lundi 25 août 2014

Une Introduction a la Pharmacie Familiale



Pour continuer d'alimenter la réflexion résiliante et la base de données autonomistes qu'est ce blog, j'ai fait appel a un infirmier pour qu'il nous parle de sa vision de la pharmacie familiale, et plus particulièrement des médicaments qu'il considère important de posséder dans le cadre d'une rupture ou d'un effondrement de la normalité.

Merci a lui.




Infirmier depuis 7 ans dans un des plus gros services d'accueil des urgences de France (70 000 patients / an), diplômé universitaire infirmier en Médecine d'Urgence et en Médecine de Catastrophe, je ne suis pas un Survivaliste, loin de la, mais un quidam tombé par hasard sur ce blog, la tête remplie de préjugés: types barbues, paramilitaires et paranoïaques enfermés dans un bunker attendant patiemment la fin du monde pour pouvoir enfin dire "j'avais raison !". Un cliché, véhiculé par les quelques médias s'intéressant de loin au phénomène pour combler leur édito du lendemain.



Puis j'ai parcouru le blog. Par curiosité d'abord, puis rapidement par admiration pour ce courant de réflexion, et du sens aiguë de l'anticipation requit pour s'y tenir. 
Rapidement, on se met a se placer soit même au centre de ce "Conditionnel Futur", regardant derrière lui son chez soi, en se posant la question : "et si ça m'arrivait un jour ?".

J'invite le futur lecteur qui tombera par hasard sur ce blog, comme moi, a laisser ses aprioris de coté et se laisser porter par le flot de pensées induites par les différents articles, a se poser lui aussi la question..."et moi, ou en suis-je ?".
Je ne parle pas de catastrophes mondiales ou interplanétaires, non, je parle simplement de la coupure d'eau et d'électricité pendant quelques jours, ou la petite catastrophe naturelle annuelle. Combien d'entre nous aurait de quoi y faire face ?







Il apparait clairement que nous sommes comme ces poulets en batterie, bien sagement rangés dans nos appartements, nourris au grain par les supermarchés, dépendant de tout, dépendant de tous.

Energie, eau, nourriture, sécurité, nous sommes même dépendant de nos toilettes et de nos poubelles !...Nous pensons être libre, nous pensons avoir le choix mais finalement, on se rend vite compte que nous sommes simplement tous branchés a un cordon ombilical fragile nous reliant a notre société...et pour prendre une métaphore un peu glauque, si maman meurt...bébé meurt...



On pourra me dire "alors? Après la lecture de ce blog, es-tu prêt a toutes éventualités ? Es-tu Autonome et indépendant ?".
Non, je n'ai pas acheté de couteau de survie, non je n'ai pas investi dans une bâche bleu (fort pratique) ou un réchaud a gaz. Non, la transformation ne peut pas être radicale, du moins chez moi, mais la prochaine fois que vous irez faire vos courses...vous achèterez peut être ces bougies en promo, quelques conserves en plus ou cette lampe de poche. Vous ferez peut être, comme moi, une trousse de soins digne de ce nom ou garderez un briquet dans un coin de vos tiroirs en vous disant simplement "au cas ou". 

Si vous faite ça, si vous vous posez la question, c'est qu'une petite part de Survivalisme s'est accrochée a vous.




Je pense que l'on peut adapter sa pharmacie selon quelques critères simples en se posant les bonnes questions:

- A qui s'adresse cette pharmacie: enfants ? Adultes ? Personnes âgés ? Pathologies connues ? 
Que vous soyez seul, en couple ou en famille, n'oubliez pas que chaque personne, en fonction de son état de santé et/ou de son âge, aura des besoins et des problèmes parfois spécifiques.

- Quels sont les risques les plus probables auxquels je vais être confronté ? Leur fréquence ? il est évident que nous avons plus de chance de se casser une cheville ou d'attraper un rhume, que de se faire transpercer par une lance. 

- Quels sont les risques plus spécifiques a certaines situation dégradées ?

- Quel est mon environnement ? La nature de la pharmacie dépend du lieu d'habitat: foret, jungle, montagne, urbain ect. On ne possédera pas exactement la même pharmacie que l'on vive dans une grande ville d'Afrique sub saharienne, en milieu rural trans sibérien ou a Paris.




Ma pharmacie permet de traiter énormément de petits bobos, et beaucoup moins les traumatologie graves. 

Il faut garder en tête que certaines pathologies, qui, si elles ne sont pas traitées par une équipe médicale dotée de moyens importants ou par des gens possédants des compétences spécifiques, entraineront inévitablement votre mort.

Je souligne ce fait car en lisant divers commentaires ici et la, j'ai pu constater que certains ont une image biaisée de la médecine de guerre et/ou de catastrophe, souvent véhiculée par le cinema ou la télé. 
Car non, on ne peut pas guérir d'une balle de .45 dans le ventre avec un bout de fil, un multitool et une bouteille de whisky !
Non, on ne retire pas un bout de métal d'une cuisse en s'imaginant que cela va se guérir tout seul avec un bout de DuctTape.





A titre personnel, en cas de rupture ou d'effondrement de la normalité, une simple bronchite me préoccupera bien plus qu'une jambe cassé.
Sur la même ligne, les menaces majeurs de type NRBC, a moins de posséder un bunker ultra équipé, tout ne sera qu'une question de temps avant que la mort vienne vous chercher...inutile d'encombrer votre pharmacie avec des produits ultra spécifiques, ultra chers, ultra complexes….et ultra difficile a se procurer. 

Il faut rester simple et humble face a nos limites.



