jeudi 13 décembre 2012

Interview France-Amérique





Amaury Brelet
11 décembre 2012

Figure francophone du survivalisme installée aux Etats-Unis, Vol West considère sa démarche comme une "philosophie de vie, une intention d'indépendance et d'autonomie à l'échelle individuelle", loin des théories apocalyptiques en vogue. Entretien.
Sa découverte de l’Amérique fut une révélation. En 1992, Vol West a 20 ans quand il parcourt pour la première fois ce "pays de liberté et de sauvagerie". A Los Angeles, ce natif de Vitry-sur-Seine près de Paris, multiplie les petits boulots et devient charpentier. 
Pour fuir la mégalopole californienne et "se distancer de la société, du système, de la machine", il s’installe avec sa famille dans l’Etat rural du Montana, au nord-ouest des Etats-Unis. Le Français de 40 ans y mène depuis une vie simple au milieu de la nature. Sur son blog à succès, Vol West partage son expérience personnelle et pragmatique du survivalisme. Sa devise ? "Si la vie était un jeu, la seule règle serait de survivre." Il se confie à quelques jours de "la fin du monde" annoncée pour le 21 décembre 2012.



France-Amérique : quelle est votre définition du survivalisme et vous considérez-vous comme un survivaliste atypique ?
Vol West : Pour beaucoup, le survivalisme est encore l'anticipation souvent mélodramatique et plus ou moins théâtrale d'une catastrophe globale menaçant brutalement la pérennité de notre espèce : "la fin du monde". 
La démarche du survivaliste n'est pas pour moi de se prémunir d'une possible catastrophe biblique, d'anticiper un effondrement global, ou de se préparer a un événement spécifique et calculé comme une guerre nucléaire ou une pandémie, mais bien de privilégier, au travers d'une certaine prise de conscience et de philosophie de vie, une intention d'indépendance et d'autonomie à l'échelle individuelle, familiale et clanique. 
Cette indépendance, plus ou moins développée et entretenue selon les situations familiales, budgétaires et environnementales, permet certes de faire face à des événements plus ou moins dramatiques comme par exemple la perte de l'emploi, un accident de la route, un incendie au domicile, une catastrophe naturelle et ses séquelles sur l'infrastructure comme l'ouragan Sandy, mais aussi et surtout de pouvoir influencer, d'une manière durable et cohérente, notre environnement immédiat par la mise en place d'un jardin potager par exemple, d'une méthode de récupération des eaux de pluie, ou encore la production de notre propre énergie. 
Simplement, c'est prendre en main notre propre bien-être et augmenter notre qualité de vie. En ce sens, je suis sans aucun doute un survivaliste atypique !

Comment s'est faite votre prise de conscience ?
Lentement. 
J'ai toujours été attiré par cette notion d'indépendance et de "self-sufficiency", mais ce n'est qu'en vivant à Los Angeles pendant plus de 16 ans que je me suis réellement rendu compte d'un déséquilibre omniprésent et grandissant au sein de nos structures sociales, notamment au niveau de la nourriture. L'évolution de nos méthodes de production allant toujours plus vers ce "cash-crop" fondamentalement problématique pour l'environnement et nos générations futures, j'ai commencé à étudier certaines solutions plus stables et surtout pérennes comme par exemple la permaculture. 
Mais l'intention d'indépendance nutritive nous confronte aussi à la dépendance d'une multitude de sous-systèmes comme l'arrosage par exemple, ou encore la préservation de nos aliments. 
En plus de la question nutritive, il m'a fallu réaliser, peut-être plus globalement, que notre univers est devenu extrêmement complexe, et de cette complexité germe une fragilité difficilement négociable pour une famille totalement dépendante de nos systèmes de support comme l'électricité, la distribution (nourriture, eau, gaz naturel, essence etc.), le système bancaire, la protection civile, les soins… Cette dépendance peut être dramatique à l'échelle familiale, comme nous avons pu le constater durant les ouragans Katrina et Sandy.

Que pensez-vous du traitement par les médias des survivalistes, souvent décrits comme des illuminés surarmés, enterrés dans leur abri en attendant la fin du monde ?
Je pense qu'il est tout à fait logique pour les médias de faire la caricature du survivalisme, surtout à quelques jours du 21 décembre. Après tout, la médiatisation est de plus en plus une histoire de divertissement, et dans ce contexte, l'image "traditionnelle" d'un survivaliste ultra armé et prêt a survivre à l'apocalypse dans son bunker apparaît en premier plan. 
Maintenant, le survivalisme a largement évolué depuis les sentiments exaltés de la Guerre froide. C'est cette évolution qui me paraît intéressante, car le survivalisme offre avant tout des méthodes simples et pragmatiques pour améliorer notre quotidien, catastrophe ou pas.

Quels sont les principaux mythes et clichés sur les survivalistes que vous dénoncez ?
Sans aucun doute l'anticipation d'une quelconque "fin du monde". 
Il est vrai que certaines démarches ne peuvent être dissociées d'une croyance imperturbable dans l'apocalypse, mais la plupart des survivalistes aujourd'hui sont par exemple ces jeunes gens en Grèce qui retournent à la terre de leurs ancêtres pour la cultiver et peut-être minimiser l'impact de la problématique économique de leur pays. Ce sont ces mères de familles, qui s'intéressent à la production et la préservation de la nourriture, pour pouvoir offrir une certaine stabilité nutritionnelle à leur famille tout en faisant des économies. 
Ce sont ces millions de gens dans le monde qui s'aperçoivent plus ou moins soudainement que leur propre bien être leur appartient.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de paranoïa ?
Nous avons des détecteurs de fumée à la maison pour nous alerter en cas d'incendie. Nous avons une roue de secours dans la voiture pour gérer une crevaison. Nous avons une assurance médicale, une assurance vie, pour nous aider en cas de problème de santé. Est-ce que ces démarches reflètent une certaine paranoïa ? 
Même si le survivalisme pourrait faire valoir une attitude anxiogène, voir paranoïaque, la plupart de nos gouvernements nous demandent aujourd'hui, à nous citoyens, d'avoir un minimum d'autonomie familiale en cas de coup dur. 
Ready.gov par exemple, est un excellent site gouvernemental américain qui propose une autonomie familiale sur le court terme pouvant être salutaire en cas d'effondrement de la normalité à l'échelle locale ou régionale. 
Le survivalisme devrait selon moi s'appuyer sur la raison et non la peur, sur la prévoyance et non la paranoïa.

Vous défendez une vision très pragmatique du survivalisme…
Dans un premier temps, il est important de réaliser que le survivalisme, tel que je le comprends, n'est pas lié a l'échec, c'est-à-dire à la rupture du système ou la catastrophe, mais bien à renforcer l'idée de résilience, d'autonomie et d'indépendance, que celle-ci soit individuelle, familiale, régionale, nationale et peut-être globale. 
C'est le fameux discours inaugural du 20 janvier 1961 prononcé par le président américain John F. Kennedy : "Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays."
Si nous avions tous un minimum d'autonomie à la maison, il me paraît évident que l'impact et les séquelles de la plupart des événements perturbateurs (inondations, tremblements de terre, accidents nucléaires, émeutes, tornades, tempêtes etc.) se trouveraient minimisés. Moins de gens dans le besoin, moins de gens déstabilisés, déracinés ou encore désespérés, influence directement le niveau de résilience et d'adaptabilité ambiant. 
Ensuite, et peut-être à plus long terme, le survivalisme apporte des solutions aux problématiques plus globales et systémiques comme l'appauvrissement des sols causé par la monoculture, ou encore le gaspillage permanent de ressources vitales comme l'eau. Non seulement nous nous donnons les moyens de gérer une problématique locale et de courte durée, mais nous nous donnons aussi les moyens d'influencer la qualité de vie de nos générations futures au travers de méthodes d'agriculture saines et cohérentes par exemple.

