mercredi 26 septembre 2012

L'image du survivaliste




Quand j'ai commencé ce blog il y a plus de deux ans mon idée était simple; déposer sur la toile une vision de la responsabilisation citoyenne, de la préparation et plus largement du survivalisme, au delà de certains clichés, au delà d'une certaine caricature psychologique trop souvent exploitée par la machine médiatique en mal de sensations fortes et de racolages plus ou moins malhonnêtes, et pouvant, a contrario, témoigner d'un survivalisme fondé sur la raison, et non sur l'émotion.

Cependant, comme toujours chez l'humain, et ceci qu'il soit rose ou bleu, fort ou faible, croyant ou dé-croyant, politisé ou polarisé, intelligent ou grossier…son rapport aux choses est souvent limité par le poids conscientisé ou non de son patrimoine génétique, de son éducation, et bien sur et plus généralement de son conditionnement.



Des lors, le survivalisme est fatalement la construction d'une montagne d'idées plus ou moins cohérentes…d'une montagne de perceptions plus ou moins libres d'une chaine quelconque: conceptuelle, politique, théologique, émotionnelle, culturelle, médiatique, sensuelle, intellectuelle…

Ce qui est intéressant dans ce jeu d'images, c'est que si nous demandions a milles personnes de décrire le survivalisme, nous aurions sans doute milles échos différents tant l'information est ici dénuée de sens commun, et perpétuellement plongée dans un brouillard souvent auto-généré…mais si nous demandions a ces mêmes milles personnes de décrire en quelques mots un survivaliste, nous aurions sans doute ici une ébauche beaucoup plus uniforme, beaucoup plus palpable et dirigée.

Les mots clés de cette direction ?


- Armes
- Fin du monde
- Peur
- Guerre atomique
- Zombies
- Asociale 
- Solitaire
- Bunker
- Malade
- Extra terrestre
- Eruption solaire
- Complot
- 2012
- Farfelu
- Paranoïaque
- Masque a gaz
etc.

Malheureusement pour nous, force est de constater qu'il nous est encore impossible d'échapper a ces associations parfois démoralisantes, tant ces trajectoires transpirent encore plus ou moins maladroitement aux travers de survivalistes pour la plupart victimes de leur propres uni-vers…victimes de leurs propres limites intellectuelles, et inévitablement, consciemment ou non, complices du malentendu ambiant.

Car soyons honnête, l'image du survivaliste, et même si soigneusement malaxée et entretenue par la bulle médiatique, est principalement définie par l'émanation que nous, les survivalistes, projetons sur le monde.

C'est donc principalement sur ce champs de bataille souvent abstrait, sur cet échiquier "mentalisé" et imbibé de tendances plus ou moins douteuses, que la totalité de mon travail repose.
Il n'est bien sur pas question pour moi de redéfinir le survivalisme, cette tache ne peut être que collective, mais bien de rendre possible ici l'alchimie du malentendu premier, c'est a dire la transformation des mots clés servant aujourd'hui a définir le survivaliste.

Les nouveaux mots clés ?


- Indépendance
- Résilience
- Autonomie
- Intelligence
- Prévoyance
- Entraide
- Harmonie
- Enracinement
- Adaptation
- Liberté
- Responsabilité
- Cohérence
- Clan
- Durabilité
- Mais aussi "fais pas chier"

Cette transformation des mots clés, des mots gouvernants et fondateurs, est pour moi nécessaire, car le survivaliste d'hier (au sens propre comme au sens figuré), vestige d'une époque et d'un raisonnement précis dans sa manière de vivre le monde, ne peut représenter a lui seul la diversité et la pertinence de notre démarche d'indépendance, d'autonomie et de résilience…
De plus, il me semble important, et surtout dans la jungle actuelle, de réaliser que notre travail de sensibilisation se doit non pas d'être entendu par le plus grand nombre (quantité), mais se doit d'être le plus logique et raisonné possible (qualité).


La bonne nouvelle est que le survivalisme a évolué et évolue encore.

