Sur la troisième Mesa de la réserve Indienne Hopi, au nord de l'Arizona, se tient l'un des plus vieux village des Etats Unis.
Oraibi, fondé il y a plus de 1000 ans, abrite toujours aujourd'hui une population discrète et traditionnelle.
Au 13e siècle, une sécheresse importante force le peuple Hopi a abandonner plusieurs villages dans la région, et a consolider leurs organisations.
Oraibi est l'une de ces concentrations.
Au bord du village, et surplombant le désert, une impressionnante dalle de pierre semble encrer les habitations de terre du Pueblo.
Telle une fondation, une promesse de vie, c'est la totalité des structures naturelles et humaines qui tendent vers la récupération des eaux de pluie…avec des centaines de puits et de cuvettes creusées a même la roche.
La récupération des eaux de pluie est une pratique ancestrale…et bien plus qu'une tradition ayant un objectif pragmatique, cette organisation s'aligne parfaitement avec les lois naturelles de l'économie d'énergie et du vital, tout en offrant un système durable et écologiquement stable.
Aujourd'hui, cette méthode souvent ignorée par la plupart de nos organisations modernisées, reste une mise en place pilier pour le survivaliste.
1- La relation.
La relation moderne que nous entretenons avec l'eau est dramatique.
Outre un gaspillage systématique, nos réseaux hydriques reposent sur l'insolence d'une totale abstraction des réalités attachées a l'univers de l'eau.
Ce rapport est extrêmement complexe, et influence des sphères aussi variées que la politique, l'écologique et le partage des richesses.
Pour le survivaliste, la recherche systématique de son indépendance hydrique est sans aucun doute l'une des intentions les plus importante qui l'habite.
Sur le court terme, notre relation a l'eau reflète la nature instable de nos systèmes de support. Désastres écologiques, catastrophes naturelles, pénuries, contaminations ou simple coupures d'eau, le survivaliste anticipe ses besoins en eau en préparant une réserve personnalisée et en sécurisant certains outils pour prévenir, réduire et éliminer les conséquences d'une interruption du bon fonctionnement de nos systèmes de support.
Le manque...
Sur le long terme, stockes et matériels de l'immédiat seront tout juste capables d'entretenir le manque…et le survivaliste doit alors se pencher sur des systèmes d'obtention et de stockage beaucoup plus adaptés a un stress hydrique prolongé.
Si la construction de puits et/ou la présence d'une source directe et pouvant être contrôlée et sécurisée est un avantage certain, il n'en n'est pas moins que la récupération des eaux de pluie est une méthode autarcique qui devrait venir supporter nos autres systèmes.
Energetiquement parlant, la récupération des eaux de pluie par tonneaux ou cuves s'organise sur un principe de rendement des plus efficace.
Simplement, l'effort, l'énergie dépensée pour s'octroyer l'eau, ne dépasse pas ici les bénéfices reçues lors de la transaction.
Un système, est invariablement de l'interconnectivité d'un nombre plus ou moins important de rôles.
Si la survie est cet ensemble plus ou moins ordonné de priorités, nos besoins en eau potable restent déterminant, et influences invariablement le reste des systèmes pouvant contribuer a notre survie.
Tout comme a Oraibi, le battement de coeur de notre village repose sur nos capacités en eau.
Il est d'ailleurs étonnant de se pencher sur l'agriculture moderne non pas en terme de nourriture, mais en terme de transaction hydrique.
Une salade par exemple, est presque totalement composée d'eau.
Quand celle-ci est transportée d'un bout a l'autre de la planète, quand celle-ci passe de l'agriculteur au consommateur, ce n'est pas une affaire de transportation de solide, mais bien de liquide.
Travailler a réduire cette exportation hydrique, est sans aucun doute un geste écologique bien plus frappant que si nous parlions de salades, puisqu'il met en valeur non pas la feuille, mais sa composition.
Ce qui coute chère économiquement mais aussi écologiquement, c'est la transportation de plus en plus massive de l'eau, et la mise en place d'un système de récupération des eaux, et donc la possibilité de pouvoir nourrir nos salades, devient des lors un geste complet, durable et energetiquement viable.
2- L'impact.
L'eau coute chère, et demain, elle coutera encore plus chère.
Le stress hydrique au niveau mondiale est un de ces problèmes qui n'est pas prêt d'être résolu.
Une intention envahissante de privatisation est, pour certains géants du profit, une philosophie qui se réalisera tôt ou tard, et ceci que nous le voulions ou non.
Pour le survivaliste, l'incontournable privatisation d'une ressource aussi vitale que l'eau devrait déclencher chez lui un signal d'alarme des plus pressant.
