mercredi 24 avril 2013

EDC - Moto




Je tiens a partager mon EDC-Moto qui reste constamment sous mon capot de selle: partir en vadrouille en moto c'est bien, bien équipé c'est mieux...je me demande d'ailleurs pourquoi le gouvernement français ne nous oblige pas a avoir un minimum en moto en cas d'urgence (couverture de survie, outillage etc...) au lieux de vouloir nous imposer le port d'un brassard fluorescent ridicule…enfin bref, la n'est pas le sujet...

Donc voila comment ce compose mon EDC-Moto:


- Trousse de premiers secours personnalisée (pansement, gant nitrile, compresse, dosette antiseptique, sérum physiologique, couverture de survie, ciseau, scotch, pince a épiler...)

- Les outils d'origine de la moto (clef plate, démonte bougies....)
- Une pince plate (multitool) + une coupante
- Un couteau (trop tactique a mon gout pour être porté sur soi, donc recyclage)
- Fil de fer, scotch, colliers
- Gants de mécano et chiffons
- Boite de douilles + boite embout tourne vis + cliquet + tournevis + rallonge
- Des bougies de rechange (y'en a une qui a claquer un jour, dur de rentrer sur un cylindre....)
- Un nettoyant visière + chiffon lunette

- Plus tous ce que je possède sur moi constamment (lampe torche, firesteel, etc.)...

Le tout rentre dans ça (avec un minimum d'organisation...) :


Je vois la non pas de la survie mais du bon sens, et aussi pouvoir aider d'autres motards en panne ou qui ont glissé, même si la mentalité a bien changée depuis que je côtoie le monde de la moto (pas tout a fait 10ans).

L'entraide entre motards est importante, c'est une solidarité, question clan ont est pas mal.

J'ai pu aussi remarquer que la plupart de mes potes n’étaient pas forcement prêt ou outiller: un jour en Ardèche, un de mes collègues a glissé sur des gravillons, c’était en hiver, il faisait froid, on était parti tôt le matin, bref il a glissé et c'est rappé le genoux comme il faut, et sur 5 personnes, j’étais le seul a avoir une trousse de premiers soins...

Quelque temps après j'ai conseillé mes collègues a avoir un minimum, pas tous l'ont fait, certains oui.

Questions outillages c'est idem: lors d'une ballade moto, un pote a eu son câble d’accélérateur cassé a plus de 100 bornes de chez lui. C’était la fin de journée un dimanche a 19h, pas d'eau (c’était l'été), d'outillage ou même de compétences nécessaires. Avec le minimum d'outillage que je possède, la solidarité et les compétences de chacun, on a pu réparé sa moto et il a pu rentrer chez lui, sinon il aurait du attendre 1h voire 2h que l'on vienne le chercher...

En rigolant il m'ont dit:  "on roule avec toi comme ça on a jamais de problèmes", ils ce sont mit a m'appeler "McGiver" !





dimanche 21 avril 2013

Lacrymogène: Choix et considérations




Le spray de défense ou plus populairement appelé "bombe lacrymogène" est un outil de protection personnelle "non létale", bon marché, portatif, simple d'utilisation, et capable, selon notre environnement, la qualité du produit et la sensibilité de l'agresseur (drogues, alcool…etc) d'incapacité temporairement un individu ou un groupe d'individu, et nous donner l'opportunité de fuir.

"Pepper Power" - de chez UDAP
Gaz
15% OC - 3 Million SHU


Nous pouvons distinguer deux grands groupes:

A- Les produits inflammatoires.
Ces systèmes utilisent principalement de l'OC (Oleoresin Capsicum).

B- Les produits irritants.
Ces systèmes utilisent du CS ou du CN.

Pour la défense personnelle l'OC reste le produit le plus versatile (animaux et hommes), et le plus efficace d'un point de vu de sa rapidité d'action et de son pouvoir d'arrêt.

L'efficacité des sprays de défenses OC est généralement exprimée et définie par les fabricants au travers de la quantité présente des agents inflammatoires (pourcentage), et la qualité et la puissance de ces agents, mesurés sur l'échelle de Scoville (SHU / Scoville Heat Unit).

