dimanche 25 novembre 2012

S'approprier l'utile




Si pour nos ancêtres l'outil était souvent de fabrication artisanale et d'une nature fondamentalement réparable et donc durable, aujourd'hui, la plupart de nos outils ont été aspirés par le concept du jetable et du "pas chère qui fait tout très mal". 



Non pas qu'il soit ici question de "bien" ou de "mal", car le jetable peut être extrêmement pertinent au sein de nos systèmes et de nos préparations: gants en Nitrile pour le soin, sacs poubelles pour l'hygiène, filtres a eau pour l'hydratation etc…mais cette relation "éphémère" a l'outil nous confronte a la perte plus ou moins regrettable d'une multitude de gestes et de disciplines.

Détruire et reconstruire, réparer et adapter, transformer et personnaliser…sont des gestes intimement liés a la compréhension de nos besoins, et a l'impact énergétique que peut avoir un outil dans des conditions d'utilisation plus ou moins bien appréciées par certains fabricants.

Pluies torrentielles au Portugal


Pas exemple, la plupart des firesteel sur le marché sont dotés d'un petit manche en plastique prônant la légèreté et la gain de place…mais cet outil, conçu a la base pour la fabrication d'un feu dans des conditions difficiles, comme par exemple un combustible humide, ne prend pas totalement en compte dans son design les problèmes associés a la perte de notre motricité fine.


Certains firesteel sont eux dotés de manches plus long et plus adaptés a l'utilisation de l'outil dans des situations dégradées, mais ces outils peuvent être deux fois plus chères.



Le fait est que bon nombre d'outils, soient disant adaptés a la survie, l'urgence et la résilience, ne proviennent que d'une étude partielle des problématiques pouvant être rencontrées sur le terrain ou durant des applications largement moins idéales que celles proposées par les tests effectués sur l'outil.

Ce décalage entre la nature même de l'outil, et les réalités de notre environnement, parfois brutales, devrait nous amener a comprendre qu'un outil, quel qu'il soit et quel que soit sa marque, peut certes avoir un potentiel d'action important, mais aussi une constitution totalement théorique et inadaptée a nos besoins.
C'est d'ailleurs pour cette raison que l'univers de "l'outil de survie" (durable, robuste, utilitaire, polyvalent etc.), découle souvent, qu'on le veuille ou non, sur les mêmes marques, matières, natures et objets ayants fait l'unanimité des utilisateurs dans le temps…

La marmite en fonte


Un outil fabriqué ou personnalisé est un outil compris…et il est des lors question de s'approprier l'utile pour le synchroniser a nos besoins personnels.

Fabriquer, transformer, adapter, personnaliser…sont aussi des démarches d'indépendance pouvant contribuer a la gestion intelligente de notre économie familiale et locale (économies, achats de matériel durable etc.), a l'accroissement de nos savoirs faire et de nos connaissances manuelles (utilisation d'outils spécialisés, connaissances manuelles etc.), et surtout a la construction d'une approche holistique de notre univers personnel, tant sur la sphère psychologique que physique, et reflétant une intention de durabilité, de résilience et d'autonomie.

Bref…utilisons nos mains, elles aussi ont une mémoire !













mercredi 21 novembre 2012

Rues Barbares - Extrait 2 -





Deuxième extrait de "Rues Barbares - Survivre en ville" !

"Rues Barbares" est en précommande jusqu'au 6 décembre 2012 pour 19,50E au lieu de 21E (frais de port offerts) sur www.scriptoblog.com si vous commandez jusqu'à cette date.


Un grand merci a Mohamed Ali pour la conceptualisation et la réalisation de la couverture du livre…mais aussi pour sa gentillesse et sa patience.





Rues Barbares - Extrait -


« Eh bien ! dansez maintenant. »
Voilà comment se termine la fable de la Cigale et la Fourmi.

