lundi 24 août 2015

L'Anneau de Bélière



Le Principe de l’Anneau de Bélière
Par l’Abbé.

Dans l’article que nous avions consacré aux couteaux Mora, j’avais fait allusion, sans vraiment le détailler, à un système de port que j’affectionne particulièrement: le système Bélière/Anneau de bélière.

La description que j’en faisais alors n’était sans doute pas assez détaillée et avait fait l’objet d’une question d’un lecteur nommé Joe. J’y reviens aujourd’hui, après un an et demi, et vous prie de m’excuser, particulièrement Joe, pour ce délai. Mais bon, le temps…s’enfuit littéralement !


1. Principe et Avantages

Le système Bélière/Anneau de bélière est très ancien et consiste principalement en un crochet, fixé sur un harnais ou une ceinture sur lequel on vient suspendre un anneau, lui-même solidaire de l’objet que l’on souhaite porter.

Ce système, dont je ne suis pas un spécialiste mais dont je me suis simplement inspiré, était surtout utilisé pour le port des sabres et des épées. En effet, si le sabre se porte relativement aisément lorsque l’on marche, sa taille est parfois véritablement gênante, pour s’assoir par exemple. 

Le système de bélière permet de l’enlever facilement du baudrier sans avoir à ouvrir tout son harnachement, et à le remettre tout aussi facilement. Plus près de nous, on retrouve cette gymnastique lorsque les membres des forces de l’ordre doivent prendre place dans un véhicule et enlèvent leur tonfa de leur ceinturon, sa taille leur interdisant l’accès aux endroits trop exigus.



Un autre usage de la bélière fut la suspension des carabines de cavalerie sur les selles de chevaux. On retrouve cette déclinaison du système dans la manière dont Steve McQueen porte sa winchester, équipée d’un anneau, dans la série "Au nom de la loi".



Aujourd’hui, et appliqué à un couteau fixe; les avantages de ce système demeurent les mêmes: Simplicité, Confort et Rapidité.

Simplicité, tout d’abord. Il a été plusieurs fois répété sur le blog combien il est important de sécuriser sur soi les éléments indispensables de son EDC. En ce qui me concerne, bien que mes clés, mes moyens de paiement et ma pièce d’identité soient dans mes poches, ils sont également tous fixés à mon ceinturon. Si je souhaite emporter un couteau fixe, la bélière me permet de ne pas ouvrir ce ceinturon. Je ne perds pas de temps et je ne prends aucun risque de perte. Idem s’il s’agit d’une lampe, d’un sifflet, d’une boussole ou de tout objet pouvant être muni d’un anneau brisé ou d’une petite boucle en ficelle.

Le confort, ensuite. L’objet ainsi porté conserve une certaine liberté de mouvement. On ne le sent pour ainsi dire pas à la marche et c’est très agréable quand on travaille ou que l’on veut s’asseoir ou s’agenouiller. On peut faire glisser la bélière sur le ceinturon et trouver ainsi la position idéale en fonction de l’activité.

La rapidité, enfin. Ce système permet en effet de pallier un inconvénient des étuis kydex qui équipent presqu’exclusivement les couteaux fixes artisanaux ou semi-industriels, à savoir l’absence de système de port. Bien sur, il est assez facile de bricoler un passant pour un étui kydex ou de lui associer un système Tech Lock, mais avec la bélière, il suffit de quelques secondes, si le manche du couteau est équipé d’un trou de fixation pour dragonne, pour pouvoir le mettre à la ceinture.







Il suffit alors de fixer la cordelette de l’étui en kydex à sa ceinture et au dégainé celui-ci viendra simplement pendre le long de la jambe, n’empêchant pas l’utilisation du couteau... Il est même préférable de laisser pendre l’étui ainsi car si l’on pose le couteau quelques instants pour utiliser ses deux mains on ne risquera pas de l’oublier sur place en partant, l’étui kydex venant battre contre la jambe et rappeler que le couteau n’est plus à la ceinture.

L’autre avantage de la bélière, qui pour moi est déterminant, est de pouvoir passer très rapidement d’un port traditionnel, sur le coté, à un port beaucoup plus discret, à savoir dans le dos, glissé dans le ceinturon. Depuis 4 ans, j’utilise en backup un SFS de Tony Lopes. Ce couteau, extrêmement polyvalent et pétri de qualités, se prête très bien à cet exercice grâce à son épaisseur maitrisée.











