mardi 9 août 2011

L'eau; Le retour aux sources.






L'univers de l'événement dramatique se vit en priorités.
Chaque solution est le reflet d'une tension, chaque réponse le reflet d'un besoin…et tel un élastique, nous faisons, tour a tour, l'expérience de périodes "souples", et de périodes "dures".

La survie est une gymnastique élastique.


Si la tension "maintenant" est un danger corporel imminent, la solution, la réponse, sera de travailler a la réduction voir l'élimination de la dite tension.
Si nous avons faim, nous travaillons a l'obtention de la nourriture.
Si nous avons soif, nous travaillons a l'obtention de liquides.
Si nous avons froid, nous travaillons a la régulation de notre température.
Si nous avons mal, nous travaillons a la réduction de la douleur.

Il est difficile de prédire quelles tensions se présenteront a nous et dans quel ordre. Cependant, il est évident qu'une poignée d'entre elles seront inévitablement de la partie.
Ces tensions "constance" nous les connaissons déjà puisqu'elles gouvernent nos vies, et sont les principales occupations de nos quotidiens. 
Respiration, régulation thermique, hydratation et énergie (nutritive ou physique)…sont des tensions omniprésentes.

Bien sur, dans notre quotidien, et sous la couette ronronnante de nos systèmes de support, ces tensions sont dans la plupart des cas soulagées régulièrement et rapidement, et notre gymnastique élastique n'atteins que rarement des proportions alarmantes.

Le rapport tension/relâche est plus ou moins contrôlable et contrôlé, et quand nous avons faim, nous préparons a manger ou nous nous arrêtons dans une boulangerie, quand nous avons soif, nous ouvrons le robinet, quand notre vie est en danger, nous appelons la police, les pompiers ou tout autre service d'urgence, et quand nous avons froid, nous augmentons le débit de nos chauffages centralisés.

Tout va bien…et l'évolution de notre espèce, semble dès lors se baser sur la découverte de méthodes pouvant répondre le plus rapidement et efficacement possible aux tensions naturelles qui nous habites et que nous pouvons rencontrer.




Seulement, ces découvertes, cette "machine"…parfois casse, tombe en panne, est absente ou sabotée, et c'est un retour aux sources qui s'impose a nous.

Pour l'eau, ce "retour aux sources" signifie qu'il nous faut avant tout la trouver.



1- La source domicile.




Que nous soyons en présence d'un scénario "vert", soit une tension sur nos systèmes de support d'une durée allant de 0 a 10 jours, d'un scénario "orange", d'une durée allant de 10 a 90 jours, ou d'un scénario "rouge", d'une durée supérieure a 90 jours, notre domicile, si celui-ci reste habitable bien sur, devient par défaut notre principale ressource.

Etre obligé de s'aventurer a l'extérieur de notre domicile durant une tension pour subvenir a nos besoins, est un risque qui devrait, dans la plus part des cas, être évité le plus longtemps possible.




Si la tension germe a une vitesse observable, nous avons des lors l'opportunité de prendre quelques mesures préventives, telles que remplir la baignoire d'eau par exemple, ou même dans certains cas faire le plein au supermarché (le cas pour les événements annoncés comme Katrina).
Si en revanche l'événement est tel que nous n'avons pas le temps de sécuriser certaines ressources (certaines émeutes comme Los Angeles ou l'événement Japonais sont des exemples de tensions extrêmes et rapides…), alors il nous faut faire avec ce que nos domiciles abritent d'eux mêmes.


Notre domicile devrait donc pouvoir supporter la totalité du processus eau;
-Contenir.
-Transporter.
-Transvider.
-Filtrer.
-Désinfecter/purifier.
-Stocker.

Sceaux, bidons, bouteilles, réchauds, gamelles, filtres, Eau de Javel, tuyaux, outils, bâches…sont autant d'outils indispensables et nécessaires a un environnement ou l'eau viendrait a manquer.





a) Les réservoirs aménagés.




Chaque habitation contient des lacs…des réservoirs.
Ces réservoirs sont toujours pleins, et ils nous offrent une quantité plus ou moins importante d'eau potable selon l'aménagement.

Même si cette eau est potable, elle devrait pouvoir être traitée, soit par filtration et désinfection (eau de Javel), soit par ébullition, car il se peut que l'eau de nos systèmes soit entrée en contacte avec certains pathogènes.

C'est le cas durant certaines inondations, ou les systèmes de distributions sont contaminés par une eau douteuse. D'ailleurs, dans certains cas, un des premiers geste a avoir lors d'une tension est de couper l'arrivée d'eau, pour empêcher la contamination de nos propres systèmes. 


La plupart des toilettes sont aujourd'hui encore équipées de réservoirs de 9 a 12 litres. A raison de 4L par jour et par personne, cette quantité nous offre une autonomie en eau potable de 2/3 jours pour une personne.




Cependant, les nouvelles générations de toilettes a double touche par exemple, avec lesquels nous pouvons sélectionner le volume d'eau consommé, contiennent de 6 a 9 litres…voir moins.

Personnellement, et encore une fois surtout pour les citadins, je pense que nous devrions garder nos toilettes de 9/12L de capacité, mais ne tirer la chasse que quand c'est nécessaire. Cette pratique permet de réduire notre consommation en eau, tout en conservant une réserve propice a l'urgence.


Le chauffe-eau ou ballon d'eau chaude, reste notre lac principal, et il devrait être considérer comme faisant partit intégrale de nos réserves en eau.
Cette source peut offrir de 50 a 200 litres d'eau par habitation…une ressource importante donc, et nous devrions tous savoir comment récupérer cette eau.


