dimanche 3 février 2013

Les enfants et l'urgence.


Ouragan Sandy - New York

"L'angoisse de l'étranger", élément typique de notre séquence développementale, est une forme de détresse que les enfants peuvent éprouver lorsqu'ils sont exposés à des personnes inconnues.

Cette angoisse, plus ou moins ressentie selon l'enfant et son univers personnel, peut s'exprimer de plusieurs manières, comme quand par exemple l'enfant se cache derrière un parent, devient soudainement silencieux et/ou "timide", se met à pleurer, ou encore proteste verbalement la nouvelle rencontre.


Une multitude de stratégies peuvent être entreprise par les parents pour aider leurs enfants à gérer cette angoisse…

Une de ces stratégies, est tout simplement d'encourager les parents à se détendre lorsque la famille se retrouve dans un environnement ou la présence d'inconnus est inévitable, car les enfants sont largement susceptibles d'être influencés par le comportement et l'attitude de leurs parents. Le parent dégage de la sérénité et de la confiance? L’enfant tendra vers la quiétude et la confiance, lui aussi.


Une situation d'urgence, quelle que soit sa cause, sa nature ou sa durée, peut être définie comme étant l'effondrement de notre normalité, et donc la rupture plus ou moins intense et prolongée avec le familier, l'ordinaire, la routine, le prévisible…"le connu".

Sarajevo

L’urgence peut être un incendie à la maison, un accident de voiture, une émeute raciale et explosive comme celle de Los Angeles en 1992, un désastre naturel comme le tsunami au Japon, une attaque physique violente à la sortie d'un magasin ou dans un bus, un accident nucléaire localisé, la perte de l'emploi, une pénurie d'eau, de nourriture, ou encore une perte de la normalité peut-être plus systémique comme par exemple l'effondrement de l'économie en Argentine.

Tous ces événements, pourtant totalement différents, sont des effondrements de notre normalité, de notre familier, et nous nous retrouvons invariablement face à l'inconnu et sans les leviers de contrôle dont nous disposions auparavant. Nous sommes nus devant l’Incertain.


1- Le familier.

Tsunami - Japon

A en croire Freud, nous serions principalement motivés et construit pour éviter la douleur, et rechercher le plaisir.

Même si cette théorie peut être valable dans bien des cas, une autre force, une autre motivation, semble liée à notre univers: le familier.

Le familier est d'ailleurs perçu par certains psychologues comme la "matière" qui cristallise nos sociétés, car après tout, le familier exprime une certaine forme de confort, de contrôle et de sécurité…et ces trois éléments, rarement exprimés et conscientisés dans le monde de la préparation, sont en particulier important pour le bien être et l'épanouissement de nos enfants.

D’ailleurs, Naomi Klein dans “The Shock Doctrine”, démontre que les traumatismes causés par la disparition de repères sociaux fait perdre aux gens leurs balises, parfois jusqu’à ne plus être capable de discriminer l’acceptable de l’inacceptable.


Si la routine telle que nous la comprenons dans l'expression "métro - boulot - dodo" peut être source d'appauvrissement venant contrarier l'épanouissement de soi au travers d'accomplissements et de désirs variés, elle est souvent, que nous l'admettions ou non, source d'une certaine homéostasie 
(Initialement élaborée et définie par Claude Bernard, l'homéostasie (du grec homoios, « similaire » et histēmi, « immobile ») est la capacité que peut avoir un système  quelconque (Ouvert ou fermé) à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures. Selon Walter Bradford Cannon, « l’homéostasie est l’équilibre dynamique qui nous maintient en vie. » L'homéostasie est la maintenance de l'ensemble des paramètres physico-chimiques de l'organisme qui doivent rester relativement constants (glycémie, température, taux de sel dans le sang, etc.). D'ailleurs, la fixité du milieu intérieur est la condition d'une vie libre et indépendante : c'est-à-dire que nous ne devons pas trop nous préoccuper de l'environnement pour évoluer.).


