soit…sont autant de lois et de restrictions qui dans certains états et certaines villes rendent la culture de l'arme aussi élusive qu’a Londres, Madrid, Tokyo, Bruges ou Paris.

Pour vous donner une image concrète et réelle de l’ampleur de la culture de l’arme a feu aux US, le rapport fédéral de 2014 estime que 4.8% de la population détient un permis de port d'arme, soit un peu plus de 11 millions d'américains, pour une population de plus de 321 millions.

Notons au passage que dans les régions et secteurs ou les lois sur la détention et le port d’une arme a feu sont extrêmement prohibitives (Chicago, New York, Los Angeles, Washington DC…), le taux de criminalité est beaucoup plus élevé que dans les régions et secteurs ou le second amendement de la constitution est respecté.


Pour le reste du pays, c’est a dire dans des environnements plus ruraux, la culture de l'arme reste solide, tout comme en France.

Cette culture germe principalement d'une émanation philosophique fondée sur les réalités propres a notre terrain de jeu. Entre autre, pouvoir défendre, et nourrir sa famille au travers de la chasse, sont probablement les liens les plus directs entre cette notion large d’indépendance et l’outil qu’est l’arme a feu.

Quand bien même la tendance actuelle du pays s'éloigne physiquement et psychologiquement d'une philosophie agraire, et influencée par les besoins de la population de subsister au travers de la chasse, l'héritage de l'histoire américaine continue de nourrir une culture ou la connexion entre l'arme a feu et la survie pèse énormément sur la population rurale.

Dans mon État du Montana par exemple, les jeunes hommes (de 10 a 16 ans), sont pour la plupart encouragés a passer leurs tests de chasse ou ils apprennent les fondamentaux de cette discipline, mais ou ils apprennent aussi a survivre dans le milieu naturel; premiers soins, maintient de la température du corps, construction d'abris, méthodes de signalisation…sont des sphères systématiquement intégrées au curriculum du permis de chasse pour les jeunes.

Cette connexion; nature / survie / arme a feu, est bien souvent une histoire de transmission de père en fils qui cristallise pragmatiquement et d'un geste naturel la culture de l'arme. Bon nombre d’américains, souvent sous le seuil de pauvreté, dépendent de la chasse pour subsister. Cette réalité rurale mais surtout économique n’est que trop rarement prise en compte par les sujets urbanisés.

Aussi, la nature toujours sauvage d'un état comme le Montana ou l'urbanisation n'a pas encore écrasée de ses bottes un milieu naturel ou l'humain n'est pas le principal prédateur, fait de l'arme a feu un outil précieux et que nous le voulions ou non, nécessaire.



PB - Quel regard portez vous sur l'augmentation du nombre de licenciés en France et de détenteurs d'armes de catégorie B (armes de poing et semi-auto) ? Avez vous constaté le même phénomène aux États Unis ?

J’imagine qu’un pourcentage important de nouveaux licenciés et de détenteurs correspond a une sensation intime d’insécurité, ce qui n’est pas un signe de bonne santé de la matrice.

C’est le problème de cette fausse bonne idée de délégation systématique envers l’état pour la résolution de tous nos besoins les plus primitifs…
Il me parait logique que si le collectif pense que l’état “ne fait pas son boulot”, alors le collectif va peu a peu se dissocier de l’état providence et vouloir reprendre le pouvoir sur sa propre condition et assurer sa propre protection.

Cette démarche d’émancipation devrait d’ailleurs s’étendre a d’autres sphères vitales et largement merdiques comme par exemple la production de nourriture et la santé, quelle soit physique ou psychique.

Le même phénomène n’est pas constaté aux US. Cependant, Nous constatons une forte augmentation du nombre de demande de permis de port par les femmes américaines.


PB - Vous avez longtemps vécu à Los Angeles puis vous êtes parti vous installer dans le Montana. Est ce que la législation du Montana sur les armes a été une partie intégrante de ce choix ?


Pas vraiment. Nous avions d’autres états sur la liste qui ne sont pas forcement idéals en terme de lois liées a la défense personnelle.

Bien sur, la Californie est un état assez douloureux en terme de lois. Par exemple, nous n’avons pas la “Castle Doctrine” en Californie, et les restrictions sur les armes sont importantes…donc le déménagement dans le Montana a été bénéfique sur ce point.



