jeudi 19 juillet 2012

L'EDC de Loïc



Si certains peuvent comprendre l'EDC comme une panoplie de gadgets plus ou moins utiles, plus ou moins adaptés, il devient évident en découvrant l'EDC de Loïc que cette mise en place est avant tout une organisation personnelle, et non une soumission quelconque a la vaste campagne de consumérisme compulsif qui définirait notre époque.

L'univers de l'EDC est vaste. Que nous soyons sapeur pompier ou diabétique, mère de famille ou bagagiste a Orly, nos EDC reflètent des besoins particuliers, et les outils portés sont alors bien plus qu'une simple expression d'anticipation éparpillée au fond d'un sac, mais bien la fondation d'un système qui tend parfaitement a nos besoins quotidiens. 



Mon EDC est adapté à ma situation géographique et personnelle. J'habite à Seattle, dans une zone où il y a des tremblements de terre. De plus l'année dernière on m'a diagnostiqué une leucémie, j'ai été traité en recevant une greffe de moelle osseuse, et je suis convalescent et immunosupprimé.


Mon EDC à 3 buts:

- Fournir des options de self-défense, de façon très profil bas. Je suis dans un pays qui donne plus de liberté pour la protection personnelle qu'en France, mais je ne connais pas bien toutes les lois et la dernière chose que je souhaite est d'avoir un problème avec les autorités. De plus je souhaite pouvoir le porter à l'identique en France ou dans un autre pays, d'ou mes choix. Vu les évènements (5 morts par balles à 500m de chez moi), je pense au port d'arme, mais je considère que l'on ne peut porter que quand on est bien entrainé, ce qui n'est pas mon cas. J'y travaille. Je suis de toute façon convaincu que l'attention fait 90% du boulot. 

- Fournir des options en cas de catastrophe, que cela soit un accident de voiture ou un tremblement de terre. Le but est de me permettre de me donner le temps de regagner mon domicile. J'ai de toute façon trop de médicaments pour pouvoir avoir sur moi une provision pour plus qu'une journée.

- Subvenir à mes besoins de convalescent au jour le jour et aux risques de la vie quotidienne (pour moi, le soleil est un danger, par exemple).


Il se compose de deux parties: ce que j'ai toujours sur moi et ce qu'il y a dans mon "sac à main".
Dans les diverses poches j'ai en permanence:

- Un couteau suisse Rescue-Tool. Très bien conçu, je n'aime pas spécialement les serrations sur la pointe, mais il a l'avantage d'être tout sauf menaçant en jaune fluo. Je l'envisage plus comme un outil de percussion.
- Mes clés avec une LED et un sifflet.
  • - Mon portefeuille avec 20$ de cash, papiers et cartes plastifiées qui expliquent la procédure à suivre si j'ai un problème de santé (numéros à contacter, hôpital à contacter, le type de sang à me donner…).
  • - Mon iPhone (que je n'aime pas spécialement comme téléphone d'urgence, rapport à la durée de vie de la batterie). Les numéros d'urgence sont en raccourcis, et le contrôle vocal est configuré pour appeler facilement certains contacts.
  • -Une lampe de poche. C'est une copie de la Fenix LD10, mais bien moins chère (10$). Surement moins bien, mais à ce prix, je m'en fout si je la perd. Je ne suis pas super fan de son coté tactique, j'aimerais la même en rose sans les picots. Ça ferait presque aussi mal en impact tout en passant inaperçu.



Mon "sac à main" est un sac que j'emmène partout dès que je sors chez moi. Il est particulièrement conçu pour parer à tout oubli de ma part en ce qui concerne ma convalescence. En temps utile, pour des petits déplacements, je ne m'encombrerais pas autant, mais dans ma situation, je me sens plus libre si je sais que j'ai toujours le minimum sur moi. Le but est aussi de pouvoir me supporter 12h si pour une raison ou une autre, je ne peux pas rentrer chez moi. 
Le sac, tout d'abord, est un sac Alchemy Goods, fait en matériaux recyclés (chambres à air de vélo, etc). Il est un peu lourd, n'est pas donné, mais est écologique, garanti à vie (dans mon cas, ça ne les engage pas à grand chose, ahah!), ultra résistant et bien sur complètement imperméable. Et il a un look d'enfer, à mon avis. J'adore.