La récupération des eaux de pluie est un système invisible et incontrôlable par la machine. A lui seul, il est capable de nous faire économiser des centaines d'Euros par ans, surtout si nous le marions avec des systèmes de Permaculture tels que les jardins surélevés par exemple.
Mais l'impact de cette organisation ne s'arrête pas a nos tomates et a nos salades…
En plus de pouvoir rassasier nos jardins, et alléger nos dépenses, les tonneaux et cuves de récupération des eaux de pluies nous offrent un filet de sécurité pertinent et adapté dans l'éventualité d'une perte momentanée ou prolongée de nos réseaux de distribution des eaux.
Que nous soyons confrontés a un événement dramatique ou non, cette organisation est donc quoi qu'il arrive d'un bénéfice redoutable.
Pouvoir réduire nos dépenses mensuelles tout en faisant croitre notre niveau d'indépendance, devrait, au minimum, intéresser la plupart d'entre nous…survivalistes ou pas.
3- Mise en place.
La première réflexion est ici du containers même, et de nos possibilités financières et physiques.
Quand bien même l'installation la plus courante est du tonneaux alimentaire de 200L rattaché a une gouttière, il m'est difficile de percevoir la mise en place de systèmes intelligents en termes restrictifs.
Un balcon parisien pourrait très bien supporter l'installation d'un système de récupération des eaux qui s'appuis sur un récipient de 50, 75 ou 100L par exemple, et d'une bâche ou d'un cône en plastique comme méthode de canalisation.
En fait, il n'y a pas de système trop petit ou trop grand.
Si votre environnement le permet, envisagez le système le plus performant et adapté a vos besoins.
L'avantage de cette organisation, est qu'elle se prête facilement a l'ajout de réservoirs…soit en chaines, soit en plusieurs systèmes indépendants des uns des autres tels qu'un tonneau par gouttière par exemple.
Cette qualité évolutive et adaptive, nous permet de commencer petit, par la mise en place d'un seul tonneau de 200L sur une gouttière par exemple, et donc de rester dans un investissement raisonnable au début.
Essentiellement, nous avons 2 possibilités.
a) Les réservoirs souterrains.
L'avantage des réservoirs souterrains, est qu'ils sont de volumes important et qu'ils sont complètement invisibles.
Le désavantage de ce genre d'organisation est un investissement financier et manuel plus sévère, un entretient difficile, et d'avoir, dans la plupart des cas, a installer une pompe électrique.
Cette organisation est sans doute intéressante pour les propriétaires d'habitations rurales ou les individus habités d'une résolution sédentaire en banlieue par exemple.
Un weekend devrait suffire a l'installation, et une fois complété, ce système pourra répondre a des besoins important, tout en ayant un impact visuel nul.
Cuve de 40 000 litres.
Si la pompe est branchée sur un système solaire avec une redondance manuelle, c'est un système solide et extrêmement efficace.
b) Les réservoirs en surface.
Nombreuses sont les compagnies qui ces 10 dernières années se sont penchées sur des systèmes de récupération pouvant rivaliser avec les systèmes souterrains tant dans leurs capacités volumiques que dans la discrétion qu'ils permettent.
Un de ces "tonneau" est le HOG…d'une compagnie Australienne.
Ce système modulaire et plutôt séduisant par sa forme, se détache intelligemment d'une conception cylindrique, et s'adapte parfaitement a notre environnement.
Avec une capacité de 180L par "HOG", et le choix de plusieurs couleurs, il devient difficile de déterminer sa fonction une fois installé, et peut être extrêmement discret.
Le pilier de la récupération des eaux de pluie reste cependant le tonneau cylindrique de 200L, pouvant être simplement raccordé a nos gouttières, et ceci en quelques heures.
L'installation de ces tonneaux est extrêmement simple, et ne demande aucunes compétences extraordinaires pour ce faire.
L'avantage ici est un investissement relativement faible, la possibilité de pouvoir bouger, transformer et adapter nos systèmes, et l'utilisation de la gravité pour la distribution, et donc une absence totale de dépendance énergétique.
Le principale désavantage reste la haute visibilité du système.
Quel que soit le système que vous choisissez, cuves souterraines, tonneaux de 200L ou cuves de surfaces stylisées, la récupération des eaux de pluie est une organisation pérenne qui influence la vie de tous les jours, tout en nous donnant les moyens de pouvoir réduire, voir d'éliminer, l'impact d'une rupture de nos systèmes de support.

