PB - Quelles sont les règles exigées pour détenir une arme au Montana et pour avoir un CCW permit?

La détention d'une arme a feu aux USA est soumise a des lois fédérales, c'est a dire appliquées a la totalité des états.

Ne peut pas acheter ni posséder une arme a feu aux états unis:

- Toute personne de moins de 21 ans pour une arme de poing.
- Toute personne de moins de 18 ans pour une arme longue.
- Toute personne séjournant illégalement sur le territoire.
- Toute personne ayant été condamné par la justice a plus d'un an de prison (pas d'arme a feu a vie, ni le droit de vote).
- Toute personne en cours de jugement et pouvant recevoir une peine de plus d'un an.
- Toute personne fugitive (d'un autre état par exemple).
- Toute personne dépendante d’une drogue prohibée.
- Toute personne ayant été diagnostiquée d'un trouble mental.
- Toute personne libérée de ses devoirs militaires d'une manière déshonorante.
- Toute personne ayant renoncé a la nationalité américaine.
- Toute personne faisant l'objet d'accusations de harcèlement ou de menaces envers une tierce personne.
- Toute personne condamnée pour violence domestique.

Toute personne qui achète, dans une armurerie, une arme a feu aux US doit remplir le formulaire 4473. Ce formulaire, en plus d'un questionnaire concernant l'individu, contient la marque, le modèle et le numéro de série de l'arme. Durant la transaction, l'armurier doit contacter par téléphone le FBI, qui valide ou non la transaction sur le champs.

Le formulaire 4473 est conservé par l'armurier pendant 20 ans.
La validation du FBI n'est pas obligatoire si l'acheteur détient un permis de port d'arme valide.

Aussi, dans certains états comme le Montana, le formulaire 4473 n'est pas obligatoire si la vente de l'arme est effectuée de particulier a particulier (héritage / cadeau). Dans d'autres, comme la Californie, il est interdit de vendre ou de céder une arme a feu de particulier a particulier.


Le "C.C.W." (Concealed Carry Weapon), est un permis octroyé par le Shérif local autorisant une personne a porter, d'une manière dissimulée (sur sa personne ou dans un sac a main/dos), un couteau (fixe ou pliant) et/ou une arme de poing.

Une formation auprès d'un instructeur de tir certifié par le Shérif est obligatoire pour faire ne serait-ce que la demande d'un C.C.W. : pas de formation, pas de permis de port d'arme.

Le formulaire du C.C.W. est assez complexe et comporte, entre autre, le numéro de téléphone de 3 témoins que le Shérif peut convoquer ou appeler pour s'informer sur le caractère psychologique et la personnalité du demandeur avant de finaliser la procédure. La famille immédiate du demandeur est automatiquement disqualifiée en tant que témoin.

Le permis doit être renouvelé tous les 4 ans et coûte 40$.



PB - Vous portez une arme à feu au quotidien. Pouvez vous nous raconter comment le choix s'est imposé à vous ? Et quelles en sont les contraintes ?

Aujourd’hui, je ne portes plus au quotidien. J’ai souvent une arme a feu sur moi ou dans le véhicule (je dirais 80% du temps), mais je dois confesser que dans ma petite ville tranquille du Montana, je ne me sent plus le besoin environnemental, psychologique ou physique de porter cet outil H24 sur ma personne.

Par contre, je portes systématiquement une arme a feu en milieu naturel…un Glock 20 en 10mm pour ma protection contre certains animaux sauvages comme les ours ou encore les pumas.

Dans d’autres environnements que je suis parfois amené a visiter, peut être plus urbanisés et ou le risque d’une menace physique et immédiate est plus probable, je portes mon Glock 19.

La décision de porter une arme a feu a pour moi été très simple et naturelle. Comme le dit Philippe Perotti dans “Tir et défense”: “Aujourd’hui encore, l’arme a feu est le seul moyen a la disposition de tous qui permette de stopper immédiatement une agression physique d’une extrême violence”.

Ce qui s’impose a nous ce sont les lois naturelles et les réalités de rue.

Pour ce qui est des contraintes, elles peuvent être multiples.
Certaines personnes ont par exemple des difficultés a porter une armes a la ceinture. C’est lourd, c’est chiant en bagnole, ça se voit etc. Et puis il y a toujours cette épreuve d’aller aux toilettes et de devoir baisser son pantalon: Je met le flingue ou ?