Le mouvement survivaliste est-il surtout un monde d'hommes ?
Si nous continuons de voir le survivalisme comme un univers purement masculin, c'est que la médiatisation du mouvement s'attache principalement aux aspects plus racoleurs et colorés comme l'utilisation des armes et la défense personnelle par exemple. Mais la réalité est toute autre. 
Le survivalisme est principalement une question d'autonomie et de durabilité. Dans ce contexte, les femmes sont bien plus liées à la démarche dans son ensemble, naturellement prédisposées, qu'on le veuille ou non, au bon fonctionnement et au maintien de la cellule familiale, et ceci d'une manière durable. Jardinage, fabrication, stockage, éducation, prévoyance sont des sphères largement visitées et entretenues par les femmes. Elles sont peut-être juste moins visibles et surtout moins bruyantes.

Vous citez la fable "La cigale et la fourmi" de Jean de La Fontaine pour montrer la différence entre ceux qui se préparent et les autres. Pourquoi considérez-vous la "non-préparation" comme anormale ?
Notre histoire et plus spécifiquement la survie de notre espèce est fondée sur la prévoyance et la préparation. 
Nous avons une multitude de strates génétiques et biologiques toutes fondamentalement ancrées dans des comportements facilitant notre survie. Notre monde moderne nous chuchote une manière de vivre où il serait possible de ne plus considérer cet héritage. Le chauffage central s'occupe de notre régulation thermique, nos supermarchés nous permettent de devenir végétariens, notre police nous affranchit de devoir défendre nos vies, et l'eau courante et l'électricité nous permettent de ne plus considérer nos besoins physiologiques les plus basiques. Seulement, et à l'inverse de notre héritage biologique, toutes ces structures modernes sont extrêmement fragiles et volatiles. Il me paraît donc anormal de négliger notre héritage biologique et de devenir totalement dépendant de notre modernité, si douillette soit-elle.

Etes-vous opposé à la modernité ?
Il n'est pas ici question d'une décroissance anti-technologique, mais bien d'une prise de conscience pouvant réduire notre niveau de dépendance, tout en utilisant intelligemment les atouts de notre monde moderne, par exemple les technologies liées aux énergies renouvelables, comme le solaire. 
En plus de cette dépendance physique, nous pouvons remarquer que les générations, pleinement influencées par le surplus technologique ambiant, semblent exhiber certaines frustrations et une apathie généralisée de plus en plus palpable. Par exemple, il n'est pas rare d'entendre les enfants dire que les poissons sont carrés (en référence aux produits surgelés), ou encore voir nos adolescents "vivre" sur Internet. 
C'est peut-être dans ces moments qu'il nous faut réaliser qu'une certaine déconnexion du "naturel" est largement en marche, et que ses conséquences et ses ramifications nous sont encore plus ou moins cachées.

Quel impact votre premier voyage aux Etats-Unis a-t-il eu dans votre vie ?
Enorme. Simplement, ça a changé ma vie.

Pourquoi avoir choisi de vous installer dans l'Etat sauvage du Montana, après 16 ans passés à Los Angeles ?
Los Angeles est une ville formidable à bien des niveaux mais c'est aussi un environnement pouvant être difficile à négocier sur certains points. Pour nous, Los Angeles n'a jamais été une destination finale, dans le sens où nous n'y avons jamais trouvé une véritable qualité de durabilité. 
Alors nous avons longuement étudié certaines régions moins denses et peut être plus "humaines" comme par exemple l'Arizona, le Nouveau-Mexique, le Canada ou encore le Vermont, la Pennsylvanie et le Connecticut. Au final, nous avons préféré le Montana. 
Notre liste de "must have" était plutôt courte : densité de population réduite, possibilité d'acquérir de la terre à un prix raisonnable, lois et législations favorables au deuxième amendement, ville à échelle humaine, environnement favorable à l'éducation d'un enfant. Tous ces paramètres ont compté dans notre décision.

Pourquoi avoir décidé de créer un blog et quels sont vos projets personnels ?
La décision de créer un blog est venue après avoir observé un décalage assez prononcé entre l'évolution du mouvement survivaliste aux Etats-Unis et la perception de ce mouvement dans la plupart des pays francophones. Simplement, il me semblait important de témoigner par écrit d'une démarche personnelle et familiale beaucoup plus sensible, et peut-être holistique, quant à l'intention d'indépendance. 
Ce qu'il y a d'intéressant avec le survivalisme "moderne", c'est qu'il regroupe une multitude de pensées et d'orientations parfois diamétralement opposées. Nous y retrouvons plusieurs nuances comme par exemple les mouvements de retour à la terre ou de décroissance, mais aussi des attitudes pouvant être beaucoup plus résolues comme la défense personnelle et le "don't tread on me". Le mariage de toutes ces sous-mouvances est d'ailleurs passionnant. Et puisque je suis d'une double culture, franco-américaine, le blog me permet d'élargir certaines notions. 
Pour ce qui est des projets personnels, je viens de finir un livre co-écrit avec un ami suisse (Piero San Giorgio, ndlr) intitulé Rues Barbares - Comment survivre en ville. Ce livre est important pour nous, parce qu'il s'attarde pragmatiquement sur la survie et la préparation en milieu urbain. 
D'autres projets d'écriture devraient venir compléter le blog dans les années à venir.

Les armes sont largement ancrées dans la culture américaine. Vous êtes vous-même chasseur et en possédez plusieurs. La défense personnelle est un aspect important du survivalisme. Comprenez-vous les critiques des Français sur le sujet ?
La défense personnelle, et plus largement la protection personnelle, sont en effet des sphères importantes et sérieuses, mais pas plus importantes que l'eau, la nourriture, les connaissances, l'énergie ou le lien social. Tout est lié. 
Les critiques ou les objections sur la défense personnelle viennent souvent d'individus n'ayant jamais approché la question autrement qu'intellectuellement et théoriquement. Il est vrai que l'arme est largement ancrée dans la culture américaine, mais il serait naïf et faux de croire qu'elle ne l'est pas dans la culture française. 
Comme aux Etats-Unis, nous avons une véritable culture de la chasse en France, et donc une culture de l'arme, surtout dans les campagnes. 
Ce que je comprends surtout, c'est qu'il y a un manque chronique d'informations sensées, raisonnables et intelligentes par rapport à la défense personnelle en France. Les gens sont prêts à défendre leur vie et la vie de leurs proches avec des battes de baseball ou des arbalètes, mais la simple idée de se servir d'une arme à feu révolte certains.

Vous vous définissez comme libertarien. Comment expliquez-vous votre méfiance du "Big Government", quand la très grande majorité des Français restent attachés à l'Etat-Providence ?
Mes opinions politiques n'ont que très peu d'influence sur ma démarche, et le blog est d'ailleurs construit sur une ligne apolitique. 
En tant que libertarien, je tends à aborder les problèmes d'une manière à trouver des solutions offrant le plus de liberté individuelle possible. Il n'est aucunement question de nourrir une méfiance envers nos gouvernements, mais bien de réaliser ses limites, son opulence et sa raison d'être principale, qui est de préserver, d'appliquer et de défendre la Constitution. 
Je ne sais pas si les Français sont fondamentalement attachés à cette notion d'Etat-Providence, je pense que la majorité se rend compte du débordement et de l'ampleur de la machine étatique française. Mais s'il est extrêmement facile de grossir, il est très difficile et complexe de maigrir !