Cette célèbre fable exprime de manière imagée toute la différence entre les gens qui se préparent et les autres.
Sans nous égarer dans le contexte culturel, politique et social de l'époque, il est pertinent de noter qu'à la lecture du récit, nous sommes invités à prendre parti soit pour la cigale, soit pour la fourmi. Certains ont un rapport au monde basé sur la prévoyance et trouveront la fourmi admirable. Ceux qui éprouvent de la sympathie pour la petite chanteuse sont sans doute plus souples, désinvoltes, laissant entrevoir un certain hédonisme dans leur manière de vivre.

Quel que soit notre penchant, il nous est rarement donné l’occasion d'aller au-delà de la caricature, et de voir l'organisation de la fourmi comme une démarche saine et adaptée aux cycles naturels de croissance et de récolte de la nourriture, puisque les villes où nous habitons les ignorent totalement ! Au final, nous sommes amenés à quelques conclusions sentimentales, et l’intransigeance moralisatrice de la fourmi donne à la cigale un certain charme bohême. Pourtant, il faut être très clair : à la fin, la cigale meurt !

On sent déjà poindre un reproche : « Mais alors, si un jour une famille avec des enfants qui meurent de faim vient frapper à ta porte pour demander de l'aide, tu fais quoi ? Tu les laisses mourir ? »

Cette question est bien évidement farfelue, mais surtout, elle expose un mode de pensée social, culturel et psychologique qui refuse de voir le pragmatisme d'une relation au monde basée sur la prévoyance et la responsabilisation de chaque individu, et qui s'obstine au contraire à rationaliser la dépendance, par la négation systématique des lois naturelles qui gouvernent le monde, et les réalités de l’univers. Enfin, il sera toujours plus simple d'accuser ceux qui auront été prévoyants, d'« homicide volontaire », ou de « non-assistance à personne en danger », que de réaliser que si nous étions tous prêt, au minimum, à gérer certaines tensions inhérentes à notre environnement, nous serions tous à même de ne pas en devenir les victimes impuissantes.

Voilà pour la nourriture, qu’en est-il maintenant de la propension de l’être humain à la violence, quand il est frustré par la faim et le froid ? Soyons très clairs : dans une situation de crise où la normalité serait dégradée, la survie du citadin dépendra principalement de ses capacités à assurer sa propre sécurité.

La défense peut se définir par un ensemble de réflexes biologiques, d’attitudes et de préparations physiques et psychologiques, de savoirs faire et de techniques mobilisés par l’être humain pour sa protection face à une attaque. L’instinct de survie y participe, de même que tout ce qui nous évite de devenir une proie !

Se défendre est tout à fait naturel, notre système immunitaire nous protège constamment d’agressions diverses. Sans entrer dans des considérations politiques, sociales, juridiques, professionnelles, culturelles ou même spirituelles, la protection est à la base de toute réaction organique. C'est l'épine de la rose, du hérisson, le camouflage du papillon en feuille-morte, les dents du chien. L’être humain a aussi dû apprendre à se protéger lui-même et ceux qu’il aime, contre tout danger de mort : animaux sauvages, intempéries, ennemis... En cas de crise grave et d’effondrement, ce besoin de sécurité deviendra un impératif.

Les sociétés modernes semblent cependant considérer l’autodéfense comme une aberration, une régression. À écouter le brouhaha de la pensée dominante, confronté à une situation violente, le citoyen serait conditionné, voire condamné à devenir une victime.

Dans un milieu urbain devenu rapidement soumis aux prédateurs, la défense personnelle devient une réalité incontournable. La protection de l’intégrité des personnes et des territoires n’a pas de recette générique, elle peut couvrir un vaste champ d’habitudes et de pratiques qui seront spécifiques, à chaque personne et à son clan. Ce qui peut sembler déroutant à première vue.

