lundi 3 août 2015

Lacrymogène: un outil citoyen ?



Salut Vol West ! 

En 2013, la législation sur les Lacrymos a régressé (impossible de qualifier "ça" d'évolution) au point que son port et son transport, sauf "motif légitime", soit considéré comme un délit. Même constat pour les couteaux - bien que cet exemple soit plus vieux - visant surtout les systèmes à blocage de lame, les laguioles, couteaux suisses, piémontais et Opinels étant davantage "tolérés". 

Pour ma part je porte un couteau Suisse et un stylo-lacrymo de la marque Piranha, c'est loin d'être l'idéal, mais il est efficace (j'ai eu l'occasion de m'en servir), fait un excellent outil d'impact et est extrêmement discret (passé deux contrôles, dont un au C.I.R). 

Ma question est donc la suivante: Est-il vraiment sage de se conformer à ces lois qui ont une influence directe sur nos stratégies de défense au quotidien et à plus forte raison lorsqu'elles ciblent un système aussi efficient et indispensable que la bombe lacrymogène ? (je ne compte pas le couteau parmi ces derniers).

Merci à toi pour ton travail et également aux autres intervenants, que ce soit ceux sur le blog (commentateurs, l'Abbé...), sur facebook ou à tes côtés pour tes articles / vidéos. 

Stay safe !

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Salut,

A la base, si tu es bien éduqué, respectueux, habillé plutôt "normalement" (c'est a dire pas le cul a l'air, en tong et la casquette "Cypress Hill" de travers), un minimum malin et capable de communiquer intelligemment et calmement les raisons, pensées au préalables, du port de certains outils…dans 99% des cas, petite lacrymo ou pas, petit couteau ou pas, il ne se passera rien: c'est le concept de l'homme gris.


Au pire, il peut y avoir confiscation du matériel…d'ou l'intérêt de porter, selon notre environnement et son degrés de risque, des outils fiables et efficaces mais qui ne coutent pas systématiquement un bras pour pouvoir les remplacer facilement et rapidement: du jetable qui tient la route quoi.

Tout est question d'environnement, d'attitude, de comportement, de communication et aussi de la nature de nos outils...


Une petite pince multifonctions style Leatherman Juice (parfait pour l'urbain), un couteau Suisse comme c'est ton cas voir un petit Mora dans le sac a dos sont des outils qui passeront toujours mieux qu'un OTF tactique-noir-furtif a 500 balles ou une dague US 1918 gravée "Si Vis Pacem Para Bellum" a la ceinture.

Une petite lacrymo au poivre "parce que je me suis fait mordre 3 fois par le chien du voisin monsieur l'agent", passera toujours mieux qu'un gros spray médiéval "nique ta mère j'arrose tout" ou un truc plus agressif comme le Guardian Angel par exemple.

Apres…il y a toujours les outils du quotidien comme les lampes torches, les parapluies, les stylos BIC, les mousquetons, les journaux roulés, les sifflets, les cannes et les raquettes de tennis: quoi j'ai pas le droit de me faire un tennis après le boulot ?



Philosophiquement parlant, et tout en restant raisonnable (on ne parle pas ici de porter une grenade dans la poche), il m'est impossible, par devoir et conviction, de me conformer a certaines lois visant a neutraliser mes capacités d'action concernant mon intégrité physique et plus largement ma sécurité personnelle, celle de mes proches ou d'un tiers, surtout lorsque nous constatons l'inaction collective concernant les agressions (psychologiques, sexuelles,  physiques...), et plus généralement l'insécurité systémique observée et vécue au quotidien dans certains environnements.

Ce manque d'action collective (et parfois policière) est sans aucun doute complexe et due a une multitude d'enjeux plus ou moins subtiles:
- Pressions naturelles ?
- Pressions sociales ?
- Pressions juridiques ?
- Pressions politiques ?
- Pressions médiatiques ?
Soit concrètement la peur de faire, la peur de mal faire, la peur d'être jugé, la peur de devenir la victime, la peur d'aller en prison, la peur de mourir etc.