D'une certaine manière, le survivalisme peut être compris comme la construction personnelle d'un familier, c'est à dire cette notion de fixité du milieu intérieur tournée vers la liberté et l'indépendance, tout en se donnant les moyens, au travers de stratégies diverses, de maintenir ce familier en dépit des contraintes qui lui sont extérieures.

Simplement, les situations d’urgences sont toujours moins catastrophiques quand on est en mesure d’y répondre et de s’y adapter, c’est à dire quand les évènements ne nous laissent pas impuissants. 



Supposons que les approvisionnements en eau de votre région sont coupés parce que l’usine de filtration connait une panne passagère. Loin de se faire du souci, de paniquer ou d'être a la merci d’une aide extérieur imprévisible, le survivaliste y verra une occasion de sortir ses « gadgets » du placard, en l’espèce son Big Berkey ou tout autre système de filtration et de purification d’eau. 

Il évitera non seulement des heures d’attentes et de transport du point d’approvisionnement d’eau potable vers chez lui, mais en plus, il sera capable de partager une eau propre et saine avec ses voisins qui, eux aussi, ont probablement des bébés ou de jeunes enfants dans le besoin. 

Citoyens faisant la queue devant un supermarché Japonais après le Tsunami.

Voilà un cas où le familier est affecté dans sa fixité, mais compensé par la fixité de la capacité d’anticipation et d’adaptation du survivaliste. 


2- L'inconnu.

Evacuation des enfants durant la deuxième guerre mondiale - Londres

L'urgence est, quoi qu'il arrive, synonyme de changement.

Ce changement, plus ou moins brutal, durable et dense selon la nature de l'événement, vient inévitablement bouleverser notre familier, et donc notre niveau de confort, de contrôle et de sécurité.

Si la perte du familier (confort / contrôle / sécurité) peut être difficile à gérer pour un adulte, cette perte peut être dévastatrice pour nos enfants…et générer une angoisse généralisée plus ou moins nocive.

En effet, l’adulte a un avantage énorme en cette matière: il a vécu, il en a vu d’autres. L’inconscient compare le présent avec les expériences vécues et retourne toujours la même réponse à un stimulus similaire. L’adulte demeure donc en territoire plus ou moins familier de par son expérience et son potentiel d’action et de projection.

Pour un jeune esprit en développement, toute perturbation prend une énorme ampleur par manque d’outils psychologiques mais aussi par manque de référents. Et pour cause! C’est un petit être avec peu de vécu qui a tout à apprendre de notre monde. Avec le temps, avec la répétition des expériences désagréables ou douloureuses, son esprit se forme et reconnaît un jour que telle expérience n’est pas agréable mais n’est pas pour autant catastrophique. Il apprend et son inconscient apprend lui aussi à dédramatiser. Mais ça, c’est bien plus tard, quand il a grandi. Dans l’intervalle, il peut être démuni face à presque chaque perturbation.

Ouragan Katrina - Nouvelle Orleans - Camp FEMA

Il est dès lors impératif de pouvoir, dans un premier temps, reconnaitre les signes de cette angoisse, pour être capable de s'engager, en tant qu'adulte responsable du bien être de nos enfants, à maintenir et restaurer leur familier, leur connu.


Quelques signes de stress chez les enfants en bas âge:

- Pleurs
- Maux d'estomac
- Pipi au lit
- Sucer le pouce
- Fluctuations de l'humeur

Âge moyen:
Nous allons retrouver les mêmes angoisses que les plus jeunes, plus:

- Agitation / nervosité / irritabilité 
- Colère
- Perte d'appétit
- Vomissement, nausée, maux de tête
- Cauchemars
- Onychophagie 

Adolescents:


Nous allons retrouver les mêmes angoisses que les plus jeunes, plus:

- Abus de drogues et d'alcool

(source: NYU Centre d'étude "Prendre soin des enfants après un traumatisme, un désastre ou la mort")


3- Fixité et stratégies.


Durant un effondrement de notre normalité, de notre familier, l'attitude générale des adultes alentours va, tout comme avec la séquence développementale de "l'angoisse de l'étranger" citée plus haut, largement influencer la qualité d'adaptation de nos enfants.

