jeudi 13 décembre 2012

Interview France-Amérique





Amaury Brelet
11 décembre 2012

Figure francophone du survivalisme installée aux Etats-Unis, Vol West considère sa démarche comme une "philosophie de vie, une intention d'indépendance et d'autonomie à l'échelle individuelle", loin des théories apocalyptiques en vogue. Entretien.
Sa découverte de l’Amérique fut une révélation. En 1992, Vol West a 20 ans quand il parcourt pour la première fois ce "pays de liberté et de sauvagerie". A Los Angeles, ce natif de Vitry-sur-Seine près de Paris, multiplie les petits boulots et devient charpentier. 
Pour fuir la mégalopole californienne et "se distancer de la société, du système, de la machine", il s’installe avec sa famille dans l’Etat rural du Montana, au nord-ouest des Etats-Unis. Le Français de 40 ans y mène depuis une vie simple au milieu de la nature. Sur son blog à succès, Vol West partage son expérience personnelle et pragmatique du survivalisme. Sa devise ? "Si la vie était un jeu, la seule règle serait de survivre." Il se confie à quelques jours de "la fin du monde" annoncée pour le 21 décembre 2012.



France-Amérique : quelle est votre définition du survivalisme et vous considérez-vous comme un survivaliste atypique ?
Vol West : Pour beaucoup, le survivalisme est encore l'anticipation souvent mélodramatique et plus ou moins théâtrale d'une catastrophe globale menaçant brutalement la pérennité de notre espèce : "la fin du monde". 
La démarche du survivaliste n'est pas pour moi de se prémunir d'une possible catastrophe biblique, d'anticiper un effondrement global, ou de se préparer a un événement spécifique et calculé comme une guerre nucléaire ou une pandémie, mais bien de privilégier, au travers d'une certaine prise de conscience et de philosophie de vie, une intention d'indépendance et d'autonomie à l'échelle individuelle, familiale et clanique. 
Cette indépendance, plus ou moins développée et entretenue selon les situations familiales, budgétaires et environnementales, permet certes de faire face à des événements plus ou moins dramatiques comme par exemple la perte de l'emploi, un accident de la route, un incendie au domicile, une catastrophe naturelle et ses séquelles sur l'infrastructure comme l'ouragan Sandy, mais aussi et surtout de pouvoir influencer, d'une manière durable et cohérente, notre environnement immédiat par la mise en place d'un jardin potager par exemple, d'une méthode de récupération des eaux de pluie, ou encore la production de notre propre énergie. 
Simplement, c'est prendre en main notre propre bien-être et augmenter notre qualité de vie. En ce sens, je suis sans aucun doute un survivaliste atypique !

Comment s'est faite votre prise de conscience ?
Lentement. 
J'ai toujours été attiré par cette notion d'indépendance et de "self-sufficiency", mais ce n'est qu'en vivant à Los Angeles pendant plus de 16 ans que je me suis réellement rendu compte d'un déséquilibre omniprésent et grandissant au sein de nos structures sociales, notamment au niveau de la nourriture. L'évolution de nos méthodes de production allant toujours plus vers ce "cash-crop" fondamentalement problématique pour l'environnement et nos générations futures, j'ai commencé à étudier certaines solutions plus stables et surtout pérennes comme par exemple la permaculture. 
Mais l'intention d'indépendance nutritive nous confronte aussi à la dépendance d'une multitude de sous-systèmes comme l'arrosage par exemple, ou encore la préservation de nos aliments. 
En plus de la question nutritive, il m'a fallu réaliser, peut-être plus globalement, que notre univers est devenu extrêmement complexe, et de cette complexité germe une fragilité difficilement négociable pour une famille totalement dépendante de nos systèmes de support comme l'électricité, la distribution (nourriture, eau, gaz naturel, essence etc.), le système bancaire, la protection civile, les soins… Cette dépendance peut être dramatique à l'échelle familiale, comme nous avons pu le constater durant les ouragans Katrina et Sandy.