Si la quantité, c'est a dire le pourcentage de produit inflammatoire est a prendre en compte, la qualité et la puissance, exprimés en "Million SHU", va largement définir la rapidité et la force d'action du produit.

Simplement, et dans une situation d'urgence ou notre intégrité physique ou celle d'une tierce personne est directement menacée, nous voulons un agent inflammatoire puissant et percutant.

Une femme dans le bus utilise son spray de défense contre un attaquant.

Beaucoup de pays auront des législations sur ces systèmes de défense en limitant le volume pouvant être porté sur soi (0ml / 25ml / 50ml etc.), et/ou la quantité de produit irritent ou inflammatoire a l'intérieur du système, souvent limitée a 2%.

A ma connaissance, il n'y a aucune législation sur les SHU, c'est a dire la qualité et la puissance des produits inflammatoires.


L'éventail d'option, tant dans les méthodes de propulsion que dans la qualité et la concentration des produits irritants (CN / CS) ou inflammatoires (OC) utilisés peut rendre le choix difficile. Gaz, Gel, Mousse, Jet, Forcé (Piexon), ou encore jet continu ou cassé…les choix sont multiples, et vont avant tout dépendre de vos besoins et de votre environnement.

"Pepper Gel" - de chez Sabre Red
Gel
10% OC - 2 Million SHU

Par exemple, l'utilisation d'une gazeuse, c'est a dire un système qui va propulser un nuage important de produit incapacitant, a l'intérieur d'un domicile, d'un ascenseur, d'un magasin, ou a l'extérieur et par grand vent, va augmenter le risque d'exposition et de contamination de l'utilisateur.

Dans ces environnements, un système au gel ou a la mousse sera plus intéressant.

Il y a cependant des systèmes plus polyvalent comme par exemple les systèmes de "jet", soit un mélange de gaz et de gouttelettes, pouvant incapacité plusieurs agresseurs a la fois mais aussi résister au vent, comme l'excellent "Five Point Three" de chez Fox Lab.

"Five Point Three" - de chez Fox Lab
Jet (gazeuse a gouttelettes) 
2% OC - 5.3 Million SHU 

Même si l'univers de lacrymogène est habité par une multitude de compromis plus ou moins important et que le marché est largement parsemé de systèmes de basse qualité et peu fiables, cet outil de protection personnelle, si bien choisit, reste une méthode simple et démocratique (c'est a dire que nous n'avons pas ici besoin de connaitre certaines techniques martiales souvent complexes et inadaptées ou d'une force physique importante pour se servir d'un spray de défense) de pouvoir temporairement incapacité un agresseur, influencer l'intention de celui-ci, lui refuser l'accès a notre domicile, ou encore venir en aide a une personne victime d'une agression physique. 


- En milieux clos (Domicile / lieu de travail / cinémas / magasins / transports en communs etc.):

OC - Gel ou Mousse.


- En extérieur: 

OC - Jet a gouttelettes, Gel ou propulsion (piexon).


- En milieux changeants: 

OC - Jet a gouttelettes, Gel ou Gazeuse.


- En défense d'un périmètre (Domicile - BAD):

OC / CN / CS - Gazeuse gros volume, grenades.










mercredi 17 avril 2013

Entretien - La Spirale




Comme La Spirale l'annonce déjà depuis plusieurs années, l'actuel contexte de crise économique, écologique et sociétale favorise de nouvelles formes d'activisme, au sens premier du terme. Pour un nombre croissant de nos contemporains, l'heure est à la reprise en main de leur mode de vie, en privilégiant une forme d'indépendance vis-à-vis du système économique dominant.

Français installé depuis de longues années aux États-Unis et aujourd'hui résident de l'État du Montana, Vol West fait partie des figures les plus en vue de la nouvelle mouvance survivaliste francophone. Outre son blog Le survivaliste au travers duquel il expose sa philosophie et le fruit de ses recherches, il a co-écrit Rues Barbares - Comment survivre en ville avec l'auteur suisse Piero San Giorgio.

Entretien à bâtons rompus avec une personnalité atypique, à mille lieux des clichés et des préjugés entretenus par les médias de masse, au cours duquel sont invoqués les mânes de George Orwell, du Mahatma Gandhi, de Jean-Jacques Rousseau et de Henry David Thoreau.

