jeudi 29 mars 2012

Le Cold Steel Bushman




Nous allons aujourd'hui parler d'un produit Cold Steel qui, en quelques années, s'est imposé dans le monde du survivalisme/bushcraft comme un incontournable. En effet, au même titre que la pelle CS ou que son petit frère le pocket bushman, le Bushman apparaît régulièrement dans les kits de ceux qui travaillent à leur indépendance.

Nous allons voir ensemble ce qui a fait le succès de cet outil et quelle peut être sa destination. Mais avant cela, j'aimerais dire quelques mots à propos de Cold Steel.
Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler ici, Cold Steel ne laisse personne indifférent. Lynn Thompson, son moustachu PDG, a fait le choix d'un marketing très agressif, et ça commence par le slogan maison : " Cold Steel, les couteaux les plus solides et les plus affutés du monde ".

Ajoutez à cela quelques vidéos de découpage, en règle, de têtes de cochons pendues à des crochets de boucher et on est assez proche de l'overdose. En tout cas, on se dit que ce marketing est peut-être plus adapté au marché U.S. qu'au marché européen.

Seulement voilà, ça reste du marketing, et si l'on n'en fait pas abstraction, on risque fort de se laisser influencer, voire de se faire manipuler… Les commentaires passionnés que l'on peut lire sur certains forums au sujet de la firme de Ventura, Californie, s'éloignent souvent des produits, pour ne s'intéresser qu'à des questions annexes, qui viennent polluer le débat et l'idée que pourrait vouloir se faire, à juste titre, quelqu'un qui découvre cette marque.

Alors Cold Steel aujourd'hui, c'est quoi ?
ColdSteel c'est l'innovation. 
Innovation technique d’abord, avec par exemple le système de verrouillage de ses pliants TRI AD LOCK, sans doute un des meilleurs locks du monde. 

Innovation aussi dans les produits proposés: couteaux fixes et pliants, machettes, Tomahawk, lances, sabres, push daggers, haches, cannes, battes, sprays etc…aucun fabricant n'a un tel catalogue et celui-ci ne cesse de s'étoffer. Ce choix, il vous est offert à vous. On peut considérer que c'est du business, mais on peut aussi considérer que c'est ça le vrai respect du client : essayer de répondre à ses attentes.
Cold Steel c'est un rapport qualité/prix imbattable.
Pour illustrer ce propos, j'aimerais simplement évoquer deux produits dont le seul point commun est le prix (moins de 30 Euros), tant leurs caractéristiques les séparent. 

Tout d'abord le mini tuff lite, sans doute un des meilleurs EDC urbains du moment, ensuite le Magnum Kukri machette, un outil de plein air avec un gros pouvoir de coupe. Je ne vous en dis pas plus, il sera facile, si vous le souhaitez, de vous renseigner sur ces deux produits. Car au milieu il y a le Bushman, et c'est lui notre vrai sujet du jour…
Le BUSHMAN : Présentation


Dés le premier contact, le Bushman révèle ses qualités premières : simplicité, efficacité et robustesse.
La simplicité dans la fabrication d'abord, puisqu'il est constitué d'une seule pièce d'acier au carbone SK 5, travaillée de telle sorte que la feuille vient s'enrouler dans le prolongement de la lame pour constituer le manche. Ce manche est creux et légèrement conique, puisqu'il fait 30 mm de diamètre à son extrémité (25 mm intérieur), pour 24 mm à la jonction avec la lame (19 mm intérieur). Simplicité aussi dans les lignes. Avec un dos de lame parfaitement rectiligne et des proportions généreuses, il est esthétiquement réussi, ce qui a sans aucun doute contribué à son succès.
L'impression d'efficacité tient essentiellement dans sa dimension générale : avec 31 cm de long le Bushman n'est pas un petit couteau. Sa lame de 18 cm fait 4 cm au plus large pour une épaisseur constante de presque 3 mm. L'affûtage est rasoir, comme toujours chez Cold Steel.

De gauche a droite; "seven" de Tony Lopes, RAT3, Mora Classic, Bushman, RAT7.
Enfin, l'impression de robustesse est renforcée par l'utilisation de cet acier SK 5 qui, s'il demande à être bien entretenu, est particulièrement souple, comme le démontre les nombreux tests que l'on peut voir sur le net. Ainsi en condition extrême cette lame pliera peut-être légèrement, mais au moins elle ne cassera pas.