Que pensez-vous du traitement par les médias des survivalistes, souvent décrits comme des illuminés surarmés, enterrés dans leur abri en attendant la fin du monde ?
Je pense qu'il est tout à fait logique pour les médias de faire la caricature du survivalisme, surtout à quelques jours du 21 décembre. Après tout, la médiatisation est de plus en plus une histoire de divertissement, et dans ce contexte, l'image "traditionnelle" d'un survivaliste ultra armé et prêt a survivre à l'apocalypse dans son bunker apparaît en premier plan. 
Maintenant, le survivalisme a largement évolué depuis les sentiments exaltés de la Guerre froide. C'est cette évolution qui me paraît intéressante, car le survivalisme offre avant tout des méthodes simples et pragmatiques pour améliorer notre quotidien, catastrophe ou pas.

Quels sont les principaux mythes et clichés sur les survivalistes que vous dénoncez ?
Sans aucun doute l'anticipation d'une quelconque "fin du monde". 
Il est vrai que certaines démarches ne peuvent être dissociées d'une croyance imperturbable dans l'apocalypse, mais la plupart des survivalistes aujourd'hui sont par exemple ces jeunes gens en Grèce qui retournent à la terre de leurs ancêtres pour la cultiver et peut-être minimiser l'impact de la problématique économique de leur pays. Ce sont ces mères de familles, qui s'intéressent à la production et la préservation de la nourriture, pour pouvoir offrir une certaine stabilité nutritionnelle à leur famille tout en faisant des économies. 
Ce sont ces millions de gens dans le monde qui s'aperçoivent plus ou moins soudainement que leur propre bien être leur appartient.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de paranoïa ?
Nous avons des détecteurs de fumée à la maison pour nous alerter en cas d'incendie. Nous avons une roue de secours dans la voiture pour gérer une crevaison. Nous avons une assurance médicale, une assurance vie, pour nous aider en cas de problème de santé. Est-ce que ces démarches reflètent une certaine paranoïa ? 
Même si le survivalisme pourrait faire valoir une attitude anxiogène, voir paranoïaque, la plupart de nos gouvernements nous demandent aujourd'hui, à nous citoyens, d'avoir un minimum d'autonomie familiale en cas de coup dur. 
Ready.gov par exemple, est un excellent site gouvernemental américain qui propose une autonomie familiale sur le court terme pouvant être salutaire en cas d'effondrement de la normalité à l'échelle locale ou régionale. 
Le survivalisme devrait selon moi s'appuyer sur la raison et non la peur, sur la prévoyance et non la paranoïa.

Vous défendez une vision très pragmatique du survivalisme…
Dans un premier temps, il est important de réaliser que le survivalisme, tel que je le comprends, n'est pas lié a l'échec, c'est-à-dire à la rupture du système ou la catastrophe, mais bien à renforcer l'idée de résilience, d'autonomie et d'indépendance, que celle-ci soit individuelle, familiale, régionale, nationale et peut-être globale. 
C'est le fameux discours inaugural du 20 janvier 1961 prononcé par le président américain John F. Kennedy : "Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays."
Si nous avions tous un minimum d'autonomie à la maison, il me paraît évident que l'impact et les séquelles de la plupart des événements perturbateurs (inondations, tremblements de terre, accidents nucléaires, émeutes, tornades, tempêtes etc.) se trouveraient minimisés. Moins de gens dans le besoin, moins de gens déstabilisés, déracinés ou encore désespérés, influence directement le niveau de résilience et d'adaptabilité ambiant. 
Ensuite, et peut-être à plus long terme, le survivalisme apporte des solutions aux problématiques plus globales et systémiques comme l'appauvrissement des sols causé par la monoculture, ou encore le gaspillage permanent de ressources vitales comme l'eau. Non seulement nous nous donnons les moyens de gérer une problématique locale et de courte durée, mais nous nous donnons aussi les moyens d'influencer la qualité de vie de nos générations futures au travers de méthodes d'agriculture saines et cohérentes par exemple.