Propos recueillis par Laurent Courau.


Dans l'imaginaire populaire, le survivalisme est lié aux différentes formes de catastrophes globales. Qu'il s'agisse d'un effondrement économique, d'une guerre civile ou nucléaire, voire d'une pandémie ou d'un accident écologique majeur. 
Votre vision est plus pragmatique, puisque vous parlez plus volontiers d'autonomie alimentaire et énergétique, d'indépendance individuelle ou familiale, d'anticipation d'accidents plus classiques tels qu'un accident de la route ou la perte d'un emploi. Pourriez-vous la résumer pour nos lecteurs ?

Le survivalisme est pour moi l'expression, plus ou moins maladroite selon le parcours et les influences de vie de chacun, d'une prise de conscience et d'un constat personnel liés a la santé de notre monde. Le signal d'alarme est tiré depuis longtemps…et il n'y a pas besoin de vivre dans un quartier populaire de Los Angeles pour s'en rendre compte.

Qu'il soit question d'un malaise écologique, technologique, sociologique, politique, ou encore économique, il me parait raisonnable aujourd'hui de comprendre que notre univers, de part sa force motrice, n'est plus qu'une machine titanesque et dépendante de sa propre amplitude.
En tant que passager titulaire d'un billet, et puisque notre effort de mondialisation a su convertir une multitude de vaisseaux, autrefois plus ou moins libres et indépendants les uns des autres, en un seul paquebot géant a multiples étages et a la direction unique, je me pose des questions.

- Sommes-nous sur la bonne voie ?
- Devons-nous aller aussi vite ?
- Avons-nous assez de ressources pour le voyage ?
- Avons-nous assez de canots de sauvetage pour la totalité des passagers au cas ou ?

Il y a des passagers qui se moquent de tout cela, et d'autres plus prévoyants. Cette prévoyance se transforme alors en démarche calculée pour augmenter notre résilience (a l'échelle personnelle, mais aussi familiale, locale, régionale, nationale et puis globale) dans le cadre d'un événement perturbateur: perte de l'emploi, accident de la route, inondation, incendie, coupure d'eau, effondrement économique, émeute, pénurie, catastrophe naturelle ou technologique, etc.

C'est tout simplement de prévoir un gilet de sauvetage et un plan d'évacuation au cas ou…le bateau coule.

Nos gouvernements sont d'ailleurs les premiers a prévoir des sorties de secours, des stocks de nourriture, des canots de sauvetages (il n'y en a jamais assez pour tout le monde !), des équipes d'intervention (souvent trop lentes, en sous-effectifs ou démoralisées), des détecteurs de fumée etc.

Beaucoup diront que notre bateau ne peut pas couler…qu'il est trop grand, trop beau, trop moderne...et qu'il est ridicule et farfelu de s'abandonner a l'hystérie de l'anticipation et de la prévoyance, même si notre histoire est lourdement jonchée d'échouages plus ou moins conséquents.

Cette démonstration naturelle de responsabilisation citoyenne, de prévoyance et de résilience, n'est cependant qu'une facette du survivalisme, et comme je l'explique sur le blog depuis quelques années maintenant, la réelle portée du survivalisme n'est pas dans la préparation, mais dans la construction personnelle d'une manière de vivre qui reflète une intention résolue d'indépendance et de liberté.

Pour continuer l'analogie du bateau, être prêt, au moyen de bouées de sauvetages et de fusées de signalisation, a subir l'impact d'une situation d'urgence me parait logique et pertinent, mais se donner les moyens de construire sa propre caravelle, pour ne pas subir la totalité des convergences actuelles, est source de liberté.


Les médias de masse rapprochent volontiers le survivalisme d'une certaine extrême-droite. J'ai lu que vous vous définissez comme « libertarien », un courant politique peu connu et souvent mal compris en France. Pourriez-vous nous éclairer sur cette approche, qui semble avant tout prôner la liberté individuelle ? Et comment réagissez-vous à l'approche « critique » des médias de masse ?

Le Libertarianisme est avant tout une philosophie politique, largement fondée sur le principe de non-agression, tant physique que psychologique.

