mardi 29 avril 2014
vendredi 25 avril 2014
mardi 22 avril 2014
Les catastrophes naturelles auront-elles notre peau ? VICE
Interview de Magali Reghezza-Zitt, directrice du département de géographie a l'Ecole Normale Supérieure et spécialiste des risques, par le site "VICE".
En matière de catastrophes naturelles, la France peut passer sous certains aspects pour un havre de paix. Les ouragans, tsunamis et séismes ont souvent épargné notre beau pays – en gros, on a quand même l'impression que les cyclones préfèrent les Caraïbes, et que les tremblements de terre ont un faible pour l'Asie du Sud-Est. Ce genre de catastrophes naturelles ne sont pas la préoccupation majeure des Français, et à vrai dire, je suis prêt à parier que vous ne vous êtes pas demandé s'il y avait des risques de tsunami au moment de choisir vos fringues ce matin.
Pourtant, la France n'est pas tout à fait à l'abri. Outre-mer, les trois volcans de la Martinique, la Réunion et la Guadeloupe sont tous sous surveillance. En métropole, il existe aussi un risque bien réel. La France peut par exemple être victime de tempêtes comme tout le monde : Xynthia l'avait démontré en 2010. Par ailleurs, elle abrite plusieurs zones potentiellement sismiques, en particulier dans les Pyrénées et les Alpes, mais aussi dans le Massif Central et au sud de la Bretagne ; un tremblement de terre peut donc potentiellement se produire à tout moment dans ces régions.
Ainsi, le 7 avril dernier, un séisme de magnitude 5 touchait le sud-est de la France. Il n'a fait aucune victime et les dégâts matériels sont de faible ampleur ; mais certains témoins racontent tout de même qu'ils ont vu leur canapé se déplacer tout seul ou leur vaisselle se briser. OK, ça fait plus penser à un Poltergeist qu’au séisme de Kobe, mais il y a de quoi se demander si ce tremblement de terre présage une catastrophe plus destructrice. Afin de le déterminer, j'ai contacté Magali Reghezza-Zitt, géographe et spécialiste des risques pour qu'elle m'éclaire sur le sujet.
VICE : Quels sont les risques naturels auxquels la France est exposée ?
La France est soumise à de nombreux processus physiques d'intensité et de fréquence variées – qu'on appelle aléas – qui peuvent se révéler dommageables si des populations ou des enjeux matériels sont exposés. Ces processus n'ont pas forcément besoin d'être très forts : le fait que les populations aient peu conscience du danger ou ignorent les comportements à adopter est un facteur de risque tout aussi important.
En France métropolitaine, le risque sismique reste modéré même si le territoire a connu des séismes meurtriers comme celui de Lambesc en 1909 (magnitude 6.2, 49 morts). Le risque majeur pour les personnes reste l'inondation, en particulier dans les régions où les cours d'eau ont un régime torrentiel (montagne et Méditerranée). Toutefois, à l'échelle nationale, une inondation liée à une crue centennale de la Seine serait le premier risque en termes économiques et financiers (plus de 30 milliards d'euros de dommages).
D'autres aléas affectent le territoire : tempêtes qui frappent les littoraux et participent au recul du trait de côte et aux inondations, mais qui peuvent aussi balayer l'intérieur des terres comme ce fut le cas en 1999 ; avalanches; feux de forêts. Il ne faut pas non plus oublier les mouvements de terrains comme celui qui menace Séchilienne ou Roquebillière.
Qu'en est-il des risques technologiques ? Est-ce qu'ils pourraient se « combiner » à des risques naturels et devenir plus dangereux ?
Il faut d'abord distinguer les risques industriels et risques technologiques au sens large. Les risques industriels sont liées à des activités industrielles au départ localisées : il s'agit le plus souvent d'explosions et/ou de fuites de produits toxiques qui engendrent des pollutions. Le problème est que les produits peuvent se diffuser très vite et très loin de la zone initiale.