Le mouvement survivaliste est-il surtout un monde d'hommes ?
Si nous continuons de voir le survivalisme comme un univers purement masculin, c'est que la médiatisation du mouvement s'attache principalement aux aspects plus racoleurs et colorés comme l'utilisation des armes et la défense personnelle par exemple. Mais la réalité est toute autre. 
Le survivalisme est principalement une question d'autonomie et de durabilité. Dans ce contexte, les femmes sont bien plus liées à la démarche dans son ensemble, naturellement prédisposées, qu'on le veuille ou non, au bon fonctionnement et au maintien de la cellule familiale, et ceci d'une manière durable. Jardinage, fabrication, stockage, éducation, prévoyance sont des sphères largement visitées et entretenues par les femmes. Elles sont peut-être juste moins visibles et surtout moins bruyantes.

Vous citez la fable "La cigale et la fourmi" de Jean de La Fontaine pour montrer la différence entre ceux qui se préparent et les autres. Pourquoi considérez-vous la "non-préparation" comme anormale ?
Notre histoire et plus spécifiquement la survie de notre espèce est fondée sur la prévoyance et la préparation. 
Nous avons une multitude de strates génétiques et biologiques toutes fondamentalement ancrées dans des comportements facilitant notre survie. Notre monde moderne nous chuchote une manière de vivre où il serait possible de ne plus considérer cet héritage. Le chauffage central s'occupe de notre régulation thermique, nos supermarchés nous permettent de devenir végétariens, notre police nous affranchit de devoir défendre nos vies, et l'eau courante et l'électricité nous permettent de ne plus considérer nos besoins physiologiques les plus basiques. Seulement, et à l'inverse de notre héritage biologique, toutes ces structures modernes sont extrêmement fragiles et volatiles. Il me paraît donc anormal de négliger notre héritage biologique et de devenir totalement dépendant de notre modernité, si douillette soit-elle.

Etes-vous opposé à la modernité ?
Il n'est pas ici question d'une décroissance anti-technologique, mais bien d'une prise de conscience pouvant réduire notre niveau de dépendance, tout en utilisant intelligemment les atouts de notre monde moderne, par exemple les technologies liées aux énergies renouvelables, comme le solaire. 
En plus de cette dépendance physique, nous pouvons remarquer que les générations, pleinement influencées par le surplus technologique ambiant, semblent exhiber certaines frustrations et une apathie généralisée de plus en plus palpable. Par exemple, il n'est pas rare d'entendre les enfants dire que les poissons sont carrés (en référence aux produits surgelés), ou encore voir nos adolescents "vivre" sur Internet. 
C'est peut-être dans ces moments qu'il nous faut réaliser qu'une certaine déconnexion du "naturel" est largement en marche, et que ses conséquences et ses ramifications nous sont encore plus ou moins cachées.

Quel impact votre premier voyage aux Etats-Unis a-t-il eu dans votre vie ?
Enorme. Simplement, ça a changé ma vie.

Pourquoi avoir choisi de vous installer dans l'Etat sauvage du Montana, après 16 ans passés à Los Angeles ?
Los Angeles est une ville formidable à bien des niveaux mais c'est aussi un environnement pouvant être difficile à négocier sur certains points. Pour nous, Los Angeles n'a jamais été une destination finale, dans le sens où nous n'y avons jamais trouvé une véritable qualité de durabilité. 
Alors nous avons longuement étudié certaines régions moins denses et peut être plus "humaines" comme par exemple l'Arizona, le Nouveau-Mexique, le Canada ou encore le Vermont, la Pennsylvanie et le Connecticut. Au final, nous avons préféré le Montana. 
Notre liste de "must have" était plutôt courte : densité de population réduite, possibilité d'acquérir de la terre à un prix raisonnable, lois et législations favorables au deuxième amendement, ville à échelle humaine, environnement favorable à l'éducation d'un enfant. Tous ces paramètres ont compté dans notre décision.

