mardi 17 avril 2018

Des Branches et des Hommes


Cette publication médicale a pour but de sensibiliser toute personne amenée a évoluer en milieu naturel de l'importance des formations aux premiers soins.

>> Ce jeune homme de 22 ans, habitué a évoluer en foret, a décidé avec un ami de grimper une série de lianes et d'arbres pour finalement tomber de plusieurs mètres. En tombant, sa tête a percuté le sol et plusieurs branches ont transpercé son visage.

dimanche 15 avril 2018

Les Outils Rat-Des-Bois


Les outils "rat" (des bois et des villes...) sont pratiques, simples, rustiques, sobres et au final bon marché...

- Couverture de Survie - GRABBER (15$)
- Bouteille d'eau 1L - SMART WATER (1.99$)
- Corde - 500 pieds de BANK LINE #36 (17$)
- Couteau Fixe - MORA COMPAGNON (12$)
- Pince coupante / bec - CHINOIS (3.99$)
- Feu - BIC (0.99$)
- Lumière - PETZL TIKKINA (18$)
- Energie - 3 x AAA (3$)

mercredi 7 mars 2018

Eléonore



1 > Avant de commencer, et pour peut être insuffler une notion d'intimité à cet échange, je me demandais de quoi était fait ton parcours de vie, et plus particulièrement ton lien avec l'univers de la survie ?


Alors... Au départ je suis parisienne, infirmière depuis quelques années, 15 ans en fait donc assez classique.
J'ai été secouriste à la croix rouge la bas et je bossais en réanimation. Je supportais plus la vie à Paris, je suis partie en province, et j'ai pris un poste aux urgences.

Mon hôpital était le 2nd centre hospitalier le plus proche de la Centrale nucléaire de Fessenheim, la jumelle de Tchernobyl.
Tu commences à voir le lien ?

J'ai suivi des formations en risque NRBC, médecine de catastrophe, pandémie, on s’équipait en tenue NRBC, on simulait des plans blancs, plans rouges, des accidents sur des sites seveso.
Je me disais que c'était cool, qu'en cas de rupture j'étais prête à foncer au taf. Mais à la maison ?
Un de mes super potes a commencé à me parler d'un blog d'un mec pas trop connu qui se faisait appeler "le survivaliste".

C'est la que j'ai mis le doigt dans le milieu.


2 > Ah je vois. L'éventuelle dysfonction d'une centrale nucléaire comme Fessenheim est effectivement un point sensible que le gouvernement prend très au sérieux.
Quel est ton sentiment par rapport aux plans d'actions de nos hôpitaux et de la population dans ce contexte extrêmement lourd d'une catastrophe technologique majeure ?




Il existe des directives mais actuellement celles dont on entend parler sont essentiellement axées sur le terrorisme. J'ai pas mal d'amis infirmiers, médecins, employés des hôpitaux...Qui n'ont absolument aucune information sur ces risques. Parce que ça ne les intéresse pas, parce que ce n'est pas dans leur culture: si tu ne te sens pas concerné, tu ne vas pas chercher à savoir.

La dynamique locale qu'on avait en terme de formation, de préparation et de sensibilisation était hyper efficace mais grâce à l'impulsion des médecins et des chefs de service qui eux prenaient le risque très au sérieux. Et quand toute ton équipe se prépare à une éventuelle catastrophe, de plus géographiquement toute proche, tu commences à considérer le risque réel, même si au départ ça ne fait pas parti de ta culture.

Moi je me sentais déjà bien concernée par le risque de catastrophe majeure, et baignée dans l'inconscient collectif, j'imaginais plutôt la catastrophe nucléaire. Les formations que j'ai suivi, et par prolongement ce que j'ai pu bosser de mon côté, mes lectures, mes recherches (justement sur le site du gouvernement entre autre qui proposent quelques informations pour qui veut les consulter) j'ai réalisé que se baser sur un seul scénario catastrophe n'était pas viable. Des risques il y en a tellement... Seveso, catastrophe naturelle, épidémie, pandémie, terrorisme, et que la rupture de normalité pouvait aussi bien subvenir si j'avais un accident / perte d'emploi.


3> Tu parles d'accident et de perte de l'emploi. Quelles sont tes stratégies de résilience par rapport a tous ces risques de la vie de tous les jours ?

Je pense que de se préparer à un accident du quotidien ou à une rupture de normalité un peu plus massive, c'est la même démarche: Une grosse part de vigilance et de prévention pour limiter les risques et une préparation la plus "large" possible.