Le risque technologique couvre un champ beaucoup plus vaste puisqu'il peut désigner l'ensemble des dangers créés par la technologie : par exemple, une panne de courant qui paralyse l'activité économique mais peut aussi créer des victimes est un risque technologique. La rupture d'un barrage également. Idem pour les virus informatiques, les risques liés aux transports, ou encore ceux associés aux nanotechnologies.
En revanche, une chose est sûre : il y a une interaction entre les risques naturels et les risques technologiques. Ainsi, une inondation va affecter les réseaux techniques qui assurent la vie quotidienne et le bon fonctionnement de l'activité économique. La paralysie de ces réseaux, qu'on qualifie de critiques, va non seulement toucher le quotidien des personnes et l'activité économique, mais elle peut empêcher la gestion d'urgences, et causer ainsi des victimes humaines.
C'est pas très rassurant. Mais on est quand même bien préparés, pas vrai ?
Tout dépend des risques et des individus. Il existe certains aléas dont la puissance excède la capacité de réaction des sociétés. La bonne nouvelle, c'est que pour l'instant, la technique a permis de repousser certaines limites. La mauvaise est que la technique est elle-même limitée et dépend aussi des hommes. Il existe toujours des failles, des erreurs, des imprévus et nul ne sait comment un individu ou une société, même préparés, peut réagir.
Ça veut dire que potentiellement, on pourrait tous mourir prochainement ?
Il n'existe quasiment pas d'exemple historique dans lesquels des sociétés ont été rayées de la carte : certaines villes ont subi des destructions totales (l'Atlantide, cité mythique ; Pompéi ; Saint-Pierre à la Martinique), mais elles n'ont pas disparu. La question est plutôt de savoir quelles seront les pertes et si elles seront supportables pour la collectivité.
Plus largement, il faut se demander ce qu'est une gestion de crise réussie. Dans les sociétés modernes, une seule victime est une catastrophe car la vie humaine n'a pas de prix. Ce ne fut pas le cas par le passé et ce n'est pas le cas partout encore aujourd'hui.
Il faut aussi admettre que certaines catastrophes qui ont causé de nombreuses victimes auraient pu être encore plus meurtrières sans les progrès de la technique ou l'efficacité des secours. Il faut enfin intégrer désormais les coûts matériels et la dégradation des conditions de vie : on n'accepte plus ce que nos ancêtres acceptaient. Pour certains, être privés de courant ou d'internet est une catastrophe intolérable. Dès lors, c'est bien la question du risque acceptable qui se pose.
Du coup, on risque quand même une coupure d'internet ? Il n'y a pas de mesures de sécurité pour empêcher un truc pareil ?
Aujourd'hui, la plupart des normes sont fixées au niveau européen : par exemple, la directive SEVESO pour l'industrie. La législation française peut parfois être plus contraignante encore : les plans de prévention des risques sont par exemple une spécificité française. Qui dit normes ne veut pas toutefois dire respect des normes. Et même lorsque les normes sont respectées, il existe toujours des défaillances, des erreurs ou simplement le fait que les normes deviennent obsolètes au fil du temps et qu'elles ne sont pas toujours révisées.
Donc nous sommes à l'abri d'un scénario catastrophe, genre un séisme qui entraîne un tsunami qui détruit une centrale ... ?
Malheureusement, nous ne sommes pas à l'abri d'une catastrophe nucléaire en France ; sauf qu'elle ne sera pas liée à un tsunami. On n'a même pas besoin d'un séisme de grande magnitude. En 1999, la tempête et surtout l'onde de tempête qu'elle avait entraînée conjuguée aux grandes marées, avait provoqué un incident à la centrale du Blayais.
Aïe. Ça veut dire qu'un accident nucléaire, un Fukushima à la Française est possible ? Même sans séisme ou tsunami ?
La catastrophe de Fukushima est très complexe à analyser. Il est beaucoup trop simple d'associer séisme/tsunami et risque nucléaire. Il y a eu un ensemble de dysfonctionnements qui sont en partie liés à l'opérateur TEPCO, à la vétusté de la centrale, etc.