Majoritairement, les survivalistes ne sont plus ces individus en marge perdus au fin fond de l'Idaho Américain, et habités d'une démarche exclusivement axée sur le retranchement bunkarisé, ou encore calculée sur une inévitable apocalypse…non, majoritairement, les survivalistes sont aujourd'hui ces parents par exemple, qui sensibilisés par la santé d'une économie mondiale basée sur la dette, et le risque de plus en plus probable d'une simple perte de l'emploi a la maison ou d'une austérité soudaine, se penchent, entre autre, sur une gestion du foyer nous rappelant celle de nos aïeux, et axée sur le stockage de produits régulièrement consommés, et la consommation de produits régulièrement stockés.

Ce sont aussi ces millions d'individus, de familles et de clans, qui s'investissent dans la production de nourriture, dans la récupération des eaux de pluies, dans le recyclage et la réparation, dans la prise en main intelligente de leur propre sécurité, dans l'indépendance énergétique quelle qu'elle soit, dans l'économie locale et surtout, dans un consumérisme intelligent qui n'est pas celui de "l'objet plaisir", mais bien celui de "l'objet utile", si chère a nos ancêtres.

Les survivalistes, aujourd'hui, sont tout simplement vous et moi.



Ce consumérisme intelligent évoqué plus haut, trop souvent amalgamé par manque de compréhension et de logique a son rejeton modernistique le consumérisme compensatoire (et oui, un poêle a bois est utile, tout comme un jerrican, une trousse de premiers soins, une casserole en fonte ou un bon couteau), est sans aucun doute l'une des pierres fondatrice du malentendu qui sépare le survivaliste de ces concitoyens, et qui vient ajouter a cette image d'un individu ne pouvant être qu'égoïste et sur un axe psychologique névrosé de repli sur soi.


Sans glisser dans le fatalisme ou le catastrophisme, ce qui est loin d'être ma tasse de vin, il me parait évident que nous n'avons plus le luxe ni le temps de prétendre que notre monde est en bonne santé, que nos ressources sont intarissables ou que notre drogue première, le pétrole bon marché, ne peut avoir, a court, moyen ou long terme, un impact décisif sur nos modes de vie si celui-ci venait a manquer.


Cette santé globale, tant écologique qu'économique, tant politique que sociale, pour la moins fragile et ceci depuis des décennies, est peut être la source même d'une multitude de comportements pouvant paraître plus ou moins radicaux et farfelus selon notre niveau de tolérance…et en ce sens, il est difficile de vraiment savoir si la démarche intériorisée par ce que nous nommons librement ici "le survivaliste", vient de son propre univers interne, ou si elle n'est pas simplement le reflet et l'ébauche d'une réponse plus ou moins adaptée a une réalité difficilement dissimulable aujourd'hui.


Quelle que soit la source du malaise ambiant, interne, externe ou les deux, il me semble important de garder a l'esprit que même si certains survivalistes cultivent et s'obstinent a vendre une image complice du racolage médiatique ambiant: fin du monde, apocalypse, 2012, complotisme etc…l'énorme majorité des survivalistes / preppers, c'est a dire des millions d'individus de tout horizons sociaux, culturels et économiques, de tout âge et de tout sexe, de toutes philosophies, sont simplement des gens a l'écoute des problématiques globales aujourd'hui évidentes, et travaillant a des solutions de plus en plus locales, de plus en plus primordiales, et de ce fait se donnant les moyens d'influencer leur niveau d'indépendance, d'autonomie et de résilience face a une "machine" de plus en plus instable et incertaine.


Nous sommes ici très loin de ce survivaliste "camouflé", sa boite de quenelles sous l'épaule, armé de son fusil, de son Berger Allemand et prêt a devenir le sauveur-vérité d'une humanité séquestrée dans le gouffre de sa déchéance moralisatrice…nous ne pouvons raisonnablement pas avoir cette prétention, mais cet axe est pourtant sous-jacent chez quelques survivalistes en mal d'attention…et au passage, ce sont souvent ces mêmes individus qui sont toujours les premiers a entraver, refuser ou rejeter l'un des piliers fondamental de la survie qu'est le lien social et l'idée de réseau.

Soyons tranchant. C'est la totalité de ces frustrations incomprises et ce syndromes du "Je suis une légende", chère a la machine hollywoodienne, qu'il nous faut ici combattre…et il me parait évident qu'une grande partit de cette caricature découle invariablement d'un manque de maturité intrinsèque chez certains.



