lundi 31 janvier 2011

Communications.







Nos systèmes de communication sont aujourd'hui inséparables de nos quotidiens mouvementés. Du portable a l'internet, nous sommes constamment disponibles et en contact permanent avec nos proches.

Le désastre au sens large, qu'il soit d'un tremblement de terre ou de l'effondrement de l'économie, d'une situation comme celle qui se déroule en Egypt en ce moment ou d'un événement tel que celui de Carrington en 1859 ou une éruption solaire massive a interrompue toutes les communications télégraphiques de l'époque, est synonyme d'une défaillance de nos systèmes de supports.


Il y a quelques années, alors que j'étais sur un chantier dans les collines surplombants Los Angeles, un tremblement de terre secoua toute la ville.
Quand bien même nous étions habitués a l'activité sismique de la région, quand bien même j'ai vécu des dizaines de secousses plus ou moins importantes, celle-ci était d'une violence conséquente.

Mon premier réflexe après les 10/15 secondes de tremblements, et après m'être assurer que tout allait bien dans mon champs d'action immédiat, a été d'attraper mon portable, et de téléphoner a ma femme qui se trouvait a l'autre bout de la ville pour son travail.
La seule réponse a mon appel aura été "Tous nos circuits sont actuellement occupés…"

Impossible de communiquer. Impossible de savoir si ma femme était saine et sauve. Portables, internet, lignes téléphoniques…c'est le réseau entier de nos systèmes de communications qui était sévèrement diminué.

Invariablement, et quel que soit l'événement, nos systèmes de communications sont souvent les premières victimes d'une tension qui s'abat sur nos dépendances.
La mise en place de systèmes de communication indépendants de nos infrastructures est alors primordial.

Avant de nous plonger dans les possibilités de pouvoir rester en contact avec nos proches dans un monde ou les réseaux de communications traditionnels sont au mieux peu fiables, et au pire complètement inexistants, je pense qu'il est nécessaire de se pencher sur la planification.

Immédiatement après un événement comme notre tremblement de terre par exemple, et dans l'impossibilité de communiquer, il nous faut nous rendre a l'évidence qu'il y a de fortes chances pour que nous soyons a des kilomètres de nos familles et de nos préparations.

Les méthodes de communications portables et indépendantes de nos réseaux traditionnels qui se présentent a nous sont d'une portée limitée, surtout dans un environnement urbain, ou l'horizon est parsemé d'immeubles et d'obstructions qui empêchent une transmission optimale.

Cette condition, nous force a évoluer dans un périmètre assez réduit. Les promesses de certains fabricants de matériel de communication portable pour le grand public sont pratiquement parlant complètement faussées…nous donnant l'impression de pouvoir communiquer a des distances de plus de 30 kilomètres.
Ce chiffre, exprime une utilisation optimal sur un terrain plat, vide d'obstruction, et dans des conditions météorologiques parfaites.

La réalité de performance et de fiabilité est ici a des kilomètres de ce que les fabricants nous annonces, et la plupart du matériel portable est de distances ne pouvant pas dépasser les 5 kilomètres sans un équipement qui accroit la puissance de transmission. 


Une logistique éprouvante quand a l'événement est de l'éparpillement des familles. Que faisons-nous si un problème éclate et que maman est au travail a un bout de la ville, que papa est chez le dentiste a l'autre, et que les enfants sont dans deux écoles différentes ?
Que faisons-nous si en plus de l'événement les réseaux de communications sont hors services ?

Planifier le regroupement clanique, encore une fois surtout en milieu urbain, est il me semble impératif. 

Toute la famille devrait s'assoir autour d'une table et discuter. En cas de problème et de non communication, 3 points de ralliement devraient être explicitement annoncés. 
A- Maison. Le point de ralliement optimal.
B- Un endroit se trouvant a environ 5/10 minutes a pied de la maison. Ce point de ralliement est pertinent, car notre immeuble ou notre pâté de maison pourrait ne pas être accessible ou trop dangereux, comme il a été le cas durant l'événement du 11 septembre par exemple.
C- Un point de ralliement éloigné de notre environnement habituel (quartier), offrant un avantage tactique tel qu'un parc par exemple.




Ces points de ralliement devraient être explorés et notés sur une carte. Pour les familles avec des enfants, point A et point B sont tout ce qu'ils devraient avoir a retenir. 

(Un article complet sur cette planification est dans la machine…)


Revenons a notre histoire de communication…
Pouvoir communiquer de loin est indéniablement un avantage et une possibilité qui résume notre époque. Il est difficile aujourd'hui d'imaginer un monde sans nos réseaux de communication modernes.
Hier le télégraphe, aujourd'hui le portable et l'internet, la communication longue distance a eu et a un impact étourdissant sur notre évolution.