La question de Fukushima pose à mon sens celle du débat sur le nucléaire, qui est devenu totalement impossible. Il ne s'agit pas de nier le risque nucléaire. En revanche, il faudrait avoir la possibilité de déterminer le risque réel – ce qui suppose une transparence sur l'état des centrales, les normes, les résultats de la surveillance sanitaire – et le risque que nous sommes prêts à accepter en fonction des bénéfices que nous retirons. Or, certains diront que quel que soit le niveau de risque, ce risque est inacceptable quand d'autres seront prêts à prendre un risque important pour les autres, mais aussi pour eux-mêmes.
La question est alors de savoir comment trancher démocratiquement, sur quels principes éthiques on peut s'accorder pour décider. La technique nous a donné un grande puissance mais aussi la liberté – relative, certes – de décider dans quelle nature et plus largement quel monde nous voulons vivre. Ce choix doit être publiquement et collectivement décidé, ce qui suppose que les citoyens soient éclairés, ce qui est de plus en plus difficile car les problèmes à traiter sont de plus en plus compliqués et demandent une culture scientifique que nous n'avons pas. Mais la publicité du débat et le citoyen éclairé sont bien les fondements de nos démocraties non? Il serait peut-être temps de s'y mettre.
C'est vrai. Et à titre personnel, vous ne conseilleriez pas d'investir dans un bunker ?
Le bunker ne fait pas partie de mes achats prioritaires. Pour l'instant, j'essaie déjà de faire attention en traversant la rue.
Super. Je dormirai mieux ce soir. Merci à vous.
lundi 14 avril 2014
Un Survivaliste de l'Etat
Apres l'intervention télévisée d'un général français en Janvier dernier concernant la résilience citoyenne dans le cadre d'un effondrement de la normalité sur l'Ile de France, c'est aujourd'hui le chef de l'armée suisse qui nous parle de ses propres "réserves de guerre".
vendredi 11 avril 2014
dimanche 6 avril 2014
mercredi 2 avril 2014
Entretien - Maître Thibault de Montbrial sur la Légitime Défense
Maître Thibault de Montbrial, avocat au Barreau de Paris, est aujourd'hui d'une présence incontournable dans le domaine de la défense des victimes de crimes ou de délits, des professionnels de la sécurité (publique et privée), ainsi que dans la défense des intérêts des personnes contraintes à recourir a la légitime défense.
La question de la légitime défense renvoie à la définition première de la notion de survie.
Lorsque les premières sociétés se sont constituées, les individus qui les ont rejoints n'ont accepté de s'y regrouper que contre la garantie que le groupe allait assurer la sécurité de chacun de ses membres. "La sécurité est considérée comme l'objet même de l'engagement en société" relève par exemple Marcel Gauchet, qui cite à cet égard de nombreux philosophes du droit tels que Thomas Hobbs, Jean-Jacques Rousseau ou encore John Locke.
"La légitime défense s'apprécie donc, non pas comme une mesure de justice faite à soi-même, mais comme une mesure de police prise par l'intéressé se substituant à la puissance publique défaillante".
Cette loi dit que tout moyen est honnête pour sauver nos jours lorsqu'ils sont exposés aux attaques et aux poignards d'un brigand et d'un ennemi: car les lois se taisent au milieu des armes; elles n'ordonnent pas qu'on les attendent, lorsque celui qui les attendraient serait la victime d'une violence avant qu'elles pussent lui prêter une juste assistance".
Si celui qui repousse une attaque a excédé les bornes de la légitimes défense, le juge atténuera librement la peine; si cet excès provient d'un état excusable d'excitation ou de saisissement causé par l'attaque, aucune peine ne sera encourue". (Code Pénal suisse, article 33).
En effet, la réalité d'un combat au pistolet fait que les protagonistes vont tirer à plusieurs reprises jusqu'à ce que l'un des deux soit effectivement hors de combat, c'est à dire en pratique qu'il soit tombé au sol ou qu'il ait pour le moins lâché son arme.
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