Au départ, quand j'ai commencé à me préparer, j'avais une vision assez post apocalyptique de la rupture. Sans envisager de m'installer dans un bunker, j'ai des stocks alimentaires, j'ai une caisse "panne d'électricité" avec des bougies, des lampes, une radio dynamo, une zone avec le matériel pour le jardin et des semences, on avait quelques stock de munitions dans les coffres, une pharmacie bien remplie... J'étais très axée sur le matériel. Et en grande partie grâce à ton blog, j'ai réalisé que la rupture c'était tous les imprévus qui pouvaient arriver dans ta vie, de la maladie, l'accident, la perte d'emploi et que se focaliser sur une catastrophe c'était sûrement irréaliste.

Puis en élargissant ma vision des risques possibles, en imaginant un peu des scénarii, je me suis rendu compte que le matériel c'était hyper limité. Un objet est une réponse précise à un problème précis, et on ne peut pas prédire ce qui nous arrivera demain, et de quel matériel, équipement, ou produit nous aurons besoin... La solution c'était d'avoir des compétences en priorité. Ça rejoint bien ton interview "bienvenue en enfer" ou le mec explique que ce qui la sauvé, c'était ses compétences d'infirmier.

J'ai repris le concept de l'Ikigai : ce pour quoi je suis payée, ce que j'aime, ce dans quoi je suis douée et ce dont le monde a besoin (mon monde pour commencer, surtout mes enfants qui sont arrivés entre temps). Je sais que j'ai des compétences en premiers soins, même assez avancées puisque j'ai continué à me former en plus de mon expérience et je continue encore à suivre des formations à titre personnel sur les hémorragies massives, bleeding control, premiers secours en situation a risque...

Je me suis mise au tir, par plaisir aussi il faut être honnête. J'allais de temps en temps au stand, le but, sans être une tireuse chevronnée, c'était d'être autonome avec un PA ou une arme longue: règles de sécurité, savoir charger, pointer et grouper mes tirs sur une cible. Je fais de l'airsoft à côté, donc je suis à l'aise dans mes déplacements avec une réplique de fusil d'assaut, sécuriser un bâtiment... On est loin d'une situation réelle, mais ça participe à me donner une certaine dynamique en groupe aussi. 




Je fais pas mal de sport, sans avoir un gros niveau, je coure un peu, je fais du sport en salle, avoir un minimum de force physique et un peu de cardio pour tenir la route. Une bonne hygiène de vie en général pour pouvoir compter sur ma santé et avoir une machine fiable si besoin. Être polyvalente. Et puis surtout, il me fallait des compétences de base en survie. 


J'ai bricolé un peu toute seule en rando, avec mes potes de l'airsoft aussi, avec plus ou moins de succès il faut avouer. J'ai finalement suivi un premier stage de survie, puis rapidement derrière un second, un troisième... Ça fait 2 ans maintenant que je suis à fond dans cet aspect là, que je me passionne pour ça. De l'aspect psychologique à la moindre technique, je ne vis que de ça et c'est tellement vaste, tout touche à la survie en pleine nature de près ou de loin : la physiologie, la botanique, la météorologie, la géologie, la chasse, l'orientation... 



Maintenant que je me sens plus solide par rapport à mes compétences, j'ai changé radicalement ma façon d'appréhender ma préparation. Les stocks et le matériel restent un pilier de la préparation, mais d'un autre côté je suis devenue plus résiliente au quotidien: je n'achète presque plus de superflu, je consomme quasi exclusivement des produits de base, je fabrique ma lessive, je fais un maximum de choses par moi même ou en restant tant que possible dans un circuit local, j'essaie de produire le moins de déchets possibles, je n'utilise que très peu de produits jetables. Je suis dans une démarche minimaliste même s'il reste du chemin à parcourir.

Connaître les personnes ressources autour de chez moi c'est important aussi, savoir que si j'ai besoin d'un coup de main en couture, en mécanique ou autre, je peux troquer avec tel ou tel voisin. Pour résumer ce que je vise: 


- avoir des compétences, des connaissances et des capacités utiles et pragmatiques à la base
- être plus raisonnée dans ma consommation au quotidien, du renouvelable ou du réutilisable, parce que le jetable disparaîtra
- en dernier point, le moins important à mes yeux, avoir de l'équipement, du matériel, du consommable sur ce dont on aura du mal à se passer. (alors que le matos c'est quand même ce qui fait le plus fantasmer quand on regarde sur les forum ou les groupes de discussion)


4> Tu abordes la question de la survie en milieu naturel. De ma fenêtre, il me semble que ces dernières années nous pouvons observer un intérêt prononcé pour cette notion de survie en milieu naturel. C'est quoi pour toi la survie en milieu naturel, et d’où vient cet intérêt ?

