mardi 24 septembre 2013

La légitime défense




Ces derniers mois en France, et au travers de plusieurs faits divers largement médiatisés et controversés, la question de la légitime défense semble plus que jamais faire l'écho d'un réel besoin d'évolution.

Même si cette video utilise l'affaire du bijoutier de Nice comme support pour tenter d'approfondir la question de la légitime défense et sa place aujourd'hui en France, il me parait important d'approcher cet univers, souvent lourd d'ambiguïtés et de pièges, d'opinions et d'aprioris, d'émotions et de frustrations, d'une manière plus englobante et rationnelle.

Les réflexions et les réponses de Maitre Thibault De Montbrial sur la question de la légitime défense, viennent aujourd'hui recontexter le traumatisme subit par les victimes, et surtout confronter et bousculer une entité juridique mais aussi collective, souvent réductrice dans ses principes, ses réflexions et ses approchent quant aux réalités d'une situation ou nous estimons qu'il devient nécessaire d'agir et de nous défendre.

Le débat continu...





dimanche 1 septembre 2013

Une introduction a l'apiculture





Tout au long de notre histoire, notre espèce a su apprivoiser une multitude de stratégies alimentaires pour subvenir a ses besoins. Pendant longtemps ces stratégies de subsistance, d'abords gouvernées par un environnement favorable et abondant et une densité de population inconséquente, ont principalement reposé sur une gestuelle clanique de prélèvement opportuniste.



Chasse, pêche et cueillette, nos ancêtres ont pendant des millénaires prélevé directement leurs ressources d'une nature encore indomptée, caractérisant une relation a la résilience de l'espèce fondée sur l'adaptation brute et "court terme". 
Cette absence fondamentale de domestication, animale ou végétale, ou encore de notions de stratégies durables comme par exemple le stockage et la préservation sur le long terme, s'est progressivement éteinte pour laisser place a une logique de production et de gestion des surplus au travers de l'agriculture et de l'élevage.

Ce processus de production, opposé a une logique de prélèvement direct, va largement influencer la nature même de nos constructions humaines, notamment en permettant l'explosion des populations.
L'apprivoisement, le maintient et le stockage de certaines familles végétales et animales, va par exemple pouvoir nourrir beaucoup plus de personnes que les stratégies de chasse et de cueillette sur une surface identique, et donc faciliter l'établissement pérenne de clans et de groupes autrefois principalement nomades pour éviter l'épuisement rapide et systématique des ressources d'une région.



Pour le survivaliste, ces deux stratégies de subsistance, que nous nommerons "prélèvement" et "production", viennent naturellement habiter un espace important dans sa démarche d'indépendance et de résilience.

Les stratégies brutes de prélèvement cimentent une volonté de résilience primitive et adaptative, et les stratégies calculées de production renforcent une intention de durabilité clanique.




Si la plupart de nos stratégies de résilience et de sécurité alimentaire vont se baser sur des méthodes ou des principes largement développées et intégrées comme le stockage, la réciprocité locale, la pêche, l'élevage de poules ou encore la mise en place d'un jardin potager, d'autres méthodes moins "traditionnelles" peuvent cependant être assimilées a notre démarche d'autosuffisance pour, par exemple, élargir notre champ de prélèvement / production, et donc notre aptitude a maintenir une qualité de vie beaucoup moins fragile dans l'espace et le temps.



Pratiquée sur tous les continents et depuis des milliers d'années, l'apiculture consiste a l'élevage d'abeilles a miel pour exploiter une multitude de produits comme le pollen, la cire, le miel, la gelée royale et la propolis.

Si ce que l'abeille a miel produit sont des ressources intéressantes pour nous, notamment le miel et la cire, sa présence est multidimensionnelle et va venir, directement ou indirectement, influencer d'autres sphères alimentaires comme par exemple la pollinisation de nos cultures.

Puisque la pollinisation reste le mode de reproduction privilégié des plantes gymnospermes et angiospermes, ces dernières représentant la plus grande partie des espèces végétales terrestres avec plus de 250 000 espèces, la pollinisation est donc l'un des services écosystémiques les plus important pour la stabilité de notre agriculture et la culture des arbres fruitiers…et le nombre et la variété de nos amis les pollinisateurs, va fortement influer sur la biodiversité et la stabilité végétale (et donc animale) de notre environnement et inversement.




- Un peu d'histoire…


La récolte et la consommation de miel remontent à la préhistoire. Certaines peintures caverneuses représentant des scènes de prélèvement de miel montrent que nos ancêtres utilisaient des échelles et l'enfumage pour prélevé le travail complexe de "transmutation" des abeilles. A cette époque, l’homme recueille le miel souvent en détruisant la colonie, comme l’atteste la peinture rupestre trouvée à la "cueva de la Araña", grotte de l’Araignée, près de Valence en Espagne, vieille de six mille ans. On y voit un homme suspendu à des lianes, avec un panier et la main plongée dans un tronc d’arbre a la recherche de rayons de miel.