Bref…ce sont toutes les petites contraintes liées a la logistique, mais elles ne sont pas méchantes, surtout si nous considérons l’amplitude de l’outil.

Les vraies contraintes sont juridiques.
Déployer son arme et prendre la décision d’en faire usage, même dans une situation stricte de légitime défense, est un volcan de répercussions juridiques, ce qui est logique si la confrontation résulte par la mort d’un être humain.


PB - Y a t il des règles d'engagement du feu précisées par le législateur ? 

Pas a ma connaissance…



PB - Vous êtes vous fixé des règles d'engagement du feu particulières ?

C’est un sujet de réflexion important lorsque nous prenons la décision de porter une arme a feu, parce que le port suppose deux boulevards inondées de complexités et d’embouteillages juridiques mais aussi éthiques:

a) L’engagement
b) L’intimidation

Pour ce qui est de l’engagement, c’est a dire la décision d’ouvrir le feu, c’est peut être la situation la plus limpide des deux: Si ma vie ou la vie d’un proche est directement, violemment et immédiatement menacée, et que donc la décision d’ouvrir le feu me parait NÉCESSAIRE, alors j’estime que je suis dans mon droit naturel de me défendre ou de défendre un proche avec tous les moyens qui sont en mon pouvoir pour STOPPER le plus rapidement et efficacement possible la dite menace.

Pour ce qui est de l’intimidation, c’est a dire la décision de sortir mon arme sans avoir l’intention immédiate d’ouvrir le feu, les règles deviennent abstraites, floues et directement liées a la situation.

Par exemple, je suis le témoin d’un acte de violence physique sur une femme par un homme dans un supermarché. Est-ce que je décide d’intervenir ? Est-ce que je décide de sortir mon arme ? Est-ce que je décide de faire feu ? Que constitue pour moi un acte de violence extrême ? Est-ce que la femme est en danger immédiat de mort ? Qui est cet homme ? Est-ce que ma ligne de tir est sécurisé ? Y-a-t’il d’autres individus autour ? Est-ce que si je décide d’intervenir la femme ne va pas se retourner contre moi ? Si je décide d’intervenir et qu’au même moment un policier ou un autre citoyen armé est témoin de cette nouvelle séquence, va-t’il ouvrir le feu sur moi, croyant que je suis en train de commettre un meurtre ? Etc.

Ces questions sont extrêmement difficiles et complexes…et le port d’une arme a feu est avant tout une multitude de réflexions personnelles plus ou moins abouties. Par exemple, mon épouse n’a pas les mêmes règles d’engagement que moi.

Rappelons que lorsque nous portons un marteau, tout commence a ressembler a un clou. D’où l’importance de porter d’autres systèmes et moyens de protections / d’intervention comme par exemple un téléphone portable, une bombe lacrymogène ou un bâton télescopique.


PB - Votre épouse porte aussi une arme. Peut elle témoigner de ce quotidien ?

Effectivement mon épouse a longtemps porté un .38 pour sa protection personnelle et aujourd’hui un Glock 43 au quotidien. C’est son hygiène de vie.

Ayant vécue a New York puis Los Angeles, elle a témoigné plusieurs fois de scènes de violence de rue incroyables, et elle refuse tout simplement d’être une victime de plus, une statistique de plus au journal de 20h.

Porter une arme a feu ne veut pas dire qu’elle est devenue invincible, cela veut juste dire qu’elle se donne les moyens de résister et de se battre. C’est d’abord un choix personnel. Une attitude.



PB - À quelle fréquence vous entraînez vous et dans quel état d'esprit le faites vous ?

La fréquence d’entraînement en stand dépend largement de notre temps libre et du climat. L’entraînement par -30C n’est pas optimal !
Cependant, l’entraînement est pour nous quotidien. C’est par exemple l’entraînement a sec, les exercices de présentation ou encore les déplacements et la négociation d’obstacles a l’intérieur du domicile.

C’est un aspect rarement évoqué de l’entraînement. Le tir sur cible au stand ne devrait pas être la seule opportunité de solidifier de bonnes bases au maniement des armes. Surtout avec les armes de poing !

Pour l’état d’esprit il est toujours le même. Notre approche est purement combative.



PB - Être formé aux gestes d'urgence pour stopper une hémorragie est t elle selon vous un outil indispensable pour porter une arme à feu au quotidien ?