 Avant d’opter pour une quelconque méthode de défense et de protection, ou une quelconque panoplie de matériel, il faut bien comprendre que se défendre, est avant tout une attitude mentale, un état d'esprit. Savoir se défendre, c'est savoir prendre une décision. Personne ne peut le faire à votre place ; il s’agit de vous, de votre conscience, de votre force d’affirmation, que beaucoup de bien-pensants et de dévots du politiquement correct aimeraient voir définitivement écrasée.




jeudi 15 novembre 2012

L’EDC de l’Abbé



L’Abbé

Au risque de répéter quelques évidences déjà lues ici ou là, j’aimerais revenir sur les « quelques idées force » qui devraient guider votre réflexion autour de l’élaboration de votre EDC.

L’EDC, même si, comme les enfants, nous aimons bien montrer nos jouets et découvrir ceux des autres, ne devraient pas être un simple empilement d’objets plus ou moins « tendances, tactiques ou rassurants ». 
Indépendamment de leur coût, de leur esthétique ou de leur popularité, c’est bien de leur utilité qu’il vous faudra juger prioritairement. 

Et là, nous revenons à l’idée première de ce blog, à savoir vous encourager à développer les solutions qui vous seront adaptées. Les solutions qui tiendront compte de votre environnement, de votre morphologie, de vos compétences, de votre budget, de la saison et que sais-je encore : bref tous ce qui détermine une situation comme étant “personnelle”, et appelant donc une préparation adaptée et unique.

Ensuite, il ne faut jamais oublier que privilégier une option, c’est fatalement en écarter une autre. Il faut donc rester humble et modeste, ayant toujours présent à l’esprit que la pertinence de ce qui fera notre EDC sera directement liée à la lucidité du regard que nous poserons sur les risques que présente notre environnement. 

En résumé, tout est question de compromis, à nous de choisir les meilleurs.

Enfin, si comme nous l’avons dit, l’EDC devrait sans cesse être réévalué et adapté au changement de notre environnement ( été/hiver, ville/campagne, travail/loisir, etc ), il n’en demeure pas moins que quelques constantes peuvent être mises en avant. Et c’est là que réside tout l’intérêt des présentations des différents matériels et des options prises par les uns et les autres.

La seule question qu’il faut se poser en examinant les différents EDC présentés ici est la suivante: ce choix est-il adapté à ma situation ? Qu’il s'agisse de matériel ou d'attitude, la démarche est toujours la même: évaluer pour vous le ratio bénéfice/inconvénient.


- L’EDC de l’Abbé – Philosophie.


J’habite à la campagne, à 40 km d’une ville d’environ 150 000 h. La topographie et le climat de cette région faiblement peuplée m’obligent à me déplacer en 4x4. La neige est fréquente ici, certaines routes ne sont jamais dégagées, et leur état est souvent assez moyen.

Sans doute parce que la couverture réseau des téléphones portables ne s’est améliorée que récemment, les gens ont naturellement tendance à toujours essayer de se débrouiller tout seul, et cela est aussi mon option. 
C’est la raison pour laquelle mon kit voiture est vraiment très surdimensionné. En fait, mon coffre est tout simplement rempli de caisses et de sacs: BOB ; kit mécanique, valise premiers soins ( stéthoscope et kit de suture ), vêtements, nourriture, outillage, carburant, armement…ma voiture est mon premier kit de décentralisation, et elle n’est jamais très loin.

 Kit voiture de volwest

Pour cette raison, mon choix a consisté à toujours avoir sur moi un EDC minimaliste, d’urgence immédiate, favorisant la légèreté et la mobilité, l’idée étant de pouvoir rejoindre mon véhicule rapidement en cas de souci.
Le seul moment où je suis relativement éloigné de mon domicile ou de mon véhicule, c’est quand je vais en ville, ce qui arrive une fois par semaine pour raisons professionnelles. Et c’est donc ce Kit que je vous présente aujourd’hui.


- L’EDC Ville de l’Abbé – Concrètement.


Lorsque je parlais de « constantes », je pensais essentiellement à la manière dont s’organise tout ce matériel qui viendra appuyer et améliorer notre action en cas de problème.