Pourquoi avoir décidé de créer un blog et quels sont vos projets personnels ?
La décision de créer un blog est venue après avoir observé un décalage assez prononcé entre l'évolution du mouvement survivaliste aux Etats-Unis et la perception de ce mouvement dans la plupart des pays francophones. Simplement, il me semblait important de témoigner par écrit d'une démarche personnelle et familiale beaucoup plus sensible, et peut-être holistique, quant à l'intention d'indépendance. 
Ce qu'il y a d'intéressant avec le survivalisme "moderne", c'est qu'il regroupe une multitude de pensées et d'orientations parfois diamétralement opposées. Nous y retrouvons plusieurs nuances comme par exemple les mouvements de retour à la terre ou de décroissance, mais aussi des attitudes pouvant être beaucoup plus résolues comme la défense personnelle et le "don't tread on me". Le mariage de toutes ces sous-mouvances est d'ailleurs passionnant. Et puisque je suis d'une double culture, franco-américaine, le blog me permet d'élargir certaines notions. 
Pour ce qui est des projets personnels, je viens de finir un livre co-écrit avec un ami suisse (Piero San Giorgio, ndlr) intitulé Rues Barbares - Comment survivre en ville. Ce livre est important pour nous, parce qu'il s'attarde pragmatiquement sur la survie et la préparation en milieu urbain. 
D'autres projets d'écriture devraient venir compléter le blog dans les années à venir.

Les armes sont largement ancrées dans la culture américaine. Vous êtes vous-même chasseur et en possédez plusieurs. La défense personnelle est un aspect important du survivalisme. Comprenez-vous les critiques des Français sur le sujet ?
La défense personnelle, et plus largement la protection personnelle, sont en effet des sphères importantes et sérieuses, mais pas plus importantes que l'eau, la nourriture, les connaissances, l'énergie ou le lien social. Tout est lié. 
Les critiques ou les objections sur la défense personnelle viennent souvent d'individus n'ayant jamais approché la question autrement qu'intellectuellement et théoriquement. Il est vrai que l'arme est largement ancrée dans la culture américaine, mais il serait naïf et faux de croire qu'elle ne l'est pas dans la culture française. 
Comme aux Etats-Unis, nous avons une véritable culture de la chasse en France, et donc une culture de l'arme, surtout dans les campagnes. 
Ce que je comprends surtout, c'est qu'il y a un manque chronique d'informations sensées, raisonnables et intelligentes par rapport à la défense personnelle en France. Les gens sont prêts à défendre leur vie et la vie de leurs proches avec des battes de baseball ou des arbalètes, mais la simple idée de se servir d'une arme à feu révolte certains.

Vous vous définissez comme libertarien. Comment expliquez-vous votre méfiance du "Big Government", quand la très grande majorité des Français restent attachés à l'Etat-Providence ?
Mes opinions politiques n'ont que très peu d'influence sur ma démarche, et le blog est d'ailleurs construit sur une ligne apolitique. 
En tant que libertarien, je tends à aborder les problèmes d'une manière à trouver des solutions offrant le plus de liberté individuelle possible. Il n'est aucunement question de nourrir une méfiance envers nos gouvernements, mais bien de réaliser ses limites, son opulence et sa raison d'être principale, qui est de préserver, d'appliquer et de défendre la Constitution. 
Je ne sais pas si les Français sont fondamentalement attachés à cette notion d'Etat-Providence, je pense que la majorité se rend compte du débordement et de l'ampleur de la machine étatique française. Mais s'il est extrêmement facile de grossir, il est très difficile et complexe de maigrir !

Vous citez sur votre blog Nietzsche, Sun Tzu, Saint-Exupéry et d'autres. Quelles sont vos influences culturelles et philosophiques ?
Nietzsche et Saint-Exupéry auront toujours une place fondatrice dans ma bibliothèque, mais je pourrais facilement rajouter Rousseau, Thoreau, Kant, Jung, Pessoa ou encore Krishnamurti et Gurdjieff. 
Pour le cinéma, je peux aussi bien m'épanouir en regardant un quelconque film d'Eric Rohmer qu'un film de science-fiction au budget limité. Mais mon film préféré est et restera My dinner with André de Louis Malle (1981).