Je ne sais pas si c’est indispensable, mais de ma fenêtre il me parait intelligent et bienveillant d’intégrer a notre boite a outil des connaissances et des outils capables de sauver une vie.

De plus en plus les écoles de tir de défense aux US incorporent les connaissances médicales et les outils de premiers soins tels que les garrots, les agents hémostatiques et les pansements occlusifs pour deux raisons.

La première raison est que les fusillades impliquent un tir dans les deux sens, et que jusqu’à preuve du contraire, les gens bien, les citoyens responsables, les bons samaritains et tout, meurent eux aussi d’hémorragies et de blessures graves.

Dans un premier temps, il est donc question de savoir et de pouvoir ralentir voir prévenir sa propre mort, ou la mort d’un proche ou d’une tierce personne en attendant les professionnels: accident de la route, accident du travail, accident en milieu naturel, terrorisme…

C’est savoir et pouvoir poser correctement un garrot et/ou un pansement compressif. Et aussi savoir et pouvoir poser correctement un pansement occlusif.


La deuxième raison est plus subtile. Dans le cadre d’un tir de défense, il peut être juridiquement décisif d’appliquer des soins d’urgence a la personne que nous venons de stopper avec une arme. Cela implique d’avoir fait des formations spécialisées et de porter, en plus de l’arme, le matériel médical lié aux blessures par balles.


Personnellement, je pense que tout citoyen, détenteur d’une arme ou pas, devrait aujourd’hui avoir les connaissances et les moyens de stopper une hémorragie.


PB - Quels conseil donneriez vous à quelqu'un qui souhaite acquérir une arme à feu ?

Faites des formations !

Il est beaucoup plus intéressant d’avoir 100 heures de formations et une seule arme a feu, que 100 armes a feu et seulement 1 heure de formation.

S’impliquer dans une méthodologie combative auprès d’un professionnel est extrêmement enrichissant dans la construction d’un détenteur d’arme. C’est pour moi le problème majeur de la culture de l’arme a feu en France: un accès difficile aux écoles et méthodologies focalisées sur le tir de défense pour le citoyen.



PB - Quel regard portez vous sur le combat législatif et de lobbying que mène l'ARPAC ?

Au delà des subtilités législatives et politiques que je ne maîtrise pas et qui m’échappent probablement, il me parait important aujourd’hui de voir apparaître en France une entité capable de formuler un programme pour peut être améliorer les capacités d’intervention et de résilience du citoyen, car ce dernier est toujours aux premières lignes.








>> Merci a l'ARPAC et Pierre Bourguignon pour cette interview.

mercredi 13 décembre 2017

Mme West


J’ai 42 ans, je suis mariée, sans enfants, un chien, un chat, 4 poules et des milliers d’abeilles ! Je gère mon petit commerce que j’ai fondé ici, dans l'État du Montana.

Le Survivalisme a toujours fait partie de mes habitudes, même lorsque j’étais enfant. Quand on faisait les courses avec ma mère, s’il nous restait des sous, on achetait un peu plus de nourriture pour faire des stocks, comme par exemple des paquets de pâtes de cinq kilos à prix discount, ce qui était bien plus économe que d’acheter une boîte de 500 grammes à la fois.

Ces économies étaient très importantes pour ma
mère et elle en profitait dès qu’elle le pouvait. J’ai grandi dans une famille plutôt traditionnelle, où j’ai pu observer et aider ma mère et ma grand-mère à faire des conserves chaque été et chaque automne. Ma mère est une très bonne jardinière et, à cette époque, elle faisait pousser beaucoup de légumes pour contribuer à la sécurité alimentaire de la famille.

Aujourd'hui, c'est
à mon tour de jardiner et d'explorer les meilleurs solutions pour notre résilience alimentaire.



Venant d'une famille italienne, on avait l’habitude de cuisiner la nourriture en grandes quantités. On aurait pu nourrir une petite armée ! Cette tradition nous permettait, en plus de faire des économies, de cuisiner plusieurs repas d’avance et donc de gagner du temps, d’autant que certaines recettes, comme les biscuits par exemple, pouvaient se garder pendant de très longues périodes, si préservées correctement.