Le BUSHMAN : Destination


Sur l'excellent blog "A couteaux tirés", un lecteur pose la question : le Bushman est-il le couteau de survie "ultime" ? Malgré tout le bien que je pense de cet outil, ma réponse est non, car le Bushman a deux défauts majeurs.
Le premier est sa légèreté. Avec moins de 300 gr, le Bushman, qui n'a pas l'inertie d'une machette, ne permet pas des coupes à la volée très puissantes. Je ne dis pas qu'il en est incapable, je dis juste qu'il n'excelle pas dans ce domaine.

Bushman: 288gr.   /   RAT7: 376gr.
Notons cependant que si son manque de poids est un désavantage pour certaines taches, ce "défaut" rend ce système extrêmement agréable a porter, surtout si le poids est une considération importante pour votre paquetage.
Pouvoir embarquer dans son sac de randonnée ou son sac d'évacuation une lame robuste de 18cm pour 288 gr. et moins de 30 Euros reste du jamais vu !
Le second est l'absence totale de garde. Vous aurez beau l'habiller de paracorde, d'antidérapant de toute sorte, avec les mains poisseuses ou un manche plein de boue, je ne m'amuserais pas à piquer un sanglier au cœur, quand les chiens sont au ferme ! Bien sur, on peut assurer sa prise en main par un cordon passé dans le trou du manche, mais ça signifie que le couteau n'est pas disponible immédiatement pour porter un coup d’estoc.

Traitement du manche a la chambre a air de vélo.
Alors le Bushman est-il une déception ? Je ne le pense pas car selon moi, le Bushman n'est pas un couteau, c'est un fer d'épieu. 

En effet, les deux défauts majeurs que nous venons d'évoquer disparaissent si on le monte sur un manche. 
On éloigne ses doigts d'une lame extrêmement efficace, on gagne en puissance de perforation, en allonge, et on acquiert un outil qui prend sa pleine dimension: une lance.

 Pour combattre de loin, achever un animal dans un piège, pour couper en hauteur ou déloger un fruit dans un arbre, harponner un poisson, et que sais-je encore, il n'a pas d'équivalent sur le marché…surtout a ce prix.

Une vis a oeil permet une fixation sur le terrain du couteau a une branche a l'aide d'un bout de bois par exemple...ne pas avoir besoin d'un tournevis est un plus.
CONCLUSION
Vous l'aurez compris, le Bushman de Cold Steel nous ramène à cette question, tout à fait centrale, qui est de déterminer avec précision le champ d'action d'un outil. 
Il est de notre responsabilité d'évaluer au plus juste le job que peut faire le système sollicité. Ignorer cela, c'est aller, au mieux, au devant de grosses déceptions.

Pour ma part, j'ai intégré ce produit dans mon matériel, mais j'ai également pris le soin, au calme, de lui confectionné un manche qui me convient, ainsi qu'une vis à penture pour le bloquer. 
Pour ceux qui habitent la campagne, les fleurs jaunes qui sont apparues début mars sont celles du cornouiller. Sa floraison précoce, une des premières en forêt, permet de l'identifier à coup sur. Ce bois est exceptionnel pour fabriquer des manches, aussi n'hésitez pas à repérer aujourd'hui ce que vous irez prélever à l'automne, à sève descendante. Ce bois étant précieux, veillez cependant à ne prélever que le strict nécessaire.
En résumé, pour un prix ridicule (on aura pas peur de l'utiliser et même de le perdre), le Bushman vous rendra de grands services et je ne peux que vous en conseiller l'achat. Il est parfait pour une caisse de décentralisation, pour le kit voiture, le sac d'évacuation ou pour une excursion ou le poids est un facteur incontournable.


Pour ce qui est du "couteau de survie ultime", si tant est qu’il existe, nous vous donnerons bientôt, avec Volwest, quelques pistes de réflexion, mais le budget risque d'être un tout petit peu plus élevé.

La Force soit avec Vous.
L'Abbé.









dimanche 25 mars 2012

Une introduction a la défense active du domicile : les 3 attaques.




Les conséquences d'une rupture de la normalité (pénuries, inflation massive, catastrophe naturelle, guerre, pandémie, troubles sociaux etc.), condamnerons la plupart d'entre nous au manque…et il est important de comprendre ici ce que cela implique pour la sécurité physique et psychologique de nos familles.