De chez moi, l'opposition droite/gauche n'est que l'expression d'un même et unique sentiment étatique, qui pourrait se résumer grossièrement a l'exploitation d'une direction formatée pour, au final, nous dire comment vivre, ce qui est bon pour nous, ce que nos enfants devraient apprendre, ce que nous devrions acheter ou encore ce que nous devrions manger.

Il y a différents degrés de Libertarianisme, du plus sauvage au plus souple, mais principalement, et si je devais résumer sa pulsion, un Libertarien est une personne qui s'engage a considérer la liberté individuelle en tant que droit naturel, et qui sera dans la plupart des cas favorable a une réduction plus ou moins importante de l'Etat en tant que système gouvernant.


Pour les médias de masse, et intuitivement parlant, je pense que le rapprochement avec l'extreme-droite vient souvent de la présence des armes a feu dans le survivalisme et de ce qu'elles impliquent symboliquement a l'intérieur même des mouvements politiques.
La notion de responsabilisation citoyenne, d'abord tournée vers l'affirmation résolue de sa propre conscience, vient sans aucun doute se confronter et bousculer l'idéologie ambiante de victimisation, idéologie lourde et suffocante en France.

Peut être qu'il y a d'autres éléments a prendre en compte pour expliquer se rapprochement, et même si c'est une erreur globalisante, je pense qu'il est logique, dans le paradigme actuel, de confondre un peu tout et n'importe quoi sans réellement s'investir d'un esprit critique quelconque.

La réalité est bien sur, et comme d'habitude, beaucoup plus subtile et complexe. 

D'abords, le survivalisme n'est pas un mouvement politique. La décision personnelle ou familiale de construire de l'indépendance, de se donner les moyens de consommer de la nourriture saine et réellement locale, de solidifier un idéal de vie et de bien-être, n'est pas gouvernée par un engagement politique traditionnelle.

Certains survivalistes sont de droite, d'autres de gauche et d'autres encore libertariens !



La totalité de l'entretien sur  < La Spirale >
Et un grand merci a Laurent Courau pour son intégrité et son enthousiasme.




dimanche 7 avril 2013

5 facteurs de structuration pour la BAD




Les plus grandes puissances de notre histoire ont toutes en commun la naissance d'un noyau dur, d'une ville, pouvant s'étendre a des kilomètres a la ronde pour former un vaste réseau de places, de centres religieux et administratifs, d'écoles, de parcs, d'usines, de marchés et de résidences, et exprimant un certain idéal.

Hier Chichen Itza, Persepolis, Ephesus, Angkor, Pompéi ou Machu Picchu, aujourd'hui Milan, Londres, Paris, Bagdad, New York, Tokyo, New Delhi, Karachi, Manille, Moscou, Istanbul, Buenos Aires…ces villes, d'abords noyaux gouvernementaux, puis régions métropolitaines et enfin régions urbaines, sont toutes nées de facteurs plus ou moins déterminants et non d'un quelconque hasard…

Leur germination, comme tout être organique devant se nourrir pour grandir ou simplement perdurer face a l'important défi qu'est la vie, est gouvernée par un potentiel soigneusement calculé.

Catastrophe ou pas, la stratégie de construire une "Base Autonome Durable" ou un domicile résilient, est pour le clan une promesse d'épanouissement…et il est alors important de considérer que son emplacement, son environnement proche et ses propriétés par exemple, sont des facteurs qui vont, tout comme avec la construction de nos villes, affecter son potentiel d'autonomie, de durabilité et de résilience.

La BAD de mémé...

On me demande souvent ce que notre priorité survivaliste devrait être. 

Réserves de nourriture, eau, soins, kit de survie, EDC, protection personnelle, plans d'urgences, sacs d'évacuations, agriculture, lien social, énergie, argent métal…il y a tant a faire, et toutes ces sphères sont importantes, et devraient être construites si possible simultanément pour créer de la distance physique et temporelle entre soi et la fragilité du monde moderne, entre soi et l'accident tel un coussin gonflable de sécurité. 

Mais tout ce bruit ne peut pas représenter la construction de notre idéal de vie.