Il y a tout d’abord le noyau dur de l’EDC. Ce que l’on porte véritablement sur soi, dans ses poches, et cela quel que soit l’environnement ou la saison. Ces essentiels ont pour objet de balayer un large spectre de situations et l’on ne s’en sépare jamais. Si une partie de ce noyau dur est dans un blouson par exemple, et qu’on l’enlève, il faut récupérer ce qu’il contient et le faire basculer dans les poches du pantalon.

En complément du noyau dur, il y a souvent un sac, une pochette, élargissant encore un peu notre champ d’action, et abordant des sphères un peu plus spécialisées. Ce sont donc ces deux composantes que nous allons détailler.



a) Le noyau dur.


-Le ceinturon. En cuir, épais. Permet, entre autre, de s’assurer sans risque de casse ou de finir l’affûtage d’un couteau.

- Une lampe tactique. Pour moi, la Fénix LD 20 dans son étui sur le ceinturon. Juste incontournable. Eventuellement Fenix LD10 pour ceux qui stockent en poche.

-Le trousseau de clés maison. Mousqueton de marine. Avec une Fénix E 01. Clé de mes locaux professionnels, où j’ai mon deuxième kit décentralisé à quelques kms de ma maison.

-Les clés de voiture. Avec sifflet fox 40. Res Q Me et figurine Blanche Neige ( personnage très signifiant pour moi et cadeau d’un excellent ami ). Ne jamais négliger tout ce qui réconforte et nous rappelle pourquoi on s’accroche ( Photo de sa femme, de ses enfants, souvenirs d’amis, cadeaux reçus etc. ).

-Poche pantalon avant gauche : mouchoir en tissu, le plus grand possible. Deuxième incontournable. On pourrait écrire un article entier uniquement sur les usages du mouchoir en tissu : comprimer une grosse plaie, faire un garrot, emballer un objet, filtrer l’eau, éponger l’eau, protéger les voies respiratoires etc…

-Poche pantalon avant droite : Espèces ( au moins 50 €uros, souvent plus ) et couteau pliant ( Buck lightweight large, CS Pocket bushman ).

-Poche pantalon arrière droite : porte feuille, carte grise, permis de conduire, carte bleue et 3 petits pansements si coupures ou petits saignements. Le tout relié au ceinturon par une chaîne. ( lorsque je vais à Paris par exemple, la chaîne est reliée sans mousqueton pour plus de sûreté, et je rajoute une pince parisienne pour brider le portefeuille en poche ).

-Poche arrière gauche : poche de délestage. Porte-monnaie, listes de courses, de choses à faire, coordonnées des gens à rencontrer ponctuellement, récapitulatif du déroulement de la journée etc…

-Veste poche gauche : téléphone portable.

-Veste poche droite : moyen de défense ( piexon, spray sabre red, bâton ASP Airweignt 16 pouces…).

Le sujet du moyen de défense est vaste et implique, une fois de plus, des choix personnels. Le risque selon lequel vous pourriez être poursuivi après un contrôle de police parce que vous seriez en possession d’un spray auto défense est selon moi quasi nul. 

Le seul risque, si vous vous montrez respectueux de l’agent de police et de l’autorité qu’il incarne, est la confiscation de l’objet incriminé. Cet aspect des choses est à prendre en compte car se faire prendre un spray à 8 €, un piexon à 40, ou une ASP à 120, ce n’est pas tout à fait la même chose. Sachant qu’il vaut mieux être pauvre et en vie, que riche et mort, il faut néanmoins évaluer le danger encouru, la probabilité d’être contrôlé et le sacrifice financier que l’on est prêt à encourir.

Pour faire court, et en ce qui me concerne, l’après-midi en plein centre ville c’est piexon, le soir en périphérie c’est Sabre Red plus ASP. Et quoi qu’il arrive, c’est «  Oui, monsieur l’Agent, Tout à fait monsieur l’Agent, Je recommencerais plus monsieur l’Agent. »

Lui expliquer que la dernière fois que vous vous êtes fait cracher dessus, monsieur l’Agent, il n'était pas là, ça ne sert à rien...
Evidemment, si vous êtes pris dans une situation ou il vous faut défendre votre intégrité physique, le problème sera différent…

Quel que soit votre choix, soyez juste sur de pouvoir l’assumer.