Mais aussi, et c'est un élément qui me parait important si ce n'est décisif: force est de constater un manque chronique de moyens dans les rangs citoyens…


Quelle que soit l'urgence, il me sera toujours beaucoup plus difficile de faire face et d'agir sans moyens. Ces moyens peuvent être des formations (premiers soins / déplacement / communication / Self…), comme ils peuvent être des outils pratiques.

Si nous parlons de sécurité personnelle, certains outils sont pour moi non négociables comme par exemple:



Le téléphone portable:

- Pour rester en contact avec mes proches.
- Pour appeler a l'aide / prevenir.
- Pour filmer: un criminel / l'arrestation d'une tierce personne…
- Pour faire une photo: du plan des sorties de secours dans un immeuble que je ne connais pas / d'une plaque d'immatriculation / d'une victime / d'un boulet…

Mais aussi la Lacrymo:

- Pour décourager / freiner / stopper, d'une manière non létale, une attaque violente et immédiate: sur ma personne, un proche ou un tiers.
- Pour contaminer une pastille stratégique: un ascenseur, un couloir ou une cage d'escalier.
- Pour équilibrer la donne: ils sont toujours a plusieurs.


Comme on dit aux US: "je porte un outil de défense, parce qu'un flic c'est trop lourd."

Cordialement.
vw.

16 commentaires:

  1. Très bon article Vol-West.
    Le soucis d’être ou non en conformité avec la loi, c'est que le jour ou tu sera dans le besoin tu n'aura rien sous la main et les forces de l'ordres ne seront pas la ..
    C'est la triste réalité , donc comme le dit notre ami il vaut mieux pouvoir compté sur sois même plutôt qu'être dépendant d'un système hasardeux, surtout quand cela peu nous mettre en danger.

    Merci Vol de continuer, c'est un plaisir de te lire !

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  2. Merci volwest pour cet article intéressant (comme à ton habitude)
    👍

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  3. Le principe actuel qui prédomine, c'est que "l'honnête citoyen" est sans défense, c'est une très étrange et très inquiétante conception de la sécurité ou un état préfère voir des victimes plutôt que des voyous en fuite . A l'émission "C dans l'air" on ne compte plus les interventions de délégués syndicaux de la police (les seuls pouvant parler dans les médias) recommandant "surtout de ne rien faire, de se laisser faire" . Sans doute des conseils venant par rapport à ce qu'ils ont observés après des affaires de violences et de défense .
    Même si parfois , un ex magistrat les reprend parfois . Il ne faut pas oublier ce qui a été dit, cela souligne le comportement actuel dans les enquêtes . Il suffit juste de se renseigner sur les affaires de troubles de voisinages avec violences verbales d'une des parties pour voir que les victimes doivent apporter la preuve du trouble, tout en respectant certaines règles non écrites afin que les preuves soient retenues au risque qu'elle soit rejetée ou que la partie adverse puisse s'en servir contre les victimes . Le comble !

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    1. Le plus inquiétant n'est peut être pas que l'état veuille garder le monopole de la défense…après tout c'est normal. Le plus inquiétant c'est que la majorité des citoyens aujourd'hui pensent que c'est une bonne idée !

      A suivre...

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  4. bonsoir à tous,
    même en étant "un homme gris", on peut toujours se faire contrôler : contrôle systématique en sortie de métro, au hasard ou autre ! on a une attitude calme, posée et un discourt cohérent, du coup le flic confisque juste la lame ou la lacrymo mais garde également une trace de cet épisode !
    le soucis se pose donc ensuite : déjà on peut en avoir besoin quelques heures après (et c'est dommage :)) mais surtout , je doute qu'une fois rentré à la maison on se dise : "ah ben il a surement raison, la loi doit être bien faîte, je ne vais plus avoir besoin de mon couteau ou lacrymo ! non, on court chez le marchant et on en reprend une aussitôt.
    du coup, la fois suivante, ce n'est plus la même limonade : avec une récidive, les risques sont nettement plus grands !
    et on se retrouve condamné pour avoir osé pensé à l'éventualité de se défendre (sans rien avoir fait) !
    la question qu'il faut se poser est de savoir si on préfère pouvoir agir, quitte à se justifier après ou si on préfère subir et pleurer ensuite (si on le peut encore !).