Simplement, et indépendamment de nos ressources, il devient primordial pour les parents de pouvoir projeter une attitude positive face à l'événement perturbateur, et une démonstration inébranlable de contrôle et de sécurité.  À cela doit s’ajouter une stabilité dans la présence des parents (en temps comme en qualité) ainsi que dans les routines, quitte à les adapter aux circonstances.



Beaucoup "d'anti-prévoyants" semblent prendre plaisir à dénoncer le caractère, selon eux consumériste et égoïste, du survivalisme.

Seulement, il faut bien se rendre à l'évidence que si nous décidons de positivement influencer notre attitude, notre niveau d'équanimité face à l'urgence pour potentiellement réduire l'angoisse familiale, et plus largement influencer les sphères claniques et locales, un moyen très efficace de le faire est de se donner les  capacités, matériels, physiques et psychologiques, de conserver une certaine normalité, là ou la normalité devient précaire.

Être accusé de "consumérisme primaire"  parce que nous incitons à la constitution de réserves de nourriture et de matériels de premiers soins, l’installation de systèmes de génération électrique autonomes, de systèmes efficaces de filtration, de purification, de transport et de stockage d’eau potable apparait donc ridicule et de mauvaise foi.

Il n'est pas ici question d'un consumérisme axé sur le superflu dernière mode pour s'acheter un rang social, une culture ou une conversation éblouissante, mais bien de l’expression réfléchie d’une volonté d’augmenter notre niveau d'indépendance face a un monde fragilisé par sa propre complexité, et pouvant, à tout moment, venir déstabiliser et/ou détruire notre homéostasie.


Effondrement de l'economie en Grèce.

Nous ne parlons pas ici de combler un manque existentiel quelconque au travers de signes ostentatoires purement superficiels, mais bien d'outils et de systèmes pouvant nous offrir plus d'indépendance afin de maintenir notre familier en dépit des contraintes extérieures…mais aussi et peut être surtout d'influencer la qualité de notre attitude.


Ne pas pouvoir nourrir nos enfants correctement, ne pas pouvoir les soigner, les protéger, les réchauffer, ou leur offrir la possibilité de boire de l'eau qui ne les rendra pas malades, est, en tant que parent, sans aucun doute démoralisant et décisif pour notre attitude générale. C’est ni plus ni moins qu’une source d’angoisse, une angoisse qui sera contagieuse.


Camp de réfugiés - Syrie

Ce sentiment d'impuissance durant un événement dramatique, qu'il soit personnel, local, régional, national ou global, peut être largement évité avec la simple mise en place d'un plan d'urgence, et d'une réserve personnelle et personnalisée de tout ce qui nous semble nécessaire au maintient physiologique et psychologique de notre famille et en particulier celui des enfants.


Voici une liste de fixité du familier pour nos enfants:

-jouets / jeux
-livres pour enfants
-crayons / papier
-matériel d'école (livres / cahiers / trousse…)
-ancre émotionnelle de sécurité (doudou)
-nourriture spécialisée
-lecteur DVD 
-lumière
-photos de famille
-animal domestique 
-musiques ou films/clips/émissions fétiches de l’enfant
-instruments de musique

Il faut bien mettre l’emphase sur des objets qui aideront l’enfant à extérioriser son angoisse ou son mal-être face à la situation. Pour de petits enfants, ça prendra la forme de figurines représentant chaque membre de la famille, et d’une poupée ou d’un toutou qui représente l’enfant lui-même. En le guidant à travers ses jeux, il pourra recréer sa vie actuelle avec des paramètres qu’il contrôle, ce qui favorise grandement l’acceptation et l’adaptation. 

Dans le cas d’enfants plus vieux, on pourra privilégier davantage la communication et l’expression écrite, via le dessin ou l’écriture. Ou la musique s’ils savent jouer d’un instrument ou s’ils sont en train de l’apprendre. L’important c’est de trouver un moyen qui permet à l’enfant de projeter son angoisse hors de lui, dans une situation où il peut la contempler, l’observer et la dépasser.