La priorité du survivaliste n'est pas de faire des boites et des sacs en réponse a l'oppression grandissante d'un système fragile et douteux ou l'accident (réaction), mais bien de choisir une direction de vie (action), et dans ce contexte, le choix de notre domicile et les capacités qu'il regroupe pour nous promettre la qualité de vie a laquelle nous aspirons devrait être la pierre fondatrice et démonstrative de notre décision de non pas survivre, mais bien de vivre.

Notre domicile résilient est notre noyau dur…la représentation solide de notre idéal de vie, et son potentiel d'indépendance, d'autonomie et de résilience est influencé et parfois gouverné par certains facteurs qu'il nous faut explorer.



1- La densité de population.


La densité de population exprime la relation entre une surface donnée et son taux de peuplement.

Quand bien même l'apologie ambiante et durcissante du politiquement correct nous veut adhérer a une pensée rassurante concernant les comportements humains, il suffit d'un peu de sincérité intellectuelle et de maturité émotionnelle pour s'apercevoir que si l'Homme est effectivement capable de formidables prouesses altruistes, de générosité et d'entraide, il est aussi capable de brutalités, de barbaries et de cruautés.

Quand "tout va bien", ces comportements destructeurs restent plus ou moins bien contrôlés par la totalité des outils a notre disposition comme la justice, les forces de l'ordre, l'armée, l'influence collective et la pression sociale, l'éducation, la religion etc.

Quand "tout va mal", la mathématique du comportement grégaire couplée au désespoir induit par le manque soudain de repères moraux et de ressources vitales, projette l'humain "juste-a-temps", et donc totalement dépendant du système pour son bien être, dans un recyclage de comportements largement prévisibles: vol, viol, violence, exploitation psychologique, abandon, délation, torture, meurtre…

La densité de population alentours devrait être notre premier facteur de structuration, tout simplement parce qu'il est impossible de gérer l'implosion morale de millions d'individus lorsque le vernis social laisse place a l'évidence des réalités de notre monde: l'homme est largement capable d'être un loup pour l'homme, et les lois naturelles de notre univers, jusqu'à preuve du contraire ou d'un changement fondamental de direction de la part de notre espèce, reposent sur la prédation.

Cependant, si une densité de population trop élevée implique certaines évidences numériques, logistiques et comportementales, une densité de population trop basse limite, entre autre, le commerce et le lien social.


2- Les ressources.


Il est impossible de prétendre a l'indépendance sans ressources vitales.

Nos supermarchés, notre tout a l'égout, nos centres de distributions, nos appareils d'approvisionnement en énergie et en consommables, nos chaudières électriques, le réseau de distribution d'eau potable…sont autant de systèmes de support qui viennent nous alimenter. 

Nous sommes, littéralement, branchés et dépendant d'une machine complexe et fragile, et cette dépendance, toujours croissante, vient gouverner, directement ou indirectement, notre mobilité intellectuelle, physique et spirituelle.

Durant les sièges du moyen âge, une tactique largement adoptée par les forces envahissantes était de tout simplement interdire le flux d'approvisionnement de ressources vitales aux habitants d'une place "forte".

Peu importe la taille des murs, peu importe le nombre de défendeurs, peu importe la profondeur des douves, la taille des catapultes ou l'emplacement des tours…si l'approvisionnement en eau fraiche, en nourriture ou en bois de chauffe (énergie) est interrompu, alors les forces envahissantes contrôle l'âme du château…sa destinée.

Aujourd'hui, nous ne pouvons pas réellement refuser l'oppression d'un patron belliqueux, les pratiques de spéculation sur les denrées de bases, les pratiques de l'agri-business  ou l'apologie de la destruction de nos écosystèmes au nom de la croissance absolue, parce que nous sommes, tout comme les habitants d'une place forte au moyen âge, gouvernés non pas par le consumérisme (le vivant doit consommer), mais bien le pouvoir appliqué au travers du contrôle de nos ressources vitales.

Qui contrôle la nourriture contrôle le peuple…et aujourd'hui plus que jamais, un domicile résilient est avant tout non pas un rempart isolationniste, mais une terre cultivable.


3- Les propriétés physiques.


L'organisation architecturale de nos domiciles a largement évoluée ces 50 dernières années.

En 1900, et avant le développement massif d'infrastructures plus ou moins complexes comme le chauffage central, l'organisation d'une maison était strictement dictée par la notion de thermorégulation. La taille, le nombre et l'emplacement des portes et fenêtres, la répartition des espaces et l'agencement des fonctions, étaient fondées sur l'optimisation des échanges thermiques.