Vous citez sur votre blog Nietzsche, Sun Tzu, Saint-Exupéry et d'autres. Quelles sont vos influences culturelles et philosophiques ?
Nietzsche et Saint-Exupéry auront toujours une place fondatrice dans ma bibliothèque, mais je pourrais facilement rajouter Rousseau, Thoreau, Kant, Jung, Pessoa ou encore Krishnamurti et Gurdjieff. 
Pour le cinéma, je peux aussi bien m'épanouir en regardant un quelconque film d'Eric Rohmer qu'un film de science-fiction au budget limité. Mais mon film préféré est et restera My dinner with André de Louis Malle (1981).

Le survivaliste, qui lutte par définition pour sa survie, peut-il faire partie d'un réseau ou d'une communauté ?
Les gens qui sont poussés à la lutte et à la survie sont ceux qui n'ont plus d'options, et le survivalisme permet justement de ne pas être dans la nécessité de devoir lutter ou survivre. 
Cette démarche permet donc au survivaliste de se donner les moyens d'agir dans une situation d'urgence par exemple, et de venir apporter de la résilience et de l'aide à l'échelle de sa communauté. Dans ce sens, nous avons par exemple créé un réseau social sur Facebook que nous appelons le RSF (Réseau Survivaliste Francophone), pour justement promouvoir l'échange, la rencontre, la communication et l'entraide.

Les catastrophes récentes comme la tempête Katrina en 2005 ont-elles crédibilisé le mouvement survivaliste ?
Je ne sais pas si ces événements dramatiques ont crédibilisé le mouvement, mais ils ont certainement contribué à la réalisation collective que nos infrastructures et nos gouvernements ne sont pas immunisés d'une quelconque rupture et dysfonction. 
Logiquement, cette réalisation de fragilité devrait se matérialiser à l'échelle familiale pour peut-être créer de l'indépendance et de l'autonomie. C'est mon souhait en tout cas.

Quels sont, selon vous, les 5 piliers du survivant ?
D'une manière générale, ils sont le reflet du premier étage de la pyramide de Maslow, c'est-à-dire la totalité de nos besoins physiologiques que nous pouvons résumer à l'eau, la nourriture, l'énergie (régulation thermique), l'hygiène et les soins, et la protection personnelle. 
A une échelle plus matérialiste, je pense qu'il est intéressant de découvrir ce que les réfugiés du monde - les vrais survivalistes - utilisent et reçoivent pour le maintien de la vie. 
Dans ce contexte, les 5 piliers du survivant sont : une couverture en laine ; une marmite ; un récipient capable de transporter l'eau, souvent un jerrican ; un "truc qui coupe", souvent une machette ; et une bâche imperméable pour la construction d'un abri.

Quels sont les événements dont vous redoutez la survenue dans les années à venir ?
Les événements que je redoute sont les plus probables : accident de la route, incendie, perte d'emploi, perte d'un proche, interruption de la distribution causée par une tempête de neige...
Mais c'est vrai que la santé de notre monde, tant d'un point de vue écologique (nourriture douteuse, destruction des sols, déforestation…), énergétique (pétrole bon marché...), géopolitique ou encore économique (crise globale ?), pourrait nous plonger dans des situations bien plus étendues, intenses et systémiques comme nous l'avons vu avec l'effondrement économique de l'Argentine, ou encore la situation en Grèce et plus largement et peut-être plus sournoisement en Europe et aux Etats-Unis.

Vous sentez-vous suffisamment prêt pour affronter le futur ?
Je ne sais pas si je suis prêt à affronter certaines situations. Matériellement et logistiquement parlant, je pense que nous sommes prêts à largement atténuer les séquelles de certaines situations à l'échelle familiale et locale. Mais il reste la sphère psychologique et humaine, qui ne peut être totalement calculée ou anticipée, comme dans les cas de la population de Sarajevo durant la guerre de Yougoslavie, ou plus récemment des victimes du tsunami au Japon. 
Au final, l'événement catastrophe n'est pas le moteur de notre démarche. Par défaut, l'indépendance et l'autonomie sont des axes de vie qui créent de la résilience durant les moments difficiles, mais ce sont un certain équilibre et une qualité de vie qui nous animent.

Merci a Mr. Brelet pour ses questions, son intégrité  et son professionnalisme.




Autonomie énergétique - le gaz










lundi 10 décembre 2012

EDC - Fred Bouammache




Fred Bouammache, co-auteur avec Guillaume Morel du livre PROTEGOR, et tout comme moi faisant partit de la famille de Blogspot, nous déballe sont EDC Urbain…



Alors voici sous forme de 5 éléments succincts & pragmatiques l' E.D.C qui est le mien, donc utilisé en majeure partie en contexte urbain :

Un contenant, qui soit un sac fiable, modulaire, pratique, robuste et suffisamment étanche pour résister aux intempéries ponctuelles.

Le format classique sac à dos à double brettelles est appréciable et ô combien pratique, mais les mono bretelles comportent des avantages indéniables en milieux confinés, au contact d'une foule dense, et dans certains cadres d'interventions pour les professionnels.

Le secret de l' E.D.C est de savoir le compartimenter de façon astucieuse, sans avoir à rechercher laborieusement à l'intérieur le matériel dont nous avons rapidement besoin. Chaque chose doit être à sa place, et en terme d'accessibilité, l'exercice de visualiser les yeux fermer les différents emplacements dédiés aux différents matériels & équipement ne me semble pas fantaisiste.

En cas d'urgence, chaque seconde gagnée est précieuse !



Les 5 orientations possibles de l'ED.C. urbain :



1) Un mini kit de secours, médical : De quoi soigner les petits maux les plus fréquents et handicapant lorsque l'on a besoin d'être au top et constamment vigilant.

Comprimés orodispersibles pour lutter contre les maux de tête, douleurs, états fébriles, nausées, anti-diarréhique, traitements médicaux prescrits par son médecin traitant etc...
Huiles essentielles de Tea-Tree (certifiée AB & Ecocert).
De quoi faire face à des blessures, coupures, brulures, contusions, hématomes : compresses (suffisamment larges), pansements de divers formats étanches, bande auto adhésive de strapping, lingettes désinfectantes, Cicatryl (pommade contre les brûlures et les plaies), Bétadine en mini-dose, un outil coupant pour accéder à une blessure et couper des vêtements en sécurité, une pince à épiler, une épingle à nourrice, une pince anti-tiques, un bandana ou un large carré en coton propre, du baume du tigre et des gants en latex.

De l'huile essentielle Hélichryse italienne (certifiée AB & Ecocert) et une pierre d'alun, utilisée comme déodorant et pour stopper les petites coupures superficielles, ainsi que du sérum physiologique.


2) Un module "ration énergétique, hydratation & réconfort", destinée à éviter les coups de pompes durant une journée particulièrement chargée, et à accompagner les éventuels "sauts" de repas... 

Bouteille d'eau, barres diététiques, chocolatées, pattes de fruit, fruits secs, autant de possibilité que d'envies !
Un supplément "occupation du temps libre" : de quoi lire & écrire, se changer les idées, se détendre et patienter plusieurs heures dans des zones d'attente, des difficultés de circulation (transport en commun, trains, avion, voiture).


3) Un module défense, sécurité personnelle : des objets usuels pouvant être prépositionnés de façon pragmatique sur soi ou dans son sac (veiller à l'accessibilité !), tels que stylos-kobutan, pics à cheveux, aérosol de défense, etc... 