Dedans il y a toujours:

  • - Du gel désinfectant pour les mains, en double (parce que deux c'est un, etc, etc). Nécessaire pour quelqu'un d'immunosupprimé.
  • - De la crème solaire, naturelle (à base d'oxyde de zinc et d'oxyde de titane). Je n'ai pas le droit de sortir sans crème, rapport à la radiothérapie.
  • - De la crème qui repousse les insectes. Je vais beaucoup au parc, pas envie de me faire piquer.
  • - Une casquette en toile, peu encombrante, pour la même raison que la crème solaire.
  • - Un tour de cou en laine: j'ai facilement froid, même en été et c'est plus compact qu'une écharpe.
  • - Un bandana, avant c'était pour protéger mon crâne tout chauve, maintenant c'est juste que ça sert à plein de trucs.
  • - Une gourde de type platypus, pas complètement remplie pour rester relativement plate (pas sur la photo, elle est au lave vaisselle).
  • - Un sac réutilisable, ça peut servir à plein de trucs, et les sacs plastiques c'est vraiment une pollution dispensable. C'est surement ce dont je me sers de plus dans cet EDC.
  • - Un feutre. 
  • - Des kleenex.
  • - Mon kit de premier soin.
  • - Une compote ou barre proteinée.


Le kit de premier soin contient les éléments suivants:

  • - Des ziplocs et des élastiques.
  • - Des masques de chirurgien (que j'utilise régulièrement quand il y a trop de monde aux magasins, pour moi ce n'est pas en cas de, mais utile au quotidien).
  • - Des gants en vinyle.
  • - Des pads d'alcool.
  • - Une seringue avec du scotch médical enrobé autour.
  • - Des pansements (il me manque une grosse compresse).
  • - Un briquet.
  • - Un cyalume.
  • - Un firesteel.
  • - Un autre feutre.
  • - Du quickclot.
  • - Un pilulier avec des médicament, détailler ce qu'il y a dedans n'est pas forcément utile vu qu'il y a pas mal de médocs concernant le traitement de la leucémie, en plus des essentiels (aspirine, benadryl, truc contre la diarrhée et la constipation...). 



Loïc 





samedi 7 juillet 2012

Le plan d'évacuation - étude et projection




Les raisons pouvant nous pousser a mettre en oeuvre l'évacuation de notre domicile sont multiples: incendies, contaminations chimique de l'environnement, tremblements de terre, inondations, pertes structurelles du domicile, tempêtes, émeutes, fuites de gaz, accidents nucléaire…ces menaces, plus ou moins sévères, plus ou moins probables et dramatiques sont bien réelles, et chaque année, des millions de familles sont déracinées et forcées d'abandonner la stabilité et la sécurité physique mais aussi psychologique qu'offre "la maison".

Un évacué repère sa maison pour les pompiers.

Dans la plupart des cas, ce déracinement est provisoire et très facilement géré…surtout si la normalité ambiante et alentours n'est pas affectée par l'événement, et qu'il est toujours possible d'atterrir chez un parent proche ou a l'hôtel pour quelques jours…

La préparation, physique, psychologique et logistique de l'évacuation, même si simple et rapide a mettre en place, est pourtant rarement entreprise par la majorité des citoyens.
Cette lacune est alarmante, car un simple plan d'évacuation familiale est, a lui seul, d'une multitude d'avantages.

Un plan d'évacuation permet principalement de conserver calme et confiance. Cet état d'esprit, surtout pour les familles nombreuses et avec des enfants, permet de maintenir la cohésion psychologique de la famille, de ne pas céder a la panique, a l'hystérie ou a la colère, et nous sommes ici capable d'agir calmement, rapidement et efficacement: chaque individu est en pleine possession de ses moyens.

Pouvoir faire face a un effondrement de la normalité et évacuer dans ces conditions est optimal. 





Le plan d'évacuation doit être construit simplement, et reposer sur trois axes complémentaires.

1- Le plan.


Le plan d'évacuation est l'axe le plus important.
Sous sa forme la plus expéditive, c'est le plan d'évacuation que nous pouvons retrouver accrocher dans nos immeubles de travail ou de résidence, dans nos avions, dans nos trains, dans nos bateaux, dans nos écoles, dans nos hôpitaux…

Ces plans nous indiques simplement la conduite a tenir lors d'une urgence.

Sous sa forme la plus complexe, notre plan d'évacuation familiale peut être découpé en plusieurs étapes que nous allons explorer en video:

a) Etude et projection.
b) Définition des rôles et contrat.
c) Evacuation Rapide/expéditive.
d) Les points de chute rapprochés, et éloignés ( PCR /PCE)




2- Le sac d'évacuation.