La survie en milieu naturel c’est hyper vaste. Tout touche à la survie et à la nature alors ce n’est pas étonnant qu’il y ait un tel engouement, surtout quand tu vois à quel point on vit en décalage avec nos besoins de base.

Certains cherchent juste à déconnecter un week-end, d’autres à apprendre des techniques pour être autonome en pleine nature, certains veulent trouver du « frisson » en vivant une expérience qu’ils pensent extrême, ou alors juste à se reconnecter avec la nature…

Pour moi c’est un mélange de plusieurs choses : mon intérêt pour le survivalisme y a contribué bien sur, mais aussi le fait que je pratique pas mal de sports en pleine nature, du trek, parfois seule, parfois avec mes enfants et j’ai senti le besoin d’être un peu outillée pour faire face à un éventuel accident.
Petite mon livre de chevet c’était « copain des bois » alors je cherchais peut être à retrouver ce côté-là aussi !



Une fois que j’ai mis le doigt dedans, j’ai découvert bien plus que juste des outils pour prolonger ma vie en pleine nature. C’est une reconnexion avec les bases, on vit selon un rythme bien plus naturel que celui auquel on est soumis au quotidien, on se lève avec le soleil, on se couche avec lui aussi, on se réveille pour prendre soin du feu, on écoute, on reconnecte nos 5 sens, et on reconnecte avec la terre, on prend le temps de faire les choses.

Quand tu es en condition d’immersion totale, si tu veux manger, tu peux pas appeler « allô pizza », tu vas pêcher, tu pars à la cueillette, ce que tu as c’est le résultat de ton travail ou de celui du groupe.



Mon grand kiff c’est aussi de repousser mes limites, mais je le fais de façon hyper progressive, en gagnant petit à petit en confort là où tu penses ne pas en avoir. Souvent les personnes à qui je raconte mes aventures ou qui me suivent sur les réseaux sociaux ont l’impression que je fais des choses incroyables, mais en fait la plupart du temps je suis en confort et en sécurité totale. La juste dose de découverte, de techniques, de réflexion, d’acclimatation… et de passion !

Enfin je dis la plupart du temps parce qu’il y a eu quelques épisodes extrêmes quand même…
Ce que je cherche ce n’est pas à démontrer que je suis plus forte que quelqu’un d’autre (ce qui n’est pas le cas) mais plutôt au contraire que si moi, petite blonde d’1m60, je peux le faire, tout le monde en est capable !



Cette passion justement m’a amené à totalement changer ma vie. J’ai eu l’opportunité l’année dernière (dont je ne peux pas parler encore…) de vivre une aventure hors du commun qui a été un virage pour moi. J’ai atteint ces fameuses limites que je cherchais tant. Bref ça a été un déclic : c’est ce que je voulais partager, à plein temps.

J’avais déjà débuté une formation de moniteur de survie avant, j’étais en stage de survie environ 1x/mois, voir plus avec mes potes, la transmission et le partage ça fait parti de moi. Et en rentrant en France l’été dernier, on m’a proposé de bosser comme monitrice de survie plus régulièrement… après pas mal de réflexion j’ai décidé de me lancer. J’ai repris avec 2 associés une société qui existe depuis 2013, Time on Target.

Je suis directrice générale depuis le 1er janvier, on organise des stages de survie avec mes 2 associés Damien LECOUVEY et Marc MOURET (qui était consultant sur the island auprès de Mike Horn), on vient d’intégrer dans l’équipe un 4ème moniteur de survie, Rémi CAMUS un aventurier hors normes, extrêmement humain.

Notre objectif principal, avant même les stages de survie en France qui sont pour moi une première étape pour se sentir en sécurité, c’est de pouvoir emmener les gens vivre des aventures de survie partout dans le monde, démontrer qu’avec quelques bases, tout le monde peut le faire, aussi novice soit il, et que le monde entier est un terrain de jeu (avec plus ou moins de préparation, restons pragmatique). J’ai des idées un peu utopiques, mais je pense que ça peut créer des déclics et aider les gens à prendre conscience de ce dont ils sont capables, que les seules limites qu’on se met sont dans la tête.

J’ai la chance d’être soutenue et accompagnée dans ces projets par mes collègues qui sont totalement complémentaires, on est entouré de spécialistes pour certains biotopes, comme par exemple Regis Belleville, l’un des plus grand explorateur français spécialiste du désert, Arnaud Fleury pour l’Afrique Australe, une agence de voyage (point-voyage) qui nous fait totalement confiance et nous soutient au niveau logistique.

Ce qui m’a permis de saisir cette chance c’est aussi la résilience que j’ai développé grâce au survivalisme, tout est lié, je sais que si je n’ai pas de revenus réguliers j’aurais la capacité de m’adapter. Quelque part tu as participé à cette vocation.