La question du volume se pose aussi. Une pharmacie oui, mais pour quelle durée d'autonomie ?
Avec une pharmacie bien remplie, au vu du faible volume des médicaments et hors pathologies infectieuses, celle-ci peut être capable de fournir une autonomie conséquente. La notion d'autonomie est donc directement liée aux quantités stockées.

En ce qui concerne les médicaments, la question du mode d'administration peut se poser et nécessitera, dans les cas les plus graves, de savoir les passer en intraveineux.



Pour composer sa pharmacie, il faut avoir un raisonnement finalement très pragmatique, et concentrer nos efforts sur des médicaments pouvant réellement, dans un contexte d'effondrement, faire toute la différence et sauver des vies.

1- Les Antibiotiques.




Les antibiotiques devraient être stockés en quantités importantes. Par exemple, une cure d'amoxicilline peut durer de 7 a 10 jours. 
L'amoxicilline est l'antibiotique le plus couramment utilisé, notamment chez les enfants, car elle présente une bonne absorption par voie orale, un spectre d'action antimicrobien large et un coût faible.
L'amoxicilline fait partie de la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé (Voir la liste complète ici). 


2- Antihistaminiques + corticoide + Adrénaline auto-injectable.




En cas de réaction allergique et plus précisément de choc anaphylactique, la base est ici l'adrénaline auto-injectable, utilisé pour injecter une dose d'epinéphrine pour éviter le choc anaphylactique. Les noms commerciaux de ces injecteurs sont EpiPen, Anapen et Twinject.

Pour le reste, il faut certaines compétences et techniques avec poses de perfusion et adrénaline IV ect, ce qui devient vite compliqué pour des gens sans aucune formation médicale.


3- Bronchodilatateur type Ventoline:




En cas de crise d'asthme (entre autre).


Voila les seuls médicaments INDISPENSABLES PER OS que j'intégrerai a ma pharmacie familiale.


Apres...on trouvera toute la panoplie suivante, toujours PER OS:

4- Antalgique vrai:  
           
- Paracetamol ( antipyrétique aussi).
- Tramadol.
- Codeine.
- Nefopam / Nubain.

A noter : le cannabis est un excellent anti-douleur et facile a faire pousser (toujours dans notre contexte d'effondrement de la normalité).


5- Anti-Inflammatoire: 

Attention a ne pas prendre ces médicaments n'importe comment car ils peuvent faire "flamber" une infection. A préconiser dans les douleurs rhumatho/ortho (fracture par exemple) et indispensable dans les coliques néphrétiques.


6- Anti-Spasmodique / Anti-emetique / Anti-meteorisme / Levure / IPP (anti-acide): 

Pour les douleurs abdominales, les gastro-entérites, les "touristas" des eaux polluées. (Ne pas oublié hydratation +++ et antipyrétique si besoin - attention aux anti-diarrhéiques).


7- Anxiolitique / hypnotique: 

Il ne faut pas sous estimer l'importance d'un sommeil de qualité, peu importe l'endroit ou les circonstances. Stilnox (Zolpidem) car inducteur de sommeil ( reste 2h dans le sang ), Atarax (hydroxyzine) car anxiolytique ET antihistaminiques ou encore Xanax, Lexomil et Seresta…peuvent jouer un rôle important dans notre contexte d'effondrement.

A noter, pour pousser la réflexion plus loin, les techniques de sommeil avancé utilisées par l'armée et les navigateurs en solitaire.


8- Aspirine Dosée a 500mg:

En cas de douleur a la poitrine chez une personne a risque cardiaque.


Voila c'est a peu prêt tout ce que je conseil pour un quidam sans formation médicale et PerOs en sachant qu'il serai judicieux, en plus des médicaments, de posséder des bases en premiers soins, et un résumé de cette liste avec, en bref, les posologie (pédiatrique aussi), les indications et les contres indications, le tout sur un support plastifié accroché a la pharmacie.




Je profite de l'espace d'expression qui m'est offert (merci vol) pour faire une petite parenthèse concernant les masques de protections, qui devraient, eux aussi, intégrer nos pharmacies.




Nous distinguons 3 types de masque FFP (Filtering Facepiece Particles, pièce faciale filtrante contre les particules), correspondant a 3 niveaux de protections:

1- Le masque FFP1:




Il s'agit du masque le moins filtrant des trois.

Pourcentage de filtration d'aérosols : 70 % au minimum.
Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 22 % au maximum.

Ce masque est principalement utilisé comme masque anti-poussières (très efficace pour le bricolage ou travaux divers). Les poussières peuvent en effet causer des maladies pulmonaires, telles que la silicose, l'anthracose et la sidérose (plus particulièrement les poussières de charbon, silice, minerais de fer, zinc, aluminium ou encore le ciment).

2- Le masque FFP2:




Pourcentage de filtration d'aérosols : 94 % au minimum.
Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 8 % au maximum.

Ce masque permet une protection dans divers domaines tels que l'industrie du verre, la fonderie, le bâtiment, l'industrie pharmaceutique et l'agriculture. Il arrête en effet les substances chimiques en poudre. Ce masque peut aussi servir de protection contre les virus grippaux comme la grippe aviaire, la grippe A (H1N1) ou le SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère). Il protège également de la tuberculose.

3- Le masque FFP3: 




Pourcentage de filtration d'aérosols : 99 % au minimum.
Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 2 % au maximum.

Le masque FFP3 est le plus filtrant des masques FFP. Il protège des très fines particules comme l'amiante par exemple.


Avec ou sans soupape ?



L'utilisation d'une soupape doit être vue comme un élément de confort pour la respiration. Grâce à l'expiration facilitée par la soupape, l'humidité qu'elle contient se condense moins dans le masque et risque moins de se déposer dans le filtre, qui devient moins perméable et désagréable à porter. 

