mercredi 3 septembre 2014

La Motivation du Survivaliste



Les Survivalistes seraient-ils tous motivés par la peur et inconsciemment gouvernés par une dynamique de réaction instinctive démesurée, déraisonnable et donc forcement dysfonctionnelle ?

Ou est-il possible de consciemment exprimer, a l'échelle familiale et citoyenne, une intention d'indépendance, de prévoyance et de résilience qui ne soit pas fondée sur la peur, le rejet ou encore l'involution, mais sur la décision intelligente et raisonnée de créer autour de nous de la cohérence et de la stabilité ?

Qu'il soit question des médias de masse ou de la vibration collective, le bilan ambiant concernant le Survivalisme est plutôt catégorique: rien de bon ou de productif ne peut germer de nos intentions, de nos constructions…car pour beaucoup, le Survivalisme reste et restera l'expression individualiste d'un délire paranoïde cristallisé par une interprétation du monde extérieur fondamentalement torturée.


D'une certaine manière, la motivation est a la psychologie ce que la terre est a la plante: une complexité organique et influençable capable de faire germer, dans nos jardins les plus intimes, de magnifiques arbres fruitiers, de magnifiques fleures, de magnifiques légumes, de magnifiques plantes aromatiques…et parfois aussi de magnifiques mauvaises herbes !

Cette question de motivation me parait donc essentielle…et pour peut être tenter d'observer, d'analyser et de comprendre les forces déterminantes et constructrices a l'intérieur de notre propre terroir
prévoyant, j'ai posé la question suivante aux 8 000 abonnés de ma page Facebook: "Pourquoi êtes-vous dans une démarche de prévoyance, d'autonomie et de résilience…Quelle est votre motivation principale ?"

Voici quelques réponses…


- Dépendre le moins possible d'un système de plus en plus défaillant, protéger ma famille et mes amis, en apprendre tout simplement plus sur la nature, mon environnement et être responsable au final.

- L'indépendance vis à vis de l'Etat et la perte de confiance totale dans les institutions.

- Etre capable de me débrouiller le plus possible tout seul en cas de problème. Ne pas être totalement impuissant si les institutions étatiques plantent ou sont bradées à des sociétés privées pour éponger la dette qu'ils ont contracté en notre nom...

- Protéger ma famille, mes enfants. Assurer leur sécurité, leur santé, leur éducation. Préserver et respecter la nature, les animaux. 
J’aime maîtriser mon environnement et j’aime aider mon prochain en ayant la solution à son problème.

- 10 ans dans l'armée, a voyager là ou çà ne vas plus, m'ont convaincu de faire en sorte de ne pas être trop dépendant du système.

- Défiance assez poussée envers la machine étatique et son manque d'intérêt pour la santé du pays; envie de devenir un Homme et Citoyen responsable, être celui qui peut fournir de l'aide plutôt qu'en demander en cas de coups durs.

- Mon père faisait des réserves et avait dans un coin de sa maison tout ce qu'il fallait pour survivre et pour se défendre. Lorsque je suis venue lui rendre visite il y a quelques années il m'a dit "si un jour il y a un soucis, une guerre ou quoi, tu viens ici je vous défendrai tes enfants et toi et vous aurez tout ce qu'il faut pour survivre". Je me sentais rassurée. Mon père n'étant plus de ce monde, j'ai commencé à angoisser et même faire des cauchemars, donc j'ai repris le flambeau en fait.

- Parce que c'est naturel, un instinct basique, une mémoire transgénérationnelle...même mon chien planque des croquettes !

- Pour tendre à plus d indépendance, revenir à une alimentation, un mode de production et un mode de vie que mon grand père à connu petit, et surtout pour protéger ma famille en cas de " problème", et par désire de vivre bien quelque soit la situation...

- Un besoin de retour à l'essentiel, à ce qui est essentiel, loin des jeux du cirque ambiant.

- Pour retrouver des notions qu'on a perdu avec la vie facile. Nous sommes terriblement dépendant du tout prêt / tout fait au point que des gestes qui étaient simples pour nos parents et grands parents deviennent de réelles difficultés pour nous. La perte de confiance dans nos administrations, la crise, l'insécurité, l'avenir incertain, la mauvaise qualité de nos eaux, de l'infrastructure, les aliments plein de produits dégoutants plus ou moins toxiques. Voila ce qui m'a fait prendre conscience que si je ne fais rien pour moi personne ne le fera à ma place. Maintenant que je n'attends d'actions que de moi et non des gouvernants, je me sens forte. Je pense que beaucoup devrait réfléchir à leurs actions pour leur vie au lieu de critiquer les gouvernements parce que ceux-ci ne les entretiennent pas...

- Responsabilité, Sérénité, Liberté. En réalité, j'ai parfois l'impression que c'est une chose qui s'impose à vous plus qu'on ne la choisie lorsque l'on se pose réellement la question de sa place dans la société humaine, de son impact sur le monde, de ce qu'on a appris et de ce que l'on veut transmettre.