Dans un monde ou les systèmes de supports ne fonctionnent plus; eau courante, électricité, information, santé, protection civil, tout a l'égout, distribution, fabrication, maintenance et entretient…la plupart d'entre nous serons sans réponses et totalement démunis face a l'immensité des taches a accomplir pour maintenir la vie, mais aussi et peut être surtout, complètement horrifié par la nature des décisions et des responsabilités inhérentes a l'urgence.

La sphère la plus délicate et complexe qu'il nous faudra peut être confronter de plein fouet lors d'une rupture de la normalité, sera sans aucun doute la défense active de notre famille.



Dans une situation difficile et imprévue, c'est a dire quand le besoin (faim, soif, froid, malade…) gouverne nos comportements, des groupes plus ou moins importants, organisés et désespérés, comprendrons la survie comme une fatalité ne pouvant être axée que sur la force et non sur la réciprocité ou l'entraide.


Dans ce climat, et sous ces "nouvelles lois", le survivaliste devra non seulement penser a la protection passive, mais aussi penser a tous les protocoles inhérents a la défense active du foyer.


Si la mise en place de méthodes et tactiques passives comme les Systèmes d'Interdiction de Zone (S.I.Z. - plans d'eau, buissons épineux, palissades, barrières…) ou les Systèmes d'Alerte Précoce (S.A.P. - alarmes, chiens, gravier, sentinelles…) pour la protection de notre domicile, et donc de notre famille, reste une démarche primordiale pour prévenir, ralentir, dissuader ou même empêcher l'accès a nos proches et nos ressources vitales, il n'en est pas moins probable que pendant ou après un effondrement de la normalité nous aillions a faire face a des individus ou des groupes voulant s'approprier, par la force, certaines ressources devenues rares: énergie, nourriture, matériel, armes a feu, points stratégiques, informations, médicaments…etc.

Quand bien même l'articulation dominante de cette sphère pourrait sembler intrinsèquement militarisée dans les termes et les tactiques employées, nous n'avons pas besoin ici de connaissances militaires pour comprendre les enjeux et les techniques abordées sur ce thème.



Avant de pouvoir planifier, avant de pouvoir mettre en place certains protocoles et de penser a l'organisation plus ou moins complexe de la défense active de notre domicile ou de notre B.A.D., il nous faut dans un premier temps comprendre les 3 principales attaques.


1- L'attaque Frontale.


L'attaque frontale (AF) se caractérise par l'assaut direct de toutes les forces attaquantes sur un point déterminé et unique.

Cette attaque est généralement concentrée sur un point d'accès offrant une vulnérabilité parfois symbolique comme la porte d'entrée par exemple…même si celle-ci présente parfois le plus de résistance et de potentiel défensif (porte blindée, entonnoir...).

L'attaque frontale est la plus dangereuse pour les forces attaquantes, et la plus "simple" (simple ne veut pas dire facile) a gérer pour les forces défensives.
A raison de 7 attaquants pour chaque défenseurs, cette configuration est la plus mortelle et la plus délicate a entreprendre pour les forces attaquantes, surtout si celles-ci n'ont aucunes motivations politiques ou encore professionnelles, mais seulement a la recherche de nourriture par exemple.


La mise en place de systèmes de défense passifs "SIZ" (barbelés, haies, ronces, murs, étendues d'eau, corridors et entonnoirs…) devrait, dans l'absolu, forcer consciemment ou inconsciemment les forces attaquantes a l'attaque frontale (AF) en interdisant l'accès a certaines zones.



2- L'attaque Indirect.


L'attaque indirecte (AI) est elle caractérisée par ce que nous nommons parfois "le siège".

Les forces attaquantes sont ici a des distances plus ou moins importantes du lieu convoité, et elles sont généralement difficilement perçues et accessibles, tout en imposant une tension plus ou moins intense et continue sur ce que nous nommons des lors la zone assiégée.

Au moyen âge par exemple, l'AF d'un château fort était dans la plupart des cas un suicide, tant les défenses étaient extrêmement stables et efficaces, et tant la porte était renforcée. 
Des lors, les forces attaquantes préféraient l'attaque indirecte, se tenant hors de portée des archers et des culbutes protégeant le château.

Cette tactique est la plus avantageuse pour les forces attaquantes.

L'AI est souvent de harcèlements plus ou moins soutenus et fréquents.

L'utilisation de projectiles variés tels que les cocktails molotov par exemple, sont souvent utilisés durant une AI pour juger et comprendre les capacités défensives du siège, et harceler physiquement et psychologiquement les défenseurs, jusqu'à ce que ceux-ci soient forcés de s'exposer, de sortir, ou d'abandonner la zone convoitée.