Néanmoins, son ajout comporte le risque de mal fonctionnement donc un risque d'infiltration du virus ou de poussières toxiques. Si les avantages et les désavantages des soupapes s'équilibrent à peu près pour les masques FFP1 et FFP2, la durée d'utilisation doit également être prise en compte. Pour les FFP3, l'utilisation d'une soupape est préférable, puisque doté de couches filtrantes très épaisses, ce qui rend la respiration plus difficile. C'est pourquoi la majorité de ces masques est proposée avec une soupape intégrée.  


Pour finir, j'ai envie de conclure par la célèbre maxime "mieux vaut prévenir que guérir". Désinfecter une plaie pour ne pas qu'elle s'infecte, décontaminer correctement l'eau pour ne pas avoir la chiasse, posséder un minimum de solutions familiales pour ne pas dépendre d'un service de santé fragile et parfois incapable de pleinement fonctionner…



Pourquoi ? Car je confirme qu'en cas de force majeur, je serai le premier a abandonner mon poste pour aller m'occuper de ma famille, et il en va de même pour une grande partie des médecins, infirmiers, pompiers, gendarmes, policiers...vous, vous resteriez au bureau a finir vos dossiers si vous saviez votre famille en danger ? A méditer...

39 commentaires:

  1. Merci de ton avis médical sur la question. :)

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  2. Salut...bel article

    Souvent l'on dit qu'il est difficile de se procurer des médocs en France mais avec un médecin de famille ou simplement compréhensible tout est possible, on a l"ordonnance que l'on désire.

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    1. ça n'est pas mon cas ! Mon médecin traitant que je connais depuis 40 ans ne me prescrira pas des anti-biotiques comme ça pour me faire plaisir ! Donc le problème des anti-biotiques reste entier !
      Amicalement.

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    2. Changes de médecin.
      Ou dis lui que tu pars crapahuter en Afrique pendant 5 semaines...
      :)

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  3. Merci pour ces conseils et cette approche pragmatique, ce point de vue objectif !
    J'en retire deux/trois points importants qui vont permette d'accroître ma préparation et compléter mes trousses.
    Et non, nous ne sommes pas tous barbus, armés et paranoïaques (enfin, pas encore...)
    ;)

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  4. Article sympathique, surtout venant d'un collègue.
    As tu une trousse plus IDE ? Je me suis toujours posé la question : jusqu'ou je dois m'equiper? Nécessaire pour une voie etc...
    Pour les atb? Tu prend amoxiciline ou amox + acide clavulanique?

    Merci pour ce partage?

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    1. Equipe toi en fonctions de tes competences...quel dommage, pour toi meme, ta famille et ton entourage d'avoir un infirmier qui possede des connaissances mais n'as pas de matos pour l'appliquer! prend de quoi poser quelques perf, quelques medicament IV, quelque soluté de remplissage mais toujours prend des choses que tu maitrises!!!!
      + il y a de connaissance , - il y a de stress ;)

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  5. Mais... plusieurs de ces médocs sont disponible seulement sous ordonnance non? On le trouve comment alors ? :)

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    1. 1- tu demandes a ton médecin (lien social).
      2- tu dis a ton médecin que tu pars crapahuter 5 semaines en Afrique.
      3- on va en reparler...
      :)

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  6. Article intéressant pour une pharmacie de base pour des personnes comme nous qui ne sommes pas médecins ! J'y ajouterais des bandages et pansements et autres bricoles recommandées par Vol West.
    Mais pour ce qui est des anti-biotiques ils ne sont délivrés que sur ordonnance et on ne peut pas demander au pharmacien de nous prescrire de l'amoxicilline sans ordonnance ! Donc le problème reste entier !!!
    Amicalement.

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    1. Désolé Vol West d'avoir envoyé plusieurs messages quasi identiques. Je me suis emmêlé les pinceaux ... Mea culpa ! A++

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    2. Pas de problème...ça arrive !
      :)

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  7. Pour la traduction Français-Français, sachez que les masques FFP1 2 et 3 sont respectivement des masques de procédure régulier, N95 et N100 en Amérique du Nord. Pour des particules huileuses, utilisez les P95 et P100. Pour les gaz acides, je vous suggère un R95. Mais sachez que le meilleur des masques ne vaut rien sans un "fit test" d'étanchéité!!!

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  8. Bonjour,
    En tant qu'infirmier également, ayant aussi fait de l'urgent, je suis à 100% en accord avec les recommandations citées plus haut ... J'ajouterais tout de même, ayant 3 enfants, une panoplie de médicaments d'usage "courant" chez eux : mucolytiques et expectorants, anti-tussifs, anti-pyrétiques et anti-hystaminiques adaptés ...

    Les anti-septiques et autres bandages ne font pas partie de la pharmacie mais de la trousse de premeirs soins, qui est très varaibales selon les compétences.

    Quant à avoir de quoi mettre une entrée IV etc (perf, tubulures, cathé ...) si on en a la possibilité c'est toujours mieux d'avoir la matériel et de trouver quelqu'un avec les compétences que de ne rien prévoir ... J'ai en stock de quoi mettre quelques perf, mettre quelques points ou agraphes, c'est toujours utile sans jouer à l'apprenti-chirurgien ;)
    Mais il faut dire que je suis dans le courant "toujours prêt" depuis très longtemps.