Le sac d'évacuation ne prime pas sur le plan.
Le geste ultime est ici de préserver la vie. Si le sac peut être emporté, c'est un plus…mais ce système ne devrait pas gêner, ralentir ou interdire la fuite.


Si la situation le permet…le sac d'évacuation est un outil fantastique a posséder.
Comme nous l'avons vu récemment en Italie lors des tremblements de terre, ou dans le Colorado avec l'évacuation de plus de 50 000 personnes pendant les incendies de foret, les familles déracinées auraient grandement appréciées quelques outils familiers, un peu d'argent, leurs papiers d'identité, de l'eau, de la nourriture, et de quoi réguler leur température, soit un minimum d'indépendance.


3- Le kit de survie.


Le kit de survie est un sac d'évacuation sous stéroïdes.
Cet élément, selon sa taille et son amplitude, est donc gouverné par le bon fonctionnement de nos moyens de transport traditionnels: campings car, voitures, motos, vélos, poussettes: c'est le principe de l'escargot.



Sa portée, tant dans la fonction que la durée…nous offre une autonomie et une indépendance beaucoup plus conséquente que le sac d'évacuation.

Comme nous l'avons vu durant l'effondrement des systèmes de support de la Nouvelle Orleans avec l'ouragan Katrina…ce système est parfait pour une évacuation plus "traditionnelle", ou nous avons le temps de mettre en place une évacuation dite "lourde".

Mais ces kits peuvent aussi être placés sur nos points de chute a l'avance, et nous offrir la possibilité d'évacuer plus légèrement et donc plus rapidement, car encore une fois, l'évacuation ne devrait jamais être synonyme d'errance ou de vagabondage aléatoire, mais bien de partir d'un point A (notre domicile), et d'aller vers un point B (nos points de chute): devenir des réfugiés n'est pas une option pour nous.




Pour en savoir plus:











dimanche 1 juillet 2012

Le syndrome de Bayard.



Parler de défense personnelle est toujours compliqué et délicat. Nous essayons, modestement, Volwest en tête, d’alimenter votre réflexion en évoquant nos parcours personnels et le cheminement qui nous a amené à faire certains choix, en l’occurrence celui de posséder des armes à feu.
Les sujets que nous abordons naissent de nos discussions, de nos échanges, et la rédaction des articles est confiée à celui dont la sensibilité, l’expérience ou les compétences confère une certaine légitimité, mais toujours en étroite collaboration et sous le contrôle de Volwest.
Comme vous l’imaginez, la rédaction de ces articles nécessite un certain travail, la difficulté n’étant généralement pas au niveau du fond ( nous avons les compétences ), mais plus au niveau de la forme. Car, tout en étant scrupuleusement honnête, il faut rester suffisamment « soft » pour amener le plus grand nombre à entamer la réflexion que nous souhaitons initier.
La lente maturation de ces articles a pour conséquence directe un certain décalage entre le moment de leur rédaction et leur apparition sur le blog, et tel est le cas du « Syndrome de Bayard ». Ainsi, il arrive parfois que l’actualité vienne télescoper des sujets définis depuis plusieurs semaines.
Les articles du blog commentent rarement les faits d’actualité, car Volwest privilégie les articles de fond. Et cela doit rester la règle. Pourtant, en moins de 10 jours, trois faits divers dramatiques méritent toute notre attention au regard de ce qu’ils peuvent nous apprendre. Il s’agit, le 19 juin, du meurtre de deux femmes gendarmes à Collobrières, dans le Var ; du meurtre de Killian, étranglé le 24 juin à Rennes ; et enfin, le 28 juin, du meurtre des deux militaires du 9 ° RIMA en Guyane.
Chacun pourra aisément s’informer sur le déroulement exact de ces faits, nous ne reviendrons pas dessus. Comme je l’ai dit, leur analyse sera des plus profitables pour ceux qui souhaitent comprendre le monde dans lequel nous évoluons. Sans entrer dans les détails, par respect pour les victimes et leurs familles, nous pouvons juste souligner l’extrême violence, l’absence totale de pitié et de discernement dont ont fait preuve les auteurs de ces gestes. Et je ne suis pas sur qu’un contexte dégradé viendrait modérer des individus qui se sont d’ores et déjà affranchis de toute limite.
J’ai raccroché l’uniforme il y a déjà pas mal d’années, mais je reste solidaire de tous les serviteurs de l’Etat. En dépit des alternances politiques et idéologiques, en dépit de la bonne santé de la machine, ils essaient de faire vivre ce rêve: que la raison de certains, souvent axée sur la force et la violence, ne soit pas toujours celle qui prévale ! Ils essaient et parfois ils échouent. 
Croyez-moi sur parole, je suis bien conscient des carences de notre système de protection. C’est d'ailleurs sur moi que je compte essentiellement pour assurer la première ligne de défense de ma famille. Mais je sais aussi que nos policiers, nos gendarmes et nos militaires, ne sont pas les seuls responsables de la faillite de notre politique de sécurité publique, et je leur rend hommage lorsqu’ils sacrifient tout au service de leur idéal. Les morts dans leurs rangs sont sans doute plus fréquents que vous ne le pensez.
Aujourd’hui plus que jamais, il faut savoir poser un regard froid, intelligent, objectif, et dénué de tout angélisme, sur des problématiques qui risquent fort de devenir centrales dans nos vies futures.
Mais il ne faut pas non plus céder au découragement ou a la peur, notre environnement sera ce que nous en ferons. Avec du sérieux, du travail, de la curiosité et de l’humilité, vous pourrez acquérir de réelles compétences dans le domaine de la défense personnelle.