Mais revenons à nos moutons…
Si je n’ai pas de veste, le téléphone rejoint le mouchoir en tissu, le portefeuille passe de l’arrière droite à l’arrière gauche, et le moyen de défense vient dans la poche arrière droite. Voilà ce que j’ai toujours sur moi et que j’essaierai de conserver coûte que coûte.

L’idée selon laquelle on ne peut véritablement protéger que ce que l’on porte sur soi n’est évidemment pas nouvelle. Ma Grand-Mère, qui était veuve de guerre, voyageait beaucoup seule, par le train et par le bus. Elle avait cousu une poche en tissu à sa gaine où elle rangeait son argent et certains bijoux quand elle nous rendait visite. Cela ne manquait pas d’amuser beaucoup ses petits enfants quand ce sous-vêtement séchait sur l’étendage à la buanderie ( la taille du dit sous-vêtement y était sans doute aussi pour quelque chose …).

Un ami qui a beaucoup voyagé en Amérique centrale, mettait son argent dans une pochette maintenue à la taille par un grand élastique et qu’il glissait directement dans son slip. Lui aussi obligé de dormir dans les bus pendant les longs trajets ne jurait que par ce système.

Ce qu’il faut retenir concernant le noyau dur, c’est qu’il ne devrait jamais limiter vos mouvements. Vous devriez pouvoir courir, ramper, escalader, sauter ou même vous battre sans craindre de perdre quoi que ce soit. Tester cet aspect des choses est pour moi absolument indispensable.



b) L'EDC Ville - Complémentaire.


Lorsque je vais en ville, j’utilise un cartable qui me permet de transporter mes papiers professionnels, comptables ou bancaires et m’apporte quelques solutions supplémentaires. 
J’ai testé plusieurs formules, et celle là répond le mieux à mes besoins. En effet, le sac à dos s’accorde assez mal de la tenue habillée, et attire plus l’attention qu’autre chose. Quant au sac en bandoulière, s’il passe mieux, il ne me permet pas une mobilité suffisante.

Ce cartable est pour moi le moyen d’avoir des possibilités supplémentaires sans en avoir aucun inconvénient. En effet, la valeur de l’ensemble ainsi que sa rareté ne me dissuaderait en aucun cas de m’en débarrasser, s’il me ralentissait ou même si on voulait me l’arracher. 
Hormis ce qu’il contient, il offre également une certaine protection ( en cas d’agression, de projection, de chute d’objet, etc…). Comme il est porté à la main, il est immédiatement disponible pour être interposé, lancé ( pour éloigner un voleur armé qui le convoiterait ) ou lâché pour retrouver instantanément une complète mobilité et l’usage de ses quatre membres.

Ce cartable est un souvenir de mes années de collège, mais j’ai déjà acheté sur un site d’annonces entre particuliers son remplaçant pour une somme tout à fait modique.
Si j’insiste si lourdement sur la nécessité de pouvoir abandonner ce cartable (ou tout autre contenant), c’est parce que je suis convaincu que parfois la fuite est la seule issue, et qu’alors rien ne doit l’entraver. 



Les rescapés du naufrage du Titanic étaient, pour la plupart, des passagers de première classe. Même si les premières classes ont largement été privilégiés (accès et favoritisme), il faut aussi prendre en compte que les passagers plus pauvres se sont malheureusement encombrés de leurs malles et bagages qu’ils savaient ne pas pouvoir remplacer aisément du fait de leur peu de moyens.
Mon propos est donc de montrer ici que l’on peut s’aménager des outils vraiment utiles, sans pour autant dépenser de somme importante.


-Le cartable :

-Un agenda. Grande dimension, assez épais. Assure un minimum d’efficacité pour le coté protection. Pour ceux qui utilisent un sac à dos ( type eastpack ), glissez à l’intérieur une planche à découper de grande dimension ( 1€80 chez notre suédois préféré ) le but étant toujours le même : efficacité au moindre coût.