La boucle est bouclée c’est un cercle vertueux, grâce au survivalisme, j’ai développé mon niveau de résilience, et j’ai eu cette opportunité de survie en pleine nature, grâce à la résilience j’ai pu saisir cette chance, et je sais que mes pérégrinations continueront à développer cette adaptabilité.


5> Il n'y a pas enormement de femmes instructeur de survie. Qu'est-ce que cela implique pour toi, a l’échelle humaine mais aussi physique et psychologique ?

Au départ quand je me suis lancée un peu plus sérieusement dans le milieu ça me posait pas mal de questions d'être une femme. Ça reste un milieu majoritairement masculin, et relativement emprunt de testostérone, j'avais peur de devoir me justifier face à certains stagiaires ou d'autres moniteurs dans le milieu.

J'ai toujours évolué dans des milieux assez masculins : jeu vidéo, jeu de rôle, airsoft... et finalement j'ai toujours trouvé ma place.



Au niveau humain je n'ai eu aucune difficulté à prouver ma légitimité en pratique. J'ai aussi vécu quelques expériences depuis ça me donne des billes, et comme je suis dans l'échange de pratiques et de connaissances, je ne cherche pas à imposer une quelconque supériorité (que je n'ai absolument pas) ça ne fait pas de différence que je sois une femme.

Et au contraire, c'est parfois un avantage, ça m'apporte de la visibilité aussi, un regard parfois différent et complémentaire de celui de mes collègues.

Sur le plan physique, c'est particulier... Je m’entraîne pas mal, je suis assez sportive mais je suis clairement loin derrière la majorité des mecs. Ça tombe bien, ce n'est pas une compétition.

J'ai mis en place des stratégies : je compense la force physique par la technique. Une stagiaire me l'a fait remarquer le week end dernier lors d'un stage de survie : elle avait peur de « ne pas y arriver », que j'avais plus de force qu'elle... mais en fait elle a été hyper satisfaite de constater que justement, ça m'avait permis de lui donner des  et que c'était motivant de voir que je pouvais couper une petite bûche avec mon couteau sans jamais forcer. Ça lui a permis de se dire que si moi je pouvais le faire, elle aussi pourrait. Et c'est vraiment ce que je cherche et ce qui me motive, prouver aux autres que si je peux le faire, tout le monde en est capable à condition de s'en donner les moyens.



C'est peut être sur le plan physiologique qu'il y a le plus de différences. Et ce sont plutôt des mécanismes en faveur de la survie des femelles que nous sommes  Pour moi c'est hyper intéressant de pouvoir étudier cet aspect là, puisque je le vis. Et quand j'en parle, je sais très précisément ce qui fonctionne ou pas puisque je l'ai testé.

Et puis c'est Wiseman qui la dit : la base de la survie, c'est l'attitude, pas le physique. Si tu as envie de vivre, envie de réussir, envie d'avancer, d'aller plus loin et de te dépasser, tu peux le faire, tout est principalement une question de mindset. Cet aspect psychologique n'est pas spécifiquement féminin, c'est plutôt dépendant des individus et des personnalités, mais de ce point de vue là, nous sommes sur un pied d'égalité.

Bref en survie comme ailleurs, ce qui compte c'est le travail d'équipe. Et pour qu'une équipe soit efficace, il faut des membres différents et complémentaires, et dans cette recherche de complémentarité, être une nana c'est un vrai atout.

Certaines femmes ont des appréhensions à s'inscrire en stage de survie par peur de ce milieu assez masculin et de voir que c'est une femme qui encadre, ça leur aide à mieux se projeter. Il y a quelques temps lors de mes premiers stages le taux de présence féminin tournait autour de 10%, c'est clairement en train de changer, le week-end dernier par exemple nous étions presque 30% de femmes (et je le constate également sur des stages encadrés par mes homologues masculins).

Au final, homme ou femme, peu importe, ce qui compte ce sont les compétences, l'attitude, les capacités à transmettre et surtout la complémentarité.





mercredi 28 février 2018

Les Réalités de Rue






 
Le duo mère / fille a reçu des blessures superficielles et la légitime défense a été retenue.
Le criminel, qui a reçu 4 balles, se remet de ses blessures a l’hôpital.

lundi 19 février 2018

Interview - ARPAC



Vol West, Français vivant dans le Montana, aux Etats-Unis, est Co-auteur du livre "Rues Barbares - Survivre en ville" et connu pour ses vidéos et son blog "Le survivaliste" qui traite du sujet de l'autonomie. 

Nous lui avons posé quelques questions sur le port d'armes pour connaître son opinion, depuis sa position particulière.