On me contacte souvent pour justement raconter et définir ce survivaliste "légende"…comme si ma démarche pouvait objectivement être associée a la quelconque gourmandise d'un pouvoir ou d'une attention préméditée, a la quelconque gourmandise d'un trône unique.
Comme si ma philosophie tendait a redécouvrir et bourgeoisement m'amuser de quelques gestes anciens pour combler une peur systémique de ne pouvoir être a la hauteur de ma virilité dans un futur ou mon rang social, ma profession, mon compte en banque, mes rentes ou la marque de ma voiture n'aurait plus aucun poids, plus aucune valeur.

Le problème de l'image du survivaliste est simplement que celle-ci est systématiquement construite et maintenue en place par l'utilisation d'individus type ne pouvant rien offrir d'autre qu'un "témoignage reflet" des mots clés désignés par la stupidité ambiante comme étant la nature même du survivalisme et de la responsabilisation individuelle, familiale, clanique mais aussi collective.

On ne me demande jamais par exemple de parler de l'organisation prévoyante et assurément survivaliste des écoles américaines, qui dans leurs cours d'écoles ou leurs caves stockent des provisions, de l'eau, des couvertures et de l'équipement dans des conteneurs maritimes pour assurer leurs enfants a charge une certaine autonomie dans le cadre d'un événement dramatique. 

Notons sur cette photo une certaine hiérarchie et spécialisation des rôles, clairement indiqué sur les casques.

On ne me demande jamais de parler de la campagne de sensibilisation de la croix rouge, avec a sa tête l'actrice Jamie Lee Curtis, pour encourager le publique a préparer un kit de survie familiale, en mettant en place un plan (et donc en formulant certaines préoccupations), en stockant de l'eau, de la nourriture, des médicaments et de l'énergie…car exposer ne serait-ce que l'idée d'une responsabilité individuelle qui n'est pas systématiquement liée a l'apocalypse, et donc prenant sa source dans la raison et non l'émotion, dans la logique et non l'imaginaire complexé, pourrait sous-entendre que le citoyen est, au final, foncièrement responsable de sa propre vie, de son propre destin, et non l'Etat ou le voisin.

Apprécions la bouteille d'eau de Javel au premier plan !


Notre responsabilité doit être totale et résolue.

Totale dans la gestion de votre cercle d'influence immédiat, car vous seul êtes aux premières lignes, et résolue car personne au monde ne va considérer votre vie ou la vie de vos proches comme vous allez la considérer…et c'est sur cette intime et humble compréhension que l'image du survivaliste devrait se construire, et non sur les ruines d'un monde post-apocalyptique.





jeudi 20 septembre 2012

EDC: Guillaume Morel




Quand Vol West m'a demandé si je pouvais prendre une photo & détailler mes EDC pour son blog, j'ai d'abord dit oui sans réfléchir, sur le bon souvenir de notre article commun sur les émeutes, puis après me suis demandé qu’est-ce qui pourrait bien intéresser nos lecteurs. Car le sujet EDC reste quand même un sujet vu & revu, largement débattu, certes vaste mais qui peut être abordé de façons très diverses. J’ai décidé, pour cet article, de focaliser sur quelques principes de base & méthodologiques, et de zoomer sur mes exemples personnels d’EDC.


1 – Les EDC sont personnels.

Le premier point important à comprendre, c’est que les EDC sont personnels. Ils n’y a pas de liste miracle d’EDC idéaux. Chacun a sa liste, qui lui convient, en fonction de sa personne, de son caractère, de ses habitudes, de son environnement, de sa dextérité et surtout, de ses activités quotidiennes. Cela parait une évidence, mais certaines critiques parfois sur les forums ou en commentaires de blogs montrent que certains n’ont pas intégré cette notion. Et c’est pour ça qu’il y a parfois des débats interminables sur l’utilité de tel ou tel accessoire.


2 – Mes EDC « cœur ».