Une autre source un peu plus difficile d'accès, est celle de la plomberie, c'est a dire les tuyaux mêmes.
L'eau coupée, le robinet le plus haut est légèrement ouvert (dernier étage), pour ensuite ouvrir le robinet le plus bas (sous-sol) ou l'eau du système est capable de s'écouler. 
Cette purge de la tuyauterie est une méthode "de la dernière goutte" pouvant donner quelques litres...


b) La récupération.




La récupération de l'eau de pluie devrait toujours être une possibilité…et ceci même si nous habitons en ville.
Cette possibilité peut s'organiser autour de notre rideau de douche et de récipients par exemple.

Un rideau de douche n'est ni plus ni moins qu'une bâche décorée, et il devrait nous offrir un moyen expéditif de récupérer l'eau de pluie depuis nos fenêtres et nos balcons.

Je ferais un article entier sur la fabrication de systèmes plus complets et permanent.



2- Les sources externes.




Anticiper, c'est d'abords réfléchir.
Si le stockage de l'eau est un geste qui me parait intelligent et prévoyant, il ne peut, a lui seul, prétendre faire le tour de l'anticipation.

Si dans une situation de stress le domicile offre souvent un avantage tactique que nous ne pouvons ignorer, il est évident que certaines situations ne nous permettent plus l'accès a celui-ci, et donc a nos stockes.




Outre la possibilité omniprésente de devoir évacuer nos domiciles, il se peut que ceux-ci restent viables, mais qu'ils ne nous offrent plus les ressources vitales dont nous avons besoins.
Un scénario orange suffirait d'ailleurs a complètement déstabiliser la plupart de nos stockes d'eau, même les plus importants.

Quelque soit le cas, nous sommes ici poussé a aller chercher l'eau ailleurs…

Lacs, rivières, marres, ruisseaux, puits ou encore nos fontaines de places publiques...la survie ou l'eau est rare est souvent synonyme d'une consommation des plus douteuse, et si les survivants du monde nous apprennent une chose sur le stress hydrique, c'est que comme eux nous boirons beaucoup d'eau "verte".




Un geste qui me parait intéressant ici, est de noter sur nos cartes tout point d'eau pouvant nous réapprovisionner. 
En plus de noter l'endroit, nous pourrions noter la qualité, la quantité, les cycles pour les marres et ruisseaux, la nature de l'accès, la nature du terrain et ainsi de suite.




Ce travail d'amont pourrait s'avérer être un avantage important, le jour ou nous devrons faire ce retour aux sources.








7 commentaires:

  1. Salut volwest.
    Comme toujours, des idées originales pouvant etre d'un grand secours (remplir la baignoir, vider chauffe eau et tuyauterie)... des fois je me dis qu'en cas de crise il me faudrait une connexion internet pour lire ton blog... ou alors je me fais des fiches types check-list-en-cas-de-crises: c'est désormais chose faite!
    Par contre meme si l'instalation d'une citerne de stockage est intéressante en zone aride, je me pose la question de son utilité dans une zone inondable. Torrent de boue, eaux sales et usées, contamination, surpression des conduites, une citerne a t elle ses chances dans ce cas là?

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  2. Salut Volwest,

    Attention, comme le dit en commentaire un de tes lecteurs (fans?) sur Youtube, le ballon d'eau chaude est porté à une certaine température (+ de 60°) pour éviter certaines maladies/contaminations d'ordre biologique.

    Donc en cas de manque d'eau, doublé de panne de courant prolongée, méfiance! Car l'eau aura potentiellement passée plusieurs heures à une température favorable à l'apparition de bactéries. Donc éviter autant que faire ce peu de la boire tel quel.

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  3. Bonsoir Wolvest & Mato.

    Merci pour ce blog utilise et agréable à lire: on y apprend plein de choses.

    Par rapport aux points d'eau à proximité du domicile, habitant près de la mer, connais-tu une méthode simple pour déssaliniser l'eau et la rendre potable ?

    Fred

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  4. Salut!

    Julien,
    Une zone inondable est bien sur délicate…mais il existe des méthodes d'installations de citernes pouvant conserver la fonctionnalité de celles-ci.
    Il faut aussi définir "zone inondable"…tous les ans, tous les 5 ans, tous les 10 ans ?
    Juste une possibilité ?

    Chaque cas est différent.
    a+

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  5. Maelvilian,

    Oui…je l'écris noir sur blanc dans l'article.
    Basiquement, mieux vaut prévenir que guérir.
    Maintenant, rappelons aussi que l'eau qui dort dans nos ballons d'eau chaude, reste une eau déjà traitée (elle contient de la Javel par exemple), puisqu'elle vient de nos systèmes de distribution.

    a+

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  6. Salut Fred…

    Il existe une méthode plutôt simple en effet.
    Quand Louis et Clark ont enfin atteins l'océan pacifique, leur méthode principale pour leurs besoins en eau a été de traiter l'eau salée.

    Il me faudrait faire un article entier, mais simplement, il nous faut construire un système plus ou moins identique a la fabrication de l'alcool.
    Une cuve hermétique est dotée d'un tuyau long…et l'eau salée est portée a ébullition dans la cuve.
    La vapeur d'eau dessalée monte, rentre dans le tuyau, et quand celle-ci refroidit tout le long de son voyage a l'intérieur du tuyau, elle se transforme en eau potable.

    Système tout bête, et assez simple de fabrication avec les moyens du bords.

    a+ l'ami.

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  7. Salut,

    En France, les ballons (électriques et sur chaudiére) ne sont pas équipé comme le tiens.

    Nos ballons sont généralement plus haut que l'arrivée d'eau, qui passe par un groupe de sécurité. le groupe de sécurité sert aussi de purge.. donc utilisable dans notre cas. Par contre, nous n'avons pas systématiquement de vanne à purge, donc on est alors obligé d'ouvrir les robinets d'eau chaude pour créer un appel d'air.

    ++

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