mercredi 11 juin 2014

Aux Champignons...



Partir aux Champignons, et quand la totalité de notre attention se laisse guider par un "renifler" primitif, est avant tout la profonde découverte d'un lien cellulaire avec notre héritage de chasseur-cueilleur.

Qu'il soit question de la chasse ou de la cueillette, l'intention et l'action de prélever sa propre nourriture renferme un rapport a la nature des plus intime. 
Cette intimité, délivrée de pas en pas et amplifiée par la disponibilité de tous nos sens, nous impose la reconnaissance du moment.







Si faire des réserves de nourriture a l'échelle familiale est selon moi une stratégie de subsistance naturelle, sensée et primordiale pour notamment répondre aux réalités cycliques de productions agricoles, aux dynamiques économiques ambiantes, a la perte d'un emploi ou encore aux tensions liées a la fragilité de nos systèmes de support comme par exemple la distribution, le stockage ne peut, a lui seul, être une stratégie de Résilience Alimentaire exhaustive et accomplie.

Les boites de conserves, le blé, le miel et les bocaux de légumes secs dans nos placards et dans nos caves sont sans aucun doute les "divisions blindées" de notre Résilience Alimentaire, mais il me parait tout aussi important d'élargir et d'optimiser nos stratégies de subsistance avec des notions plus ou moins développées et personnalisées de productions familiales (jardins potager et élevage), mais aussi de prélèvements (chasse - pêche - cueillette).



1- La reconnaissance et l'identification



Pour la cueillette, il me parait logique de commencer tranquillement, en s'attardant a quatre ou cinq plantes locales facilement reconnaissables et identifiables. Personnellement, je préfère parfaitement connaitre cinq plantes comestibles, plutôt que d'en connaitre cinquante moyennement.




Les livres sur le sujet sont innombrables, et malheureusement la plupart d'entre eux ne considèrent pas la plante sous toutes ses déclinaisons saisonnières et ses stades de développement. De plus, la plupart des livres consacrés aux plantes comestibles sont souvent de pastilles environnementales très - trop - larges (Amérique du Nord / Foret Equatoriale / Europe de l'Ouest etc.), maximisant la probabilité de confondre une espèce avec une autre.




Les critères de livres sur les plantes comestibles devraient être: 

- Pastille environnementale réduite = le plus localisé possible
- Photos en couleur (les photos en noir et blanc sont a bannir)
- Photos des différents stades de développement
- Photos hiver / printemps / été / automne pour chaque plante (si applicable)





Même si les livres ont définitivement leur place pour sécuriser une base référentielle personnelle, la meilleur solution reste l'apprentissage au travers de la transmission directe: d'humain a humain.

Note: N'hésitez pas a commencer votre propre journal de plantes comestibles locales, avec vos propres photos et votre propre cartographie. Cette activité familiale peut être fantastique pour les plus jeunes !


2- Les outils



Les principaux outils requis pour la cueillette sont la patience, l'attention, la persévérance, l'étude du terrain, de la météo et des habitudes végétales mais aussi animales.
Toutes ces compétences naturelles sont d'ailleurs fondationnelles et utiles sur une multitude de sphères résiliantes et autonomistes.

Pour le reste, un couteau et un sac de prélèvement sont suffisant.


3- Laver



Pour les Morilles, nous les faisons tremper pendant cinq minutes dans un récipient d'eau fraiche avec un peu de sel. La fonction du sel est de faire sortir les insectes de ce champignon extrêmement poreux.

Apres l'étape du trempage, nous lavons et rinçons les champignons a l'eau clair pendant environs cinq minutes, pour finalement les égoutter sur un linge propre.









4- Préserver




Si la cueillette est fructueuse, il devient impossible de consommer la totalité de la récolte en une seule fois. Une multitude de méthodes et de techniques peuvent être employées pour préserver la nourriture, mais pour les champignons notre méthode préférée reste le séchage, et plus particulièrement la dessiccation.

Dessiccation: procédé d'élimination de l'eau dans un corps a un stade poussé, d'une manière naturelle ou forcée.

Cette technique ancestrale de préservation est performante, simple, peu couteuse…et nous offre une durée mais aussi une logistique de préservation optimale.

Apres avoir fait égoutter les champignons pendant quelques minutes, nous les coupons en deux dans le sens de la longueur pour les placer sur les plateaux du déshydrateur. Apres quelques heures dans le déshydrateur, les champignons deviennent durs, secs et cassants.



A ce stade de la préservation, la récolte peut être mise en bocaux par exemple, ou alors emballée sous vide pour une conservation optimisée.





Note: Un déshydrateur est un outil de Résilience Alimentaire Familiale fantastique pour toute stratégie de Base Autonome Durable ou de Homestead, pouvant être utilisé sur une multitude de produits comme les fruits, les légumes, la viande ou encore les champignons. 

Le meilleur déshydrateur sur le marché reste l'Excalibur.


7 commentaires:

  1. Bonjour,
    Ne pas oublier quand on prélève une ressource végétale de laisser aux plantes de quoi se régénérer l'année suivante.

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  2. Excellent comme d'hab ! A noter que les champignons microscopiques constitue avec plein de micro-faune la MO (matière organique) essentielle pour une bonne terre ! En clair si vous voyez des champignons dans votre jardin, c'est bon signe pour la qualité de votre terre ! Pour les plantes phytothérapie et aromatiques il y a 3 livres du Dr Jean Valnet qu'il faut avoir ensemble mais qui ne coûtent pas cher sur amazon car en livre de poche. ça date des années 80 mais les plantes n'ont pas changé ... Sinon en plus récent il y a un énorme livre "Traité de phyto-aromathérapie" qui vient de sortir chez Grancher, du Dr Hervé STAUB et Lily BAYER. Livre énorme et cher et plutôt destiné à des étudiants à la fac. Mais c'est un très bon livre. Pour ma part je reste avec les livres simples et bien faits du Dr Jean Valnet ! A++

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  3. Salut l'ami!
    Tu parles souvent de vianche sèche pour les sac d'évacuation, mais faites-vous votre propre beef jerky (ou biltong)?
    J'aimerai essayer d'en faire mais je trouve pas de "tuto" qui me plaisent. La plupart préconise l'utilisation d'un four pendant 4 ou 8h. Le but étant de ne pas exploser le budget et de profiter des ressources naturelles pour un séchage oldschool (j'habite le sud de la France où l'ensoleillement devrait pouvoir le permettre).
    Aurais-tu un lien à conseiller ou éventuellement l'envie de partager ta méthode.
    Merci pour tout ce que tu fais!!!

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  4. Je viens de chercher sur Google déshydratateur Excalibur : tous avoisinent les 350 euros ... Oups !

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  5. bonjour

    lecteur de ton blog depuis quelques mois et de rues barbares depuis deux semaines
    personnellement je fais sécher les morilles et autres en les plaçant devant le courant d'air de la fenêtre après les avoir enfilé sur un fil à pêche


    très belle récolte, elle fait envie !!
    bonne continuation

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  6. Belle rubrique sur la conservation.
    Manque 2 à 3 aspect sur la cueillette.
    Mais comme tu le dis un connaisseur vous les apprendra en premier.
    A savoir...Le non mélange, la coupe et le non ramassage.

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  7. Oh punaise là tu ma mi les nerf avec tes superbe morilles ! ;-)

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