Ces échanges thermiques étaient eux conditionnés par les méthodes de combustions de l'époque, principalement le bois et le charbon.

La découverte du pétrole bon marché a révolutionné nos espaces de vie. Les fenêtres se sont petit a petit agrandies et multipliées, les pièces se sont petit a petit élargies pour parfois n'en former qu'une seule, les plafonds se sont élevés, et nos cuisines se sont petit a petit vidées d'intérêt et de vie au travers de l'adoption et de la cristallisation du juste-a-temps. 

Ce qui était fonctionnel et directement connecté a nos besoins physiologiques est devenu esthétisme, et finalement l'expression d'un individualisme guidé.

Avec la disparition progressive d'un agencement humblement encré au vital, la montée en puissance de l'urbanisme a achevé notre déconnexion primaire a la vie en détruisant notre rapport a la terre. C'est l'erre de la petite jardinière de balcon, de la plante de bureau, du square délimité, et surtout de l'appauvrissement systématique de notre indépendance nutritive et énergétique.

Les propriétés physiques d'un domicile résilient doivent optimiser non pas l'esthétisme pétrolier ou la cadence d'une marche post apocalyptique (bunkarisation), mais la résurgence d'un lien direct et pragmatique avec nos besoins primaires.

Des fondations solides, des murs capables, un agencement thermorégulateur intelligent et une cuisine vivante de rusticité et d'adaptation sont des facteurs qui devraient venir renforcer notre intention d'enracinement et de stabilité, tant physique que psychologique.


4- La proximité.


La proximité désigne l'ensemble des atouts ou des contraintes accolées a notre idéal de vie.

Au premier abord, nous serions tentés de penser que les villes offrent une proximité abondante d'atouts: Hôpitaux, cinémas, restaurants, bibliothèques, autoroutes, gares, supermarchés, musé, consommables, savoirs faire spécialisés, opportunités d'emploi, ressources sociales…les régions urbaines pullulent d'intérêts disponibles rapidement, et pouvant largement satisfaire nos besoins psycho-sociologiques 24h / 24h.

Si ce calcul de disponibilité et d'exigences plus ou moins primaires caractérise les régions urbaines et leurs routines, cette abondance reste dépendante d'un flux continu en ressources vitales venant d'ailleurs.

La ville ne produit pas, elle consomme, et d'un feu d'artifice sensoriel et logistique, elle détourne l'attention de sa réelle condition: la dépendance.

Beaucoup se penchent alors sur un retour a une proximité ciblée et réellement porteuse d'indépendance: Eau, nourriture, énergie, soins, éducation, tranquillité...
Cette proximité ciblée, une fois étudiée, nous permet de nous rapprocher de certains atouts vitaux comme l'eau et la terre, tout en nous éloignants de contraintes variées comme la pollution, l'insécurité, l'appauvrissement des sens, les pressions socio-économiques etc…


5- Facteurs de prospérité et d'entraide.


Choisir de privilégier une certaine décroissance en s'arrachant d'une densité de population importante, en privilégiant le terrain cultivable aux balcons bruyants, en privilégiant une organisation du domicile qui n'est pas de l'esthétisme mais du maintient de la vie et en s'impliquant dans une proximité dénudée d'artifices, n'est pas synonyme de tourner le dos a la modernité, a la technologie ou encore la société.

Durant l'effondrement de l'économie de l'ex Union Soviétique, les reculés, c'est a dire les personnes éloignées de toute structure communicante, ont dans certains cas beaucoup plus souffert du manque que les habitants de villes comme Moscow.

Le maintient des routes et de toute l'infrastructure de distribution: eau, énergie, médicaments, soins, nourriture, communication, produits bruts (acier, grain, textile…), compétences (plombiers, électriciens, vétérinaires, docteurs, réparateurs…) etc., est beaucoup plus difficile et souvent moins prioritaire loin des villes et des régions urbaines.

Puisqu'il est question de vivre, et non de survivre, le facteur de prospérité et d'entraide doit être respecté et venir participer a notre stratégie de structuration et d'idéal de vie.