Les activités comme le jeu ou l'expression artistique sont d'excellents moyens d'extériorisation des angoisses de nos enfants mais ils ne représentent qu'une partie de l'équation.
L'autre partie, plus basique, biologique, voire même animale, est le besoin de contacts physiques. 

L'enfant a besoin de démonstrations d’affection de la part de ses parents, pas uniquement en mots mais en gestes. Oh bien sûr arrivé à l'adolescence ce besoin d'affection parentale change de forme, mais déjà l'enfant dispose d'autres moyens de se rassurer et de plus d'autonomie affective mais, malgré cette mutation des formes, le besoin demeure.


Finalement, une autre aide précieuse à l'adaptation et à l'apaisement du stress dû au changement, se trouve auprès de nos enfants eux-mêmes. Arrivés à un certain âge, ils sont désireux d'aider. Cette aide, pouvant être malhabile et inefficace chez les jeunes enfants et de plus en plus utile quand ils murissent,  leur permettent de faire face et de s’approprier la nouvelle normalité.


Des Ados nettoient les rues de New Jersey apres l'ouragan Sandy.

Si le triptyque [moyen d'expression – affection et contacts physique – contribution "utile"]  est réuni, toutes les conditions pour retrouver l'harmonie sont présentes et le reste ne dépendra que de la personnalité et des prédispositions naturelle de l'enfant à la résilience.


5- Le retour au familier.


Face à l'effondrement du familier, les particularités de nos réponses semblent intimement liées à la motivation, individuelle et/ou collective, de reconstruire du confort, du contrôle et de la sécurité, et ceci le plus rapidement possible.

Nous parlons alors de résilience et de notre capacité de venir nourrir une certaine force d'adaptation face à la nouvelle réalité ambiante, en mettant en œuvre une multitude de démarches, physiques et/ou psychologiques, familiales, locales, régionales ou nationales, visant à réduire la portée et la durée du changement et donc du stress.

Cette force d'adaptation, plus ou moins vive selon les facultés et les moyens de l'individu ou du groupe, est pour les victimes d'un effondrement principalement motivée par le retour au familier, car ce retour au familier va faciliter le rétablissement.


Des enfants retournent a l'école - Haiti

Durant une situation d'urgence, il est donc important pour nos enfants de rester le plus proche possible de leurs routines.

Ces routines peuvent être l'éducation, le jeu, les mêmes habitudes alimentaires, vestimentaire, affective, et bien sur les familiarités concernant le confort (lit - veilleuse la nuit- eau chaude, etc.), le contrôle et la sécurité.

Pour l'éducation, il est par exemple important de conserver cette routine car elle peut tenir une place prédominante selon l'âge de nos enfants, largement habitués à aller à l'école.

En Afrique on dit qu’il faut un village pour éduquer un enfant. Seulement, force est de constater que nos cultures Occidentales reflètent de moins en moins cette structure communautaire et cette mentalité. En revanche, Il est fort possible que durant une situation d’urgence et dans une stratégie de retranchement familial et clanique, nous ayons avec nous les grands-parents de nos enfants pour remplacer ce village, et peut être contribuer a la continuité de leur routine scolaire.



Les grands-parents ne sont pas les parents, mais ils peuvent être des phares dans la nuit pour nos enfants. Ils font partie de leur univers familier, moins présents que les parents, probablement moins présents que les amis des parents, mais plus solidement présents et pouvant revêtir un caractère sacré.

Les grands-parents sont comme des parents qui contraignent moins et qui « gâtent » plus. 

 De par leur nature, ils sont des facteurs de fixité primordiaux, d’excellents substituts quotidiens temporaires aux parents et un point d’ancrage qui suscite la confiance de nos enfants.

 D’ailleurs, durant presque toute l’histoire humaine, les grands-parents ont fait partie de la cellule familiale de base. Arrivés à leur « retraite », nos « vieux » cédaient leurs biens et leurs richesses à celui ou celle de leurs enfants qui les recueillait en échange du gîte et du couvert. Leur retraite consistait des lors à prendre soin des enfants pendant que les parents travaillaient. La séparation des grands-parents de la cellule familiale est un phénomène récent. Il ne faut pas l’oublier.