3- L'attaque Enveloppante.


L'attaque enveloppante (AE), se caractérise par une AF de la part d'un petit groupe, et simultanément, une attaque plus importante est portée par derrière et/ou sur les flancs du domicile.

Cette attaque est extrêmement efficace, et certainement la plus difficile a gérer par des défenseurs sans aucun entrainement.

La mise en place de SIZ (systèmes d'interdiction de zone) et de SAP (systèmes d'alerte précoce) est ici primordiale.





[ Si vous ne l'avez pas déjà dans vos bibliothèques survivalistes, je vous conseil vivement d'y intégrer le plus rapidement possible le livre de Sun Tzu: l'art de la guerre. ]





jeudi 1 mars 2012

Bienvenue en enfer.




L'homme qui répond aux questions ci-dessous, raconte comment lui et son clan ont survécu pendant un an dans une ville de 60 000 habitants durant l'effondrement de la Bosnie en 1992.

Sans eau, sans électricité, sans pétrole, sans système de santé, sans protection civile, sans systèmes de distributions ou de réseaux traditionnels, ce survivant devenu par la suite survivaliste, témoigne sans détours d'une survie urbaine crue et pragmatique.

L'échange est long, et ce qui est présenté ici n'est qu'une ligne droite pouvant nous faire conscientiser certaines lacunes, ou encore remettre en cause certaines idées quant a l'effondrement de la normalité dans un univers urbain.

L'avantage de ce retour d'expérience, est qu'il est bâtit sur un questionnement purement survivaliste issu du forum "Survivalist Boards", et que l'orientation de l'entretient est donc extrêmement ciblé sur les réalités d'une survie urbaine durant un effondrement de la normalité.

Même si ce témoignage reste d'une situation extreme, il nous permet d'entrevoir certaines réalités, et de rétablir une certaine priorité au sein de nos préparations.






Je suis de Bosnie, et comme vous le savez, c'était l'enfer la bas de 1992 a 1995. Pendant 1 an, j'ai vécu et survécu dans une ville de 60 000 habitants sans électricité, sans pétrole, sans eau courante, sans services traditionnels de distribution de nourriture et de consommables, et sans aucune organisation gouvernementale.

Notre ville était encerclée par des forces armées pendant 1 an, et dans cette ville, c'était la merde.

Nous n'avions pas de police ou d'armée organisée…il y avait des groupes armés, et ceux qui étaient armés défendaient leurs maisons et leurs familles.

Quand tout a commencé, certains d'entre nous étaient mieux préparés que d'autres, mais la plupart des familles voisines n'avaient de la nourriture que pour quelques jours.
Certains d'entre nous avaient des pistolets, et très peu étaient ceux qui avaient des AK47 et des fusils.

Apres 1 ou 2 mois, les gangs ont commencés leur destruction: les hôpitaux par exemple, se sont rapidement transformés en abattoirs.
Les forces de police n'étaient plus présentent, et l'absentéisme du personnel hospitalier était de plus de 80%.


J'ai eu de la chance, ma famille était large a cette époque (15 membres dans une grande maison, 6 pistolets, 3 AK47), et donc nous avons survécu…tout du moins la plupart d'entre nous.

Les Américains balançaient des MRE (Meals Ready to Eat - Rations de combat) tous les 10 jours pour aider les villes encerclées comme la notre, mais ce n'était jamais assez. Quelques maisons avaient des petits jardins potager, mais la plupart n'en avaient pas.


Apres 3 mois, les premières rumeurs de décès par famine commençaient…mais aussi les décès par exposition au froid. 
Nous avons démonté toutes nos portes, l'encadrement des fenêtres des maisons abandonnées, notre parquet...et j'ai aussi brûlé la totalité de nos meubles pour nous tenir chaud.

Beaucoup sont mort de maladies, surtout a cause de l'eau (2 membres de ma famille), nous buvions principalement l'eau de pluie, nous mangions du pigeon et même du rat.


La monnaie est vite devenue de la merde…

Nous faisions du troque; pour une boite de boeuf tu pouvais avoir une fille pour quelques heures (c'est dur, mais c'était la réalité), je me rappel que la plupart des femmes qui vendaient leurs corps étaient des mères désespérées.

Armes a feu, munitions, bougies, briquets, antibiotiques, pétrole, piles et nourriture…on se bâtaient comme des animaux pour ça.

