jeudi 15 septembre 2011

Le S.O.P.







Le S.O.P. ou Standardized Operating Procedure, ou encore Standard Operating Procedure, est la mise en place d'une organisation officielle, c'est a dire noir sur blanc,  des rôles de chacun au sein d'un groupe.

Toute organisation familiale ou clanique, c'est a dire un groupe de 2 personnes ou plus, est un agencement plus ou moins naturel et conscientisé de gestes délégués.   
Chaque personne apporte a la cellule clanique une certaine expertise, un certain savoir faire ou encore certains attributs physiques et/ou psychologiques, et les rôles qui découlent de ces sphères, tantôt abstraites et tantôt concrètes, sont généralement le reflet du potentiel animé par chaque individu.

Quand bien même cette organisation du rôle est aujourd'hui rendue officielle par les corps d'armée par exemple, elle transparait dans la totalité de nos organisations humaines.
Nos ancêtres, participant d'organisations claniques pendant des milliers d'années, étaient tous d'un S.O.P. pouvant être très précis et discipliné.
Le rôle du chef de clan au sein du groupe n'était pas le même que celui du Chaman, et le rôle de ce dernier n'avait rien a voir avec celui d'un chasseur.

Si nous observons nos foyers modernes, cette structure pouvant parfois sembler abstraite, transpire dans le partage des taches modernes.
Certaines de ces délégations sont le résultat d'années de conditionnement culturels, alors que d'autres sont le résultat d'une organisation biologique s'alignant avec certains besoins plus généraux d'adaptations.

Certains individus sont d'une présence physique imposante par exemple, et les rôles qu'ils s'approprieront au sein d'un groupe, s'orienteront invariablement vers des taches ou l'aptitude physique prédomine. D'autres seront naturellement plus aptes a des taches manuelles précises, et d'autres encore a la supervision physique ou mental du clan au travers d'aptitudes nourricières et/ou intellectuelles.




Si cette organisation naturelle du rôle fait la promotion de certaines aptitudes physiques ou mentales, de certains traits de caractères ou de natures, c'est bien que la cohabitation, la survie familiale, repose sur un éventail de faire plus ou moins complexes.

Pour le survivaliste, cette construction a la base biologique est pourtant incomplète, et aujourd'hui noyée par l'effervescence de nos sociétés, ou l'individu est sectionné en parties plus ou moins cohérentes, et que nous nommons tour a tour tempérament, caractère, personnalité, ou encore nature.

La construction d'un individu est alors entreprise comme la construction d'un bâtiment, et l'être que nous sommes devient subitement la façade d'un éventail de complexités extérieures. Nous sommes forgés sur l'enclume de la scolarité, de la cellule familiale, de la culture ambiante, de la religion adoptée…et il est difficile aujourd'hui de cerner la véracité des rôles que nous adoptons.

C'est le syndrome scolastique par excellence, qui fera de nous un excellent comptable ou un excellent chef d'entreprise, mais qui par la même occasion nous fera enterrer dans les sous sols de nos habitations nos natures même, nous conduisant invariablement a la question du "qui suis-je?".




Cette organisation semi biologique et semi conditionnée du rôle, de notre place au sein de nos familles et plus largement de nos sociétés, est capable d'être extrêmement explosive si l'individu est extirpé plus ou moins soudainement de son ordinaire…de cette normalité sur laquelle dépend la plupart de nos valeurs sociales.


Le S.O.P., cette déclaration standardisée, est une méthode qui permet au clan d'établir a l'avance le rôle de chaque individu durant la perte de ce que nous nommons ici "normalité".
Militairement parlant, la distribution des rôles, que celle-ci soit de la logistique bureaucratique, du ravitaillement, des communications ou de l'infanterie, est une organisation pilier sans laquelle la totalité de la machine militaire deviendrait confuse et inefficace.




Pour le survivaliste, la préparation physique est incomplète, si la machine clanique qu'elle soutient ne fonctionne pas efficacement durant la perte de la normalité.
Simplement, nous pouvons avoir tous les outils et tout le matériel du petit survivaliste au monde, si notre normalité telle que nous la connaissons cesse d'exister, et que notre clan bafouille et panique a l'échelle individuelle, nous aurons énormément de mal a surpasser l'événement.




Le S.O.P. peut être aussi vague qu'un simple entendement sur le fonctionnement générale du clan lors d'un événement dramatique tel que; "si la merde éclate, c'est moi qui dirige !", et aussi complexe que la mise en place de code verbaux lors d'une confrontation avec une personne extérieur au clan.

Puisqu'il m'est impossible ici de rédiger un S.O.P. complet et détaillé sans faire un pavé clinique imbuvable, la représentation ci-dessous devrait suffire a provoquer l'installation de votre propre S.O.P.



1- Personnalisation.

Comme avec tout ce que je présente sur ce blog, le S.O.P. est avant tout une affaire personnelle. Il n'y a pas 2 S.O.P. semblables, tout simplement parce qu'il n'y a pas 2 situations familiales qui se ressemblent, tant les individus composants ces clans et ces cellules familiales sont tous de natures et de présences différentes.  

Certains auront une cellule familiale qui travaille naturellement vers une certaines indépendance, et d'autres seront les seuls a participer d'une intention de prévoyance et de préparation.


2- Les priorités.

La perte de la normalité, est pour la plupart du temps d'événements personnels.
Quand bien même beaucoup de survivalistes voient l'événement dramatique comme une dimension hollywoodienne, la réalité est que nos vies sont plus souvent chamboulées par un accident de voiture ou la perte d'un emploi, qu'un effondrement de l'économie mondiale ou une pandémie.