Toute organisation a de tout temps utilisé certaines méthodes de communication. Des drapeaux de couleurs organisateurs du combat médiéval au code morse visuel des grands navires de la deuxième guerre mondiale en passant par les signaux de fumées des peaux rouges, la communication, et plus précisément la communication au sein d'une situation critique, a toujours été et restera une organisation déterminante.




Le monde de la communication indépendante de nos réseaux traditionnels se divise basiquement en deux : le service et le loisir.
Simplement, nous avons des appareils de réception et de transmission qui demandent la possession d'une licence (service - radioamateur par exemple), et des appareils qui ne sont pas de la possession d'une licence (loisir - la CB par exemple).

Bien sur, certaines restrictions sont de ces deux univers, et elles dépendent de votre pays.

Les possibilités sont ici assez vastes, et le matériel de réception et de transmission peut être extrêmement complexe. 
Dans un effort de pouvoir être opérationnel immédiatement, et donc sans devoir posséder une licence ou dépenser une fortune, le premier choix est ici du simple talkie-walkie PMR446 (Private Mobile Radio ou Radio mobile Professionnelle).

Le "talkabout" T5100 est simple d'utilisation et robuste.


Cet appareil portable de radiocommunication destiné au public et aux professionnels est pertinent pour le survivaliste, car il ne demande aucune licence, son utilisation est extrêmement simple, son prix relativement raisonnable, et surtout, sa taille et son poids nous permet de l'intégrer a nos systèmes d'évacuations.

La portée quand a elle est d'une fluctuation peu fiable, surtout pour les LPD (Low Power Device) que je déconseille, le minimum étant ici un PMR RPS.
En pleine ville, nous aurons de la chance de pouvoir obtenir 1000 m. En terrain dégagé comme en campagne par exemple, la portée peut atteindre les 5 km, mais se limite généralement a 3.

Ce système, même avec une portée limitée, est cependant et a mon humble avis le plus adapté a nos préparations survivalistiques.
Le talkie-walkie nous offre une plateforme utilisable par toute la famille, et son alimentation (généralement piles AA ou AAA) est d'un format répandu et donc facile a obtenir en cas de troubles.

C'est un petit système indépendant et pertinent, qui devrait trouver sa place dans nos foyers et nos sacs d'évacuation.


Le deuxième choix est de la CB ou "Citizen Band" (notons que la France utilise le mot "public" quand a ses systèmes de communications, et que les US, pays originaire de la CB utilise le terme "citoyen"…petite différence culturelle anodine qui m'a interpellée lors de mes recherches pour cet article).

Les CB ont une portée qui va a quelques dizaine de kilometres, et peuvent être alimentées par piles pour les portables (généralement 8 piles AA) ou nos batteries de voitures.
Plus lourdes et d'une taille plus imposante que nos PMR, elles offrent pourtant un avantage certain quand aux distances de transmission et de réception.
Le problème est cependant de devoir équiper toute la famille avec ce système un peu plus complexe et couteux, lourd et imposant.

Une solution serait d'équiper la famille avec des PMR 446, et d'avoir une seule CB a la maison pour une communication "DX", soit la recherche de contacts lointains (D = Distance et X = Inconnue).

CB.


Un autre paramètre a prendre en compte est l'attribution des fréquences.
Il est évident que les talkie-walkie par exemple, offrent une communication soumise a une très forte chance d'être entendue par une tierce personne puisque le nombre d'utilisateurs est ici important comparé au nombres de fréquences disponibles.