    Fred

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  9. Riphil29 a dit :

    Bonjour à tous,
    Sapeur pompier professionnel (participant aux missions humanitaires et formé aux cellules de crise) je pars toujours en vacances ou en voyage à l'étranger avec mes 6 ou 7 médicaments de base ordonné par mon médecin SP, à savoir :
    Doliprane 1000 : douleur et fièvres
    Tiorfanor : pour les gastro, il stoppe la diarrhée et guérit alors que l'immodium stoppe seulement la diarrhée,
    vogalène : contre les nausées et vomissement,
    spasfon : douleur abdo
    bactrim : antibiotique contre toutes sortes d'infections
    solupred : corticoïde anti inflammatoire.
    option : la malarone contre le paludisme à l'étranger.
    Plus une trousse de premier secours très simple : ciseaux, 2 bandes (élastique et crêpe), compresses, pansements, pince à épiler, scotch, un désinfectant et un sérum physiologique, un pansement compressif (hémorragie), une écharpe (fracture bras épaule), un Pocket masque (pour le bouche à bouche), un thermomètre frontal et deux paires de gants.
    J'ai fait plusieurs pays avec cette petite boite, un bonheur surtout quand je me suis fait piqué par une guêpe au Maroc, l'hôpital était loin.
    Enfin je reviendrai juste sur la dernière partie de l'article de notre ami infirmier : OUI, lors d'une catastrophe, les hôpitaux et services de secours seront vide. Lors de l'ouragan Katarina, l'aéroport de la Nouvelle Orléans avait été fermé personnellement par le Directeur pendant 2 jours, qui avait dit à tout son personnel :"Rentrez chez vous, occupez vous de vos familles et de vos maisons et dans 48 h revenez tous au travail, nous serons en capacité moral et physique d'ouvrir correctement le pont aérien et de sauver notre région". Ca était le plus grand pont aérien efficace que notre civilisation est connue dans un pays développé.
    La survie de 72 h est le minimum que toutes familles devrait posséder (eau, repas, médicaments et chauffage d'appoint).
    Merci à tous "le poulets en batterie", LOL, j'ai adoré cette expression.

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    1. Salut l'ami et merci pour le partage !!!
      (Salut aux Pompiers !)
      :)

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  10. Salut Vol,

    article très intéressant par quelqu'un qui sait de quoi il parle !
    La partie générique du début sur le survivalisme est totalement intelligente, merci au rédacteur.

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  11. Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant, réaliste et pragmatique.
    Je suis tout à fait d’accord avec la plupart des points abordés (je suis infirmière depuis 15 ans, je ne travaille plus actuellement, j’ai travaillé en réanimation, en réanimation pédiatrique…mon mari est médecin)
    Je vais donner mon avis sur quelques points, si ça peut apporter un peu d’eau au moulin des lecteurs du blog…

    Les médicaments nécessaires aux membres du clan sont à stocker en très grande quantité, bien sûr. J’ai par exemple dans tous mes EDC, à fortiori dans toutes mes trousses de premiers soins, le levothyrox d’un de mes enfants qui est né sans thyroïde. C’est notamment bien pratique lorsque qu’il y a un oubli dont on ne se rend compte que 2 mn avant d’arriver à l’école…:)

    Comme antibiotique, l’amoxicilline bien sûr, à avoir, je suis bien d’accord, en grandes (énormes) quantités, avec comme il est dit à la fin de l’article les dosages, adultes et pédiatriques, minimum et maximum précisés sur un support durable.

    Pour l’adrénaline, en l’absence d’auto-injectable, possibilité de mettre la dose d’adrénaline sous la langue (la plupart des médicaments IV sont administrables de cette façon).
    Néanmoins, pour la réaction allergique, avant l’adrénaline, qui présente des effets secondaires assez importants et incapacitants comme céphalées, malaise avec perte de conscience (des effets pouvant entraver la survie immédiate, par exemple dans un contexte d’évacuation ou de défense) il vaut peut-être mieux préférer la cortisone. L’adrénaline étant réservée à la gêne ou détresse respiratoire, donc au choc anaphylactique proprement dit. Pour ma part, j’ai de la cortisone pour adulte et enfants dans chacune de mes trousses de premiers soins.
    Et encore avant la cortisone, comme la plupart des gens qui ont des allergies se connaissent bien, un antihistaminique lorsque les premiers signes apparaissent enraye bien la réaction.
    L’adrénaline n’est donc pas pour moi la base.

    J’ajoute une petite chose toute bête dans les « médicaments » des trousses de premiers soins : un peu de sucre en poudre. Pas tellement pour l’hypoglycémie classique de fin de matinée (il y a souvent un rebond de l’hypoglycémie un peu plus tard). Mais plutôt comme option de réanimation pour certains malaises, souvent chez nos anciens.

    Pour ce qui est des antalgiques, je les place quant à moi parmi les indispensables, surtout le paracétamol. Ils sont à mon sens faciles à stocker, faciles à faire tourner. Surtout, la douleur est en elle même très incapacitante pour certaines personnes qui peuvent la vivre de manière très déprimante, notamment les enfants ou les personnes fragiles psychologiquement, alors dans un contexte de bouleversement supplémentaire…
    Tout à fait d’accord avec le paracétamol, qui est polyvalent, donc d’autant plus indispensable pour moi qu’il est antipyrétique. Donc très rassurant lorsqu’on a plusieurs enfants dans le clan.

    Petit point de détail concernant le tramadol et la codéine, qui sont de même emploi. De plus la codéine me semble plus pertinente comme antalgique de niveau II car plus efficace selon les dernières études. Pareil pour le nubain : l’actiskenan et skenan LP me semblent plus pertinents comme antalgique de niveau III, en augmentant les dosages progressivement si besoin.
    ...