Dans une situation comme celle-la, tout change, et la plupart des gens deviennent des monstres…c'était moche.
La force était dans le nombre. Si vous étiez tout seul a vivre dans une maison, ce n'était qu'une question de temps avant d'être pillé et tué…peu importe si vous étiez armé.


Moi et ma famille, nous sommes prêt maintenant; je suis bien armé, j'ai un bon stock et je suis "éduqué". 

Ce n'est pas important ce qui va se passer; tremblement de terre, guerre, tsunami, extra-terrestres, terrorisme, pénurie, effondrement économique, émeute…l'important c'est que quelque chose va se passer !

De mon expérience, vous ne pouvez pas survivre seul, la force est dans le nombre, soyez proche de votre famille, préparez avec elle, choisissez vos amis sagement et préparez-vous avec eux aussi.



1- Comment vous déplaciez-vous en sécurité ?

En fait la ville était divisée en communauté de rues. Dans ma rue (15 / 20 maisons) nous avons organisé des patrouilles (5 hommes armé chaque soirs) pour garder un oeil sur les gangs et les ennemies.

On troquait entre nous dans la rue. A 5 kilomètres il y avait une rue très organisée pour le troque, mais c'était trop dangereux de s'y rendre pendant la journée a cause des tireurs d'élite. En plus on avait plus de chance de se faire dépouiller la bas que de troquer, et je n'y suis allé que 2 fois, et seulement quand j'ai vraiment eu besoin de quelque chose de particulier et d'important (il parle principalement ici de médicaments, et notamment d'antibiotiques).

Personne n'utilisait les voitures en ville parce que les routes étaient bloquées avec des débris, ou d'autres voitures abandonnées…et le pétrole valait de l'or !

Si je devais aller quelque part c'était de nuit. Ne jamais se déplacer seul, mais jamais en groupe important non plus (2 / 3 hommes peut être). Toujours armé, très vite, et toujours dans les ombres au travers des ruines, jamais dans les rues.


Il y avait beaucoup de bandes organisées, 10 / 15 personnes, parfois 50…mais il y avait aussi des gens comme toi et moi, des pères, des grands pères, des gens bien avant la merde, qui maintenant tuais et pillais.

Il n'y avait pas vraiment de bons et de méchants…la plupart étaient entre les deux; c'est a dire prêt a tout, au bon comme au moins bon.



2- Et le bois ? Il me semble qu'il y a beaucoup de forets autour de ta ville, pourquoi avez-vous brûlé vos meubles et vos portes ?

Autour de ma ville il n'y a pas beaucoup de bois.
Ma ville était une très belle ville, elle ressemblait a n'importe qu'elle autre ville avec ses cinémas, ses restaurants, ses écoles, son aéroport, ses centres culturels…

Nous avions des arbres dans la ville, des parcs et des arbres fruitiers…mais tous les arbres ont été brûlé en moins de 2 mois. 
Quand tu n'a pas d'électricité pour préparer la nourriture et te chauffer, tu brules ce que tu as sous la main; tes meubles, tes portes, ton parquet (et ça brule vite ce bois la !).

Nous n'avions pas de banlieue et de fermiers. Dans les banlieues c'était l'ennemie, et nous étions encerclés. Et dans la ville, tu ne savais pas qui était ton ennemi.



3- Quelles sorte de savoirs faire as-tu utilisé durant cette période ?

Tu peux imaginer que d'une certaine manière c'est le retour a l'âge de pierre !

Par exemple, j'avais une bouteille de gaz. Mais je ne l'utilisais pas pour faire chauffer ou préparer notre nourriture, c'était trop précieux !
J'ai bidouillé la bouteille pour pouvoir y attacher un tuyau pour recharger les briquets.
Les briquets, ça n'a pas de prix !

Une personne m'amenait un briquet vide, je le rechargeait, et je prenais une boite de conserve ou une bougie en échange par exemple.

J'espère que tu comprends mon exemple.


Aussi, je suis infirmier.
Dans ces conditions, mes connaissances étaient mon argent.
Soyez éduqués et entraînés…durant un tel effondrement, tes connaissances valent de l'or si tu sais réparer certaines choses.
Les objets et les stocks vont disparaitre un jours, c'est inévitable…mais tes connaissances peuvent être ta nourriture.

Je veux dire…apprends a réparer les choses; les chaussures ou les gens…

Par exemple, mon voisin savait faire du pétrole pour les lampes…il n'a jamais eu faim.



4- Si tu avais 3 mois pour te préparer aujourd'hui, qu'est ce que tu ferais ?