Mon père est un vétéran de la guerre du Vietnam, et nous avons grandi avec la présence d’armes à feu dans la maison. Il m’a appris comment les utiliser et surtout comment ne pas les utiliser. Mes deux parents nous ont toujours encouragés, ma sœur et moi, à être capables de tout faire, à être résilientes, fortes et indépendantes. Ils nous ont appris à cuisiner, à coudre, à couper du bois,
à bricoler, à tirer au fusil…



À New York, où j’ai grandi, chacune des quatre saisons de l’année avait un climat difficile. Des tempêtes de neige hivernales aux grandes chaleurs de l’été et aux tempêtes et ouragans de l’automne, nous devions être un minimum prêts. Les coupures d’électricité étaient d’ailleurs récurrentes, et nous vivions dans un environnement urbain très dépendant de l’électricité. Nous avions toujours des lampes torches avec des stocks de piles, des réserves d'eau et de nourriture, et nous nous entraînions régulièrement à des scénarios d’évacuation.



Puisque nous vivions en ville, mes parents nous ont aussi fait prendre conscience des problèmes liés à l’« humain », et nous avons vite appris les règles de survie liées à la « rue ». Par exemple, nous avions des mots de passe et des codes que nous pouvions utiliser entre nous ou par téléphone. Nous savions que tel mot voulait dire que nous étions en danger, ou qu’un tel autre voulait dire que nous avions besoin d’aide en cas de cambriolage, de hold-up ou de kidnapping. J’ai d’ailleurs utilisé cette technique plus tard dans mon environnement professionnel.

Je ne sais pas s’il y a eu un moment particulier qui a déclenché chez moi l’envie d’être toujours plus résiliente, indépendante ou autosuffisante, mais ce qui est certain, c’est que les dix dernières années m’ont rendue beaucoup plus vigilante par rapport à ce qui se passe à travers le monde...

À tout moment, mon mari et moi pourrions perdre notre emploi. Mon magasin pourrait faire faillite ou nous pourrions subir une longue coupure de courant à cause d’une tempête de neige pouvant durer des semaines, et ne pas pouvoir travailler à cause de cela, et donc ne pas faire rentrer d’argent pour payer le loyer, le chauffage ou la nourriture. Il me semble de plus en plus important, et un « bon » moment dans l’histoire pour être prévoyant et pouvoir gérer une multitude de probabilités.


Je ne me prépare d’ailleurs pas pour un événement particulier, car je crois que tout peut arriver de nos jours, et que la stratégie la plus intéressante et la plus prometteuse repose sur une décision d'indépendance. Je ne suis pas angoissée ou anxieuse, ni ne me prépare pour que quelque chose de mauvais m’arrive. Toute cette démarche prévoyante ne semble jamais sérieuse, jusqu’au moment où ça vous arrive à vous ! Et soyons réalistes, le risque zéro n'existe pas… que ce soit une maladie grave, un accident de la route, une catastrophe naturelle, la perte d’un emplois ou une confrontation violente avec un connard.




Ma recherche d’indépendance est clairement un travail de tous les jours. Ce n’est pas stressant, au contraire, c’est quelque chose de naturel pour moi, que j’aime faire, et qui me facilite la vie au quotidien. De toute façon, je ne suis pas une personne qui fait les choses à la dernière minute, et tout cela est dans ma nature.

Chaque voyage à l’épicerie ou au marché par exemple, est une opportunité de renforcer notre r
ésilience et notre autonomie.

Pour le reste, comme par exemple les tampons hygiéniques, j’essaye de les acheter en gros ou lorsqu’il y a des baisses de prix, car je sais que je vais toujours en acheter quoi qu'il arrive – en tout cas ces dix-vingt prochaines années - donc je me focalise sur ce qui est non-périssable et qui durera longtemps, comme par exemple le savon, les brosses à dents, le PQ, les piles… Je préfère économiser sur une sortie dans un bar ou sur une sortie au cinéma et utiliser l’argent pour de la nourriture, un outil pour la ferme urbaine, une ruche de plus ou un livre intéressant DIY.




Ma priorité dans la préparation est la sécurité et la santé. Je suis une personne toute menue. Je ne suis pas grande et je ne pèse pas lourd, et donc il serait facile pour beaucoup de gens, s’ils le voulaient, de prendre le dessus par la simple force physique. J’avais suivi des cours d’arts martiaux lorsque j’étais plus jeune, mais je n’ai plus le temps d’en faire à cause de mes engagements de patronne de petit commerce. Toutefois, voici ce que je porte sur moi tous les jours :

Sur mon porte-clés, j’ai un sifflet. Depuis l’université, j’ai ça sur moi, car en cas de tentative d’agression, le bruit d’un sifflet peut alerter une tierce personne.