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  12. ...
    Un point qui me semble important : l’antalgie de niveau II et plus, est, selon moi, à aborder avec une attention particulière à la problématique de la dépendance possible, surtout dans un contexte d’effondrement (de courte durée ou non). Attention je ne parle pas ici de la dépendance dans une quelconque optique moralisatrice, du genre « être dépendant d’une substance c’est pas bien ! ». Je parle plutôt d’éviter une extinction de notre attention. Comme le dit très bien Vol West dans son article du 5/12/2010 « Une introduction à l’attention » : je me permets une citation, parce que je ne le redirai pas si bien : « L'attention, est d'un rapport a notre univers qui influence radicalement nos chances de survie. En fait, l'attention, est avec notre héritage biologique et instinctif, le pilier de la survie le plus pertinent.
    L'attention influence nos possibilités bien avant la construction de systèmes, bien avant les connaissances, les savoirs faire, la planification et que sais-je encore, parce que sans elle, nous évoluons au sein de notre univers en déconnexion totale avec notre environnement, mais aussi et surtout peut être avec nous même, et donc avec la totalité de nos moyens de communication avec le monde qui sont nos sens.
    Notre niveau d'attention joue alors un rôle prédominant dans notre quotidien, mais aussi durant une situation d'urgence. »
    Apaiser la douleur, par n’importe quel moyen, est certes une manière indispensable d’aider quelqu’un à rétablir son attention, sa vigilance. En revanche, une fois la douleur passée, il me semble tout aussi nécessaire de veiller (lorsqu’on est au clair avec les problématiques d’addiction de certains médicaments) à ce que la personne puisse retrouver ses sensations, très amoindries par ces médicaments. La douleur, (hors l’épisode aigu qui a motivé le traitement), ou l’inconfort, font quand même partie des premiers avertissements de notre corps que « quelque chose ne va pas ».

    Nos sensations, notre attention, notre vigilance, notre survie… Les 3 secondes d’inattention…

    Pour le 5ème point, titré « anti-inflammatoires » : attention à ne pas mélanger les anti-inflammatoires stéroidiens (AIS), donc la cortisone et les anti-inflammatoires non stéroidiens (AINS), donc par exemple l’ibuprofène.
    Les AINS ne font pas flamber les infections. La cortisone oui.
    Pour les douleurs liées à une fracture, il s’agit des AINS, surtout pas la cortisone, qui empêche la calcification, donc la réparation osseuse. D’ailleurs pour ces douleurs, les antalgiques (de tous niveaux, selon la douleur ressentie) sont plus pertinents.
    Pour les coliques néphrétiques, il s’agit des AINS.

    A noter que pour certaines femmes, les AINS, type ibuprofène font aussi partie des indispensables dans la trousse de premiers soins, à avoir en quantité, si possible avec l’oméprazole (protecteur gastrique). Encore une fois, la douleur peut être extrêmement incapacitante, et ces femmes doivent pouvoir être soulagées de la douleur de leurs règles, à priori inévitable.
    Dans le même ordre d’idée, avoir du fer, à un assez haut dosage, me semble pertinent en cas de crise prolongée, pour les femmes, afin de reconstituer l’hémoglobine qui baisse, là aussi, inévitablement.
    ...

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  13. ...
    Pour ce qui est du point 6, les antispasmodiques me semblent importants, toujours dans la même optique antalgique.
    En revanche les levures me semblent secondaires, les IPP (inhibiteur de la pompe à proton, donc, comme c’est dit, les anti acides) vont pour moi de paire avec les AINS. Pour moi ce serait l’oméprazole dont j’ai parlé plus haut.
    Les anti-émétiques sont à éviter au maximum, à cause des effets secondaires de certains (type torsade de pointe, un problème cardiaque grave). Même si je sais que les nausées et vomissements sont très pénibles, je préfère axer les actions sur la réhydratation. Comme c’est très bien dit dans l’article. Donc les sachets tout fait type fanolyte me semblent très bien, surtout pour les enfants, ou bien les solutions de réhydratation maison.
    Mais comme Vol West l’a souvent expliqué dans de nombreux articles et dans « Rues Barbares », mieux vaut agir en amont en préparant de bons systèmes de filtration et assainissement. Tous les systèmes sont interconnectés : avoir un système de filtration et de purification de notre eau adapté à notre clan et notre situation a une influence directe sur le maintien de notre santé. Pour ma part, j’ai intégré des réserves d’eau, un filtre royal Berkey dans notre BAD, des réserves de javel et de micropur. Pour les systèmes mobiles les enfants ont dans leurs sacs des filtres et des dispositifs comme : katadyn my bottle purifier, aquamira frontier pro, lifestraw, et de l’eau. Les adultes ont de l’eau, des filtres et MSR miniworks EX, popotes, javel et micropur.
    J’ajouterai qu’en cas de diarrhée, à part l’eau et les systèmes de réhydratation, le régime alimentaire peut faire la différence et est assez facile à mettre en place, en situation dégradée, comme en évacuation ou bien lors d’une simple randonnée : du riz, des carottes s’il y en a, pas de laitages ni de fruits…
    En revanche, si la diarrhée s’accompagne de fièvre ou de sang, les antibiotiques s’imposent.
    Et bien sûr, toujours une attention particulière aux enfants et aux anciens, qui se déshydratent plus facilement et plus « silencieusement ».
    ...