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Pierre Bourguignon - Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, pouvez vous en quelques mots résumer l'activité de votre blog ?

Le blog est une sorte de témoin…le témoin de mon intention d’indépendance. J’y explore une multitude de champs notionnels plus ou moins riches et complexes, et qui ont tous le dénominateur commun d’optimiser notre niveau de résilience et d’autonomie au quotidien.

Ces champs d’indépendance sont par exemple la sécurité alimentaire, notamment au travers de la production de nourriture, la sécurité personnelle au jour le jour, la résilience familiale face a un accident, une perte de l’emploi, une catastrophe locale ou une maladie grave, l’indépendance énergétique et hydrique ou encore certaines stratégies économiques capables d’améliorer nos vies.




PB - Vous êtes français et vivez depuis de nombreuses années aux États-Unis. Comment percevez vous le rapport aux armes à feu dans ces deux pays?



Comme dans de nombreux pays, tout dépend de notre environnement immédiat.

Les médias français nous renvoient souvent cette image d’une Amérique ultra armée, ultra réac et ou tout le monde porte un .45 a la ceinture. Le Farwest quoi !

La vérité est la même qu’en France, il y a grossièrement deux vitesses, deux pays: le milieu urbain, et le milieu rural. Dans les grandes villes américaines, la culture de l’arme a feu est non seulement absente, mais l’opinion collective urbanisée concernant la possession et le port des armes par le citoyen est largement négative. Pour eux, les détenteurs d’armes a feu sont des gros réac, des extrémistes, des bouseux, des méchants chasseurs ou encore des psychopathes…

Registration systématique, limitations de la capacité des chargeurs, prise des empreintes digitales pour l'achat des munitions ou encore interdiction totale de la possession d'une arme et ceci quelle qu'elle soit…sont autant de lois et de restrictions qui dans certains états et certaines villes rendent la culture de l'arme aussi élusive qu’a Londres, Madrid, Tokyo, Bruges ou Paris.

Pour vous donner une image concrète et réelle de l’ampleur de la culture de l’arme a feu aux US, le rapport fédéral de 2014 estime que 4.8% de la population détient un permis de port d'arme, soit un peu plus de 11 millions d'américains, pour une population de plus de 321 millions.

Notons au passage que dans les régions et secteurs ou les lois sur la détention et le port d’une arme a feu sont extrêmement prohibitives (Chicago, New York, Los Angeles, Washington DC…), le taux de criminalité est beaucoup plus élevé que dans les régions et secteurs ou le second amendement de la constitution est respecté.


Pour le reste du pays, c’est a dire dans des environnements plus ruraux, la culture de l'arme reste solide, tout comme en France.

Cette culture germe principalement d'une émanation philosophique fondée sur les réalités propres a notre terrain de jeu. Entre autre, pouvoir défendre, et nourrir sa famille au travers de la chasse, sont probablement les liens les plus directs entre cette notion large d’indépendance et l’outil qu’est l’arme a feu.

Quand bien même la tendance actuelle du pays s'éloigne physiquement et psychologiquement d'une philosophie agraire, et influencée par les besoins de la population de subsister au travers de la chasse, l'héritage de l'histoire américaine continue de nourrir une culture ou la connexion entre l'arme a feu et la survie pèse énormément sur la population rurale.

Dans mon État du Montana par exemple, les jeunes hommes (de 10 a 16 ans), sont pour la plupart encouragés a passer leurs tests de chasse ou ils apprennent les fondamentaux de cette discipline, mais ou ils apprennent aussi a survivre dans le milieu naturel; premiers soins, maintient de la température du corps, construction d'abris, méthodes de signalisation…sont des sphères systématiquement intégrées au curriculum du permis de chasse pour les jeunes.

Cette connexion; nature / survie / arme a feu, est bien souvent une histoire de transmission de père en fils qui cristallise pragmatiquement et d'un geste naturel la culture de l'arme. Bon nombre d’américains, souvent sous le seuil de pauvreté, dépendent de la chasse pour subsister. Cette réalité rurale mais surtout économique n’est que trop rarement prise en compte par les sujets urbanisés.

Aussi, la nature toujours sauvage d'un état comme le Montana ou l'urbanisation n'a pas encore écrasée de ses bottes un milieu naturel ou l'humain n'est pas le principal prédateur, fait de l'arme a feu un outil précieux et que nous le voulions ou non, nécessaire.



PB - Quel regard portez vous sur l'augmentation du nombre de licenciés en France et de détenteurs d'armes de catégorie B (armes de poing et semi-auto) ? Avez vous constaté le même phénomène aux États Unis ?