Toujours sur mon porte-clés, une petite bombe de gaz lacrymogène. C’est léger, seulement 120 grammes, et cela peut envoyer un jet à cinq mètres s’il n’y a pas trop de vent. Ce n’est pas le truc magique, mais il a sa place dans ma boite a outil "fais pas chier".

Parfois, un sifflet ou une giclée de gaz ne suffisent pas à dissuader un agresseur déterminé, alcoolisé, drogué… Je suis donc aussi détentrice d’un permis de port d’arme et je porte un pistolet sur moi H24 en toute légalité. J’ai fait plusieurs formations et je continue à m’entraîner régulièrement. Comme je l’ai dit, je ne suis pas grande ni costaude et si je dois protéger ma vie, et bien je le ferai. Ma vie est ma priorité.

Je me sens bien plus en sécurité et à l’aise en sachant que j’ai des moyens sur moi pour me protéger. C’est une grande responsabilité. Je ne prends pas cela à la légère. Mais la police arrive sur le lieu du crime après que le crime a eu lieu… et je préfère ne pas être un fait divers de plus... une victime de plus.



 

J’ai aussi une lampe torche, un couteau pliant et un Trauma kit dans mon sac.

Depuis que je vis ainsi, je vois tout sous un angle très différent. Je réfléchis à des utilisations alternatives pour tous les objets du quotidien ou tout ce qui, pour la plupart des gens, devrait finir à la poubelle. Bocaux, bouteilles plastique, bouts de métal, morceaux de caoutchouc, bois, tonneaux… je recycle tout ! J’ai toujours recyclé, mais là, je suis passée à un autre niveau, en réfléchissant à comment transformer ce que je trouve en quelque chose qui rendra ma vie plus facile, ou qui me fera économiser.

Pour ne pas remplir ma maison de ces choses, je me suis donnée une limite à la durée pendant laquelle je garde tous ces objets ou matières premières. Si je ne leur trouve pas une utilité après six mois, et que personne d’autre n'en veut, je les jette définitivement.


J’observe aussi comment vivent les autres personnes et comment les autres entreprises fonctionnent. Comment elles gèrent leur utilisation d’énergie ou d’eau, comment s’organise leur sécurité, etc. Si elles ont de bonnes habitudes ou de bonnes procédures, et que ma famille peut en bénéficier, j’essaye d’appliquer quelque chose de similaire à la maison.




Pour la cuisine, je me suis mise à cuisiner de manière traditionnelle de la nourriture la plus possible locale et produite d'une manière cohérente. J’aime expérimenter des recettes en substituant des ingrédients à d’autres et voir si le goût reste acceptable. J’aime aussi comprendre comment d’autres cultures préparent leur nourriture et, parmi celles-ci, j’essaye de trouver quelles sont les manières de faire les plus saines, les plus efficaces et les moins coûteuses.

Je ne réussis pas tout ! Je manque aussi de temps pour faire plus de sport de type « cardio » afin d’avoir la meilleure condition physique possible. Tout est question de compromis.


 
Ma famille me comprend totalement et approuve ma conduite et la manière dont je gère ma vie. Mais il arrive de temps en temps que mes amies ou que mes connaissances se moquent de moi. Elles croient que je me prépare à la « fin du monde » et trouvent que mon mari et moi sommes un peu dingos. Je leur réponds toujours en expliquant mes raisons pour l’autonomie et l’indépendance et leur demande ce qu’elles feraient, sans aucun plan ni aucune réserve dans leur maison, si quelque chose comme l’ouragan Katrina arrivait ?

Beaucoup me disent alors qu’elles n’y avaient jamais réfléchi, comme si tout allait toujours être parfait, pour toujours. Certaines me disent qu’elles pensaient que le gouvernement viendrait s’occuper d’elles et de leurs familles. Et une a dit qu’elle viendrait avec ses deux enfants chez moi, puisqu’elle savait que j’avais de quoi tenir.

En fait, la plupart du temps, je ne dis plus rien aux gens. Je fais ce que je considère comme le mieux pour moi. Après tout, il y a de nombreuses façons d’exister dans le monde !