Une grand-maman, ça peut parler de Maman quand elle était petite, quand  elle aussi avait peur du tonnerre, et ce genre de conversations apaise les enfants, surtout quand ils savent bien que maintenant, Maman n’a plus peur du tonnerre.

Les grands-parents rappellent la routine mais la perturbent positivement, souvent de manière festive par des gâteries, des activités spéciales ou encore simplement plus de temps exclusivement consacré à interagir avec nos petits.

Nos « vieux » ont donc un rôle prédominant à jouer durant un effondrement de la normalité: non seulement parce qu’ils sont nos parents, mais aussi parce qu’ils sont les grands-parents de nos enfants et qu’ils vont contribuer à leur bien être.

En  intégrant les personnes âgées au maintient et à la reconstruction du familier, on leur fait aussi sentir que malgré les circonstances, malgré les perturbations qui peuvent aussi leur causer de l’angoisse, malgré l’incertitude, malgré leur âge et leurs capacités physiques diminuées (quoique…), ils sont importants parce qu’ils font partie intégrante de notre cellule familiale et parce qu’on a besoin d’eux, parce que leurs petits-enfants ont besoin d’eux. Leave no one behind.


"nos vieux" peuvent avoir une expérience de vie importante.

Le maintient de la routine des enfants, est l’élément clé de leur bonheur et de leur développement. Maintenant, quand les évènements viennent la menacer, la chose la plus importante à faire pour les parents, est de montrer, démontrer et prouver qu’ils sont capables de maintenir cette routine, quitte à l’adapter.

La routine comprend aussi l’humeur, la confiance en ses moyens, l’égalité de caractère, le statu quo ante dans nos interactions avec nos enfants. Bref, l’équanimité.


Et nous, comment peut-on maintenir notre équanimité malgré les circonstances et surtout les lourdes responsabilités d’être parents dans un monde ou il n’y a plus de chauffage, d’eau courante, d’électricité et de nourriture dans les magasins ? 


Ouragan Sandy - New York

C’est au travers de notre préparation que nous trouvons les éléments du maintien de notre stabilité. 

Notre préparation mentale comprend: projections et plans de contingences préparés d’avance, répartition préalables des responsabilités et des rôles, redondance des responsabilités par l’implication des grands-parents et des autres membres du Clan, maîtrise des situations par la prévoyance, la pratique ou la très grande familiarisation.

Notre préparation matérielle est tout aussi importante : réserves d’eau, d’aliments, d’outils, d’énergie; lieux de vie alternatifs, refuges temporaires, véhicules fiables suffisamment et constamment pourvus en carburant...etc. Et même les cadeaux d’anniversaire et de Noël préparés longtemps a l’avance et offerts au plus fort de la crise contribueront à maintenir la routine si importante.

Des parents préparés sont des parents qui ont les moyens de faire face, qui sont en confiance, qui abordent les situations avec plus de sérénité et d’équanimité. Et ceci permet aux parents de maintenir leurs enfants le plus près possible du familier. Les enfants subissent moins de stress du fait des changements car les parents leur en communiquent moins, voire pas du tout. 



S’ils ont subi un traumatisme, ce cocon de familiarité, de stabilité, de confiance en l’avenir et d’amour, guérira nos enfants plus rapidement.

Vic Survivaliste / volwest





20 commentaires:

  1. :) Merci à Vol pour cette collaboration, on remet ça quand tu veux! :D

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  2. Une des raisons qui m'ont poussé à être plus prévoyante: c'est justement le fait d'être parent et donc d'avoir la responsabilité du bonheur de mes enfants.
    Du très bon boulot !!!
    Bravo à vous deux :)
    ps: ce matin en coupant l'eau pendant qu'il se lavait les mains mon enfant me dit "il ne faut pas gaspiller l'eau, si on n'a plus d'eau dans le robinet, et qu'il n'y en a plus dans les magasins: on est perdu" (avec le ton qu'ils prennent quand ils savent qu'ils disent quelque chose d'intelligent ;) )

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  3. Voila un sujet qui manquait, merci de l'avoir abordé.

    Quelques remarques.