Tout objet est susceptibles de devenir une arme entre des mains bien entrainées, n'hésitez pas à vous entrainer avec des parapluies, bouteilles en plastiques, journaux roulés, etc...et à bien assimiler les spécificités de la légitime défense (article 122-5 du code de procédure pénale), dans l'hexagone ;-)

Un second téléphone mobile, une liste manuscrite des numéros "utiles", un peu de monnaie...



Pour les professionnels de l'intervention, une arme de poing de type compact (en complément de celle portée sur soi), quelques chargeurs en conséquence, un baton téléscopique, des entraves de type Serflex, une lampe tactique fiable, résistante aux chocs et éblouissante de type Surefire, un petit couteau à lame fixe de cou de type griffe ou shark Fred Perrin, une lame pliante Spyderco ou Cold Steel en poche, et un aérosol de type gel…


4) Un module "dépannage-bricolage, orientation" comprenant de la paracorde en quantité suffisante (10m), un multi tool Leatheman, un couteau suisse en complément (le tire bouchon en plus ;-), de la bande adhésive ultra résistante de type "GorillaTape", une boussole et des Cyalums sticks pour éclairer et signaler sa position.



5) Un module "vêture & équipement pragmatique" : un assortiment de bonnets ou une casquettes type baseball, une paire de gants Camelbak (souples, fins, et résistants), une paire de chaussettes, un chèche ou un bandana, une paire de lunettes de soleil, un appareil photo, une micro light. 

Ensuite, tout dépend de la contenance de votre sac et du contexte !


Ces 5 modules doivent trouver une place impérativement définitive dans le sac, de manière à pouvoir trouver rapidement ce que l'on cherche, parfois d'une main, parfois dans l'obscurité la plus totale, parfois sous la pluie ou dans une promiscuité inconfortable...

L'idée maîtresse étant aussi d'avoir sur soi en permanence, ses documents essentiels, pansements et désinfectants, un moyen de paiement, un moyen de communication, un moyen de défense...

Fred




jeudi 6 décembre 2012

Sandy et les 5 cavaliers de l'orage




Pour beaucoup, le survivalisme est encore l'anticipation souvent grotesque, mélodramatique et plus ou moins théâtrale d'une catastrophe globale menaçant brutalement la pérennité de notre espèce: "la fin du monde". 
Un terrain fertile, immuable et dépositaire de comportements gouvernés par la paranoïa, la peur, la bunkarisation, la conspiration, la paramilitarisation, l'extrémisme…

Le survivaliste est alors perçu comme ne pouvant être autre chose qu'un dangereux terroriste sur-armé, égoïste, débile, et calfeutré dans son bunker qu'il aura surnommé "Armageddon" (Armageddon - de l'hébreux signifiant « colline de Megiddo », un petit mont en Galilée dans la région nord de l'état d'Israel, et terme biblique mentionné dans le Nouveau Testament - Bref, lieu symbolique du combat final entre le bien et le mal).

Quand bien même nous nous essoufflerions a parler de sujets aussi variés que la mise en place d'une autonomie alimentaire intelligente et adaptée, l'inhérente fragilité de nos infrastructures ou encore la promesse de solidarité et de résilience pouvant germer de la responsabilisation citoyenne durant une situation d'urgence…quand bien même nous aurions l'audace de mentionner les problématiques liées aux folies de notre course mensongère et arrogante a l'exploitation toujours plus suicidaire qu'est cette idée de croissance continue, il ne resterait que l'avant propos d'une terrifiante apocalypse Hollywoodienne et les armes…toujours les armes.



L'ouragan Sandy, qui s'est récemment abattu sur la cote Est du continent Nord Américain, mais aussi sur des pays comme Cuba et d'autres communautés déjà victimes de tensions plus ou moins dramatiques, est le parfait exemple d'un événement a la fois personnel, local, régional et national qui, qu'on le veuille ou non, qu'on l'accepte ou non, a confronté des gens comme vous et moi a la fragilité criante de nos complexités structurelles.



Pas de "fin du monde" ici, pas d'extrémisme religieux, politique ou philosophique, pas de paranoïa, ou de conspirations...simplement des individus, des familles et plus largement des communautés, touchées par la perte plus ou moins totale et continue de certains systèmes de support comme l'électricité, la communication, les secours, mais aussi la distribution de l'essence, du gaz naturel, des produits de consommation, de l'eau courante et de la nourriture.



Ce que beaucoup ne veulent pas retenir du survivalisme, c'est que cette attitude, propose avant tout des solutions intelligentes, adaptées et réfléchies pour développer, nourrir et maintenir une certaine stabilité avant, pendant et après un événement comme Sandy.
Pour ces raisons, bon nombre de gouvernements au monde demandent aujourd'hui a leurs citoyens de mettre en place un minimum de préparations et de résilience a l'échelle familiale, dans l'éventualité ou une urgence quelconque viendrait menacer le bien être et le bon fonctionnement d'un foyer, d'un quartier, d'une région ou de la nation toute entière.



Accident chimique a Bhopal en 1984, effondrement de l'URSS dans les années 1990, siège de 1992 a 1996 a Sarajevo, crise économique de 1998 a 2002 en Argentine, Katrina en 2005 aux US, Tsunami de 2011 dans le nord du Japon, crise économique de la Grèce et aujourd'hui l'ouragan Sandy, sont des situations réelles et parfois dramatiques pour les populations locales, malheureusement trop souvent dépendantes du bon fonctionnement des infrastructures et des systèmes de support.



En réalité, la plupart des survivalistes ne sont pas ces "fêlés de la gâchette", stoïquement assis sur des tonnes de riz et de munitions a attendre la fin du monde dans un trou, ils sont, comme a New-York durant Sandy, ces citoyens qui partagent leurs réserves avec leurs voisins, ils sont ces individus, ces couples, ces familles, qui, au travers de leurs préparations, de leurs démarchent d'autonomie et d'indépendance, créent de la stabilité a l'échelle d'un quartier.

Durant un désastre, ils sont capables de sauver des vies, d'épauler les services d'urgence et de porter secours quand les équipes spécialisée n'y parviennent pas…
Ils fournissent et distribuent de la nourriture, de l'eau, des médicaments, des outils, et peuvent aussi assurer et organiser la sécurité du quartier, et tendre au bien être physique et psychologique de la communauté touchée par une situation d'urgence, quelle qu'elle soit.



Mettre en place un minimum d'autonomie, un minimum de prévoyance et de résilience…en somme, se donner les moyens de pouvoir agir, et non subir face a l'urgence, influence l'impact de l'événement sur la fabrique même de nos organisations sociales.

Les séquelles inhérentes aux situations d'urgence: perte de l'électricité, perte ou contamination de l'eau courante, perte du chauffage, de la distribution de la nourriture, du système bancaire, du gaz naturel, des transports, des services de soins et d'urgence, de la protection civile, des égouts, des routes…sont alors atténuées d'une manière a renforcer l'esprit de cohésion et d'entraide a l'échelle humaine.



1- Le juste a temps.


[Avant l'arrivée de l'ouragan, Marie, jeune Française en vacance a New York, a confiée a Europe1 avoir été "impressionnée" par la foule se pressant dans les supermarchés et les rayons dévalisés: "Quand mes amis m'ont dit d'aller faire des provisions, je me suis dit "ils sont un peu paranoïaques". En fait c'est surprenant de voir que tout le monde fait la queue. On a l'impression que c'est un état de guerre."]


Bien avant l'arrivée de Sandy sur New-York, bien avant les inondations et les pertes structurelles, la première tension perçue par la population, le premier "cavalier de l'orage", a été la liquidation plus ou moins totale et expéditive des denrées les plus utiles et vitales a l'échelle des magasins et des supermarchés: eau, nourriture, piles, lampes torches, médicaments, alimentation pour animaux domestiques, couches pour bébés, générateurs, essence etc.