Cela ne veux absolument pas dire que ces deux derniers événements ne peuvent en aucun cas se matérialiser durant nos vies, mais qu'ils ne sont tout simplement pas de probabilités aussi importantes qu'un accident de la route.




Un exemple de S.O.P. pourrait ici être d'un certain protocole de l'accident, et il serait peut être pertinent des aujourd'hui d'engager une conversation avec vos conjoints pour rendre officielle la totalité de la sphère "hospitalisation" et "décès".
La perte d'un conjoint ou d'un membre du clan est déjà assez traumatique, pour ne pas avoir en plus a se débattre avec la machine administrative durant un tel moment.


3- L'evacuation.




Chaque année, des milliers de familles doivent évacuer leurs domiciles. Cette réalité n'est pas une fantaisie, mais bien le résultat d'un nombre incalculable de situations plus ou moins dramatiques.
Incendies, tremblements de terre, inondations ou fuites de gaz, nos domiciles ne sont pas immunisés contre les réalités de ce monde.

Imaginez devoir évacuer votre domicile a cet instant précis.
Savez-vous qui va s'occuper d'emporter vos papiers les plus importants ?
Savez-vous qui va penser et préparer la nourriture de vos enfants en bas âges ?
Savez-vous qui va couper l'arrivée d'eau et de gaz ?
Ou est le passeport de votre conjoint, ses médicaments, la caisse du chat, le matériel de camping, les clefs de voiture..?
Imaginez maintenant que tout cela doit être décidé durant une coupure d'électricité...

Cette incertitude du rôle est exactement ce qui gouverne la plupart des familles durant l'évacuation, et les conséquences d'une telle incertitude sont potentiellement décisives.
Si personne ne sait ce qu'il doit faire durant la perte de la normalité, si personne ne connait son rôle, c'est la panique.

Cette panique, plus ou moins prononcée, est synonyme de perte de temps, de perte d'énergie, d'engueulades, de frustrations…bref, d'inefficacité.

La désignation des rôles avant la perte de la normalité est ici des plus pertinente.
Le S.O.P. de l'évacuation peut des lors se construire de la manière suivante…

Le domicile peut être diviser en sections par exemple.
1- Chambres a coucher.
2- Cuisine.
3- Salle de bain.
4- Garage / autre.

Chaque personne a un rôle bien défini au sein de chaque section, et chaque personne sait ce qu'il doit préparer et/ou faire.
Papa s'occupe des sections 1 et 3 par exemple, et il est chargé de sortir les sacs d'évacuations, les kits administratifs, les kits de survie, de préparer les armes a feu et d'organiser le véhicule.
Maman s'occupe des sections 2 et 4, et elle est chargée de préparer la nourriture, le kit de premiers soins et le kit hygiène.





4- Autres S.O.P. 

La mise en place de procédures d'opérations standardisées peut s'étendre a un éventail de situations anticipées.
La défense du domicile par exemple, se doit d'être d'un S.O.P. extrêmement discipliné. 
Qui appel la police, qui maintient telle position et avec quelle arme a feu, qui s'occupe d'aller chercher les enfants dans leurs chambres…sont autant de questions qui devraient trouver des réponses bien avant l'éventualité d'une telle situation.

Si personne ne connait son rôle durant un événement tel que l'invasion du domicile, les risques d'accidents et/ou d'actions involontaires s'agrandissent terriblement.

Qui ira chercher les enfants a l'école si un événement dramatique personnel, locale ou national venait a interrompre notre normalité ?
Imaginez avoir des enfants dans une école sur Manhattan le matin du 11 septembre !




Qui s'occupe de sécuriser les animaux et leur nourriture ?
Quelles routes sont prévues en cas d'évacuation ?
Comment et ou se retrouver au cas ou un événement surviendrait alors que la famille est éclatée au 4 coins de la ville ?
Quelles personnes contacter en cas d'urgence ?
Quel devrait être notre comportement et le rôle de chacun dans le cadre d'une confrontation verbale ou physique ?
Quels protocoles établir lors d'une séparation ?


Quand bien même ce genre de questionnement peut paraitre lourd et inconfortable, il est beaucoup plus facile de mettre a plat ces éventualités quand tout est "normal", que d'être soudainement confronté a une situation dramatique, et ne pas savoir comment réagir.


Stay Safe.




1 commentaire:

  1. Excellent article, les protocoles sont une priorité absolue, aussi importants que les équipements.

    J'ajouterais qu'il faut aussi créer une certaine redondance dans les rôles, comme dans une armée en campagne, afin que si l'un des membres de la famille, clan, communauté "tombe" ou est MIA, quelqu'un d'autre soit en mesure d'accomplir parfaitement le rôle en plus du sien.

    Et c'est là, à mon humble avis, l'importance du clan ou de la communauté. Si notre famille étendue "preppe" elle aussi, elle doit connaître ou avoir accès aux protocoles de chacune des cellules familiale qui la compose. Ainsi si les parents sont coincés à Montréal, Qc (Montréal est une ile) et les enfants se situent sur la Rive Nord, qu'oncle X ou Tante Y puisse se substituer aux parents absents temporairement et ils ne pourront être efficaces qu'avec une copie du protocole familial.

    Enfin c'est toute une question, y'a la question de la confiance, du degré d'implication ou de préparation, etc.

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