-Stylo tactique UZI. Avec recharge Space pen. Utile, en complément de la LD 20, si on vous confisque votre moyen de défense et votre couteau, et pour écrire éventuellement…

-Une trousse de premiers soins. Très classique. J’aime bien l’élastoplast. Mettez quelques micro purs, pour le poids, ça peut être utile.


-Carte du département. Gratuite, offerte par l’office du tourisme. Très important si vous devez rejoindre votre domicile à pied, car vous voudrez aller au plus court, ou si certaines routes sont coupées.

-Boite Swiss tech métallique avec pince à épiler, coupe ongle, briquet, 2 m de ficelle « queue de rat », miroir, petit outil swiss tech et carte Tool Logic Ice Lite.


-2 piles AA ( LD 20 ). La Fénix E 01 utilise une pile AAA, mais elle n’est qu’un système secondaire pour moi. Si sa pile doit être changée, ça attendra de rejoindre le véhicule ou le domicile.

-1 Illumiglow ( signalisation ). En complément des lampes de poches. Rassurant dans une panne prolongée ( métro ou ascenseur ) et préserve les piles. Pour le poids et le prix, ne pas s’en priver.

-Mouchoirs en papier. Pour garder son mouchoir tissu propre le plus longtemps possible.

-Pochettes nettoyantes rinces doigt. C’est plus du confort, mais ça peut-être utile pour se nettoyer les mains avant d’enfiler ses gants par exemple, ou pour permettre à quelqu’un de se débarbouiller. Je sais que cela réconforte beaucoup certaines personnes. Même dans des situations difficiles, certaines dames sont très sensibles à ce genre d’attentions. Ces pochettes ont également une vertu rafraîchissante, même si de courte durée.

-Gants anti-coupures. USMC Paris. Protéger ses mains est indispensable. Blessé à une main ou à un pied on est très largement diminué.

-Le Parapluie. Je ne reviens pas en détail sur cet accessoire qui a déjà fait l’objet d’un article sur le blog. Le parapluie est pour moi un élément du noyau dur. La seule parade offrant une petite chance face au couteau ( au même titre que le bâton télescopique ), et aussi assez utile face aux chiens errants. L’Abbé ne sort jamais sans un parapluie.

En conclusion, et comme d’habitude, je dirais que se poser les bonnes questions est le meilleur moyen de trouver les bonnes solutions.

Soyez forts.

L’Abbé




mercredi 14 novembre 2012

40 ans.


Voila…j'ai 40 berges !

En démarrant ce blog il y a plus de deux ans, je n'aurais jamais eu pensé que les liens crées au détour d'une intention commune d'indépendance et de résilience puissent être aussi fort.

Hier nous étions 500, aujourd'hui nous sommes 5 000…10 000…20 000.

Notre lien, et quelque soit les tendances ou les maladresses, est tout simplement de comprendre que notre bien être et celui de nos proches est avant tout notre propre responsabilité, et non celle "d'un autre".

C'est se donner les moyens, effondrement ou pas, urgence ou pas, d'évoluer plus librement, intelligemment et sainement dans un monde de plus en plus complexe et donc fragile.

Le survivalisme n'est pas l'unique amoncellement de matériel et de connaissances pouvant nous rendre plus résilient durant un effondrement de la normalité (accident de voiture, rupture des réseaux, perte de l'emploi, effondrement économique…), le survivalisme est aussi le véhicule d'une intention d'émancipation envers la monoculture de nos organisations.

Cette monoculture, est principalement la dépendance du citoyen. 

Dépendance physique (eau, nourriture, énergie, biens de consommation, protection personnelle…), mais aussi intellectuelle…et sous l'emprise de son pouvoir symbolique, le citoyen, tel l'éléphant tenu en laisse au zoo, ne se rappel plus de sa force et de sa vraie nature.