Le fait est que nos organisations sont construites sur l'Hôtel du "juste-a-temps", un système de flux tendu, qui repose principalement sur une alimentation au quotidien de nos magasins locaux, nos grandes surfaces, nos hôpitaux, nos stations essences, par les routes et les voies ferrées, mais aussi par bateau, et aujourd'hui plus que jamais par avion pour certains secteurs sensibles comme l'hospitalier.
Ce système de gestion, est donc totalement dépendant du bon fonctionnement des routes, des voies ferrées, des aéroports…mais dépend aussi d'un équilibre subtile et foncièrement fragile, entre l'offre (le stocke), et la demande (le besoin).

- Si la demande excède les possibilités d'offre, et ceci rapidement, il y a un déséquilibre.
- Si les moyens de transports sont menacés ou coupés (pétrole bon marché, destruction de l'infrastructure routière etc.), empêchant ou ralentissant la distribution et le ravitaillement, il y a un déséquilibre.




Pourquoi les supermarchés sont-ils systématiquement dévalisés durant une situation d'urgence ?

Parce que la plupart des familles modernes fonctionnent elles aussi en "juste-a-temps"…parce que stocker de la nourriture, des médicaments, de l'eau, des fonds d'urgence, de l'essence, des bougies, des piles et du matériel pouvant servir et sauver des vies durant un événement quelconque, est semble-t-il une pratique strictement farfelue et sous entendue réservée aux professionnels de l'urgence…et même si nos gouvernements stockent des armes, de l'essence, des outils, de la nourriture, des médicaments et du matériel, nous, les survivalistes, sommes constamment rappelés a l'ordre au travers d'une logique paternaliste totalement déplacée !

Il est intéressant de noter ici que le terme "stockage" est souvent perçu négativement par la volonté collective, notamment au travers des médias, comme si cette pratique, pourtant ancestrale, naturelle et logique, était fondamentalement a l'encontre d'un comportement social sain, équilibré…mais aussi et peut être surtout a l'encontre d'un comportement "altruiste".

Queue pour un supermarché avant Sandy.


"L'état de guerre", dont fait référence "Marie" un peu plus haut en parlant des supermarchés, n'est en fait que la conséquence d'une gestion maladroite et "juste-a-temps" de nos ressources, et ceci a l'échelle familiale.
Cet "état de guerre", n'existerait pas, ou serait largement diminué, si tout le monde avait ne serait-ce que 10 jours d'autonomie en ressources vitales a la maison (eau, nourriture, énergie, hygiène et soins..).

La simple mise en place de stockes d'urgence adaptés aux besoins de la famille, contribuerait déjà a la désescalade d'une multitude de problématiques liées au manque et a la situation d'urgence non maîtrisée…comme par exemple la possibilité d'être soumis a des actions et des situations pouvant être chaotiques, dangereuses, perturbatrices et même tragiques (la situation des réfugiés au Superdome de la Nouvelle Orléans durant Katrina par exemple, ou encore la hausse dramatique du taux de suicide après l'événement Japonais de 2011 et la crise économique en Grèce).

Katrina et les réfugiés du Superdome 

Si la vulnérabilité de dépendre de nos systèmes "juste-a-temps" pour nos besoins vitaux est évidente en amont d'une situation d'urgence, c'est a dire quand tout va bien, elle est catégorique quand tout va mal.



Simplement, les réalités d'un événement sur une population dépendante peuvent être dramatiques, et dans cette optique, se préparer a gérer une urgence par la mise en place d'une indépendance et d'une autonomie intelligente, a l'échelle individuelle, familiale, locale et plus largement régionale et nationale, réduit l'intensité du dit événement...de son impact et de ses séquelles sur l'infrastructure et la population.

Sans stockes d'urgence, la population est souvent forcée de trouver a manger ou elle peut (New-York City).

Il est vrai que l'état devrait pouvoir venir en aide a ses citoyens et par exemple être capable de distribuer de l'eau, de la nourriture…d'administrer des soins, de réparer, de nettoyer, de sauver, de réconforter, de rétablir, de veiller, de maintenir…
Cependant, ces gestes ne sont possible que si l'état est prêt a faire tout cela, c'est a dire qu'il a prévu l'immensité logistique au travers de stockes considérables, de main d'oeuvre et d'outils spécialisés, mais aussi si l'environnement touché par l'urgence permet son déploiement.



Même si un effort considérable a été entreprit par le personnel disponible au sol (pompiers, policiers, ambulanciers, équipe de secours, militaires, agences gouvernementales etc…), durant un événement comme Sandy, la lourde machine étatique est toujours plus ou moins, et selon les zones, dans un état d'échec logistique non négligeable…
Manque de ressources, manque de préparations, manque de matériels, manque d'effectifs, et puis, dans certains quartiers, les conditions n'ont tout simplement pas permis les équipes de secours d'atteindre les victimes.

"Juste-a-temps", est parfois "juste-trop-tard".



2- L'électricité.


["Ici tout va mal. Les voitures flottent a la surface, la ville est plongée dans le noir…Les précautions sont basiques, personne ne prend soin des gens, les autorités sont débordées, il y a de l'eau Partout !!!"
Kevin Picard, étudiant en langue - Manhattan - Publié sur le site du Nouvel Observateur et de TF1.]


La perte de l'électricité est une constante de l'événement dramatique, et notre deuxième cavalier de l'orage. 

Pour Sandy, c'est plus de huit millions de foyers qui se sont retrouvés sans électricité…avec des secteurs encore dans le noir aujourd'hui après plus de 4 semaines.
C'est potentiellement, selon vos structures, vos organisations et vos habitudes, 4 semaines sans frigidaire, sans éclairage, sans radio, sans télévision, sans ordinateur, sans système d'alarme, sans cafetière, sans plaques électriques, sans machine a laver, sans lave vaisselle, sans chauffage, sans ascenseur, sans téléphone…sans eau courante.

Rien de dramatique pour des familles normalement constituées et prêtent a revivre le 18eme siècle avec humour, détachement et patience…mais imaginez les personnes âgées ou a mobilité réduite, les personnes fragiles ou habitants dans des appartements au sixième étage d'un immeuble moderne chauffé a l'électricité. Imaginez les familles nombreuses avec des enfants en bas âges…les personnes malades, seules…et toutes celles qui sont totalement dépendantes du bon fonctionnement de la machine pour vivre.

[ Le risque d'incendie augmente dramatiquement durant une situation ou le réseau électrique ne fonctionne plus. Lampes a pétrole, bougies, cheminées, réchauds…l'utilisation soudaine, non maîtrisée et importante de ces outils devrait être conscientisé, surtout en ville ou la densité de population et l'agencement des domiciles augmente le risque de propagation.
Prévoyez aussi les habitudes et les moyens de pouvoir prévenir et gérer l'incendie par vous même: formation chez les pompiers, extincteurs d'incendies, détecteurs de fumée et de CO2 a pile, sable, couvertures, prudence etc…] 



Le réseau électrique est souvent la première victime d'un événement naturel comme Sandy: neige, froid, chaleur, glace, vent, inondations, incendies…ce système de support est non seulement vulnérable et fragile, mais aussi extrêmement important pour le bon fonctionnement d'une multitude de secteurs plus ou moins vitaux et piliers a nos sociétés.