2. Fabrication

La fabrication d’une bélière ne présente aucune difficulté. Nous utilisons des cintres métalliques, du type de ceux que l’on donne dans les pressings, et aucun outillage particulier n’est requis. Il faut une pince coupante ou une tenaille et deux pinces assez fines. Les pinces de multi-Tools fonctionnent également assez bien.



L’acier du fil de fer de cintre étant assez mou, je colle plusieurs épaisseurs se scotch à l’intérieur du bec de la pince afin de ne pas blesser l’acier. En effet, il faut veiller à ce que le fil de fer reste bien lisse pour assurer une bonne fluidité de la glisse de l’anneau dans la bélière. Au pire, on peut améliorer ce point avec du papier de verre fin.

Il y a cependant deux points auxquels vous devrez porter attention. Le premier est de veiller à ce que la boucle dans laquelle vient passer le ceinturon soit de la bonne taille, à savoir la plus ajustée possible. Plus la bélière sera maintenue en place, plus les manœuvres accrochage/décrochage seront précises. Si la bélière est trop lâche sur le ceinturon elle risque de bouger et il est très important qu’elle reste à l’endroit que vous aurez jugé optimal. 

C’est à l’usage que vous prendrez conscience de l’importance d’avoir une bélière bien ajustée et c’est la raison pour laquelle je vous encourage a réaliser chaque bélière pour une ceinture précise. Il vous faudra sans doute plusieurs essais avant de réussir parfaitement, mais une fois le résultat adéquat obtenu vous aurez une bélière pour la vie, car une bélière ne casse pas, ne s’use pas et ne se perd pas.

Deuxième point très important, la fluidité. Rien ne doit venir ralentir ou entraver le glissement de l’anneau sur le crochet. Cela signifie que l’on s’interdit toute fioriture inutile ou l’anneau pourrait s’accrocher, comme des boucles décoratives par exemple. 

Cela signifie également, et c’est très important, que les deux bouts du fil de fer doivent se trouver en haut de la bélière, proche de la partie haute du ceinturon. Ainsi le bout de fil de fer qui vient s’enrouler autour du ceinturon ne doit pas s’arrêter en bas, bien que la boucle soit complète, mais continuer derrière le ceinturon. En effet si le fil de fer s’arrêtait en bas, il serait à l’endroit exact ou va venir reposer l’anneau de l’outil porté et constituerait alors un risque majeur d’accrochage. J’insiste sur ce point un peu technique mais c’est très important.




3. Conclusion


La solution d’un problème requiert en général une compétence et un outil. La mise en œuvre de cette solution nécessite de faire se rencontrer la compétence et l’outil. Les exemples sont légion de ces rencontres manquées

Tel automobiliste en panne de batterie sur un parking qui vous explique qu’il a des câbles de démarrage, mais qu’ils sont dans son garage. Telle personne agressée, qui vous explique qu’elle a un spray de défense ou une alarme personnelle, mais qu’ils étaient au fond de son sac.

Réfléchir à la manière de porter nos outils, personnaliser ce port, l’adapter au moment particulier, c’est la meilleure manière d’en améliorer la disponibilité et donc se donner une chance supplémentaire de réagir face à un problème.


Le système bélière/anneau de bélière fonctionne bien et mérite d’être expérimenté. Peut-être pas avec un fixe, si Paris est votre terrain de jeu, mais avec votre petite lampe tactique, par exemple. Ce système peut également être vu comme une invitation à innover et à éprouver de nouvelles solutions.

L’Abbé.

lundi 17 août 2015

Etuis - MORA Bushcraft Black


MORA BUSHCRAFT BLACK

Acier - Carbone
  Lame - 10.9 cm    
Epaisseur - 3.2mm 
Manche - Gomme noire
Longueur totale - 23.2cm
Poids - 120g

Etuis - Plastique peut-mieux-faire…














lundi 3 août 2015

Lacrymogène: un outil citoyen ?



Salut Vol West ! 

En 2013, la législation sur les Lacrymos a régressé (impossible de qualifier "ça" d'évolution) au point que son port et son transport, sauf "motif légitime", soit considéré comme un délit. Même constat pour les couteaux - bien que cet exemple soit plus vieux - visant surtout les systèmes à blocage de lame, les laguioles, couteaux suisses, piémontais et Opinels étant davantage "tolérés". 

Pour ma part je porte un couteau Suisse et un stylo-lacrymo de la marque Piranha, c'est loin d'être l'idéal, mais il est efficace (j'ai eu l'occasion de m'en servir), fait un excellent outil d'impact et est extrêmement discret (passé deux contrôles, dont un au C.I.R). 