L’idée de cet article est de parler égoïstement de mes EDC. Il faut donc déjà que je donne un peu de contexte personnel, en particulier sur les éléments qui influent sur cette liste d’EDC. Je vis à Paris, je passe 60% des jours de l’année en costume/chemise (i.e. nombre limité de poches, poches de petites tailles et ne pouvant pas porter de gros objets), ce qui me rend naturellement minimaliste. Mais ce minimalisme s’équilibre avec un besoin fort de préparation. Ce minimalisme s’estompe partiellement dès que je suis en tenue « casual ». Je passe par ailleurs entre 10 & 20% de l’année en voyage à l’étranger.

Sur la majorité de mon temps, en costume, je me limite donc à un nombre limité d’EDC : mes indispensables, ou « Core-EDC ». On pourrait aussi les appeler EDW « Every Day Wear » ou EDCOM « Every Day Carry On Me ». Ce sont les accessoires que j’ai 98% du temps avec moi (en dehors de chez moi). Il s’agit de :

- 1 portefeuille TheJimi avec 2 cartes de paiement, 1 carte de sécurité sociale (vitale en France, européenne ailleurs), 1 photocopie pliée de ma CNI, un peu de liquide (généralement pas plus de 40€), 3 cartes de visite
- 1 porte-clés avec, en plus de mes clés, 1 ASP Palm Defender, 1 sifflet alu, 1 lampe micro Inova, 1 utilikey et des mousquetons Mizumoto
- 1 iPhone avec écran de confidentialité (180°, il faut que je passe au 360°)
- 1 porte carte de transport (Pass Découverte anonyme, bien sûr) en plastique dur qui me sert aussi pour mon badge entreprise
- 1 stylo tactique (ici un Schrade, j’ai aussi un MilTac… je cherche encore un modèle qui me plaise vraiment à 100%)

Notes : 

- J’ai souvent une montre, pas toujours la même, je ne la considère pas vraiment comme EDC, car pas indispensable (j’ai l’heure sur mon portable, et n’utilise pas ma montre comme accessoire de défense)

- Je n’ai pas mis la lampe tactique dans cette partie « core » car je ne l’ai pas sur moi en costume… mais en tenue normale, elle ne me quitte pas


3 – Mes EDC « périphériques ».


Voici la 1e périphérie d’EDC que j’ai quasiment toujours à proximité immédiate, que ce soit dans mon sac de travail (toutes saisons) et/ou dans les poches d’un blouson (demi-saison & hiver) :

- 1 pochette médicale (un modèle acheté chez REI que j’ai complété avec du « burn gel », des compresses alcoolisées, mini-doses de clhorure de sodium, etc.)
- 1 compresse hémostatique Quikclot
- 1 lampe tactique
- 1 recharge iPhone
- 1 tube d'efferalgan Odis ou 1 tablette de paracétamol générique ou de doliprane (selon mes appros)
- 1 tube vitamine C (ouais, beaucoup de taf...)
- 1 matraque télescopique
- 1 plaque balistique de niveau IIIA récupérée sur un vieux gilet pare-balles (qui reste advitam dans mon sac)
- Quelques serflex qui traînent au fond d’une poche (pour fermer un sac, une porte…)

Notes :

- A Paris aussi souvent un parapluie… toujours près de la main, un vrai accessoire de défense

- Pas de couteau dans la liste, seulement en TDC


4 – Mes TDC.

Au-delà des EDC, j’ai des « This Day Carry » ou « ToDay Carry », ie des accessoires utiles dans une circonstance particulière. J'ai plusieurs groupes d'accessoires (que je regroupe d'ailleurs parfois pour se préparer plus facilement avant un type de sortie) :

- TDC voiture (eg porte-clés ResQme sur les clés de la voiture, telesco dans la voiture, trousse médicale spéciale dans la voiture, compresse hémostatique HecoStop, pinces batterie, différents outils, ...)
- TDC voyages (eg multitool leatherman, verrou mécanique pour porte d’hôtel Lifelock, coque de protection iPhone, …)
- TDC rando (eg couteau, briquet, …), TDC foule (eg Bioshield, …), TDC soirée, TDC jogging... et après ça dépend de la vie de chacun :)


5 – Vos EDC.