Pompes a essence, hôpitaux, éclairage des rues, transportation, réfrigération, système bancaire, internet, communication, pompage et distribution du réseau d'approvisionnement en eau potable…sont autant de systèmes de support intimement liés au bon fonctionnement du réseau électrique, et ceci est encore plus vrai en ville, ou la dépendance est souvent plus palpable.
Si être dans le noir pendant 24 heures n'est pas dramatique en soit, ne pas avoir d'eau courante ni de chauffage dans un environnement dégradé et potentiellement hostile (climatologiquement parlant) pendant 24 jours peut être une problématique conséquente et insurmontable.

Pour simplifier, trois solutions s'offrent alors a nous:

- Partir: c'est a dire évacuer.
- "Souffrir": c'est a dire s'adapter.
- Produire: c'est a dire compenser.


a) Partir.


Si l'évacuation est incontournable pour certaines familles (perte totale du domicile / situation trop difficile ou dangereuse, ordre d'évacuation de la part des autorités etc.), quitter un environnement a haut risque, pour rejoindre un environnement sauf, peut être délicat voir impossible a réaliser durant ou après une situation d'urgence, surtout si nous n'avons pas prévu cette éventualité en amont.

Les rues de certains quartiers de New York après Sandy, devraient nous permettre de mieux cerner les problématiques liées a la logistique de l'évacuation. 
Parfois, il est tout simplement impossible de sortir la voiture du garage !
Parfois, il n'y a plus de route !
Parfois, les transports en communs ne fonctionnent plus.
Souvent...il n'y a pas assez d'essence dans la voiture, ni a la station, qui dépend de l'électricité pour pomper le carburant, mais aussi d'une chaine de ravitaillement complexe, souvent inopérante et invariablement rationnée.



Sandy a fait plus de 121 morts aux états unis, et plus de 7000 personnes se sont retrouvées dans des abris d'urgence, c'est a dire forcées d'évacuer leurs domiciles sans aucunes préparation ou planification, et dans l'incapacité de suffisamment s'éloigner des zones touchées.
13 000 vols commerciaux ont aussi été annulés, laissant bon nombre de passagers dans l'incapacité de rejoindre leurs familles, d'aller a l'hôtel, ou encore d'acheter de la nourriture et de l'eau (pas d'électricité, pas de carte bleue !).


Si un ordre d'évacuation est donné par les forces de l'ordre, prenez vos animaux domestiques !
Beaucoup ont laissés leurs animaux chez eux…et ces animaux doivent maintenant être sauvés par des équipes déjà surtaxées.



Prévoyez l'évacuation en amont de l'urgence, bien avant d'être confronté aux problématiques de cette démarche. Ne laissez pas votre réservoir d'essence vide, pensez a mettre en place une petite réserve de carburant, prévoyez un sac d'évacuation, une liste de contact en dehors de votre région, des points de chute, et discutez d'un plan d'évacuation rationnel avec votre famille.

Ces simples étapes, plus largement explorées sur ce blog, peuvent faire la différence.



b) Souffrir.


Il est tout a fait possible de souffrir….pardon, de vivre sans électricité.
En fait, plus de 1,5 milliards d'individus vivent aujourd'hui sans, et puisque nous sommes dans les chiffres, 1 personne sur 4 vit comme nous vivions il y a 6000 ans.
Il est bon de relativiser…mais ça n'élimine pas les contraintes logistiques, physiques et psychologiques de vivre sans électricité pendant une durée indéterminée, et de brutalement s'adapter a cette nouvelle vie.

La plus grosse problématique immédiate et vitale rencontrée par les habitants de New-York a ici été la perte de l'eau courante (et donc potable)…eau courante souvent dépendante du réseau électrique pour sa distribution, avec l'exception de quelques systèmes a gravité, encore que la aussi l'électricité contrôle la plupart de ces moyens de distribution.


Beaucoup se sont alors rué sur les bouteilles d'eau dans les magasins…pour s'apercevoir, si celles-ci étaient encore disponibles, que dans une situation d'urgence, l'eau est rare, encombrante, lourde, et que nous en consommons énormément !
Au passage, la FEMA, l'agence fédérale qui s'occupe de répondre aux urgences comme Sandy, n'a pas prévue assez de stockes d'eau pour la population touchée, et la distribution a été partielle, voir inexistante dans certaines zones.


Comme quoi, nous ne pouvons pas toujours compter sur un autre pour notre propre bien être.


Une autre problématique pour beaucoup d'habitants: la dépendance a l'électricité pour la préparation des repas.

Nous sommes nombreux aujourd'hui a apprécier nos plaques électriques ultra modernes, mais dans une situation ou le réseau électrique est en situation d'échec et condamné, nous nous retrouvons très vite dans l'incapacité de préparer nos repas, de faire bouillir de l'eau pour la rendre potable ou encore de préparer les biberons du bébé.

New-York

A la problématique de l'eau et de la cuisson, vient s'ajouter le problème de la régulation thermique.
Tout comme avec les cuisinières a gaz et les cheminées, le milieu urbain moderne s'est rapidement désolidarisé avec l'idée de chauffer des quartiers entiers au gaz naturel, au mazout ou a d'autres ressources plus "volatiles, dangereuses et polluantes".
Les villes comme New-York, ont alors adoptées la solution de l'électricité pour le chauffage, et dans la plupart des cas centralisées le tout a l'échelle des immeubles (pas de jaloux - tout le monde a 20C !).

La perte de l'électricité veut souvent dire la perte du chauffage central. Pas un gros problème si l'urgence est au mois de Juillet, mais si elle survient en plein mois de Février, avec des températures pouvant être négatives, la régulation thermique peut vite devenir dramatique.

Citoyens délivrants des couvertures aux victimes après Sandy.


Ce que nous pouvons retenir, c'est que les conséquences de cette dépendance a l'électricité ont grandement variées d'une situation a l'autre…certains habitants n'ont pas souffert, d'autres ont tout perdu.

Quel que soit le cas, un stocke de 10 jours d'eau potable a la maison, une méthode de filtration et de purification de l'eau, une source de chaleur indépendante du réseau électrique comme un réchaud de camping pour pouvoir préparer les repas et faire bouillir de l'eau, des bougies, des lampes torche, des piles et quelques sacs de couchages, bâches, couvertures et autres outils, font la différence entre subir tant bien que mal, et s'adapter.

Dans le meilleur des cas, c'est a dire si votre structure est intacte et que vous n'avez pas perdu l'accès a l'eau potable, a la lumière et a la chaleur, ces ressources personnelles peuvent être données ou prêtées a nos proches et nos voisins dans le besoin.



c) Produire.


Pour bon nombre d'habitants touchés par la perte de l'électricité, le premier "reflex" a été de vouloir produire, par eux même…c'est a dire compenser le manque par la mise en place d'une certaine "autonomie".

Presque immédiatement après la perte de l'électricité, des vagues entières de gens se sont précipités sur les magasins spécialisés pour acheter un générateur (rappelons que plus de 8 millions de foyers ont été touchés par l'effondrement du réseau électrique). 
Seulement, les magasins étant en "juste-a-temps", les générateurs sont vite devenus le nouveau Graal de l'urgence.
En plus de sa rareté, et même si il existe des générateurs fonctionnant au gaz naturel par exemple, cet outil fonctionne a l'essence.

Comme nous l'avons vu plus haut, l'essence est dépendante de la distribution (bateaux, tuyaux, pompes, camions etc), mais aussi de l'électricité, tout simplement pour pouvoir l'amener des réservoirs souterrains jusqu'aux pompes. Aussi, l'essence étant très vite devenue rare et précieuse, le gouvernement a immédiatement rationné sa distribution a 18L (5 gallons) par personne et par station dans les zones les plus touchées (New-York City - New Jersey - Queens - Connecticut…).
Le gouvernement a aussi réquisitionné plusieurs stations essence pour le ravitaillement de ses propres voitures, camions et autres équipements comme ses générateurs, interdisant l'accès aux "civiles".