Plus tard, ce qui n'était qu'une pratique de prélèvement durant la préhistoire, se transforme de plus en plus en logique de production, et l'apiculture fait son apparition aux quatre coins du monde. Dans la Rome antique par exemple, nous pouvons lire de nombreux traités concernant cette pratique et la description détaillée de ruches mobiles, en osier ou en liège, manipulées par les esclaves apiculteurs de l'époque.  

Les Mayas vont eux aussi s'intéresser a l'apiculture, en récoltant le miel d'abeilles sans dard appelées Mélipones, dans des ruches encapsulées dans des troncs d'arbre creux ou dans des pots de terre adossés aux murs des maisons.

Au Moyen Age, l'élevage de "mouches a miel" se développe particulièrement dans les monastères d'Europes, par des communautés paysannes ou des agents forestiers appelés "Bigres" (Celui qui gère les "Bigreries" ou "Hostels aux mouches").
A cette époque, le prélèvement d'essaims, de ruches, de miel ou de cire constitue des redevances féodales appelées "L'Abeillage", et la transhumance des ruches est pratiquée lorsqu'un espace floral est entièrement exploité.




Aujourd'hui, la France compte environ 69 000 apiculteurs possédant plus d'1 300 000 ruches, et c'est donc l'un de ces apiculteurs, passionné par la "mouche a miel", qui nous raconte comment intégrer cet art de prélèvement / production a nos stratégies de résilience et d'autosuffisance.




- Pourquoi avoir une ruche dans son jardin ?



Encore une fois, par intention d'indépendance !

- Les abeilles nous nourrissent. 
Elles produisent du miel (En moyenne, chaque abeille transporte dans son jabot 0,025 g de nectar. 1 gramme de nectar nécessite que les abeilles visitent 8 000 fleurs. Un kilogramme de miel correspond ainsi à 5,6 millions de fleurs visitées et 40 000 km parcourus), du pollen, de la propolis, et enfin la si convoitée Gelée Royale ! Notons que le miel est souvent la seule source de sucre de certaines populations.

- Les abeilles nous éclairent. 
Avec la cire, nous pouvons fabriquer des bougies.

- Les abeilles nous soignent. 
Le miel est un cicatrisant (durant bon nombre de conflits comme la première et la seconde guerre mondiale, les soldats utilisaient le miel pour accélérer la cicatrisation des plaies et blessures). 
Le pollen et la Gelée Royale sont des fortifiants riches en protides (20%), en glucides (35%), en lipides (5%), en eau (10%), en vitamines, en oligo-éléments, en enzymes et en substances antibiotiques actives…
La Gelée Royale est aussi le produit naturel le plus riche qui soit en vitamine B5 par exemple.


- Comment débuter ?



Tout d'abord, il faut se poser une question: Vais-je avoir le temps de m'occuper d'une ruche ?
Et oui, s'occuper ne serait-ce que d'une seule ruche prend du temps…

Pour débuter, je conseille l'achat d'une ruche complète.
Même si il existe plusieurs type de ruches, comme par exemple "Warré, Langstroth ou encore Voirnot, le modèle "Dadant" reste une référence standard au niveau des équipements (extracteurs, transport etc.).


Le matériel de base:

- Une ruche complète Dadant: fond, corps, hausse, couvre cadre, nourrisseur, toit, cadres de corps, cadre de hausse.






- L'équipement de l'apiculteur: combinaison avec voile, gants en cuir, enfumoir, lève cadres et brosse.





Le matériel supplémentaire:

- Extracteur: cet outil permet d'extraire le miel des cadres, et il en existe de toute taille et de tout format.


- Un maturateur: il permet de filtrer le miel de ses impuretés et de le laisser reposer le temps que l'air remonte a sa surface.



- Un couteau a désoperculer: il sert a retirer les opercules de cire sur les cadres de hausse lors de la récolte.






- Ou trouver un essaim ?



Si vous avez beaucoup de chance et d'expérience, dans la verte.
Il suffit de regarder dans les arbres pendant les mois de mai et de juin, période ou les colonies essaiment, et de prélever l'essaim, le mettre dans un carton, et laisser "la fièvre" (dynamisme a essaimer) retomber pendant trois jours dans un endroit sec, frais et dans le noir avant de l'enrucher a son nouvel emplacement.

Sinon, beaucoup d'apiculteurs vendent des essaims. Se rapprocher de l'un d'eux, et profiter de l'occasion pour poser des questions.






- Quel type d'abeilles choisir ?



En France, il existe plusieurs races d'abeilles, mais les principales sont l'abeille "noire" et la "Frère Adam".

Frère Adam = grosses colonies = gros rendement…si tout va bien et qu'elles n'essaiment pas trop. 
Ses abeilles demandent beaucoup de réserves pour passer l'hiver, mais elles ont un caractère très doux et elles s'adaptent très bien en ville.

La ville de New York par exemple, autorise et même encourage l'apiculture urbaine. Aujourd'hui, une multitude d'associations apicoles proposent des arrangements avec les particuliers possédant des balcons, ou ayant accès aux toits pour placer des ruches aux quatre coin de la mégapole.