Attribution des fréquences en France:
Fréquence
Utilisation
30,525 à 32,125 MHz
Réseaux privés
30,750 à 32,075 MHz
Appareils faible portée non spécifiques
31,300 MHz
Radiomessagerie sur site
32,125 à 32,500 MHz
Usage militaire
32,500 à 33,700 MHz
Réseaux privés
32,800 MHz
Microphones sans fils
33,000 à 34,850 MHz
Usage militaire
34,850 à 36,200 MHz
Réseaux privés
36,200 à 36,400 MHz
Microphones sans fils
36,400 à 37,500 MHz
Usage militaire
37,500 à 38,250 MHz
39,000 à 40,600 MHz
Réseaux privés
40,660 à 40,700 MHz
Appareils faible portée non spécifiques
40,995 à 41,105 MHz
Aéromodélisme
41,100 à 41,200 MHz
Modélisme
41,205 à 41,245 MHz
Téléalarme pour personnes âgées jusqu'au 31/12/2005
41,310 à 41,475 MHz
Téléphones sans fils
47,000 à 47,120 MHz
Réseaux privés
47,400 à 47,600 MHz
Réseaux privés en région parisienne seulement
47,600 à 47,700 MHz
Réseaux privés
50,200 MHz
Liaison vidéo sol-train, en région parisienne
50,200 à 51,200 MHz
55,750 à 63,750 MHz
Télévision bande I
56,330 MHz
Liaison vidéo sol-train, en région parisienne
62,860 MHz
Liaison vidéo sol-train, en région parisienne
68,000 à 68,460 MHz
Usage militaire
68,462 à 69,250 MHz
Réseaux privés
69,250 à 70,000 MHz
Usage militaire
70,250 à 70,525 MHz
Réseaux privés
70,525 à 70,975 MHz
Usage militaire
70,975 à 71,950 MHz
Réseaux privés
71,300 à 71,800 MHz
Appareils faible portée non spécifiques
72,200 à 72,500 MHz
Modélisme
72,500 à 73,300 MHz
Réseaux privés
73,300 à 74,800 MHz
Gendarmerie nationale
74,800 à 75,200 MHz
Radiolocalisation aéronautique (Marker)
75,200 à 77,475 MHz
Réseaux privés, taxis
77,475 à 80,000 MHz
80,000 à 82,475 MHz
Réseaux privés
82,475 à 83,000 MHz
Usage militaire
83,000 à 85,500 MHz
Police
85,500 à 87,300 MHz
87,300 à 87,500 MHz
Radiomessagerie unilatérale : alphapage, biplus ou Eurosignal
87,500 à 108,000 MHz
108,000 à 117,950 MHz
Radio Navigation Aéronautique (VOR et ILS)
117,975 à 136,975 MHz
Trafic aéronautique, bande aéronautique VHF (fréquence d'urgence 121,5 MHz)
137,000 à 138,000 MHz
Liaisons satellitaires descendantes (Satellites Météo)
138,000 à 143,975 MHz
Usage militaire
143,9875 MHz
Pratique du vol libre, deltaplane, parapente en FM ( 1 )
144,000 à 146,000 MHz
146,000 à 156,000 MHz
Trafic aéronautique (liaisons satellitaires montantes de 148 MHz à 150 MHz)
151,005 à 152,990 MHz
Réseaux privés
152,000 à 152,020 MHz
Radiomessagerie sur site
152,570 à 152,655 MHz
Appareils faible portée non spécifiques
152,990 à 155,995 MHz
Réseaux privés
154,980 à 155,180 MHz
Liaisons fixes d'abonnés isolés
155,995 à 162,995 MHz
Réseaux privés en dehors des côtes
156,025 à 157,425 MHz
Trafic maritime et fluvial, bande « VHF marine » veille sur le Canal 16
160,625 à 160,950 MHz
Trafic maritime et fluvial, bande « VHF marine »
161,550 à 162,025 MHz
Trafic maritime et fluvial, bande « VHF marine »
162,500 à 162,525 MHz
Trafic maritime et fluvial, bande « VHF marine »
164,800 à 168,900 MHz
Réseaux privés
169,410 à 173,815 MHz
Radiomessagerie norme ERMES
169,795 à 173,495 MHz
Réseaux privés
173,500 à 174,000 MHz
Police, pompiers, SAMU
174,000 à 223,000 MHz
Télévision bande III
174,000 à 234,000 MHz
DAB bande III
175,500 à 178,500 MHz
Microphones sans fil
183,500 à 186,500 MHz
Microphones sans fil
223,500 à 225,000 MHz
Appareils faible portée non spécifiques jusqu'au 31 décembre 2005
225,000 à 400,000 MHz
Bande aéronautique UHF, liaisons satellitaires, militaires, ACROPOL


Dans cette optique, et pour les malins, nous pouvons par exemple réduire la densité d'utilisateurs par l'utilisation d'une bande VHF-marine en milieu terrestre par l'achat d'un PMR marine.

VHF marine.



Dans un esprit d'adaptation et d'improvisation, il me semble pertinent d'émettre ici certaines idées quand a l'obtention de méthodes de communications au cas ou nos préparations et nos systèmes de supports étaient complètement hors service.

Une méthode expéditive de trouver du matériel pouvant assurer une communication plus ou moins efficace au sein du groupe est tout ce qui concerne le monde de l'interphone pour bébés. Ces systèmes sont extrêmement limités, mais dans un rôle expéditifs, ils peuvent assurer un lien entre une sentinelle et les occupants de la résidence principale par exemple.




Quand bien même le système MURS (Multi Use Radio Service) n'est, a ma connaissance, pas légal en France, ce système offre des possibilités intéressantes pour le survivaliste. 

Tout comme les PMR 446, le système MURS se compose de transmetteurs/récepteurs mais aussi d'une "base" installée au sein du foyer.
En plus des possibilités de communication sur une bande de fréquence beaucoup moins peuplée que les systèmes PMR ou CB, ce système s'accompagne de transmetteurs d'alerte infrarouge qui peuvent être placés autour de notre périmètre de sécurité.




Pour le rural, ce système est pertinent.
Un humain ou une voiture passant devant ce système déclenchent une alerte vocale ("Alerte zone 1" - "Alerte zone 2" …) transmise sur notre base mais aussi sur tous les transmetteurs/récepteurs…nous alertants d'une intrusion sur une zone prédéterminée.