Le survivaliste, qui lutte par définition pour sa survie, peut-il faire partie d'un réseau ou d'une communauté ?
Les gens qui sont poussés à la lutte et à la survie sont ceux qui n'ont plus d'options, et le survivalisme permet justement de ne pas être dans la nécessité de devoir lutter ou survivre. 
Cette démarche permet donc au survivaliste de se donner les moyens d'agir dans une situation d'urgence par exemple, et de venir apporter de la résilience et de l'aide à l'échelle de sa communauté. Dans ce sens, nous avons par exemple créé un réseau social sur Facebook que nous appelons le RSF (Réseau Survivaliste Francophone), pour justement promouvoir l'échange, la rencontre, la communication et l'entraide.

Les catastrophes récentes comme la tempête Katrina en 2005 ont-elles crédibilisé le mouvement survivaliste ?
Je ne sais pas si ces événements dramatiques ont crédibilisé le mouvement, mais ils ont certainement contribué à la réalisation collective que nos infrastructures et nos gouvernements ne sont pas immunisés d'une quelconque rupture et dysfonction. 
Logiquement, cette réalisation de fragilité devrait se matérialiser à l'échelle familiale pour peut-être créer de l'indépendance et de l'autonomie. C'est mon souhait en tout cas.

Quels sont, selon vous, les 5 piliers du survivant ?
D'une manière générale, ils sont le reflet du premier étage de la pyramide de Maslow, c'est-à-dire la totalité de nos besoins physiologiques que nous pouvons résumer à l'eau, la nourriture, l'énergie (régulation thermique), l'hygiène et les soins, et la protection personnelle. 
A une échelle plus matérialiste, je pense qu'il est intéressant de découvrir ce que les réfugiés du monde - les vrais survivalistes - utilisent et reçoivent pour le maintien de la vie. 
Dans ce contexte, les 5 piliers du survivant sont : une couverture en laine ; une marmite ; un récipient capable de transporter l'eau, souvent un jerrican ; un "truc qui coupe", souvent une machette ; et une bâche imperméable pour la construction d'un abri.

Quels sont les événements dont vous redoutez la survenue dans les années à venir ?
Les événements que je redoute sont les plus probables : accident de la route, incendie, perte d'emploi, perte d'un proche, interruption de la distribution causée par une tempête de neige...
Mais c'est vrai que la santé de notre monde, tant d'un point de vue écologique (nourriture douteuse, destruction des sols, déforestation…), énergétique (pétrole bon marché...), géopolitique ou encore économique (crise globale ?), pourrait nous plonger dans des situations bien plus étendues, intenses et systémiques comme nous l'avons vu avec l'effondrement économique de l'Argentine, ou encore la situation en Grèce et plus largement et peut-être plus sournoisement en Europe et aux Etats-Unis.

Vous sentez-vous suffisamment prêt pour affronter le futur ?
Je ne sais pas si je suis prêt à affronter certaines situations. Matériellement et logistiquement parlant, je pense que nous sommes prêts à largement atténuer les séquelles de certaines situations à l'échelle familiale et locale. Mais il reste la sphère psychologique et humaine, qui ne peut être totalement calculée ou anticipée, comme dans les cas de la population de Sarajevo durant la guerre de Yougoslavie, ou plus récemment des victimes du tsunami au Japon. 
Au final, l'événement catastrophe n'est pas le moteur de notre démarche. Par défaut, l'indépendance et l'autonomie sont des axes de vie qui créent de la résilience durant les moments difficiles, mais ce sont un certain équilibre et une qualité de vie qui nous animent.

Merci a Mr. Brelet pour ses questions, son intégrité  et son professionnalisme.




Autonomie énergétique - le gaz










lundi 10 décembre 2012

EDC - Fred Bouammache




Fred Bouammache, co-auteur avec Guillaume Morel du livre PROTEGOR, et tout comme moi faisant partit de la famille de Blogspot, nous déballe sont EDC Urbain…



Alors voici sous forme de 5 éléments succincts & pragmatiques l' E.D.C qui est le mien, donc utilisé en majeure partie en contexte urbain :

Un contenant, qui soit un sac fiable, modulaire, pratique, robuste et suffisamment étanche pour résister aux intempéries ponctuelles.