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  14. ...
    En ce qui concerne les anxiolytiques et hypnotiques, j’estime que les mêmes précautions que pour les opiacés, dont j’ai parlé plus haut, sont de rigueur. En effet, je pense aussi qu’un sommeil de qualité est important. Cependant tous les médicaments cités dans ce paragraphe, à part l’atarax, entrainent accoutumance et dépendance. Parfois gravement comme pour le bromazepam (lexomil) et le zolpidem.
    D’une part : il me semble plutôt normal et pas forcément délétère d’être stressé (le stress adaptatif est souhaitable dans les situations plus ou moins dégradées), angoissé, voire insomniaque dans une situation de crise, quelle qu’elle soit. Le stress et l’angoisse peuvent aiguiser notre vigilance, l’insomnie nous permettre une meilleure protection de notre clan. Encore une fois, vouloir à tout prix émousser voire éteindre ses sensations, aussi désagréables soient-elle, me semble curieux. A part dans certains cas, où les gens sont en état de choc, ou totalement débordés par leurs émotions, et qu’ils se mettent en danger ou mettent en péril la survie du groupe, je pense que les ressentis de peine, de grand stress et même de désespoir se vivent. Et je pense qu’ils permettent peut-être même une meilleure adaptation à la réalité, parfois violente, en tout cas nouvelle.
    D’autre part : au regard de la possibilité de dépendance à ces molécules, je trouve obligatoire de prendre en compte la notion de syndrome de sevrage (qui se met parfois en place après des traitements très courts) avec son cortège de symptômes très invalidants et potentiellement dangereux pour l’individu mais aussi pour le clan (manque, qui produit des comportements dangereux, rebonds d’angoisse, parfois dépersonnalisation…)
    Je pense qu’il peut être utile d’adapter les prises en charge au cas par cas : un câlin pour un enfant ou un ado très angoissé peut faire des miracles (d’ailleurs à tout âge :)
    Une prière pour les personnes croyantes (là je m’inspire des premières pages de « Rues Barbares »:)
    Se lever et s’occuper pour les hyperactifs…etc
    Et avant tout, le calme (si et dès que possible) et donc la préparation (maintenant, tout de suite) induisent des ambiances plus propices à l’acceptation du relatif « lâcher-prise » qu’implique le repos.

    Comme l’auteur de l’article le dit il existe certaines techniques de sommeil différentes. J’ai pour ma part expérimenté qu’en situation de crise et d’effondrement, le corps s’adapte incroyablement en adoptant naturellement un rythme différent, plus proche des méthodes citées, en adéquation avec les nouveaux impératifs…

    Pour finir, je suis absolument d’accord avec le paragraphe sur les masques.
    J’ajouterai cependant un autre masque : le masque chirurgical de type II, afin de protéger les autres si nous sommes malades.
    Nos BOB et EDC comportent tous un masque chirurgical de type II, un masque FFP2 et une paire de gants.

    Merci encore pour cet article qui m’a permis de revoir mes kits et protocoles, ce qui n’est jamais du luxe :)

    Prenez soin de vous et des vôtres.

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    1. Merci a toi Nine pour ces précisions plus qu'intéressantes qui font avancer la discussion et la réflexion !!!
      :)

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  15. Nine, tu es infirmière et ça se sent avec la facilité dont tu parles des différents médicaments. De plus tu as pris beaucoup de ton temps pour rédiger tes textes excellents ! MERCI !!! Complètement d'accord avec les anxiolytiques et hypnotique attention à la dépendance ... j'en sais quelque chose ... Complètement d'accord avec l'eau (j'ai un Berkey et d'autres purificateurs) et de même bien faire attention à l'alimentation ! Pour le paracétamol j'en ai en quantité et ça coûte pas cher ! Pour lutter contre la diarrhée j'ai des médicaments mais faire attention à la déshydratation et à ce qu'on mange est essentiel.
    Pour les anti-inflammatoires merci d'avoir précisé tout cela et je reproduis ton paragraphe car j'apprends tout cela : "Pour le 5ème point, titré « anti-inflammatoires » : attention à ne pas mélanger les anti-inflammatoires stéroidiens (AIS), donc la cortisone et les anti-inflammatoires non stéroidiens (AINS), donc par exemple l’ibuprofène.
    Les AINS ne font pas flamber les infections. La cortisone oui.
    Pour les douleurs liées à une fracture, il s’agit des AINS, surtout pas la cortisone, qui empêche la calcification, donc la réparation osseuse. D’ailleurs pour ces douleurs, les antalgiques (de tous niveaux, selon la douleur ressentie) sont plus pertinents."
    Et je terminerais avec les anti-biotiques et la recommandation de l'amoxicilline dont il faut une ordonnance et idem pour la cortisone et je ne sais pas pour l'ibuprofène, je vais me renseigner... pb non réglé !
    En tout cas MERCI infiniment d'avoir ajouter beaucoup de choses à un article déjà bien rempli et je pense que tout le monde va en profiter ! Bonne chance à toi !!! Amicalement. Stay safe, comme l'on dit sur ce Blog !
    Une petite chose à ajouter qui n'est pas un médicament mais un complément alimentaire : les vitamines que je stocke en quantité en faisant attention à la date de péremption.

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    1. Bonjour

      Merci Marc :)

      Tout à fait d'accord avec les vitamines.
      L'amoxicilline et la cortisone nécessitent une ordonnance, mais l'ibuprofene non, jusqu'à 200mg. Après, pour le 400mg, il en faut une. Sauf erreur de ma part.
      Néanmoins, comme Volwest le dit plus haut, ces obstacles sont contournables avec un médecin compréhensif, voire un médecin sensibilisé au survivalisme. Je crois que beaucoup de médecins, par leur travail, sont assez ouverts à la discussion sur ces sujets d'autonomie. Et encore plus sont disposés à transmettre leur savoir.