Merci a vous.
volwest










jeudi 8 novembre 2012

Rues Barbares - Extrait 1 -



C'est avec un grand plaisir que Piero San Giorgio et moi même déposons ici un premier extrait de notre livre: Rues Barbares.

Même si ce livre est fortement axé sur la mise en place de méthodes simples et pragmatiques pour faire face a des situations d'urgence et d'effondrement en milieu urbain, il est aussi, comme nous l'expliquons sur ce blog, le reflet d'une manière de vivre fondamentalement encrée dans une intention de résilience, d'autonomie, d'indépendance et de liberté.


L'ouragan Sandy, qui s'est abattu récemment sur l'Est des Etats Unis et plus symboliquement sur la ville de New York, est le parfait exemple d'une rupture soudaine de nos systèmes de support (eau, essence, électricité, soins, protection personnelle, gaz naturel, distribution des denrées…), capable de plonger le citoyen, sa famille et plus largement son clan, dans un environnement difficile, dégradé, tourmenté…et parfois barbare.

C'est donc avec une pensée sincère que cet extrait est dédié a toutes les familles urbaines victimes d'un effondrement de leur environnement, et ayant eu a faire face seules.

New York apres l'ouragan Sandy.


Vous pouvez des a présent pré-commander "Rues Barbares" chez notre éditeur.
Stay Safe.




Rues Barbares:


En 1950, 30 % de la population mondiale vivait en zone urbaine. Si rien ne vient contrarier l’évolution actuelle, cette proportion sera de 60% en 2030. La ville concentre aujourd’hui l’immense majorité des activités humaines : habitat, commerce, industrie, éducation, politique, culture…


Les agglomérations de plus d’un million d'habitants étaient rares au début du XXe siècle. En 2012, on en compte 25 de plus de 10 millions de personnes. Elles sont situées pour la plupart dans les régions en développement d'Asie, d'Afrique et d’Amérique latine, où les zones métropolitaines se chevauchent pour former ces gigantesques réseaux urbains qui caractérisent les mégalopoles. 

Les plus importantes se trouvent en Afrique de l’Ouest, en Chine et dans le nord de l’Inde, elles peuvent abriter plus de 50 millions d'habitants. En Europe, les plus grandes métropoles comprennent Londres - 13 millions d’habitants, la Ruhr (Cologne-Düsseldorf-Duisburg- Essen-Dortmund) - 12 millions, Paris - 11 millions, Moscou - 10 millions, Randstadt (Rotterdam-Utrecht-Den Haag-Amsterdam) - 7 millions, Milan - 6 millions, le Vlaamse Ruuit (Bruxelles-Louvain-Antwerp-Gent) - 5 millions, et enfin Madrid - 5 millions.

Ces agglomérations sont particulièrement dépendantes d’un système de flux complexe et sophistiqué. Elles sont dépendantes des réseaux routiers et de transports publics pour les déplacements et l’approvisionnement en biens de première nécessité comme la nourriture, les médicaments, les consommables ; mais également des réseaux de distribution d’eau, d’électricité, de gaz ; des réseaux d’évacuation des eaux usées et des déchets et de leur approvisionnement en carburant. Cette dépendance multiple, souvent appelée « progrès », est parfaitement tolérée car l’ensemble fonctionne bien la plupart du temps.

La « ville », ou environnement urbain, peut être décrite physiquement de façon extrêmement variée, de plus ou moins forte densité. La véritable définition des urbanistes pourtant ne correspond pas à une description de l’environnement géographique tel que l’on se l’imagine, mais au mode de vie de ses habitants. Celui-ci est alors totalement dépendant des infrastructures routières, des transports, et de la logistique ainsi que globalement de leur bonne gestion et exploitation. Le mode de vie urbain est donc en réalité aussi celui d’un grand nombre de gens qui croient pourtant vivre « à la campagne »… Comme le dit souvent le Survivaliste américain Ragnar Benson, « La survie rurale est une notion un peu nostalgique » car, après tout, vivre à la campagne n’est pas automatiquement synonyme d’indépendance, d’autonomie et de résilience...