    Le bébé va s'exprimer en pleurant. Un bébé ça a un sacré coffre et une sacrée endurance. Mais si le stress persiste, au bout d'un moment le bébé va abandonner les pleurs. Alors attention aux légendes de pépés qu'un bébé s'arrête de pleurer tout seul. Oui, parfois. Mais pas toujours. Un bébé c'est difficile, tous les parents vous le diront. Tant qu'ils ont pas les rudiments du langage c'est la check liste : sucette/doudou ok, couche ok, biberon ok, fatigue ok, fievre ok, etc ...

    Le coup du bébé qui a peur c'est aussi parfaitement normal. Pendant un moment ils n'ont peur de rien, et subitement ils ont peur de tout. Même d'amis avec qui on serait parfaitement amicaux et "familiers". Donc au cas où, si vous êtes jeune parent et que votre bébé se met subitement à avoir peur, ne culpabilisez pas c'est normal. Mais :
    - développez la situation. Si c'est amical, démontrez le ostensiblement. Si c'est formel, bébé reste à sa place. Si c'est inconnu, bébé reste derrière, papa devant, prêt à morde la jugulaire ;)
    - ne culpabilisez pas un enfant. Ne le brusquez pas. C'est un développement normal et ça doit prendre le temps que ça doit prendre. On n’apprivoise pas la peur en balançant des serpents venimeux à la tête des gens. Ben pour les enfants et l'inconnu c'est pareil.
    - normalement à cet age il n'y a rien que de l'amour et de la patience ne puisse faire. Et si vous avez l'impression d'échouer passez le relai.

    Ne pas pouvoir nourrir ses enfants n'est pas "démoralisant". Ne pas pouvoir nourrir ses enfants est absolument inacceptable. Humainement. Certains prévoient. Il y a énormément de jeunes parents qui s'inscrivent sur le forum (je dis ça parce que la rubrique présentation permet d'avoir quelques infos succinctes).
    D'autres ne prévoient pas. Comment prévoir la violence de la réaction de ces personnes ? On a tous vu les gens qui se battent lors des distribution de nourriture. Des gens normaux qui étaient sans doute très gentils en temps normal. Mais en temps "anormal" y a plus de gentillesse, y a plus de bons voisinages.
    Mais finalement ... c'est logique. Naturel. On est programmé pour protéger notre clan coute que coute. Depuis une époque où la quotidien c'était pas les supermarchés, et où les clans d'à côté c'était pas la bande à jo le rigolo ...

    Quant au village pour éduquer, je suis assez d'accord. D'ailleurs y a plus de village, y a plus non plus d'éducation ...

    A+

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  4. Bonjour à tous,

    Je suis très sensible à la détresse des enfants, même quand ceux ci ont des parents.Peut être mon passé d'ancien responsable louveteaux aux Éclaireurs de France .En fait le village c'est nous .
    Bravo à Volvest et Vic ,le thème et bien bordé .

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  5. De l'intelligence...
    j'aimerai que tous ceux qui voit les survivalistes comme étant des parano-égoistes-armés puissent lire cet article .

    " moyen d'expression – affection et contacts physique – contribution "utile" "

    ca devrait etre la regle générale même hors crise.

    merci pour ce travail

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  6. salut Volwest,
    C'était un point souvent peu débattu et je me sens d'autant plus concerné que je suis depuis quelques mois chef de famille.
    Merci pour le boulot et pour eux.
    A+

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  7. Merci à tout les deux pour cet article très intéressant.
    Mais attention avec tout ça nous sommes un groupe à suivre "avec constance" par la DCRI : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/02/04/97001-20130204FILWWW00581-radicalisation-les-entreprises-surveillees.php

    C'est vrai qu'avoir des conserves de l'eau et des pansements chez soi c'est vraiment subversif...