Pour la protection de ma famille, mon mari et moi avons des procédures et des systèmes en place, au cas où nous serions ensemble ou au cas où nous serions séparés. Des lieux de rendez-vous, des lieux de rendez-vous secondaires, avec des temps d’attente déterminés pour chaque endroit.

Enfin, nous formons une équipe soudée, quoi qu’il arrive. Il n’y a pas de genre ni de taille d'événement qui peut empêcher cela…




mardi 5 décembre 2017

Joel Salatin


"Nous n'avons pas besoin d'une loi contre McDonald ou d'une loi contre l'abus dans les abattoirs - nous donnons trop d'importance au pouvoir législatif. Tout ce que nous avons a faire est d'habiliter les individus avec la bonne philosophie et la bonne information pour se retirer en masse. " 
- Joel Salatin


mardi 5 septembre 2017

Le Survivalisme au Quotidien



Pour le grand publique, systématiquement marabouté par les grands médias, les Survivalistes sont ces individus dérangés, instables, antisociales, égoïstes, renfermés et bien sur obsédés par la fin du monde…

Pourquoi pas.


Ce week-end, sur le petit sentier préféré de ma chienne, un père en VTT tente mollement de consoler sa fille assise par terre en pleure: grosses larmes dramatiques et des grands cris hein…en arrivant sur la scène je pensais sincèrement qu’une meute de loups avait chopé un truc a laine en bas âge. Même Kira ne voulait pas y aller…

- “Vous n’auriez-pas un pansement par hasard ?”

Le père, totalement déprimé et a court de solutions, est dans l’incapacité de soigner sa blondinette. Dans
l’incapacité de la calmer et de la rassurer.

La petite fille, tombée lamentablement de vélo sur des pierres hyper méchantes et pointues s’est explosé la main. Un vrai carnage selon elle. La blessure n’est pas mortelle, mais sans un minimum de soins le petit périple de guerrier du dimanche autour du lac dans le Montana va être merdique et long.

Tout de suite, n’aimant pas la dégaine du paternel avec son casque de tapette et ses yeux d’anguille molle, j’ai envie de jouer la carte humoristique de l’amputation en sortant la machette T. Lopes de mon ALICE…

Je me dégonfle.

Je déballe le kit de premiers soins et prépare calmement un petit nécessaire pour que papa puisse administrer les premiers soins pour que sa fille puisse se dire que c’est papa qui l’a soigné et pas un ours a barbe avec un accent douteux.

Le Survivalisme, c’est aussi un art du quotidien, c’est aussi et surtout se donner les moyens d’aider, de soigner, de calmer, de diffuser, d’épauler, de sauver, de soulager, de faciliter, de conforter…

Stay Safe.

vendredi 1 septembre 2017

La Serre - Les Fondations




Quel que soit notre climat, l’intégration d’une serre a nos stratégies de résilience alimentaire est une décision centrale a toute intention d’enracinement durable.

Selon notre budget, nos savoirs faire ou encore notre espace, cette serre peut prendre une multitude de forme, plus ou moins complexe, plus ou moins grande, plus ou moins durable, plus ou moins efficace…





Pour nous dans le Montana et en zone 4, la serre doit être la plus efficace possible pour espérer optimiser le cycle annuel de production alimentaire.



Un ami paysan du coin, avec l’aide d’un architecte, a mis au point un design de serre qu’il utilise a sa ferme, et vend aux paysans locaux.

Entre autre, cette serre doit:

- Être la plus efficace possible et la moins chère possible.
- Posséder un système de ventilation et de chauffage.
- Être durable mais modulable.
- Pouvoir se construire simplement et rapidement seul ou a deux.

Ayant fait ses preuves sur le terrain, c’est donc sur ce design que notre serre se calque.



1. Les fondations.


Les fondations restent simplifiées et épurées pour que la construction soit rapide et la moins chère possible.

La première étape est d’aplatir le terrain pour y déposer des membres de 10 x 10cm en cèdre d’Alaska.
L’utilisation du bois a même le sol peut paraître douteuse, mais certains bois, comme le cèdre d’Alaska, ont des durées de vies largement supérieurs aux nôtres: je vais mourir avant cette serre !




 

Les membres de 10 x 10cm installés a la dimension de la serre (la notre fait 3,50 x 5 mètres), ils sont encrés au sol par 4 attaches en acier coulés dans 80cm de béton.