Décider d’agir, c’est commencer à réussir.
Le syndrome de Bayard.
Pierre du Terrail, seigneur de Bayard, est un chevalier français dont les exploits se déroulent à la fin du 15e et au début du 16e siècle. Figure légendaire de l’histoire de France, c’est son compagnon d’armes, Jacques de Mailles, qui contribue grandement à bâtir sa légende en le qualifiant, dans le titre de la biographie qu’il lui consacre, de « gentil seigneur de Bayard, le bon chevalier sans peur et sans reproche. »
Doté d’un courage peu commun, on se souvient surtout de la défense du Pont de Garigliano où, vêtu de son simple pourpoint, il protège le repli de ses compagnons en contenant seul, l’armée espagnole contrainte de présenter un par un ses soldats face à lui, sur l’étroit pont provisoire jeté sur des barques.
Mais j’arrête là cette courte évocation que chacun pourra compléter de recherches personnelles, pour aborder un autre aspect de la personnalité de Bayard, quelquefois méconnu, à savoir sa profonde aversion pour les armes à feu. 
En effet, voilà les paroles qu’on lui prête : « C’est une honte, disait-il, qu’un homme de cœur soit exposé à périr par une misérable friquenelle dont il ne peut se défendre». La dite friquenelle faisant référence à une personne s’habillant de manière élégante; c’est une allusion directe à l’uniforme des arquebusiers.


L’évocation de ses paroles ne sera pour moi que le point de départ des quelques réflexions que je voulais vous livrer. Elle n’a pour intérêt que de signaler que le débat sur les armes est aussi vieux que l’invention de la poudre.
Certains s’interrogent pourtant, en toute bonne foi, sur la pertinence d’intégrer à leur système une arme à feu. C’est à ceux là que je m’adresse. Les propos du Chevalier Bayard, dont je ne doute pas de la sincérité, véhiculent certaines idées auxquelles nous pourront opposer quelques critiques légitimes, surtout si nous sortons du cadre spécifique des champs de bataille traditionnels.
Idée N°1 : Introduire des règles dans l’affrontement.


Penser que l’on puisse intégrer et respecter des règles dans un combat pour sa survie est non seulement illusoire, mais encore profondément dérangeant.
Effectivement, quelles sont les activités régies par des règles : essentiellement les jeux et les sports. Or, qui pourrait croire que lutter pour protéger sa vie ou la vie de ses proches, et donc envisager par conséquent de prendre celle de son adversaire, puisse relever de ce cadre là ?
Celui qui envisage d’agresser, dans un but de prédation ou de soumission, mettra tout en œuvre pour s’assurer le succès : supériorité numérique, physique et/ou psychologique, surprise, armement etc. 
On peut regretter cet état de fait, être dans le déni, cela n’en demeure pas moins une réalité.


Défendre son droit, autorise donc la mise en œuvre de tout moyen de victoire ; elle l’autorise et même l’exige, car le droit doit triompher, en dépit de l’avantage substantiel dont jouissent ceux qui s’affranchissent de toute règle.
Par le terme « droit », on entend ici la légitimité d’une position au regard de l’ensemble des règles et des lois qui régissent les relations humaines dans une société civilisée. Le droit total et englobant tel que défini dans l’expression « Etat de droit ». Le droit général et inaliénable comme, par exemple; défendre sa vie, protéger du vol ses biens dûment acquis, ou encore résister à l’enrôlement de force.
Idée N° 2 : Les possesseurs d’armes à feu sont des lâches.