Le format classique sac à dos à double brettelles est appréciable et ô combien pratique, mais les mono bretelles comportent des avantages indéniables en milieux confinés, au contact d'une foule dense, et dans certains cadres d'interventions pour les professionnels.

Le secret de l' E.D.C est de savoir le compartimenter de façon astucieuse, sans avoir à rechercher laborieusement à l'intérieur le matériel dont nous avons rapidement besoin. Chaque chose doit être à sa place, et en terme d'accessibilité, l'exercice de visualiser les yeux fermer les différents emplacements dédiés aux différents matériels & équipement ne me semble pas fantaisiste.

En cas d'urgence, chaque seconde gagnée est précieuse !



Les 5 orientations possibles de l'ED.C. urbain :



1) Un mini kit de secours, médical : De quoi soigner les petits maux les plus fréquents et handicapant lorsque l'on a besoin d'être au top et constamment vigilant.

Comprimés orodispersibles pour lutter contre les maux de tête, douleurs, états fébriles, nausées, anti-diarréhique, traitements médicaux prescrits par son médecin traitant etc...
Huiles essentielles de Tea-Tree (certifiée AB & Ecocert).
De quoi faire face à des blessures, coupures, brulures, contusions, hématomes : compresses (suffisamment larges), pansements de divers formats étanches, bande auto adhésive de strapping, lingettes désinfectantes, Cicatryl (pommade contre les brûlures et les plaies), Bétadine en mini-dose, un outil coupant pour accéder à une blessure et couper des vêtements en sécurité, une pince à épiler, une épingle à nourrice, une pince anti-tiques, un bandana ou un large carré en coton propre, du baume du tigre et des gants en latex.

De l'huile essentielle Hélichryse italienne (certifiée AB & Ecocert) et une pierre d'alun, utilisée comme déodorant et pour stopper les petites coupures superficielles, ainsi que du sérum physiologique.


2) Un module "ration énergétique, hydratation & réconfort", destinée à éviter les coups de pompes durant une journée particulièrement chargée, et à accompagner les éventuels "sauts" de repas... 

Bouteille d'eau, barres diététiques, chocolatées, pattes de fruit, fruits secs, autant de possibilité que d'envies !
Un supplément "occupation du temps libre" : de quoi lire & écrire, se changer les idées, se détendre et patienter plusieurs heures dans des zones d'attente, des difficultés de circulation (transport en commun, trains, avion, voiture).


3) Un module défense, sécurité personnelle : des objets usuels pouvant être prépositionnés de façon pragmatique sur soi ou dans son sac (veiller à l'accessibilité !), tels que stylos-kobutan, pics à cheveux, aérosol de défense, etc... 

Tout objet est susceptibles de devenir une arme entre des mains bien entrainées, n'hésitez pas à vous entrainer avec des parapluies, bouteilles en plastiques, journaux roulés, etc...et à bien assimiler les spécificités de la légitime défense (article 122-5 du code de procédure pénale), dans l'hexagone ;-)

Un second téléphone mobile, une liste manuscrite des numéros "utiles", un peu de monnaie...



Pour les professionnels de l'intervention, une arme de poing de type compact (en complément de celle portée sur soi), quelques chargeurs en conséquence, un baton téléscopique, des entraves de type Serflex, une lampe tactique fiable, résistante aux chocs et éblouissante de type Surefire, un petit couteau à lame fixe de cou de type griffe ou shark Fred Perrin, une lame pliante Spyderco ou Cold Steel en poche, et un aérosol de type gel…


4) Un module "dépannage-bricolage, orientation" comprenant de la paracorde en quantité suffisante (10m), un multi tool Leatheman, un couteau suisse en complément (le tire bouchon en plus ;-), de la bande adhésive ultra résistante de type "GorillaTape", une boussole et des Cyalums sticks pour éclairer et signaler sa position.