[A savoir que le gouvernement a temporairement placé des petits générateurs (Honda EU3000) dans les rues de New-York pour rétablir l'éclairage (pour influencer le moral ambiant et le taux de criminalité), mais ces petits générateurs se sont vite volatilisés.
Plus tard, ils ont remplacé ces petits générateurs par des systèmes beaucoup plus imposants, physiquement gardés, et donc difficiles a voler.]




Un générateur de 7000 watt, capable d'alimenter une maison moyenne (le chauffage avec), peut consommer 40L par jours (et faire beaucoup de bruit).

Pour faire simple, cette mathématique de la compensation est très vite devenue une problématique sans fin d'approvisionnement en essence, et non une promesse "d'autonomie"…remplacer un système  fragile et dépendant (le réseau électrique), par un système tout aussi dépendant (le générateur), est une solution qu'il faut peser.
L'adoption systématique du générateur par les habitants de New-York, et la convergence quotidienne d'une population de plus en plus fatiguée et énervée aux stations essence, a invariablement aboutie sur des tensions, puis des bagarres de plus en plus fréquentes…pour 18L d'essence.



Beaucoup ont siphonné leurs voitures pour alimenter leurs générateurs…certains ont siphonné celles de leurs voisins (crime très répandu durant Sandy !).
Au passage, pensez a intégrer une petite pompe manuelle a siphonner dans vos préparations (pas pour les voitures des voisins).



L'idée de pouvoir produire sa propre électricité est cependant intéressante, mais encore une fois cette démarche d'indépendance devrait nous orienter vers des systèmes pouvant réellement nous apporter de l'autonomie, et si possible d'une manière a promouvoir la discrétion auditive.

Cependant, certains ont été capables d'utiliser leurs générateurs intelligemment.
Les petits systèmes de 2000 watts ont été largement plus efficaces et "durables" que leurs grands frères plus imposants, dans le sens ou leurs propriétaires ne brulaient que 7L par jours pour alimenter des systèmes ciblés comme les frigos, ou encore des petits centres spontanés de rechargements pour les téléphones portables.



Cette production adaptée et ciblée est pertinente.
Elle peut réduire l'impact du stress logistique de ne plus avoir d'électricité, pour alimenter une pièce clé  du domicile comme le frigidaire par exemple (pour la conservation de certains médicaments, comme l'insuline pour les diabétiques...).
Mais la production d'électricité a l'échelle familiale peut aussi réduire l'impact psychologique de la situation ambiante sur un membre de la famille, comme un enfant qui a peur du noir et plus largement du 18eme siècle, en permettant une certaine routine ou distraction (faire fonctionner un lecteur de DVD ou un Ipod, maintenir l'éclairage d'une pièce etc), ou encore porter assistance a la communauté en lui permettant de recharger les portables pour faciliter la communication.




"L'autonomie" électrique, même si non-durable, peut être un atout physique et psychologique important dans notre stratégie de résilience…et comme il est souvent le cas, le plus de solutions s'offrent a nous, ou plutôt, le plus de solutions nous nous offrons, et le plus nous sommes capables de nous adapter a la situation, et positivement influencer notre environnement.
Panneaux solaires, générateurs et stockes énergétiques en tout genre (piles, batteries, essence, gaz naturel et combustible…), sont autant de moyens de pouvoir contribuer a la résilience et la reconstruction de notre environnement immédiat.

Rien est parfait, mais tout peut servir.


Au final, directement ou indirectement, c'est surtout l'essence qui a fait la preuve du plus grand intérêt de la part de la population new-yorkaise, mais aussi des agences gouvernementales et fédérales. 
1 gallon d'essence, c'est a dire 3.7L, a, a un moment, atteint sur ebay et d'autres sites d'annonces de particulier a particulier comme "Craig's List", la somme exorbitante de 40$ !



Comme quoi, le pétrole bon marché est notre grand gourou a tous. 



3- Les systèmes de santé.


Les 200 patients du centre médicale de l'université de New-York (Langone) ont été sous ordre d'évacuation le 29 octobre, c'est a dire a peine 24 heures après l'arrivée de Sandy !
L'hôpital de Bellevue, 500 patients quand même, l'hôpital de Conney Island, et le centre médical de Palisades, sont tous des hôpitaux piliers des communautés locales, qui ont été partiellement ou totalement évacués.

La cause principale de ces évacuations a été la perte immédiate de l'électricité, et l'impossibilité physique (inondation) ou logistique (manque d'essence), de faire fonctionner les générateurs de ces hôpitaux.
Si l'apport en électricité n'est que très rarement vitale a l'échelle individuelle, elle est primordiale au bon fonctionnement des hôpitaux et au bien être des patients les plus dépendants.

Ajoutons a ces problématiques de taille le manque d'effectif du a l'absentéisme du personnel, et une hausse instantanée de la demande d'aide (blessés, personnes âgées et seules, réfugiés etc), et nous retombons sur une constante de l'urgence, qui est la difficulté systématique de nos services de santés de pouvoir fonctionner plus ou moins normalement malgré l'adversité.



La bonne nouvelle, est que l'évacuation des patients s'est déroulée sans aucune perte humaine a ma connaissance…ce qui n'a pas été le cas durant la fermeture des hôpitaux sur la Nouvelle Orleans durant Katrina.


Les équipes d'urgences comme les ambulances, les pompiers ou les équipes de secours plus spécialisées, ont elles aussi eu du mal a fonctionner durant l'événement: routes impraticables, perte des systèmes de communication, environnement dangereux, météo trop difficile pour les équipes héliportées…ce qu'il faut intégrer, c'est que dans une situation d'urgence, nous pouvons rapidement perdre l'accès aux soins professionnels et aux secours.


Si avoir une urgence médicale quand tout va bien est déjà source de stress et d'angoisse, ne plus avoir la possibilité d'appeler au secours (plus de téléphone) ou de ce rendre rapidement a l'hôpital (plus de routes), est inévitablement dramatique.

Prévoir cette situation est avant tout une question de minimiser le risque de blessure et de fatalité.
Se retrancher, être prudent et rester dans un environnement protecteur est primordial. Eviter le risque est une stratégie de survie intelligente, et cette stratégie devrait être notre première ligne de conduite durant une situation d'urgence.


Sur les 53 victimes a New-York, plus de la moitié sont mortes écrasées par des arbres ou des branches.


La mise en place de systèmes dédiés a l'urgence médicale a l'échelle citoyenne: trousse de premiers soins, médicaments…mais aussi stages de secourisme et matériel de secours (cordes, treuils, gants, casques, tronçonneuses, gilets réfléchissants, lampes frontales, lampes torches puissantes, haches, pieds de biche, masses, pelles etc.), est une démarche incontournable pour le samaritain que nous sommes, et il n'est pas rare que celui-ci se retrouve a travailler main dans la main avec les équipes de secours locales, souvent stressées et en manque d'effectif.



Aussi, ne pas avoir a demander de l'aide, ne pas avoir a être secouru, libère et optimise un système d'urgence systématiquement débordé par la situation.



4- La communication.


["Nous avons suivi les consignes de sécurité préconisant de faire des provisions, notamment le fait d'avoir "suffisamment d'eau potable pour plusieurs jours". Olivia Jan, qui vit a Hoboken dans le New Jersey, confiait a TF1: "nous avons rempli tous les récipients disponibles afin de stocker de l'eau pour les usages divers. Nous sommes dans une ambiance d'attente, nous savons que cette nuit va être difficile…beaucoup de gens ont renforcé leurs fenêtres avec du gros scotch pour prévenir les éclats de verre comme cela a été recommandé."]