Le chevalier Bayard, s’il était contre les armes à feu, n’en allait pas moins au combat équipé de quelques « ustensiles » tels que hache ou masse d’arme, lance, épée et poignard. Et s’il trouvait lâche de tirer quelques coups d’arquebuse, il lui semblait assez courageux de fracasser le crâne d'un paysan que l’on avait arraché à son champ 15 jours plus tôt, que l’on avait sans doute affublé d’une gamelle en guise de casque, et qu’on avait pareillement équipé d’une arme inadaptée à sa morphologie et son manque d'entrainement. Evidemment, vu sous cet angle, la notion de courage devient toute relative, tout comme la notion d'honneur.


Comme je l’ai déjà dit plus haut, je ne doute absolument pas du courage de Bayard. Je voulais juste souligner l’éventualité qu’il ait pris part à des combats où son adversaire n’avait peut-être pas non plus toutes ses chances.
Ensuite, arquebuse ou pas, on meurt très bien de quelques coups de barre de fer à la tête. Je réfute l’idée qu’il existerait une manière « noble » d’occire un adversaire. Et je ne crois pas que le courage ait quelque chose à voir là dedans.
Le courage, selon moi, est celui du père ou de la mère de famille qui, assumant pleinement son rôle de défense des plus faibles dont il ou elle a la charge, met tout en œuvre pour leur offrir une protection réelle, en cohérence avec sa situation et donc adaptée. Car, objectivement, déléguer à la gendarmerie ou à la police la protection de ma famille, équivaut chez moi à renoncer à toute protection : la gendarmerie la plus proche est à 45 mn en voiture.


Cela me permet, d’ailleurs, d’ouvrir une rapide parenthèse. Lorsque j’évoque l’incapacité des forces de l’ordre à intervenir dans un délai raisonnable, pour neutraliser tout danger vous menaçant directement et maintenant, je parle d’un état de fait actuel. C'est a dire dans un contexte normal, sans effondrement particulier de la normalité et sans inflation soudaine des demandes d’intervention.

J’insiste sur ce fait, car le reproche qui nous est souvent adressé selon lequel nous nous préparerions à je ne sais quelle apocalypse est très largement faux. La plupart du temps, nous œuvrons simplement à nous prémunir des défaillances d’un système qui, au-delà de sa fragilité évidente, n’arrive juste plus à faire son job en temps normal.


Comme Volwest le répète si souvent, notre survivalisme à nous consiste essentiellement à travailler notre indépendance, dans ce monde ou la moindre panne, la moindre grève, la moindre inondation, nous laisse fragiles et démunis.
Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos arquebuses…
Idée n° 3 : Les opposants aux armes à feu travaillent à l’intérêt général.


Là encore : Syndrome de Bayard.
La plupart des hommes que je connais et qui sont opposés à la possession d’armes à feu sont ceux dont le physique leur garantit un avantage certain dans le combat. Enfin, cela reste théorique, car il reste quand même du choix pour rétablir l’équilibre, même sans arme à feu.
Ils ne prêchent donc pas pour l’intérêt général, mais bien pour conforter l’avantage que leur procure leur quintal de muscles sur toutes les friquenelles alentours, sur tous les « plus faibles » de nos sociétés : femmes, enfants, vieillards, malades. Et, accessoirement, sur tous les hommes qui ont consacré plus de temps à leurs études qu’à leurs séances de musculation ou de Krav, à savoir nos médecins, nos ingénieurs, nos historiens, nos philosophes, nos architectes etc…
Si détenir une arme à feu ne garantit pas le succès, il suffit néanmoins de faire preuve de détermination, de responsabilité et de discernement ( juger de ce qui est acceptable ou non ), pour avoir une influence déterminante et juste sur notre environnement, et ceci indépendamment de notre gabarit.