Si j'avais 3 mois pour me préparer ?
Hmmm…fuir a l'étranger ? (blague).

Aujourd'hui, j'ai conscience que les choses peuvent s'aggraver très très rapidement.
J'ai de la nourriture, des produits pour l'hygiène, de l'énergie etc. 
Un approvisionnement de 6 mois.

Je vis en appartement avec une bonne sécurité. J'ai une maison avec un abris dans un village a 5 kilomètres de mon appartement, et dans cette maison j'ai encore 6 mois d'approvisionnement.
Ce village est une toute petite communautés, la plupart des habitants sont préparés…ils ont apprit avec la guerre.

J'ai 4 différentes armes a feu avec 2000 munitions chacune.

J'ai un bon jardin avec la maison et des connaissances en jardinage.

Aussi, j'ai un don maintenant pour sentir la merde…tu sais, quand tout le monde autour de toi dit que tout va bien ce passer, mais que toi tu sais qu'en fait tout va s'effondrer ?

Je pense que j'ai la force de faire tout ce que je dois faire pour survivre et protéger ma famille, parce que quand tout s'effondre, soi sur, si tu n'a rien, tu vas faire des choses qui ne sont pas très jolies pour sauver tes gosses…tu veux juste survivre avec ta famille.


Survivre seul; aucune chance (c'est mon opinion), peu importe si tu es armé et préparé, au final, si tu es seul tu vas mourir, je l'ai vu...plein de fois. 

Des groupes et des familles avec énormément de préparation et de connaissances variées, c'est le mieux.



5- Quel matériel devrions-nous stocker ?

Ca dépend.
Si tu veux survivre comme un voleur, la seule chose dont tu as besoin c'est des armes et beaucoup de munitions.

A part des munitions, de la nourriture, du matériel pour l'hygiène et de l'énergie (piles etc…), tu veux te pencher sur des petites choses faciles a troquer; couteaux, briquets, savon, pierres a feu…

Aussi, beaucoup d'alcool, le genre qui se garde longtemps, comme du whisky par exemple, la marque n'est pas importante, ça peut être le truc le moins chère possible, mais c'est très bien pour le troque dans les moments difficile.

Le manque d'hygiène a fait beaucoup de morts.
Tu vas avoir besoin de choses très simples, mais en quantités importantes, comme énormément de sacs poubelle, je veux dire, énormément !
Et beaucoup de duct tape.

Des assiettes et des gobelets en plastique ou en carton…tu vas en avoir besoin beaucoup ! Je sais, parce que nous n'en avions pas du tout.
Mon opinion est que le matériel pour l'hygiène est peut être encore plus important que la nourriture.

Tu peux facilement tuer un pigeons, ou trouver quelques plantes a te mettre sous la dent, mais tu ne peux pas tuer du produit désinfectant pour les mains par exemple.

Plein de produit pour nettoyer, désinfecter, beaucoup de savon, de la Javel, des gants, des masques…tout ce qui est jetable.
Aussi, un entrainement dans les premiers soins, apprendre a nettoyer une plaie, une brulure ou même une blessure par balle, car il n'y a pas d'hôpital…même si tu trouves un médecin quelque part, il n'aura pas de médicaments, ou tu n'auras rien pour le payer.

Apprendre a utiliser les antibiotiques, et en avoir beaucoup.


Pour les armes il faut rester simple.
Maintenant je porte un Glock .45, parce que j'aime bien, mais c'est pas une arme ou un calibre répandu ici, donc j'ai aussi deux 7,62 mm TT pistolets Russe cachés, parce que tout le monde a cette arme ici, et beaucoup de munitions.

J'aime pas les Kalashnikov, mais c'est pareil, tout le monde en a une…donc…


Il faut avoir des choses petites et discrètes.
C'est bien d'avoir un générateur par exemple, mais c'est mieux d'avoir 1000 briquets BIC.
Le générateur, dans une situation merdique, va attirer l'attention. 1000 briquets prennent pas de place, c'est pas chère, et tu peux toujours les troquer pour quelque chose.


Pour l'eau, la plupart du temps on récupérait l'eau de pluie dans 4 gros tonneaux, après on la portait a ébullition…on avait aussi une rivière pas loin, mais l'eau est vite devenue trop polluée.

Le matériel pour l'eau est très important. Il faut avoir des tonneaux, des seaux et des récipients pour stocker et transporter l'eau.



6- Est-ce que l'or et l'argent métal t'on aidé ?