      Amicalement
      Nine

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  16. Jolie complement nine meme si tu as "rembourés" des passages que j'avais volontairement simplifié pour des gens sans formation ;)
    Tous les jours je suis confronté au fait qu'une grande partie de la population ignore l'anatomo-physiologie du corps humain alors je ne sais pas si sous une bache bleue, en pleine nuit, et loin de chez eux, ils vont se dire " attention! ceci est un AINS, il y a un risque d'UGD ( ulcere gastro-duodenale), prend donc avec cet IPP(inhibiteur de la pompe a protons) ! Ceci est un AIS, attention c'est un derivé du cortisol,il a une action immuno-suppressive , osteoporotique, de prise de poid, de decompensation psychiatrique ect ect " . La cortisone a visé anti inflammatoire est vraiment plus specifique, a plus d'effet indesirable et s'est d'ailleur pour cela que les corticoides necessitent une prescription medicale et pas l'aspirine, par exemple ( qui est un AINS aussi si on va vers la).

    Je suis a demi d'accord avec toi quant a l'adrenaline sub lingual. On pourrait me dire " oui mais l'ANAPEN alors? je le conseil dans l'article car, en france, la prescription d'un stylo-adrenalisé est accompagné d'une "mini formation" a son utilisation par un medecin, et fait suite a un choc anaphylactique chez un patient QUI SE SAIT allergique connue, et qui a deja fait un passage en reanimation ou soins intensif.
    En bref, qui saura reconnaitre les prodromes dudit choc .
    Penses que la majorité des lecteurs de ce blog n'ont pas de formation medical ou paramedical. Leur conseiller de se mettre de l'adrenaline sous la langue reviens au meme que demander a un enfant de charger un revolver. Ce n'est que mon avis. Je pense qu'il faut prendre en compte l'auditoire,sans pretention,et surtout rester simple et abordable afin de pouvoir sensibiliser un maximum de lecteurs.
    Ne pas oublier le Benefice/Risque.
    Mieux vaut ne rien faire que d'aggraver une situation.

    Il y a deja beaucoup de choses a integrer dans le survivalisme, pas la peine d'embourber les lecteurs dans les meandres de la pharmacopé. ;)


    ps: maintenant mon avis d'infirmier : bravo belle precision :)

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    1. Bonjour l'IDE SAU,

      Merci d'avoir pris le temps de répondre à mon commentaire de ton article.

      Pour les anti inflammatoires, il me semblait très important de distinguer les 2 formes (AIS et AINS) puisque dans ton paragraphe tu faisais l'amalgame.

      Or, et c'est l'une des raisons qui m'ont fait m'exprimer :

      le survivalisme est avant tout, c'est ma manière de voir, un mode de vie, le chemin vers l'autonomie, la vigilance, la préparation. Là, dans le blog de Volwest, nous sommes dans un univers de préparation. Nous avons la chance (et, pour la plupart d'entre nous, nous faisons le choix d'en profiter) de pouvoir prendre le temps, préparer, donc parler, échanger, transmettre...
      Dans cette optique, je trouve utile d'ajouter les informations qui vont avec ce que tu préconises comme étant indispensable à avoir dans la pharmacie. Même s'il ne s'agit que d'une "introduction à la pharmacie familiale", je suis convaincue que les "listes" de médicaments et de matériel peuvent tout à fait être transmises accompagnées d'un certain savoir faire, de certaines informations qui peuvent faire la différence en situation critique. Il ne s'agit pas, donc, comme tu dis d'"embourber les lecteurs dans les méandres de la pharmacopée", mais bien d'aider humblement et du mieux que nous pouvons les gens à comprendre, à acquérir un regard critique, à décider par eux même. Lorsque tu dis : "Je pense qu'il faut prendre en compte l'auditoire,sans pretention,et surtout rester simple et abordable afin de pouvoir sensibiliser un maximum de lecteurs", je pense qu'il ne faut pas sous estimer les capacités de compréhension des lecteurs. Surtout sur un blog aussi propice à la réflexion personnelle, aussi "responsabilisant" que celui de Volwest.

      Là, nous sommes dans le temps de la discussion, de la préparation.
      Nous anticipons le temps de l'urgence, qui est le temps de l'action, de la réflexion minimaliste parce que quasiment impossible si elle n'a pas été préparée en amont et automatisée au maximum.
      Pour le peu que nous pourrons faire en cas d'effondrement, pour le peu que nous pouvons faire en cas de situation critique personnelle au quotidien, autant le faire bien. Et mieux vaut ne rien donner que d'être iatrogène.
      Les médicaments et les info évitent les situations du genre "j'ai pris 4g de paracetamol parceque j'avais vraiment très mal"...
      ...

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    2. ...
      Je pense en outre qu'il n'est pas utile pour les personnes non formées de retenir les informations en détail : je m'explique : tout se fait lors de la préparation de la trousse, et toujours dans un souci de simplification et d'automatisme. Parce qu'en effet, hors repaires familiers, la nuit, avec des émotions puissantes (en toi et autour), le stress, des cris, l'incertitude, et tout ce qu'on peut imaginer (ou avoir vécu) de circonstances altérant le jugement.... Seuls les automatismes vont relativement peu vaciller. En gros : j'ai quelques trucs dans ma trousse, je sais exactement pourquoi, j'en connais les polyvalence et les limites et surtout je connais mes limites..
      C'est donc lors de la préparation qu'il faut réfléchir : sans reprendre tous les cas d'urgences sur lesquels nous pourrions avoir une influence, uniquement ceux dont tu parles dans ton article et dans ton commentaire :
      s'il y a (visiblement) fracture (ton exemple), (à part les gestes de sécurisation, de premiers soins et de préparation qui ne sont pas le sujet) s'il y a douleur, je donne des antalgiques pas de cortisone qui, dans cette urgence, ne sert à rien
      la cortisone ne sera une évidence pour moi qu'en cas de gêne respiratoire, d'allergie avérée, de choc anaphylactique, et de douleur aiguë d'otite chez les enfants
      si tu as préparé ta trousse dans l'optique décrite plus haut, pas besoin de se récapituler les effets secondaires de la cortisone, elle n'est nécessaire que dans les cas que tu as répertoriés au préalable (qui sont donc vitaux... à part le dernier, d'accord, qui est vital uniquement pour la santé mentale des parents :)
      pas besoin non plus de réfléchir à la possibilité ou non d'ulcère gastro-duodénal, puisque tu as élastiqué ou scotché (chacun sa méthode :) l'omeprazole avec l'ibuprofene...
      l'aspirine, c'est encore plus simple, elle est dans la trousse uniquement pour le risque cardiaque