J’imagine qu’un pourcentage important de nouveaux licenciés et de détenteurs correspond a une sensation intime d’insécurité, ce qui n’est pas un signe de bonne santé de la matrice.

C’est le problème de cette fausse bonne idée de délégation systématique envers l’état pour la résolution de tous nos besoins les plus primitifs…
Il me parait logique que si le collectif pense que l’état “ne fait pas son boulot”, alors le collectif va peu a peu se dissocier de l’état providence et vouloir reprendre le pouvoir sur sa propre condition et assurer sa propre protection.

Cette démarche d’émancipation devrait d’ailleurs s’étendre a d’autres sphères vitales et largement merdiques comme par exemple la production de nourriture et la santé, quelle soit physique ou psychique.

Le même phénomène n’est pas constaté aux US. Cependant, Nous constatons une forte augmentation du nombre de demande de permis de port par les femmes américaines.


PB - Vous avez longtemps vécu à Los Angeles puis vous êtes parti vous installer dans le Montana. Est ce que la législation du Montana sur les armes a été une partie intégrante de ce choix ?


Pas vraiment. Nous avions d’autres états sur la liste qui ne sont pas forcement idéals en terme de lois liées a la défense personnelle.

Bien sur, la Californie est un état assez douloureux en terme de lois. Par exemple, nous n’avons pas la “Castle Doctrine” en Californie, et les restrictions sur les armes sont importantes…donc le déménagement dans le Montana a été bénéfique sur ce point.



PB - Quelles sont les règles exigées pour détenir une arme au Montana et pour avoir un CCW permit?

La détention d'une arme a feu aux USA est soumise a des lois fédérales, c'est a dire appliquées a la totalité des états.

Ne peut pas acheter ni posséder une arme a feu aux états unis:

- Toute personne de moins de 21 ans pour une arme de poing.
- Toute personne de moins de 18 ans pour une arme longue.
- Toute personne séjournant illégalement sur le territoire.
- Toute personne ayant été condamné par la justice a plus d'un an de prison (pas d'arme a feu a vie, ni le droit de vote).
- Toute personne en cours de jugement et pouvant recevoir une peine de plus d'un an.
- Toute personne fugitive (d'un autre état par exemple).
- Toute personne dépendante d’une drogue prohibée.
- Toute personne ayant été diagnostiquée d'un trouble mental.
- Toute personne libérée de ses devoirs militaires d'une manière déshonorante.
- Toute personne ayant renoncé a la nationalité américaine.
- Toute personne faisant l'objet d'accusations de harcèlement ou de menaces envers une tierce personne.
- Toute personne condamnée pour violence domestique.

Toute personne qui achète, dans une armurerie, une arme a feu aux US doit remplir le formulaire 4473. Ce formulaire, en plus d'un questionnaire concernant l'individu, contient la marque, le modèle et le numéro de série de l'arme. Durant la transaction, l'armurier doit contacter par téléphone le FBI, qui valide ou non la transaction sur le champs.

Le formulaire 4473 est conservé par l'armurier pendant 20 ans.
La validation du FBI n'est pas obligatoire si l'acheteur détient un permis de port d'arme valide.

Aussi, dans certains états comme le Montana, le formulaire 4473 n'est pas obligatoire si la vente de l'arme est effectuée de particulier a particulier (héritage / cadeau). Dans d'autres, comme la Californie, il est interdit de vendre ou de céder une arme a feu de particulier a particulier.


Le "C.C.W." (Concealed Carry Weapon), est un permis octroyé par le Shérif local autorisant une personne a porter, d'une manière dissimulée (sur sa personne ou dans un sac a main/dos), un couteau (fixe ou pliant) et/ou une arme de poing.

Une formation auprès d'un instructeur de tir certifié par le Shérif est obligatoire pour faire ne serait-ce que la demande d'un C.C.W. : pas de formation, pas de permis de port d'arme.

Le formulaire du C.C.W. est assez complexe et comporte, entre autre, le numéro de téléphone de 3 témoins que le Shérif peut convoquer ou appeler pour s'informer sur le caractère psychologique et la personnalité du demandeur avant de finaliser la procédure. La famille immédiate du demandeur est automatiquement disqualifiée en tant que témoin.

Le permis doit être renouvelé tous les 4 ans et coûte 40$.



PB - Vous portez une arme à feu au quotidien. Pouvez vous nous raconter comment le choix s'est imposé à vous ? Et quelles en sont les contraintes ?

Aujourd’hui, je ne portes plus au quotidien. J’ai souvent une arme a feu sur moi ou dans le véhicule (je dirais 80% du temps), mais je dois confesser que dans ma petite ville tranquille du Montana, je ne me sent plus le besoin environnemental, psychologique ou physique de porter cet outil H24 sur ma personne.