Les listes ci-dessus sont donc, vous l’avez compris, des exemples… pas à copier tel-quel (à moins que votre vie & votre personnalité soit un clone des miennes) mais pour vous inspirer et voir si certains accessoires auraient un intérêt à rejoindre votre arsenal. Et puis après il faut les tester. Ce que l’on voit en photo peut parfois paraître bien et s’avérer inutile, peu pratique, encombrant… à l’usage au quotidien.

Pour vous donner d’autres sources d’inspiration, je vous conseille bien sûr le blog de Vol West & Protegor.





mardi 11 septembre 2012

23 ème édition du SICAC



ACK28 - SFS JedBurgh - SFS knife de Tony Lopes

Les vendredi 21 et samedi 22 septembre aura lieu à Paris la 23 ème édition du SICAC.

Pour ceux qui en auraient la possibilité, je les encourage vivement à venir participer à cet événement incontournable du monde de la coutellerie. Toutes les légendes de l’artisanat français seront présentes.

Fred Perrin, Tony Lopes ou Bastien Coves, pour ceux qui apprécient les couteaux à vocation tactique. Mais aussi Paulo Simoes ou Pierre-Henri Monnet pour des pièces forgées plus médiévales ou « Wild West ». Fixes ou pliants, rustiques ou précieux, vous ne verrez jamais autant de pièces uniques réunies en un même lieu. Les quelques noms que je viens de citer ne reflètent évidemment pas toute la richesse et la diversité des styles présentés au SICAC, et vous serez sans doute étonnés par la qualité du travail de tous les exposants.

Fred Perrin

Mais le SICAC n’attire pas que la fine fleur de l’artisanat français. De très nombreuses nations seront représentées, comme l’Afrique du Sud, l’Angleterre, les Etats-Unis (avec quelques très bons), mais aussi les pays scandinaves, le Japon, et bien d’autres. Sans oublier les revendeurs, comme la Coutellerie Tourangelle ou Aux Armes Bastilles, qui présentent chaque année un très vaste choix de pièces manufacturées à tous les prix, y compris la gamme MORA.

Les motivations du visiteur sont nombreuses, la première étant de pouvoir admirer un travail artisanal de qualité. Mais le SICAC c’est surtout l’occasion de manipuler des pièces que l’on ne voit souvent qu’en photo, et aussi de rencontrer les artisans, qui sont tous très bienveillants et heureux de parler de leur travail.

Les couteaux de Tony Lopes

Lorsque vous décidez d’acheter un couteau d’artisan, pouvoir en parler avec lui est à mon avis essentiel. Je me suis rendu au SICAC l’année dernière pour cette raison. Je m’intéressais depuis longtemps au travail de Tony Lopes, mais j’hésitais encore entre deux modèles. Les échanges que nous avons eus sur le salon m’ont permis d’affiner mon choix et je vis depuis un an avec un SFS 5 pouces dont je suis très satisfait.

Se rendre sur Paris, se restaurer sur place et payer l’entrée du salon engage évidemment quelques frais, mais si vous êtes passionnés de coutellerie ou tout simplement d’artisanat, vous ne regretterez pas ce petit effort. Pour ma part j’y serai le vendredi dés l’ouverture, c’est un rendez-vous que j’anticipe d’une année sur l’autre.

Soyez Forts.

L’Abbé.


Salon International de la Coutellerie d'Art et de Collection
Espace Charenton
327 rue de Charenton
75012 Paris









samedi 1 septembre 2012

L'incident et la responsabilité citoyenne.




Pour beaucoup, le survivalisme est une démarche visant a survivre une catastrophe "apocalyptique"…un désastre naturel, sanitaire ou technologique d'une ampleur biblique.
Né d'une profonde peur d'un lendemain glauque et irradié, le survivaliste n'aurait, selon le vertige collectif, qu'une seule détermination: survivre a la fin du monde tel que nous le connaissons.


C'est vrai que pour certains survivalistes cette fatalité apocalyptique est le moteur a explosion d'une préparation systématique de se voir confronter a un vaste cataclysme capable de plonger l'humanité toute entière dans un univers hostile sans précédant. 
Bunkers, armement lourd, véhicules blindés, combinaisons NBC (Nucléaire - Biologique - Chimique), masques a gaz, réserves de nourriture pour 10, 20, 30 ans, stratégies de replis, entrainement militarisé poussé…il n'est pas difficile ici de comprendre la fascination des médias et par conséquent du grand public pour les survivalistes, et leur entêtement a propager une relation au monde pouvant paraitre "placentaire".