      Pour l'adrénaline, relis mon commentaire : je n'ai en aucun cas conseillé d'emblée de la mettre sous la langue. Au contraire, je réponds au fait que tu dis que l'adrénaline est pour toi la base : je précise que pour moi ce n'est pas la base, qu'avant d'en avoir dans la trousse, il vaut mieux (pour le plus grand nombre) avoir :
      1- des antihistaminiques
      2- de la cortisone
      3- en dernier recours, et s'il n'y a pas de possibilité (ou de capacité) d'injecter, mettre la dose sous la langue (puisque l'adrénaline IV est plus facile à trouver que les seringues préparées)

      Le rapport bénéfice/risque est justement la balance qui équilibre tout mon commentaire de ton article.

      Amicalement,
      Nine

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  17. tout a fait d'accord nine, ton commentaire etait en tous points complementaire :) je retiendrai le coup de l'omeprazol scotché au bi-profenid je trouve ca sympa comme presentation ^^
    pour l'adrenaline....elle est a posseder pour les gens qui se connaissent allergique avec des reactions severes... le choc anaphylactique ( le vrai,au sens medical, pas au sens "grand public) en cas d'effondrement de la normalité,c'est la mort dans 99% des cas a mon avis.D'ou ma precision de l'Anapen. Personnellement, je suis allergique a rien, mon entourage non plus, je ne le mettrai pas dans ma pharmacie en priorité.
    Cependant,et s'est pour ca que je parlais de revolver, je confirme que la voie sub-linguale n’est pas indiquée : la dose qu’il faudrait utiliser est largement supérieure à la dose toxique*

    *Source: http://allergo.lyon.inserm.fr/ALLERGIE_ALIMENTAIRE/612_Traitement_choc_anaphylactique.pdf

    Apres, je ne sais pas, peut etre la tu deja vu utilisé? Si oui, dans quelle circonstance?

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    1. Bonjour l'IDE SAU,

      Le lien n'est apparemment plus valable ;)

      Et nous ne sommes donc pas d'accord sur le point de l'adrénaline.

      Je pense que le point essentiel à souligner ici est qu'aucun médicament ne se prend ou ne s'administre à la légère. A fortiori l'adrénaline, qui peut entraîner la mort de différentes manières si elle est donnée à tort et à travers, quelque soit le mode d'administration : IV, IM, per os. Surtout lorsqu'on ne connaît pas les antécédents cardiaques possibles.

      Ceci étant posé, pour te répondre :
      J'ai parlé au départ de la possibilité de la voie sublinguale comme alternative, dans une situation d'effondrement des systèmes de support, en l'absence de matériel d'injection ou de capacité à injecter. Il est évident que dans le cas de choc anaphylactique, les auto-injecteurs type anapen sont formidables.
      La voie sublinguale n'est pas la voie classique d'administration de l'adrénaline, mais il est admis chez les médecins réanimateurs que tout médicament IV peut être administré au même dosage en sublingual. Cependant, il est évident que l'administration privilégiée est la voie IV (une ampoule d'un ml, donc 1 mg, complétée au sérum physiologique dans une seringue de 10cc, administration de 0,1 ml, donc 0,1 mg IV (puis 0,1 encore si pas de changement, etc...)
      Mais comme nous ne sommes pas ici dans un colloque de médecins et infirmiers réanimateurs, mais bien dans "comment me débrouiller en pleine nature alors que je n'ai plus d'aiguille ni seringue stérile, ni auto-injecteur..." il est moins toxique en cas de choc anaphylactique avéré de verser 1/3 ou 1/4 d'ampoule sous la langue (chez quelqu'un qui n'a pas d'antécédents connus, toujours en prenant en compte la balance bénéfice/risque dont nous parlions).
      A noter enfin, il est possible de devoir augmenter modérément la dose en sublingual, pour obtenir une efficacité équivalente à la dose IV, mais à efficacité thérapeutique identique il n'y a pas plus d'effets secondaires (qui sont néanmoins déjà incapacitants, comme je l'ai dit).
      Donc, pour un adulte moyen, pour une ampoule de 1mg par ml, il faut 1/4 de l'ampoule en sublingual, à renouveler au bout de 5 à 10 mn si efficacité insuffisante. Il s'agit d'une dose inférieure à celle de l'anapen 0,3 qu'on administre en intramusculaire. Encore une fois, je n'ai rien contre l'anapen, que j'ai en 0,3 et en dosage pédiatrique à 0,15 :) Ma famille ne compte pas d'allergiques mais il y en a dans le voisinage.

      Pour répondre à ta dernière question, j'ai assisté à l'administration que je décris, chez une femme de 45 ans environ, après une piqûre d'insecte auquel elle se savait allergique. Elle n'avait rien sur elle, un médecin a agi, sur consigne du médecin réanimateur du 15, en attendant l'hélicoptère.

      Amicalement,
      Nine

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  18. L'aide des voisins aussi, est très pratique, comme pour te ramener aux urgences, quand tu te coupe le doigt à la place de la courgette récalcitrante (petit vécu la semaine dernière, 4 points).

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  19. This is awesome. Thanks for posting up your notes. This will be very helpful
    Parapharmacie Maroc

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