Par contre, je portes systématiquement une arme a feu en milieu naturel…un Glock 20 en 10mm pour ma protection contre certains animaux sauvages comme les ours ou encore les pumas.

Dans d’autres environnements que je suis parfois amené a visiter, peut être plus urbanisés et ou le risque d’une menace physique et immédiate est plus probable, je portes mon Glock 19.

La décision de porter une arme a feu a pour moi été très simple et naturelle. Comme le dit Philippe Perotti dans “Tir et défense”: “Aujourd’hui encore, l’arme a feu est le seul moyen a la disposition de tous qui permette de stopper immédiatement une agression physique d’une extrême violence”.

Ce qui s’impose a nous ce sont les lois naturelles et les réalités de rue.

Pour ce qui est des contraintes, elles peuvent être multiples.
Certaines personnes ont par exemple des difficultés a porter une armes a la ceinture. C’est lourd, c’est chiant en bagnole, ça se voit etc. Et puis il y a toujours cette épreuve d’aller aux toilettes et de devoir baisser son pantalon: Je met le flingue ou ?

Bref…ce sont toutes les petites contraintes liées a la logistique, mais elles ne sont pas méchantes, surtout si nous considérons l’amplitude de l’outil.

Les vraies contraintes sont juridiques.
Déployer son arme et prendre la décision d’en faire usage, même dans une situation stricte de légitime défense, est un volcan de répercussions juridiques, ce qui est logique si la confrontation résulte par la mort d’un être humain.


PB - Y a t il des règles d'engagement du feu précisées par le législateur ? 

Pas a ma connaissance…



PB - Vous êtes vous fixé des règles d'engagement du feu particulières ?

C’est un sujet de réflexion important lorsque nous prenons la décision de porter une arme a feu, parce que le port suppose deux boulevards inondées de complexités et d’embouteillages juridiques mais aussi éthiques:

a) L’engagement
b) L’intimidation

Pour ce qui est de l’engagement, c’est a dire la décision d’ouvrir le feu, c’est peut être la situation la plus limpide des deux: Si ma vie ou la vie d’un proche est directement, violemment et immédiatement menacée, et que donc la décision d’ouvrir le feu me parait NÉCESSAIRE, alors j’estime que je suis dans mon droit naturel de me défendre ou de défendre un proche avec tous les moyens qui sont en mon pouvoir pour STOPPER le plus rapidement et efficacement possible la dite menace.

Pour ce qui est de l’intimidation, c’est a dire la décision de sortir mon arme sans avoir l’intention immédiate d’ouvrir le feu, les règles deviennent abstraites, floues et directement liées a la situation.

Par exemple, je suis le témoin d’un acte de violence physique sur une femme par un homme dans un supermarché. Est-ce que je décide d’intervenir ? Est-ce que je décide de sortir mon arme ? Est-ce que je décide de faire feu ? Que constitue pour moi un acte de violence extrême ? Est-ce que la femme est en danger immédiat de mort ? Qui est cet homme ? Est-ce que ma ligne de tir est sécurisé ? Y-a-t’il d’autres individus autour ? Est-ce que si je décide d’intervenir la femme ne va pas se retourner contre moi ? Si je décide d’intervenir et qu’au même moment un policier ou un autre citoyen armé est témoin de cette nouvelle séquence, va-t’il ouvrir le feu sur moi, croyant que je suis en train de commettre un meurtre ? Etc.

Ces questions sont extrêmement difficiles et complexes…et le port d’une arme a feu est avant tout une multitude de réflexions personnelles plus ou moins abouties. Par exemple, mon épouse n’a pas les mêmes règles d’engagement que moi.

Rappelons que lorsque nous portons un marteau, tout commence a ressembler a un clou. D’où l’importance de porter d’autres systèmes et moyens de protections / d’intervention comme par exemple un téléphone portable, une bombe lacrymogène ou un bâton télescopique.


PB - Votre épouse porte aussi une arme. Peut elle témoigner de ce quotidien ?

Effectivement mon épouse a longtemps porté un .38 pour sa protection personnelle et aujourd’hui un Glock 43 au quotidien. C’est son hygiène de vie.

Ayant vécue a New York puis Los Angeles, elle a témoigné plusieurs fois de scènes de violence de rue incroyables, et elle refuse tout simplement d’être une victime de plus, une statistique de plus au journal de 20h.

Porter une arme a feu ne veut pas dire qu’elle est devenue invincible, cela veut juste dire qu’elle se donne les moyens de résister et de se battre. C’est d’abord un choix personnel. Une attitude.



PB - À quelle fréquence vous entraînez vous et dans quel état d'esprit le faites vous ?