- Pour ma famille, qui le fera pour eux à par moi !

- Sans rentrer dans les détails sociaux et environnementaux. La sécurité (assurance de la survie) est la deuxième marche de la pyramide de Maslow. Je pense que avant de chercher l'appartenance, la reconnaissance et l'accomplissement, il est naturel d'assurer ses arrières. La surabondance des biens a fait oublié a beaucoup de gens la fragilité du système. Et comme tout système, il faut réfléchir à un mode de fonctionnement dégradé. Et mettre en place des solutions. Pour le moment, les autorités se foutent de ça. Et au lieu de former la population, chacun se démerde.

- Car j'ai toujours aimé être prévoyant, et comme je m'apprête à être papa pour la 1ère fois, je veux protéger ma famille, transmettre des valeurs telles que la simplicité, la solidarité, l'efficacité, et revenir à une maitrise locale de mon environnement.

- Parce que la merde arrive droit dans le ventilateur, que j'ai des mômes, une conscience, et un besoin viscéral de liberté !

- Dépendre le moins possible de cette vie de merde; actuellement à la retraite, je fais en sorte d'éviter le supermarché au maximum, de réduire le contact avec la banque, de m'organiser pour réduire mes factures, et d'essayer de retrouver une vie plus saine.

- Par lucidité sur l'avenir, pour la transmission des savoirs, pour protéger ma famille....je crois que ma motivation principale est de protéger ma famille à la base. 

- Ma motivation ? Etre capable de nourrir et protéger mes enfants, leur transmettre ce que j'apprends pour qu'ils essaient d'être autonomes à leur tour parce que l'avenir risque d'être encore plus compliqué pour eux. La crainte du chômage, de la maladie, ou tout simplement être capable de me débrouiller dans le quotidien sans avoir recours à un tiers systématiquement. Savoir que je peux arriver à m'en sortir seul est rassurant.

- Je sais pas qu'elle est ma motivation principale mais j'en ai plusieurs: pouvoir aider ma famille, se nourrir plus sainement, ne pas être un assisté du système, réapprendre de nos anciens, a penser par moi même, vivre plus simplement etc.

- Mes enfants!!!!


La caricature d'un Survivaliste systématiquement et uniquement gouverné par la peur, le fanatisme, le rejet technologique et l'ivresse apocalyptique, vestige d'une époque, de stratégies et de raisonnements largement révolues, ne peut représenter ni synthétiser a elle seule les motivations exprimées ici.




Sans tomber dans le piège d'un catastrophisme exalté, notre monde moderne, dans toute sa plénitude, sa complexité et sa dynamique de croissance absolue, renferme des dimensions et des réalités qu'il nous faut conscientiser, confronter, gérer et peut être dépasser.

Accidents industriels, inondations, canicules, tempêtes, pénuries, incendies, accidents de la route, conflits, guerres, émeutes, terrorisme, risques sanitaires, pillage et raréfaction des ressources, urbanisation massive, surconsommation, agriculture intensive, élevage intensif, OGM, dette, cruauté, pollution, famine, oppression, dépression, précarisation, paupérisation, diasporas, spoliation, violences, inflation, insécurité, chômage…quelque soit notre statut social ou la culture pollinisatrice qui anime nos quotidiens, nous endurons un flux persistant et exponentiel de mauvaises nouvelles capable de cimenter sur un présent déjà turbulent pour des millions, un futur difficile et incertain pour tous.

Ces réalités, plus ou moins conscientisées selon les sensibilités et les environnements de chacun, sont peut être la source même d'une multitude de comportements pouvant paraître plus ou moins radicaux et farfelus…et en ce sens, il est difficile de vraiment savoir si la motivation première d'un "Survivaliste typique" germe de son propre univers interne, de sa propre machine a penser, ou si elle n'est pas simplement l'ébauche d'une réponse plus ou moins adaptée a une réalité difficilement dissimulable aujourd'hui.












Quelle que soit la source du malaise ambiant, interne, externe ou les deux, il me semble important de garder a l'esprit que même si certains Survivalistes s'obstinent a perpétuer des stratégies régressives, parfois exprimées physiquement au travers de la construction d'un bunker, mais aussi et peut être surtout psychologiquement par le retranchement social, le refus systématique du lien et de la rencontre ou encore l'enfermement politique, intellectuel, philosophique ou spirituel…l'énorme majorité des Survivalistes aujourd'hui, c'est a dire des millions d'individus, de tout horizons sociaux, culturels et économiques, de toutes philosophies, de tout âge et de tout sexe, sont simplement des gens a l'écoute de solutions et de stratégies capables d'influencer, positivement et intelligemment, nos réalités familiales, locales, régionales, nationales et globales.