L’arme à feu reste donc l’outil d’émancipation le plus efficace pour “les faibles”, il leur permet de ne pas subir la loi du plus fort, la loi de la bande, et l’intérêt général est justement qu’un maximum d’armes permette à un maximum de gens responsables, concernés, intelligents et honnêtes de faire entendre leur voix, et d'affirmer leur conscience.
Car, là encore, laissé croire qu’une société sans armes serait plus sure, ne résiste pas à l’épreuve des faits. Dans ma campagne, objectivement, 80 % des gens sont armés. Entre les chasseurs et les tireurs occasionnels ( renards, ragondins, taupes etc…), plus de 50 % savent très efficacement utiliser leur arme.
Croyez-vous que l’on se sente en danger ? C’est exactement l’inverse ! Ici, personne ne vous manque de respect, ici, personne ne vous monte dessus en voiture, ici, celui « qui parle fort » comprend vite où se trouve la limite.
CONCLUSION


S’il fallait, d’une seule image, résumer tout le propos de cet article, j’utiliserai cette analogie souvent développée, mais qui me semble si juste. A savoir que l’arme à feu est au niveau personnel et individuel, ce qu’est l’arme atomique au niveau d’une nation : L’assurance pour l’agresseur, et ceci quel que soit sa taille ou sa force, que le prix à payer sera si élevé qu’il vaut peut-être mieux tout simplement renoncer à l’agression.
Vous l’aurez compris, je suis un fervent partisan des armes à feu. Je ne pourrais que vous encourager à vous donner cette possibilité d'agir efficacement sur votre environnement. Sachez néanmoins que si l’arme à feu est un outil formidable, cet outil demande à être apprivoisé. Récupérer le fusil du grand-père avec une dizaine de cartouches n’a que peu d’intérêt. 
Si l’arme à feu vous intéresse, rendez-vous dans un club de tir ou de ball-trap, car sans entraînement vous n’atteindrez aucun des objectifs que vous vous êtes fixés.
Vous rencontrerez là des gens sans doute très différents de l’image que véhiculent les médias. Et pour vous Mesdames, désolé mais pas beaucoup de Clint Eastwood, de Russell Crow et autres Daniel Craig. Juste des gens normaux, souvent passionnés par leur discipline, et qui auront sans doute beaucoup à vous apprendre.
Et oui, car la loi française vous permet, assez facilement quoi qu’on en dise, de pratiquer le tir ou la chasse et de posséder des armes. User de ce droit, c’est le protéger. Les chasseurs, beaucoup plus nombreux que les tireurs sportifs, font l’objet d’infiniment moins de tracasseries administratives, et cela avec des armes pourtant souvent beaucoup plus puissantes. C’est la loi du nombre : ils constituent un électorat à ne pas négliger ! Par contre, le tireur sportif aura accès aux armes de poing (avec un peu de délai), ainsi qu’à toutes les armes de chasse (immédiatement à l’obtention de sa licence de club).

Le deuxième objectif de cet article est de vous inciter à l’émancipation.
L’émancipation intellectuelle, et la capacité à découvrir les enjeux qui se cachent derrière tel ou tel débat sont aujourd’hui indispensables pour qui souhaite reprendre pleinement le contrôle de sa vie. Appliquez vous sans cesse à poser un regard critique sur l’information à laquelle vous accédez, y compris en terme de survivalisme, car même sur certains forums réputés, le pire côtoie le meilleur.
Quand Volwest vous parle de la Mosin, il vous parle d’un concept, pas d’une arme. Quand je vous parle du parapluie de l’Abbé, je vous parle essentiellement de détournement d’objet, d’anticipation et d’adaptation. OK, je ne peux pas me promener en ville avec une batte de base-ball sur l’épaule, avec quoi je remplace ? Parapluie, raquette de tennis, flûte traversière ( la béquille c’est déjà pris ) ?
Bref soyez malins, soyez lucides et surtout soyez absolument imperméables au discours moralisateur et culpabilisant du politiquement correct. Ayez confiance en votre jugement, en votre capacité d’analyse. Vous seuls êtes en mesure d’évaluer le milieu dans lequel vous évoluez ou ce qui est bon pour vous. Elaborez vos propres solutions, faites-les évoluer dans le temps, formez-vous. Bref, vivez votre vie, ne la subissez pas.
Et quand un gros balaise vient vous expliquer que les armes ça ne sert à rien et que ce n’est pas bon pour vous ou "l'intérêt général", pensez à Pierre du Terrail, Seigneur de Bayard.
« Dieu créa les Hommes, Colt les rendit égaux. »
Cette phrase n’a jamais été aussi vrai.
L’Abbé.
P.S. : Bayard est mort le 29 avril 1524, mortellement blessé d’un coup d’escopette ( sorte d’arquebuse ) qui lui rompit les vertèbres. L’évidence finit toujours par s’imposer.