La fréquence d’entraînement en stand dépend largement de notre temps libre et du climat. L’entraînement par -30C n’est pas optimal !
Cependant, l’entraînement est pour nous quotidien. C’est par exemple l’entraînement a sec, les exercices de présentation ou encore les déplacements et la négociation d’obstacles a l’intérieur du domicile.

C’est un aspect rarement évoqué de l’entraînement. Le tir sur cible au stand ne devrait pas être la seule opportunité de solidifier de bonnes bases au maniement des armes. Surtout avec les armes de poing !

Pour l’état d’esprit il est toujours le même. Notre approche est purement combative.



PB - Être formé aux gestes d'urgence pour stopper une hémorragie est t elle selon vous un outil indispensable pour porter une arme à feu au quotidien ?

Je ne sais pas si c’est indispensable, mais de ma fenêtre il me parait intelligent et bienveillant d’intégrer a notre boite a outil des connaissances et des outils capables de sauver une vie.

De plus en plus les écoles de tir de défense aux US incorporent les connaissances médicales et les outils de premiers soins tels que les garrots, les agents hémostatiques et les pansements occlusifs pour deux raisons.

La première raison est que les fusillades impliquent un tir dans les deux sens, et que jusqu’à preuve du contraire, les gens bien, les citoyens responsables, les bons samaritains et tout, meurent eux aussi d’hémorragies et de blessures graves.

Dans un premier temps, il est donc question de savoir et de pouvoir ralentir voir prévenir sa propre mort, ou la mort d’un proche ou d’une tierce personne en attendant les professionnels: accident de la route, accident du travail, accident en milieu naturel, terrorisme…

C’est savoir et pouvoir poser correctement un garrot et/ou un pansement compressif. Et aussi savoir et pouvoir poser correctement un pansement occlusif.


La deuxième raison est plus subtile. Dans le cadre d’un tir de défense, il peut être juridiquement décisif d’appliquer des soins d’urgence a la personne que nous venons de stopper avec une arme. Cela implique d’avoir fait des formations spécialisées et de porter, en plus de l’arme, le matériel médical lié aux blessures par balles.


Personnellement, je pense que tout citoyen, détenteur d’une arme ou pas, devrait aujourd’hui avoir les connaissances et les moyens de stopper une hémorragie.


PB - Quels conseil donneriez vous à quelqu'un qui souhaite acquérir une arme à feu ?

Faites des formations !

Il est beaucoup plus intéressant d’avoir 100 heures de formations et une seule arme a feu, que 100 armes a feu et seulement 1 heure de formation.

S’impliquer dans une méthodologie combative auprès d’un professionnel est extrêmement enrichissant dans la construction d’un détenteur d’arme. C’est pour moi le problème majeur de la culture de l’arme a feu en France: un accès difficile aux écoles et méthodologies focalisées sur le tir de défense pour le citoyen.



PB - Quel regard portez vous sur le combat législatif et de lobbying que mène l'ARPAC ?

Au delà des subtilités législatives et politiques que je ne maîtrise pas et qui m’échappent probablement, il me parait important aujourd’hui de voir apparaître en France une entité capable de formuler un programme pour peut être améliorer les capacités d’intervention et de résilience du citoyen, car ce dernier est toujours aux premières lignes.








>> Merci a l'ARPAC et Pierre Bourguignon pour cette interview.

vendredi 19 janvier 2018

Potager 2018



 - Planification du potager pour 2018 -


1. Déjà sur la Ferme:

> Poiriers ( x2 )
> Prunier
> Cerisier
> Framboisiers ( x5 )
> Plantes, buissons et fleurs locales...
> Poules ( x4 )
> Ruches ( x3 ? )


 
2. A intégrer:

> Plantes aromatiques
a) Persil
b) Ciboulette
c) Estragon
d) Thym
e) Sauge
f) Lavande
g) Origan
h) Menthe
i) Basilic

> Salades
a) Iceberg
b) Romaine
c) Épinards

> Tomates
a) Locales
b) Beefsteak
c) Cherry

> Microgreens
a) Roquette (Eruca Sativa)
b) Orge
c) Haricot Mungo
d) Herbe de blé

> Courgettes
a) Courgette boule
b) Courgette Ambassador
c) Crookneck

> Concombres
> Endives
> Framboisiers
> Choux de Bruxelles
> Haricots verts
> Petits pois
> Chou-fleur
> Aubergines
> Carottes
> Cucurbita
> Betteraves
> Maïs
> Asperges
> Champignons
> Patates douces
> Citrouilles
> Houblon

> Fleurs
a) Sauge des devins
b) Monad
c) Coquelicot
d) Cosmos
e) Digitale