Si certains survivalistes semble adopter une stratégie de vie axée sur la création d'une poche protectrice et salutaire, souvent souterraine, c'est bien qu'il peut être difficile de contenir un certain effrois quant a l'ambiance générale et générée par notre espèce. 
Apres tout, et dans un effort d'honnêteté, il nous faut nous rendre a l'évidence que notre espèce est plutôt douteuse, et que "le complexe" que nous avons inventé et développé, c'est a dire la totalité des atouts de notre machine moderne, pourrait aisément se comprendre comme un suicide collectif…
De plus, et sans être réactionnaire ou vouloir propager cette notion, notre tendance a la folie semble s'aggraver exponentiellement avec le temps, et ceci sur une multitude de fronts différents.

Cependant, et comme je l'exprime systématiquement sur ce blog, le survivalisme est bien plus qu'une simple contraction stratégique en réponse a une problématique globale.

Si certains perpétuent la définition d'un survivalisme principalement basé sur les conséquences d'une catastrophe capable de plonger l'humanité toute entière dans un univers hostile sans précédant, la majorité des survivalistes aujourd'hui sont d'une relation au monde beaucoup plus pragmatique, altruiste et surtout réaliste.

L'approche réaliste est cependant délicate de nos jours, car le dessin collectif est systématiquement conditionné a intégrer une relation au monde ou les lois naturelles gouvernantes sont au mieux maladroitement perçues, mais le plus souvent totalement ignorées !

Par exemple, il est très difficile pour le collectif de réellement conscientiser la réelle portée du pic pétrolier, ou de réellement intérioriser le fait que nos stratégies agricoles, que notre monoculture intensive, ne sont pas des projets durables.
Si ces réalités ne sont pas conscientisées, c'est peut être que les conséquences sont ici trop lointaines, trop abstraites, ou encore trop "dramatiques" pour qu'une prise de conscience collective puisse s'opérer.



Cependant, nous pouvons remarquer que d'autres lois naturelles, beaucoup moins  lointaines, abstraites ou encore "dramatiques", dans le sens ou la globalité du système n'est pas remise en question, sont elles aussi totalement ignorées par la plupart de nos concitoyens.

L'incendie, la perte de l'emploi, l'inondation, l'accident de la route, la pénurie passagère, la coupure d'électricité, l'accident nucléaire, la canicule, l'agression…sont autant de risques qui chaque année viennent nous rappeler que notre modernité ne nous immunise pas si bien que ça de "l'événements", et que peut être, il nous faudra a un moment ou un autre, qu'on le veuille ou non, faire face a certaines éventualités.



Si la plupart d'entre nous tendons a ignorer non seulement ces éventualités et ces risques de tous les jours mais aussi les problématiques beaucoup plus lourdes et globales, c'est que notre stratégie de survie repose aujourd'hui sur une solution évidente: L'Etat.

La réflexion est enfantine: si il y a un problème, l'Etat possède la solution.



Dans l'ensemble, il est vrai que cette stratégie fonctionne plutôt bien…mais, "l'Etat-solution" ne devrait pas être synonyme d'une perte totale de responsabilité citoyenne, ou synonyme d'un manque totale de solutions personnelles et personnalisées en cas de crise ou d'événement grave.

Simplement, les gouvernements les plus riches et les plus organisés sont parfois incapables de résoudre certains problèmes, surtout quand ces problèmes sont d'une ampleur importante, c'est a dire quand le nombre de victimes ou l'intensité de l'événement dépasse les possibilités logistiques de la totalité des moyens coordonnés par l'Etat.

Même si les équipes spécialisées et les départements gouvernementaux assignées a la sécurité civile sont opérationnels, il se peut par exemple que les routes de la région touchée par le désastre soient tout simplement impraticables, et que les équipes de secours ne parviennent pas a vous atteindre assez rapidement.