Oui.
Personnellement, j'ai échangé tout mon or pour des munitions.

Parfois on était capable d'utiliser de la monnaie (Mark et Dollars) pour acheter certaines choses, mais ces occasions étaient rares, et le prix était toujours exorbitant.

Par exemple, une boite de haricots valait 30/40 $.

La monnaie courante s'est très vite effondrée.
Simplement, on troquait quelque chose pour autre chose.



7- Est-ce que le sel avait de la valeur ?

Oui, mais pas autant que le café ou les cigarettes.

J'avais beaucoup d'alcool, et j'ai troqué avec sans problème.
La consommation d'alcool était plus de 10 fois supérieur qu'en temps normal.

Maintenant, c'est probablement mieux de stocker des cigarettes, des briquets et des piles pour le troque parce que ça prend moins de place.

Je n'étais pas un prepper a l'époque, on a pas eu le temps de se préparer…quelques jours avant que la merde atterrisse dans le ventilateur, les politiciens a la télé répétaient que tout allait bien.
Quand le ciel nous est tombé sur la tête, on a juste prit ce qu'on pouvait.



8- Est ce que ça a été difficile d'obtenir une arme a feu durant l'événement et qu'est ce que vous avez pu troquer pour les armes et les munitions ?

Apres la guerre, chaque maison avait une arme.
La police a réquisitionnée pas mal d'armes au début de la guerre…mais la plupart des gens ont caché leurs armes quelque part.

J'ai une arme légale (licence), et les autorités ont une lois qui s'appelle "collection temporaire". Dans une situation de trouble (émeutes par exemple…), le gouvernement a le droit de temporairement confisquer toutes les armes…donc tu gardes ça en tête.


Tu sais, il y a des gens qui ont une arme légale, mais ceux qui ont des armes légales ont aussi des armes illégales cachées quelque part, juste au cas ou il y aurait une confiscation.


Si tu as de bonnes choses a troquer, c'est pas compliqué de trouver une arme pendant une situation difficile, mais ce qu'il faut savoir, c'est que les premiers jours sont les plus dangereux en terme de chaos et de panique, et que peut être que tu ne va pas avoir le temps de trouver une arme pour défendre ta famille.

Ne pas être armé durant la panique, le chaos et les émeutes…c'est pas bien.


Dans mon cas, a un moment un homme avait besoin d'une batterie de voiture pour sa radio, et il avait des fusils…j'ai troqué la batterie pour 2 fusils.

Pour les munitions…parfois je troquais des munitions pour de la nourriture, et quelques semaines plus tard de la nourriture pour des munitions.
Par contre, je ne faisais jamais du troque chez moi, et jamais dans des quantités importantes.

Très peu de gens (voisins) savaient combien de choses j'avais chez moi.

Le truc, c'est de stocker le plus possible en rapport avec l'espace et l'argent…et après, suivant la situation, tu vois ce qui est le plus demandé.
Correction, munitions et armes auront toujours la première place pour moi…mais qui sait, numéro deux c'est peut être des masques a gaz avec des filtres.



9- Et la sécurité ?

La défense était très primitive.
Encore une fois, nous n'étions pas prêt…et nous avons utilisé ce que nous pouvions.

Les fenêtres étaient cassées, les toits étaient en piteux états a cause des bombardements.

Toutes les fenêtres étaient bloquées avec quelque chose: sacs de sables, pierres.
J'ai bloqué ma porte de jardin avec des débris, et j'utilisais une échelle en aluminium pour passer au dessus du mur.
Quand je revenais chez moi, j'appelais quelqu'un pour qu'il me passe l'échelle.

Un mec dans notre rue a complètement barricadé sa maison.
Il a fait un trou dans un mur connecté a la maison de son voisin qui était en ruine…une entrée secrète.


Ca va paraitre étrange, mais toutes les maisons les plus sécurisées ont été pillées et détruites en premier.
On avait de belles maisons dans mon quartier, avec des murs, des chiens, des alarmes et des barres de fer aux fenêtres.

Les foules ont attaquées ces maisons en premier…certaines étaient défendues et ont tenues, d'autres non…ça dépend combien d'armes et de bras ils avaient a l'intérieur.


Je pense que la sécurité c'est important, mais il faut la garder d'un profil bas…oublies les alarmes par exemple. Si tu vies en ville et que la merde arrive, tu vas avoir besoin d'un endroit simple et sobre, avec beaucoup d'armes et de munitions.