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    1. bonjour
      Je pense qu'une surveillance est toujours en place face a des groupes ou mouvements nouveaux . "La confiance n'exclue pas le controle" me disait un agent de sécurité.....moi meme je fais plus attention a un inconnu .
      les questions qu'il faut se poser:
      -pourquoi l'etat communique sur les groupes surveillés puisque c'est contre-productif?
      -pourquoi le survivalisme est "dans la ligne de mire"?
      bonne chance pour ces réponses elles peuvent etre tellement diverses....cela dit le survivalisme ou VW ne demande pas de depasser les cadres légaux du pays ou on se trouve donc ou est le problème?
      ca leur passera...

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  8. Article au combien intéressant, comme à l'habitude. Merci encore pour ces éclairages très pertinents.

    Pour apporter un mince complément d'un point de vue premiers secours des enfants :

    - les enfants ont une forte capacité à compenser des atteintes (hémorragies par exemple) mais leur condition s’effondre tout aussi vite (parfois en quelques instants), il faut donc réagir rapidement - un détour par la case formation premiers secours n'est pas idiot même si cela ne fait pas tout, il vous aidera à réagir avec maitrise et contribuera à rassurer l'enfant.

    - un des grands principes reçu lors de plusieurs formations : un enfant qui à l'air malade...EST malade. Il convient donc d'être encore plus vigilant et à l'affut de ce qui se passe.

    Prenez soin.

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  9. Bonjour Vol West!

    Merci pour l'article, qui peut sembler "évident" mais dont la lecture ne fait pas de mal!

    J'ai quelques question:

    1) Faut-il dire le vérité aux enfants? Pour ma part je dirais oui. Par exemple (on est loin de la survie mais on peut extrapoler): nous avions un chien que nos deux filles (4 ans et demi et deux ans) ont toujours connu, un berger allemand qui était une brave bête et un véritable membre de la famille aux yeux des enfants (et un peu aussi aux nôtres!!). Un jour le chien a mangé du poison dans un élevage voisin et il est mort en une heure de temps. Il a fallut annoncer la nouvelle: j'ai dis clairement "notre chien est mort". La grande a tout de suite comprit, elle a fondu en larmes; mais au moins la situation était claire, pas de faux-semblants ou de mensonges. Pour elle mon annonce me semble pertinente en y re-réfléchissant. Par contre la plus petite a fait un zona sans doute en réaction au choc; peut-être aurait-il, du fait de son âge plus jeune, y aller plus doucement; mais d'un autre côté je ne veut pas que mes enfants soient dans l'incertitude.

    Supposons une très grave rupture de la normalité avec guerre civile, problème de famine, etc.: faut-il dire aux enfants que l'on risque d'avoir très faim et que des gens méchants risquent de vouloir notre mort, donc qu'il faut se tenir sur ses gardes (ce que j'aurais tendance à faire)? Ou le présenter différemment pour éviter d'aggraver la rupture de normalité par une annonce trop "rude"?

    2) Ne serait-il pas positif d'éviter trop de confort pour les enfants, afin qu'en cas de rupture de la normalité ils soient moins choqués? Bon bien entendu c'est facile à dire, et j'avoue que mes filles ont des tas de jouets et ont la vie plutôt facile avec nous! Mais par exemple j'ai toujours refusé la veilleuse: en cas de coupure d'électricité (ce qui nous est déjà arrivé pendant une semaine), je n'ose pas imaginer la galère des parents qui ont pris cette habitude! De la même manière, nous limitons très fortement la télé (également pour des raisons plus philosophiques): en cas d'absence d'électricité, l'absence d'écran ne devrait pas trop les perturber (quand je vois la télé allumée H24 dans certaines maisons, je me dis que ça leur fera tout drôle le jour ou il n'y aura plus ce bruit de fond! Perte de la normalité amplifiée!).

    Qu'en penses-tu? Je ne dis pas non plus de vivre à la spartiate, hein ;-)

    3) en cas de grave rupture de la normalité, ou les gens s'entretuent pour survivre (comme dans le témoignage sur ton blog du type qui a vécu ça), peut-on vraiment compter sur un Clan hors famille? J'aurais tendance à en douter (si tenté qu'on puisse trouver des gens avec un esprit clanique de nos jours!).

    Merci!