Ma question est donc la suivante: Est-il vraiment sage de se conformer à ces lois qui ont une influence directe sur nos stratégies de défense au quotidien et à plus forte raison lorsqu'elles ciblent un système aussi efficient et indispensable que la bombe lacrymogène ? (je ne compte pas le couteau parmi ces derniers).

Merci à toi pour ton travail et également aux autres intervenants, que ce soit ceux sur le blog (commentateurs, l'Abbé...), sur facebook ou à tes côtés pour tes articles / vidéos. 

Stay safe !

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Salut,

A la base, si tu es bien éduqué, respectueux, habillé plutôt "normalement" (c'est a dire pas le cul a l'air, en tong et la casquette "Cypress Hill" de travers), un minimum malin et capable de communiquer intelligemment et calmement les raisons, pensées au préalables, du port de certains outils…dans 99% des cas, petite lacrymo ou pas, petit couteau ou pas, il ne se passera rien: c'est le concept de l'homme gris.


Au pire, il peut y avoir confiscation du matériel…d'ou l'intérêt de porter, selon notre environnement et son degrés de risque, des outils fiables et efficaces mais qui ne coutent pas systématiquement un bras pour pouvoir les remplacer facilement et rapidement: du jetable qui tient la route quoi.

Tout est question d'environnement, d'attitude, de comportement, de communication et aussi de la nature de nos outils...


Une petite pince multifonctions style Leatherman Juice (parfait pour l'urbain), un couteau Suisse comme c'est ton cas voir un petit Mora dans le sac a dos sont des outils qui passeront toujours mieux qu'un OTF tactique-noir-furtif a 500 balles ou une dague US 1918 gravée "Si Vis Pacem Para Bellum" a la ceinture.

Une petite lacrymo au poivre "parce que je me suis fait mordre 3 fois par le chien du voisin monsieur l'agent", passera toujours mieux qu'un gros spray médiéval "nique ta mère j'arrose tout" ou un truc plus agressif comme le Guardian Angel par exemple.

Apres…il y a toujours les outils du quotidien comme les lampes torches, les parapluies, les stylos BIC, les mousquetons, les journaux roulés, les sifflets, les cannes et les raquettes de tennis: quoi j'ai pas le droit de me faire un tennis après le boulot ?



Philosophiquement parlant, et tout en restant raisonnable (on ne parle pas ici de porter une grenade dans la poche), il m'est impossible, par devoir et conviction, de me conformer a certaines lois visant a neutraliser mes capacités d'action concernant mon intégrité physique et plus largement ma sécurité personnelle, celle de mes proches ou d'un tiers, surtout lorsque nous constatons l'inaction collective concernant les agressions (psychologiques, sexuelles,  physiques...), et plus généralement l'insécurité systémique observée et vécue au quotidien dans certains environnements.

Ce manque d'action collective (et parfois policière) est sans aucun doute complexe et due a une multitude d'enjeux plus ou moins subtiles:
- Pressions naturelles ?
- Pressions sociales ?
- Pressions juridiques ?
- Pressions politiques ?
- Pressions médiatiques ?
Soit concrètement la peur de faire, la peur de mal faire, la peur d'être jugé, la peur de devenir la victime, la peur d'aller en prison, la peur de mourir etc.

Mais aussi, et c'est un élément qui me parait important si ce n'est décisif: force est de constater un manque chronique de moyens dans les rangs citoyens…


Quelle que soit l'urgence, il me sera toujours beaucoup plus difficile de faire face et d'agir sans moyens. Ces moyens peuvent être des formations (premiers soins / déplacement / communication / Self…), comme ils peuvent être des outils pratiques.

Si nous parlons de sécurité personnelle, certains outils sont pour moi non négociables comme par exemple:



Le téléphone portable:

- Pour rester en contact avec mes proches.
- Pour appeler a l'aide / prevenir.
- Pour filmer: un criminel / l'arrestation d'une tierce personne…
- Pour faire une photo: du plan des sorties de secours dans un immeuble que je ne connais pas / d'une plaque d'immatriculation / d'une victime / d'un boulet…

Mais aussi la Lacrymo:

- Pour décourager / freiner / stopper, d'une manière non létale, une attaque violente et immédiate: sur ma personne, un proche ou un tiers.
- Pour contaminer une pastille stratégique: un ascenseur, un couloir ou une cage d'escalier.
- Pour équilibrer la donne: ils sont toujours a plusieurs.


Comme on dit aux US: "je porte un outil de défense, parce qu'un flic c'est trop lourd."

Cordialement.
vw.