Ce système permet, au besoin, de séparer la serre de son système d’encrage, et de la bouger.





 


Quatre nouveaux membres de 10 x 10cm viennent s’ajouter en formant un deuxième étage de cèdre d’Alaska. Ce deuxième étage est sécurisé a l’aide de visses a bois de 15cm.

 Le cadre posé, un grillage en acier est installé et cloué aux parois pour empêcher le monde animal de pénétrer a l’intérieur de la serre et de voler nos choux de Bruxelles.




L’étape suivante consiste a remplir les 20cm de fondations de pierres. Ces pierres, d’abords de bonne taille puis plus petites pour la couche supérieur, servent non seulement de stabilisateur pour les fondations, mais aussi et surtout de “banque de chaleur”.

Le soleil va s’emmagasiner dans ces 20cm de pierre durant la journée, et cette chaleur sera restituée la nuit. 





A suivre…

lundi 19 juin 2017

Micro Production Survivaliste


Pour venir optimiser nos stratégies de résilience alimentaire familiale comme par exemple le stockage intelligent, le troc a l’échelle locale, la cueillette, la chasse ou encore la production personnelle au travers de la mise en place d’un jardin potager basé sur des principes de Polyculture et de Permaculture…nous avons décidé d’intégrer a notre Ferme Urbaine quatre poules pondeuses et deux ruches.

En terme de complémentarité au jardin potager traditionnel, il y a une multitude de choix possibles selon notre environnement, notre climat, la taille de notre exploitation, nos besoins, nos envies, mais aussi les loi locales concernant la présence de certaines espèces animales.

Souvent, les Survivalistes s’orientent vers des espèces solides et qui ne demandent ni trop de place ni trop d’effort. Les poules, les canards, les cailles, les lapins et les abeilles…sont des solutions particulièrement privilégiées.





Pour nos abeilles, nous avons intégré 2 ruches de Carnioliennes…une abeille peu agressive, velue et de grande taille avec une longue langue qui lui permet d’atteindre une plus large gamme de nectars.

Principalement, nous avons intégré cette abeille venant de Slovénie car elle est habituée aux hivers rudes de haute montagne. C'est la race qui a la plus forte capacité à hiverner, et elle se développe rapidement au printemps: parfait pour le Montana.





Pour nos poules nous avons intégré 4 races différentes:

1. Une “Plymouth”…Originaire des Etats-Unis (son origine remonte vers 1860) dans la région de la Nouvelle Angleterre, elle serait le résultat de croisements de Poule Cochin, poule Dominicaine, Java Américaine et Brahma. Elle est importée en Europe vers 1880.

Notre Plymouth est une poule a la personnalité sympathique (ma préférée) facile a maintenir.




2. Une “Golden Sex Link”…soit une poule hybride très bonne pondeuse (300/ans). Notre Sex Link est notre poule “clown de la classe”.




3.Une “Rhode-Island”…typique aux États-Unis. Elle est très présente aux US de part sa forte productivité.

Notre Rhode-Island est la plus timide et la plus sensible a son environnement. Elle est aussi la plus “domestiquée”.




4. Une “Leghorn” (aussi appelée “Italienne” ou “Poule de Livourne”)…est un ensemble de races de poule domestique des plus répandues dans le monde, qui sert souvent dans la création de souches de poules pondeuses industrielles (70% des effectifs de pondeuses sont issues de cette race).

Originaire d’Italie, les premières Leghorn sont importées en 1853 en Amérique et s’appellent d’abord “Italiennes”. En 1865, elles adoptent le nom de Leghorn, la version anglaise du nom de la ville de Livourne.

Du fait de sa renommée internationale et de sa grande diffusion, la Leghorn a été sélectionnées et “améliorée” dans divers pays, aboutissant a 4 types de Leghorns:

- La poule de Livourne, soit la forme d’origine de la race.
- L’Italienne (la Leghorn Moderne), sélectionnée en Allemagne.
- La Leghorn Américaine (la notre).
- La Leghorn Anglaise.

C'est une volaille de type méditerranéen, svelte, vive, à l'ossature fine et grande pondeuse d’œufs à coquille blanche (très appréciés en Amérique du Nord).

La notre est la patronne du poulailler. Elle a une attitude “de merde”…On a l’impression qu’elle passe ses journées a dire au monde “Vaffanculo a chi t'è morto”. Mais j’aime bien son énergie exploratrice.