Mais revenons a nos bunkers…

Le survivalisme, c'est aussi et surtout de comprendre que même l'Etat a des limites, et le survivalisme va alors promouvoir la responsabilité citoyenne, et proposer des solutions a l'échelle individuelle, familiale ou clanique, pour les risques qui pourraient influencer le bien être de ma famille…de votre famille, car ce bien être est pour nous primordial.

Le gouvernement Français reconnais quatre types d'incidents majeurs:

1- Les incidents liés a des risques naturels.
Les risques naturels ont pour origine les conditions météorologiques, le climat ou la géologie. Ils peuvent se déclencher n'importe ou et n'importe quand, et être la cause de catastrophes naturelles entrainant des victimes et des dégâts matériels importants.
Avalanches, mouvements de terrains, canicules, cyclones, éruptions volcanique, feux de forets, grand froids, inondations, séismes, tempêtes…etc.

2- Les incidents liés a des risques sanitaires.
Les risques sanitaires sont ces menaces auxquelles est exposée la santé publique et qui peuvent soumettre la population a des mesures drastiques telle que la quarantaine (dans cette optique rarement discutée, il me semble important de cadrer nos stockes et nos préparations sur cette durée, c'est a dire 40 jours minimum)…en gros, c'est la pandémie quoi.

3- Les incidents liés a des risques technologiques.
Les risques technologiques sont liés a l'action humaine. Ils sont donc liés aux manipulations, au transport ou au stockage de substances dangereuses pour la santé et/ou l'environnement.
Les accidents industriels, les accidents nucléaires, les risques minier, la rupture de barrage, le transports de matières dangereuses...

4- Les incidents liés a des menaces majeures.
Les menaces majeures sont des dangers d'origine intentionnelle et malveillante. Les auteurs de ces actes visent la sécurité de la population, l'intégrité des institutions ou les activités économiques et sociales.
Cyber attaque, menaces terroristes...

Nous pourrions ajouter a cette liste d'incidents majeurs proposé par le gouvernement le vol, l'agression, les accidents de la route, le harcèlement sexuel, le car-jacking, la perte de l'emploi, les problèmes économiques, les pénuries, la raréfaction des ressources, la pollution…bref, tout ce qui pourrait, directement ou indirectement, influencer la qualité de vie de nos familles.

Si votre stratégie est de mettre le bien être et la sécurité de votre famille entre les mains [ pour la plupart ] dysfonctionnelles du système politique, administratif et économique de votre pays…c'est votre droit. Personnellement, je pense que cette stratégie est un mauvais calcul pour deux raisons principales:

1- La machine étatique peut ne pas avoir les solutions, l'effectif ou la structure morale requise pour résoudre le problème.

2- Totalement reléguer sa sécurité et la sécurité de sa famille a une entité externe a la cellule familiale est une aberration intellectuelle qui doit cesser.

De ma fenêtre, une famille avec un ou deux mois de nourriture et d'eau a la maison sera, dans le cadre d'un incident majeur, beaucoup moins un fardeau (et une menace) sur un système d'intervention d'urgence déjà surtaxé en temps normaux, et comme nous l'avons vu et le voyons encore, souvent incapable de surmonter les problématiques d'un événements catastrophique.

De ma fenêtre, une famille avec un petit jardin potager, des fonds d'urgence et une cellule familiale solide sera, dans le cadre d'un événement personnel, local, régional ou national bien plus résiliante, cohésive et a même d'aider ses voisins durant un incidents catastrophique qui déstabiliserai la normalité et le bon fonctionnement de nos systèmes de support.



Simplement, le survivalisme nous donne les moyens de devenir les acteurs de notre propre sécurité…de notre propre bien être.
Car ne soyons pas dupe, et n'inversons pas les mentalités…si les médias se confinent a un rôle purement basé sur la propagation de la peur et de l'angoisse, le survivalisme est lui d'une nature a proposer des solutions.



Cette idée de responsabilisation citoyenne dans le contexte d'un risque majeur n'est pas nouvelle, ou purement "survivaliste"…et l'idée que l'Etat, ou que nos gouvernements puissent ne pas avoir de solutions adaptées et/ou suffisantes pour telle ou telle problématique n'est pas une vision "anti-gouvernementale", au contraire !