5) Un module "vêture & équipement pragmatique" : un assortiment de bonnets ou une casquettes type baseball, une paire de gants Camelbak (souples, fins, et résistants), une paire de chaussettes, un chèche ou un bandana, une paire de lunettes de soleil, un appareil photo, une micro light. 

Ensuite, tout dépend de la contenance de votre sac et du contexte !


Ces 5 modules doivent trouver une place impérativement définitive dans le sac, de manière à pouvoir trouver rapidement ce que l'on cherche, parfois d'une main, parfois dans l'obscurité la plus totale, parfois sous la pluie ou dans une promiscuité inconfortable...

L'idée maîtresse étant aussi d'avoir sur soi en permanence, ses documents essentiels, pansements et désinfectants, un moyen de paiement, un moyen de communication, un moyen de défense...

Fred




dimanche 2 décembre 2012

Rues barbares - extrait 3 -




"Rues Barbares" est en précommande jusqu'au 6 décembre 2012 pour 19,50E au lieu de 21E (frais de port offerts) sur www.scriptoblog.com si vous commandez jusqu'à cette date.



Les quantités ?

A vous de choisir dans la variété des aliments les quantités qui correspondent à votre métabolisme et à vos habitudes de vie.

Voici les quantités que l'église des « Latter Days Saints [1]» (les Mormons) recommande à ses disciples, pour l’autonomie alimentaire de deux adultes, pendant un an. La mesure peut paraître exorbitante, voire décourageante, mais il est important de prendre conscience de l'ampleur de notre consommation annuelle :


Céréales

-         130 kilos de blé
-         25 kilos de farine
-         25 kilos de farine de mais
-         20 kilos de flocons d'avoine.
-         45 kilos de riz
-         25 kilos de pâtes

Légumes.

-         27 kilos de haricots secs.
-         10 kilos de graines de soja.
-         4 kilos de haricots de Lima.
-         4 kilos de petits pois.
-         4 kilos de lentilles.
-         4 kilos de soupes variées (lyophilisées ou en boites)
-         27 kilos de maïs.
-         27 kilos de pois.
-         27 kilos de haricots verts.
-         27 kilos de carottes.
-         35 kilos de pommes de terre.
-         4 kilos d'oignons.
-         18 kilos de tomates.

Huiles et matières grasses.

-         15 litres d'huile végétale.
-         15 litres d'huile d'olive.
-         4 kilos de matière grasse.

Produits laitiers.

-         55 kilos de lait en poudre.
-         25 boites de lait condensé non sucré.
-         10 kilos d'autres produits laitiers (fromage…).

Sucres.

-         5 kilos de miel.
-         30 kilos de sucre.
-         3 kilos de sucre de canne.
-         1 kilo de mélasse.
-         3 kilos de confitures.
-         1 kilo de boissons en poudre.

Fruits.

-         35 kilos de compote de pommes.
-         27 kilos de bananes déshydratées.
-         35 kilos de jus de fruits.
-         35 kilos de fruits en conserves.

Autres denrées essentielles.

-         1 kilo de levure chimique.
-         1 kilo de bicarbonate de soude.
-         500 grammes de levure.
-         5 kilos de sel.
-         4 litres de vinaigre.
-         3 kilos de mayonnaise.
-         4 kilos de beurre de cacahuète.


Pourquoi un an de réserves ? Cela correspond en fait au cycle annuel des récoltes à la fin de chaque été. Si ces quantités sont trop importantes, ou insuffisantes pour votre propre volume de stock, à vous de les adapter pour une durée plus courte ou plus longue. La liste de ces provisions peut vous sembler assez austère et bien fade, mais ce n’est qu’une base ! Une réserve doit être personnalisée, et la sélection des produits doit refléter ce que vous pouvez trouver dans votre pays ainsi que vos préférences alimentaires. Certains aliments n'apparaîtront pas dans votre cuisine, tandis que d’autres y figureront en quantités plus importantes.

Toutes ces décisions sont personnelles, mais sachez qu’une réserve aussi minime soit-elle, c’est toujours mieux que pas de réserve du tout !


[1] Église de « Jésus-Christ des saints des derniers jours »