Une autre constante de l'urgence, et de l'inhérente fragilité de nos systèmes de support, est la perte plus ou moins totale de nos systèmes de communication.

Durant une situation d'urgence, les téléphones portable deviennent rapidement inutiles, et même avec un générateur, la plupart des new-yorkais n'ont plus eu accès au câble et a internet (la mort quoi).
Le plus gros problème ici est la surcharge des utilisateurs sur le réseau téléphonique, et encore et toujours la perte de l'électricité. 



Pour les portables, le plus gros problème est que tout le monde veut appeler papa et maman en même temps…et bien sur envoyer des photos de l'arbre sur sa maison !
"Texting" a continué de plus ou moins bien fonctionner…donc si vous devez contacter une personne, et que votre message est urgent, passez au "SMS" directement. Vous ne participerez pas pleinement a la surcharge du réseau, et vous aurez une chance de faire passer le message que "tout va bien", ou "RDV au Point de chute Alpha".

Personnellement, nous avons un vieux téléphone fixe traditionnel qui ne dépend pas d'un réseau cellulaire, et qui n'a pas besoin d'une prise de courant pour fonctionner. 


Ces vieux téléphones sont souvent bon marché (les cigales n'en veulent pas), et durant Sandy ils ont continué de fonctionner la ou les portables n'étaient qu'une énorme source de frustration.


Les téléphones fixes et les cabines téléphoniques ont été la seule méthode de communication stable pour la plupart des New-Yorkais. 


Pas de câble, pas d'internet, et pas de portable…ça veut dire qu'on revient a la radio.

Une radio FM/AM a dynamo/pile, c'est a dire indépendante de la santé du réseau électrique, est une nécessitée pour continuer de s'informer en temps réel sur la situation: ordres d'évacuation, progrès et état des lieux, informations locales, localisation des centres de distribution et d'aide, liste des hôpitaux en état de recevoir les patients etc...mais aussi pour pouvoir se divertir (l'ennui peut être extrêmement difficile a gérer pour nos cultures ultra "branchées" et habituées a la télévision et internet - prévoyez des jeux par exemple, et incluez vos voisins en échangeants vos jeux de société et vos livres sur la survie !).

En plus d'une radio, posséder des moyens de communications portatifs et indépendants comme une CB ou des PMR peut être extrêmement utile durant les phases d'interruptions, de reconstructions ou d'interventions.

Durant une situation d'urgence, pouvoir s'informer et rester en contact direct avec sa famille n'a pas de prix.



5- Le crime.


["Depuis que Sandy a mitraillé la péninsule de Queens (banlieue) et a déchirée les infrastructures, c'est devenu un lieu de non-droit ou la police est encore plus rare que l'électricité et la nourriture."
"NY Daily News"]


Si la plupart de la population touchée par Sandy s'est consacrée a l'entraide et la solidarité…s'est contentée de faire la queue devant les camions de ravitaillement, et de volontairement participer a la reconstruction et au nettoyage des zones dévastées, les cambriolages a main armée, les pillages, les vols et les confrontations physiques ont été, tout comme durant Katrina (Vols, Viols, Violences), omniprésentes sur la ville de New-York et ses banlieues.

Durant une situation d'urgence comme Sandy, la montée de la criminalité est, qu'on le veuille ou non, une dimension qu'il nous faut prévoir et assumer.



Non pas qu'il soit question pour le citoyen de directement passer en mode "justicier-shérif-adjoint-Norris", mais il me semble raisonnable et important d'envisager une protection personnelle intelligente et adaptée a la situation, en commençant par une mise en place passive et générale de notre univers immédiat, c'est a dire notre domicile et notre quartier.

Ne pas laisser les outils comme les générateurs en pleine vu (les générateurs ont été les outils les plus volés sur New-York - ils sont bruyants, et donc facilement repérables…), maintenir tant bien que mal l'intégrité de notre domicile (prévoir les outils et les matériaux pour colmater les fenêtres et les ouvertures…), communiquer et établir des liens a l'échelle du quartier (parler aux voisins, construire du lien et de l'entraide…), éviter les centres de distribution souvent chaotiques (lieux de confrontations, de tensions, de repérages…)…sont autant de démarches passives pouvant freiner, limiter et minimiser le risque de devenir une victime.


Les causes de cette hausse de la criminalité durant une situation d'urgence sont une convergence de plusieurs facteurs. Ces facteurs favorisent l'effondrement de la morale, de la justice et plus largement de l'ordre.

- Perte de l'électricité = plus de lumières, plus d'alarmes, plus de cameras de surveillance, et surtout plus de communication possible avec les forces de l'ordre…

- Perte de l'inhibition = soudainement, certains individus semblent comprendre l'urgence comme une opportunité de pouvoir voler, agresser et piller impunément.

- Perte totale ou partielle de l'ordre = durant Sandy, les forces de l'ordre ont été largement débordées, et souvent dans l'incapacité physique de pouvoir répondre aux appels (systèmes de communication, routes impraticables, voitures détruites, absentéisme, priorités etc…).



Qu'il s'agisse de l'effondrement de l'économie en Argentine, du tremblement de terre a Haiti, du siège de Sarajevo, ou de l'ouragan Sandy, le citoyen se retrouve souvent propulsé dans un univers ou il est forcé de s'intéresser a sa propre sécurité, mais aussi a celle de son entourage.

Dans ce contexte, bon nombre de citoyens responsables se sont armé et ont organisé la sécurité de leurs quartiers.
Ces armes, loin d'être la cause de la violence, ont été utilisées pour la défense de la vie et de la propriété dans les communautés frappées par la catastrophe. 



Simplement, quand la police ne peut pas intervenir, et quand la dépendance systémique a rendue la population locale désespérée pour certaines ressources vitales, il peut être nécessaire de se protéger des criminels et de la violence.



Epilogue.


La démarche du survivaliste n'est pas pour moi de se prémunir d'une possible catastrophe Biblique, d'anticiper un effondrement global, ou de se préparer a un événement spécifique et calculé…mais bien de privilégier, au travers d'une certaine prise de conscience et de philosophie de vie, une intention d'indépendance et d'autonomie a l'échelle individuelle, familiale et clanique.

Cette indépendance, plus ou moins développée et entretenue selon les situations familiales, budgétaires et environnementales, permet de faire face a la majeur partit des urgences et de leurs séquelles, puisque celles-ci expriment plus ou moins toujours les mêmes constantes de l'effondrement de la normalité: les cavaliers de l'orage.


Il peut être extrêmement difficile pour un Occidental aujourd'hui de comprendre, ne serait-ce qu'intellectuellement, les réalités mêmes passagères d'un monde sans chauffage central, sans eau courante, sans électricité, sans essence, sans transports en commun, sans le tout a l'égouts, sans aide médicale extérieure, sans service d'ordre, sans supermarchés remplis a ras bord, sans distributeurs de billets automatiques…mais d'un autre coté, la plupart des situations d'urgence comme Sandy ne reflètent pas cette idée "survivaliste de l'extreme", pourtant souvent rencontrée et médiatisée, de s'enfermer dans un bunker ou d'aller se réfugier dans les bois avec son arme et son chien.

Au final, pas de fin du monde dans un trou a bouffer du lyophilisé, mais pas non plus d'idéale "bisounours" ou tout le monde s'entraide, s'aime, et ou il ne se passe jamais rien.