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    1. bonjour,
      mes reponses a tes questions n'auront pas la meme pertinences que celles de VW mais apres tout un échange reste un échange:

      - concernant le fait de dire ou non la vérité:
      pour ma part je parle de tout a mon fils (9 ans) et ce depuis toujours: le pb de l'animal de compagnie mort j'y est aussi eu droit: je lui avait déjà parlé de la mort en général(il avait 4 ans au décés du chien) il était évidement triste mais a 4 ans il a sorti "on y peut rien, c'est la vie, on a de la chance de l'avoir connu" c'est a dire un résumé de ce que je lui avait dit par "touche" auparavant.Ainsi je pense qu'avant que le problème arrive il vaut mieux en parler avec l'enfant avant qu'il ne soit dans la souffrance et donc moins réceptif."poser des jalons"

      concernant le survivalisme a proprement parlé je lui en ai déjà parlé sans utiliser le terme : il regarde les infos et les images de camps de réfugiés m'ont servi de support, d'ailleur ca permet d'humaniser ces hommes ,femmes et enfants d'expliquer qu'un jour suite a une crise on peut etre amené a connaitre le meme sort. idem avec Sandy sur new york avec les coupure de jus , d eau , idem avec nos camps honteux pour les Roms etc....la réaction des gens aussi . Ce qui marche avec mon gosse c'est qu'apres visionnage je lui pose une question ouverte (t'en pense quoi? tu ferais quoi a leur place?...)et qu'apres j'utilise comme support ce qu'il m'a dit et je lui balance 2 ou 3 notions principales (pas plus apres il est moins attentif...)
      - concernant le confort:
      tu vas te faire retirer tes gosses toi!!!!! :)
      plus sérieusement je vais commencer cette année a dormir avec lui sous la tente avec le minimum syndical de confort, une nuit pour commencer puis bouger sur un weekend.histoire de l'habituer et meme essayer de rendre ca marrant (si vous avez des ideés pour n'hésitez pas!!!°
      Au risque de me mettre des parents a dos (et la je pense que c'est a moi qu'on va retirer le gosse!) je pense, mais ca n'engage que moi (je prends d'enorme pincettes!!...), qu'il faut apprendre l'utilisation des outils type couteaux, machette ou hachette tôt.lors d'un élaguage j'ai pris mon fils et ma nièce (7 et demi et 12 ans a ce moment là) je leur ai montré les outils, j'ai pris une branche et je les ai prévenu: en montrant la branche je leur ai dit sur un ton TRES clair : "ca c'est ta main !" et aprés j'ai coupé violement. suite a ca donner les consignes de sécurité a était un plaisir et évidement je n'ai eu aucun problème d'autant que j'ai expliqué l'enorme responsabilité qu'ils avaient et la confiance que j'avais en eux pour faire ca a leurs ages. bien sur les deux étaient disciplinés et désireux de bosser pour aider. au bout de 1.30/2 h je les ai arreté: inutile de risquer l'accident a cause de muscles fatigués. demain s'ils doivent couper du bois pour se chauffer je pense qu'au moins il y a moins de chance qu'ils se blessent ou blessent quelqu'un d'autre.
      j'ai fait la meme chose avec marteau, scie, tournevis. meme si ce n'est pas un exploit mon fils sait faire des pâtes et d'autre trucs basique de cuisine parceque je l'ai stimulé dans ce sens.
      En résumé parceque la je me suis un peu laché sur la longueur du message , si tu cherches a les préparer au pire , apprends leur des gestes qui leurs apporte de l'autonomie et qui peuvent leurs servir. a noter par exemple que la croix rouge accepte pour les stages de premiers secours les enfants a partir de 10 ans. Je crois mais a verifier que des enfants de 12 ans sont accepté dans les clubs de tirs. voila, encore désolé de la longueur de ce message. a+

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  10. C'est tjs un plaisir de lire des choses sensées, intelligentes et qui reflètent le bon sens. Merci pour les posts (sans fautes ni d'orthographe, ni de syntaxe : ze bonheur !) et les commentaires.
    Isabelle
    P.S. : comme pour tout et partout, il existe qd même des survivalistes un peu extrêmes, voire extrémistes. Mais bon ...

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