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    1. Salut the dooi,

      Oui comme d'habitude le risque zéro n'existe malheureusement pas.
      Comme il est écrit dans l'article: Tout est question d'environnement, d'attitude, de comportement, de communication et aussi de la nature de nos outils…

      Encore une question personnelle quoi…
      a+
      :)


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  5. Complètement d'accord avec Vol West et son interlocuteur ! La question que je me pose c'est combien de temps dure une bombe lacrymo au poivre ou au gaz ? J'en ai qui datent déjà d'il y a 2 ans ... le temps passe vite. Stay safe ! Marc

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    1. Le mieux est de s'en tenir a la date de péremption sur le produit…mais sinon il faut faire tourner tous les deux ans environs.

      Le problème de péremption ne concerne pas le produit irritant, mais le système de propulsion.
      :)

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  6. Bonsoir vol West et merci pour cet article intéressant.
    Voilà je suis une jeune femme de 30 ans consciente du monde dans lequel je vis et surtout de ses dangers.
    Pour ma part, j'ai dans mon sac à main une lacrymogène et un cutter. Trouvant cela insuffisant, je me suis récemment acheté une dague militaire. Le problème c'est que mon copain est particulièrement contre car selon lui :
    1. Je vais avoir des " problèmes " si je me fais contrôler
    2. Dans tout les cas, je serai incapable de m'en servir parceque je ne me rends pas compte de ce que c'est que de planter quelqu'un...
    3. Cette arme pourrait se retourner contre moi si l'agresseur s'en empare.
    Ma question est ai je vraiment tord d'avoir une dague dans mon sac???

    Personnellement, j'espère ne jamais avoir à m'en servir mais ça me rassure de l'avoir avec moi.

    Ambre

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    1. Bonsoir Ambre,

      Loin de moi l'idée de vouloir imposer une quelconque vérité sur tes choix et horizons…mais je pense effectivement qu'une dague n'est pas la meilleur option concernant ta protection personnelle.

      Statistiquement parlant, ce qui continu de marcher le mieux reste:

      1. Ne pas être la…soit l'art d'éviter les emmerdes.
      2. L'attention portée a ton environnement (voir: http://lesurvivaliste.blogspot.com/2012/02/la-mentalite-combative.html )
      3. Un outil simple, efficace et surprenant est le sifflet tout bête (voir: http://lesurvivaliste.blogspot.com/2015/01/les-temoins.html )
      4. La lacrymo (voir: http://lesurvivaliste.blogspot.com/2013/04/lacrymogene-choix-et-considerations.html )

      Cordialement, et prends soin.
      volwest

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  7. Merci pour tes precieux conseils, c'est noté.

    Stay safe.
    Ambre.

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  8. Bonjour,
    Je n'ai jamais vu quelqu'un être condamné pour avoir porté un bombe lacrymogène, ni même un simple couteau.

    A mon sens, il ne faut donc pas s'affoler de ce point de vue.

    Merci à Volwest pour ses précieux conseils à vous tous pour vos enrichissements.

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  9. Après avoir été agressé 2 fois (Quimper et Marseille) j'ai décidé de me protéger. Même si je pense que la meilleure défense est la fuite, je garde sur moi un crayon critérium en métal, un sifflet et un mousqueton. L'idée du parapluie me plaît car j'habite dans une ville où il pleut plus de 250 jours par an. Je pense que je vais aussi acheter un Piranha.

    Je suis toujours habillé passe-partout pour ne susciter aucun intérêt.

    Bonne continuation.

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