Cette écoute, cette prise de conscience plus ou moins intériorisée et donc personnalisée, vient influencer la nature même de notre terreau quotidien, pour finalement privilégier la récolte de champs notionnels tels que l'autonomie, la résilience, l'entraide, la protection, la prévoyance, la cohérence, la stabilité, la responsabilité, la Liberté, la simplicité, la transmission, la solidarité, l'équilibre, la sécurité, la sérénité, le naturel, la santé, l'essentiel, l'indépendance…

Simplement, personne au monde ne va considérer notre vie ou la vie de nos proches, de nos enfants…comme nous pouvons la considérer. Et c'est sur cette intime et humble compréhension que la motivation du Survivaliste devrait se construire, et non sur les ruines anticipées d'un monde post-apocalyptique.





18 commentaires:

  1. Salut

    Nous vivons dans une société de moins en moins saine, psychotique et matérialiste, l' impossibilité de se projeter dans l'avenir, perte de repaires et valeurs, performance économique , destruction sociale, tout ccei est de l'eau au moulin du survivalisme.

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    1. Salut,

      Effectivement les périodes de transitions peuvent être difficiles a manœuvrer...mais c'est aussi souvent dans ces périodes qu'il nous est possible de surpasser nos compulsions.

      :)

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  2. je rajouterai que s'engager dans cette voie est très enrichissant personnellement et culturellement ! On se sent vraiment grandi une fois les premiers pas effectués (et un peu découragé devant ce qu'il reste à faire, mais toujours motivé !).

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  3. Brillante analyse. Il est intéressant d'observer le processus qui a forcé la grande majorité à déléguer, inconsciemment, sa résilience à des étrangers (gouvernement, supermarchés, multinationales). Et qu'est-ce qu'on reçoit en échange? du divertissement et des produits de merde.
    Les Romains avaient une expression pour ça: "panem et circenses", du pain et des jeux.
    Merci de nous donner les outils et connaissances pour revenir sur le droit chemin VolWest!

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  4. Même mon chien planque ses croquettes -> Extra, je crois qu'il a tout résumé :)

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    1. :)

      (il me semble que c'est une femme qui a écrit ceci)

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  5. Merci de cet article Vol West et des multiples réponses qui sont toutes pleines de bon sens ! Le simple bon sens se perd aussi, surtout chez ceux qui nous gouvernent ... Je ne sais pas si tu suis tout le bazar politique français, c'est dément ! Plus le chômage de masse, le bordel économique et social, écologique, la solitude de tous les âges, l'explosion de l'insécurité, l'immigration incontrôlée, etc.... Alors que ceux qui n'aiment pas les survivalistes et la philosophie d'indépendance de son clan et de solidarité avec les autres qui le veulent, continuent à suivre cette société qui est vraiment, mais alors vraiment mal barrée ... On a le droit de penser à nous et nos proches et de cesser d'être toujours victime. A++

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    1. Le bazar politique, qu'il soit français, islandais, étasunien ou chinois, ne m'intéresse plus depuis longtemps...
      :)

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  6. Salut Vol West,excellente analyse comme toujours,salutations et amitié du sud est de la France...

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  7. Bonjour Volwest, et tout le monde,

    Merci pour cet article, Volwest. Je ne sais pas ce que je préfère : le fond, qui est exactement ma conception du survivalisme, précisément ma façon d'envisager la vie (c'est ce qui m'a tant fait "accrocher" lorsque j'ai croisé ton blog). Les 2 derniers paragraphes contiennent à eux seuls tout le sens, pour moi...
    Ou la forme : quelle écriture ! Tu nous mènes sur des sentiers splendides, comme souvent, en mêlant intense réflexion, poésie, intelligence, construction rhétorique, sagesse, harmonie...
    Je suppose que des lecteurs te l'ont dit 100 fois, mais il serait encore plus agréable de lire cette somme de travail dans un livre... :)
    Je précise que je ne suis pas une "groupie" :))
    J'apprécie juste la belle ouvrage ;)

    A bientôt
    Nine

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    1. Merci l'amie...ton message me touche particulièrement.
      Pour le livre je suis en plein dedans !
      :)

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    2. Génial !
      Mais bon courage aussi...
      :)

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  8. Salut , je n'avais compris au départ cette publication , car pour moi , le survivalisme à pour synonyme préparation ( pour des tas de raisons ). Bref , et je suis tombé sur l'article du nouvel obs , et j'ai compris ( tu es le grand gourou skipi lol ) , il non pas écrit les différentes idées et motivations de chacun , prendre une bride et en faire exemple type , en plus dans leur article , je ne me retrouve pas . Encore une fois , il n'ont pas du connaître une situation difficile , pour comprendre les bases . Sur ceux je ne veux pas faire plus de pub , juste continue et merci .

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  9. Merci Vol d'avoir republié cet article que je n'avais jamais lu. Tes articles sont de véritables catalyseurs, faits d'un merveilleux alliage de stoïcisme et de poésie... J'ai prévu de parler sur mon Blog prochainement de Philosophie "Volwestienne".

    Amor Fati :)

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