La noire: Pleine de défauts, pleine de qualités…mais dans l'ensemble elle est plus facile a gérer. C'est une abeille qui se développe tardivement mais qui rattrape facilement le temps perdu. Elle est un peu acariâtre quand il ne fait pas beau, mais elle consomme beaucoup moins que la Frère Adam durant l'hiver.

Chacun doit se renseigner sur le type d'abeilles qu'il souhaite élever et dans quel environnement (milieu rural, banlieue ou milieu urbain).


- Ou placer la ruche ?



En ville comme a la campagne il faut faire preuve de bon sens.
Par exemple, il ne faut pas installer une ruche prêt d'une école, d'un centre pour enfants, d'un hôpital ou d'une crèche…

Si vous avez des voisins a proximité, n'hésitez pas a leur en parler. Faites leur découvrir le monde apicole, et par exemple offrez leur un pot de miel par an !



Quoi qu'il arrive, nous ne pouvons pas installer une ruche n'importe ou, et en ville comme a la campagne il faut demander l'autorisation a votre mairie.

Le "code rural" (art. 206 et 207, chapitre II "Des animaux de basse-cour, pigeons, abeilles, vers a soie et autres") nous informe sur les distances d'installation (art. 216-11). Le code rural est disponible auprès des organismes apicoles et la préfecture, mais le maire de votre commune est également habilité a prendre un arrêté a ce sujet.

< Code rural >

Toutefois, la distance (qui peut dans certains départements être de 100m d'une habitation ou d'un établissement a caractère collectif, hôpital, école, caserne…a 20m d'une voie publique et de toute propriété privée) est abolie dans la mesure ou les ruches sont isolées selon certaines consignes précisées dans l'article 211-17.

"Le respect des distances ne s'applique pas si le rucher est entouré (a au moins 2 m des ruches) d'un obstacle continu d'au moins 2m de haut: palissade de planches, haie vive ou sèche, mur (défense passive ?)…ainsi en pratique, un rucher entouré d'un mur de 2m de haut peut être, au regard de la loi, installé n'importe ou.

Depuis le 1er janvier 2010, et a partir de votre première ruche, dans un délai d'un mois après l'installation ou la prise de possession de la ruche, la législation vous oblige a en faire la déclaration chaque année, courant décembre, a la DDPP (direction départementale de la protection des populations) de votre département. Certains GDSA (groupement de défense sanitaire apicole) départementaux font le relais avec la DDPP.

N'hésitez pas non plus a souscrire une assurance par l'intermédiaire d'une revue apicole. Le cout est particulièrement modique: environ 0,90EUR/ruche.

Attention, vous êtes pleinement responsable des dégâts éventuels causés par vos abeilles.



Il est également fortement conseillé d'adhérer au groupement de défense sanitaire de votre département (GDSA), qui vous permettra d'obtenir toutes les informations concernant les maladies des abeilles, et dans la plupart des départements de bénéficier de visites conseils et d'une réduction sur les produits de traitement contre les Varroas (Acarien parasitant les abeilles).


- L'emplacement géographique ?


Les emplacements a fuir: 
- Milieu humide et a l'ombre.
- Au fond d'une vallée et au sommet d'une colline.
- A proximité d'une culture intensive et d'une monoculture (pesticides, manque de biodiversité).
- A proximité des voies publiques.

Les emplacements a privilégier:
- Milieu sec et recevant une bonne luminosité.
- Terrain débroussaillé.
- A proximité de sources de nectar (arbres mellifères).
- A proximité d'un point d'eau (le travail donne soif).
- Terrain accessible toute l'année pour la récolte et le suivi de l'exploitation.
- Terrain protégé des courants d'air et du froid (présence d'obstacles naturels).
- Endroit calme, loin d'éventuelles sources de bruit.


- Quel rendement pour une ruche ?


C'est une question a laquelle il est difficile de répondre tant il y a de paramètres.
Cela dépend de la race de l'abeille, de la région, du climat, de l'apiculteur, des années…mais nous pouvons nous tabler sur 20 kilos de miel par ruche et par an.


- Combien ça coute ?


Pour 1 ruche:
- Ruche complète: 300EUR
- Equipement: 150EUR
- Essaim: 100EUR
- Extracteur / maturateur: 300EUR
- Matériel supplémentaires (pots, nourriture, traitement etc): 130EUR

Pas de panique !
Ce sont les tarifs catalogue "bobo"…
Par exemple, vous pouvez acheter votre ruche d'occasion et fabriquer vous même votre propre maturateur.



Au final, Rencontrez des apiculteurs, demandez leur des conseils, apprenez sur le tas, apprenez de vos erreurs…mais le plus important est de penser au bien être des abeilles avant tout, et non a la récolte.

Apprendre le métier d'apiculteur est une chose passionnante…et le monde des abeilles est un monde merveilleux et fascinant !

Ne soyez pas impatient, et laissez les travailler en paix !