Combien de munitions ?
Le plus possible.


Il faut garder ton domicile le plus inintéressant possible.

Aujourd'hui ma porte est en acier pour des raisons de sécurité, mais seulement pour me sauvegarder de la première vague de chaos…après ça, je pars pour retrouver un groupe plus important (famille et amis) a la campagne.


A la maison, on a eu des situations pendant la guerre, pas besoin de rentrer dans les détails…on a toujours eu plus de puissance de feu, et le mur en brique.
Aussi on avait toujours quelqu'un qui surveillait la rue…une bonne organisation au cas ou les gangs viennent est primordial.

Il y avait toujours des coups de feu en ville.

Encore une fois, la défense de notre périmètre était très primitive…toutes les issues étaient barricadées, avec juste des petites ouvertures pour les fusils, et toujours au minimum 5 membres de la famille a l'intérieur prêt a se battre, et une personne dans la rue, cachée.

Pour éviter les tireurs d'élite, on restait a la maison toute la journée.


Dans les premiers temps, les faibles meurent, et les autres se battent.

Il n'y avait presque personne dans les rues durant la journée a cause des tireurs d'élite…la ligne de défense était extrêmement rapprochée.
Beaucoup sont mort parce qu'ils voulaient aller se renseigner sur la situation par exemple…c'est très très important, il faut se rappeler que nous n'avions pas d'informations, pas de radio, pas de télé…rien, juste des rumeurs.


Il n'y avait pas d'armée organisée…mais nous étions tous des soldats. 
On était forcé.
Tout le monde portait une arme et essayait de se protéger.

Dans la ville, tu ne veux pas porter de truc de qualité parce que quelqu'un va te tuer et te prendre tes affaires.
Tu ne veux même pas avoir un beau fusil, et attirer l'attention.


Je vais te dire; si c'est la merde demain, je veux rester sobre, et ressembler a tout le monde dehors, peureux, désespéré, confus, et peut être que je vais crier et pleurer un peu…
Pas de vêtement chic…je ne vais pas sortir avec mes super habits tactiques tout neuf et crier "je suis la, vous êtes tous mort maintenant les méchants !".
Je vais rester profil bas, lourdement armé et bien préparé en attendant et en évaluant mes options, avec mon meilleur ami ou mon frère a mes cotés.

Ca n'a pas d'importance d'avoir une super sécurité, un super fusil…si les gens voient qu'ils devraient probablement te voler, que tu es rentable, ils vont te voler.
C'est seulement une question de temps, et de combien de bras et d'armes vont être de la partie.



10- Quelle était ta situation avec les toilettes ?

On utilisait une pelle et n'importe qu'elle bout de terre a proximité de la maison…ça a l'air sale, mais c'était sale.
On se lavait avec l'eau de pluie récupérée, ou alors a la rivière, mais la plupart du temps c'était trop dangereux.

On avait pas de papier hygiénique…et même si j'en avait je le troquais.

C'était une sale situation.


Si je peux te donner un conseil; en premier, il faut avoir des armes et des munitions…après tout le reste, et je veux dire tout !
Ca dépend de la place que tu as et de ton budget bien sur.

Si tu oublis quelque chose, c'est pas grave, il y aura toujours quelqu'un pour troquer…mais si tu oublis les armes et les munitions, tu ne pourras pas avoir accès au troque.

Aussi, je ne vois pas les grandes familles comme plus de bouches a nourrir, je vois les grandes familles comme plus d'armes et plus de forces…après, c'est dans la nature des gens de s'adapter.



11- Et les soins pour les gens malades ou blessés ?

Les blessures étaient principalement des blessures par balles.
Sans les spécialistes et tout le reste, si la victime avait la chance de trouver un docteur quelque part, il avait 30% de chance de s'en sortir.

C'était pas comme dans les films, les gens mourraient…beaucoup sont morts de petites blessures infectées.
J'avais des antibiotiques pour 3 ou 4 traitements, bien sur, seulement pour ma famille.

Des choses très bêtes tuais les gens.
Une simple diarrhée est capable de te tuer en quelques jours sans les médicaments et l'hydratation nécessaire…surtout les enfants.

On a eu beaucoup de maladies de la peau, et des empoisonnements alimentaire…on pouvait pas faire grand chose.
On faisait beaucoup avec les plantes locales et l'alcool, et pour le court terme ça allait, mais sur le long terme c'était horrible.

L'hygiène est primordiale…et avoir le plus de médicaments possible, surtout les antibiotiques.