Dans la philosophies des lumières, la protection des citoyens contre les accidents et les catastrophes se doit d'être l'une des fonctions de l'Etat. On retrouve d'ailleurs cette notion dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789:

Art. 2 - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont […] la sureté […].

Dans la déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU : 

Art. 3 - Tout individu a droit a la vie, a la liberté et a la sureté de sa personne.

Ces notions regroupent initialement la lutte contre les catastrophes naturelles, la sensibilisation et l'information du grand public, mais aussi l'organisation de la santé au quotidien, avec la formation de professionnels et la création de structures de soin accessibles a tous.
Cette notion a cependant pris une orientation particulière avec la modernisation de la guerre, et notamment les bombardements de la seconde guerre mondiale.

Aussi, la sécurité civile, la protection civile ou la défense civile, selon la terminologie des différents pays impliqués, prend une ampleur particulièrement importante dans la deuxième moitié du XXe siècle:

-Guerre froide et risque nucléaire.
-Multiplication des risques industriels (notamment les risques chimiques, les installations nucléaires civiles, la pollution etc).
-Multiplication des risques liés aux transports: accidents de la route, transports aérien, transports de matières dangereuses, radioactives etc.



Habituellement, la sécurité civile d'un pays comprend:

-Des secours publics: sapeurs-pompiers, hôpitaux…
-Un réseau permettant d'appeler ces secours.
-Un réseau de surveillance, qui va surveiller le risque de pandémie, les risques d'inondation, la sécheresse, la pollution, les risques radiologiques etc…
-Des associations de bénévoles (secourisme, aide humanitaire, aide sociale…).
-Des plans d'actions en cas de catastrophe, avec une gestion de la montée en puissance du dispositif: évaluation de la situation, renforts, sirènes pour prévenir la population, radio du service public pour maintenir informées les populations.

Quand bien même ces notions et ces dispositifs sont largement capables d'assurer la protection civile dans la plupart des cas…certains gouvernements (a la base le gouvernement Américain) ont réalisés que la résolution de tensions extrêmes a l'échelle locale, régionale ou nationale, devait inclure l'engagement physique et émotionnel du public pour optimiser l'impact des solutions misent en oeuvre durant une crise.



Le public, n'est des lors plus perçu par l'Etat comme un participant passif: un enfant qu'il nous faut "protéger", qu'il nous faut "sauver", car seul il est "incapable", mais bien comme un atout a part entière, comme une solution et non un problème…c'est a dire un citoyen.



Cette transformation du public passif en citoyen acteur de sa propre sécurité est largement facilitée aux Etats Unis par une tradition collective de cohésion nationale et de résilience, et aujourd'hui plus que jamais, la participation des citoyens en prévoyance d'une catastrophe majeur est totalement intégrée a la fabrique culturelle aux travers de slogans gouvernementaux et de publicités télévisées tels que: "Faites un plan, faites un kit, et restez informés."



Au travers de sites plus ou moins complets et pertinents, le gouvernement Français semble timidement intégrer la notion qu'un citoyen acteur de sa propre sécurité, de son propre bien être, puisse être largement plus bénéfique a la santé du pays, a la fabrique sociale, qu'un public totalement démuni et dépendant des systèmes d'interventions, et plus largement du bon fonctionnement de "la machine". 

Ce pas timide vers la responsabilisation du collectif, vers la transformation du public en citoyen responsable et acteur de sa propre sécurité, est la conséquence d'un Etat qui se doit de réaliser ses limites devant l'ampleur de certains risques, et devant l'intensité de certains incidents comme ceux de Fukushima au Japon, du raz de marrée en Indonésie, de l'effondrement de l'économie en Argentine, de la guerre civile en Bosnie, du tremblement de terre a Haiti ou encore de l'ouragan Katrina aux Etats Unis.

La préparation, la construction de kits, la mise en place de plans, l'anticipation, la responsabilisation a l'échelle individuelle, familiale ou clanique…sont aujourd'hui des notions et des démarches encouragées par nos gouvernements, prouvant que le survivaliste n'est pas d'un rapport au monde farfelu et psychologiquement douteux, mais bien d'un rapport au monde qui s'applique a la réalité dans sa nature la plus pragmatique et percutante.