vendredi 15 juillet 2011

Le 14 Juillet.






Faire la révolution, c'est faire le tour d'une chose pour en adopter une autre. La question devient alors de savoir si ce que nous allons adopter n'est pas le fruit de l'arbre que nous venons de faire tomber…et de rester vigilant.

J'ose rêver parfois, quand cette date anniversaire se fait sentir, a une révolution interne, a une prise de conscience venant noyer la volonté générale.


La dépendance qui hante nos rues aujourd'hui, le 14 Juillet 2011, est bien plus perverse que celle que nos anciens vivaient en 1789. Et pourtant nous nous réjouissons et nous buvons, nous dansons et nous cotillonons.
La différence est sans doute dans le maintient collectif de certaines croyances, intelligemment supportées par le niveau de confort qu'il nous est donné d'apprécier.

Nous nous croyions libre et indépendant…bien sur, instinctivement, il nous est difficile de croire pleinement, de croire consciemment, et nous nous agitons sur quelques faits divers, sur quelques scandales, sur quelques opinions, pour nous rassurer de la véracité de cette liberté adoptée.


Notre pauvreté…ne se calcule pas en matérialisme primaire, mais bien en libertés, et nos libertés post-révolution, sont pour la plupart de fausses libertés.

La seule révolution qui me parait valable, est alors celle qui se déroule en soi…et non sur la place publique.
"Changer le monde", c'est d'abords se changer soi.

Comment pouvons nous réclamer a nos chefs d'état de dépenser nos cotisations intelligemment ou de balancer le budget de l'état français, quand nous même a la maison nous ne voulons pas faire l'effort d'acheter en gros, ou d'économiser par la non-dépense, par le non-consumérisme ? 




Comment pouvons nous crier sur les toits que nos gouvernements sont de gros pollueurs, quand nous même polluons nos plages d'Aout, nos rues, nos intérêts touristiques, quand nous même supportons ces pratiques au travers d'une dépendance systématique envers nos méthodes de distributions, nos méthodes de fabrications, nos énergies…ayant toutes un impact écologique désastreux ?




Comment pouvons nous sonner le signal d'alarme et dénoncer nos méthodes d'agricultures, notre pollution alimentaire, la destruction de la terre même, alors que nous ne sommes pas prêt a produire notre propre nourriture, alors que nous nous abandonnons a la dépendance d'un agri-business prêt a empoisonner nos enfants pour un profit ?




Comment pouvons nous détester et avoir peur de l'énergie nucléaire, et ne pas faire en sorte de ne plus être dépendant de celle-ci ?




La solution, si j'ose la chuchoter, n'est pas une révolution politique, sociale, énergétique ou encore économique…la solution est une révolution interne.
Elle est de toi, de moi.

Attendre que nos chefs d'états nous pondent une loi visant a améliorer le future de nos enfants est une aberrations. Car ne nous méprenons pas, les dirigeants et les politiciens n'ont qu'une seule raison d'être, qu'un seul travail, et c'est de créer des lois.

Si demain il n'y avait plus de lois a créer, ils seraient tous au chômage, mais notre dépendance, nos enfantillages, les assures d'un CDI.
Prenons un exemple;

Nous bouffons de la merde. Mais puisque nous sommes dépendants du systèmes d'agriculture en place, nous achetons la dite merde. Nous croyions ne pas avoir le choix, sauf pour les riches ! Très français.
Maintenant, puisque nous ne sommes pas content, nous râlons. Très français.
On pourrait se prendre en main, se responsabiliser par la mise en place de moyens pouvant nous permettre d'obtenir, par un moyen ou un autre, une nourriture saine, mais non. Nous préférons râler.

Puisque nous râlons, certains individus plutôt bien placés, commencent a s'agiter.
Créons une loi ! Qu'ils disent.
Bien sur, cela prend des mois, voir des années pour pondre la dite loi.
Et qu'est ce qu'une loi, sinon la négation d'une liberté !




La loi passe, qui dit qu'un fermier doit dire au gouvernement si il utilise tel ou tel produit "chimique" (il nous faudra définir "chimique" pense le gouvernement). 
Pas mal ! Se dit l'écolo bien pensant.

Ne pouvant plus utiliser un certain produit, les fermiers, généralement rémunérées par les subventions de l'état et non par le profit qu'ils pourraient faire si ils n'étaient pas eux mêmes dépendants du gouvernement, commencent a râler. Très français.

Alors une nouvelle loi doit voir le jours…
Qui devrait exclure certains fermiers de la précédente, tout en incorporant d'autres qui n'étaient pas, au préalable, touchés par la première, comme par exemple les fermiers qui ne produisent qu'une matière première non destinées a la consommation direct (il nous faudra définir "consommation direct" pense le gouvernement). C'est une toute autre catégorie !

Maintenant, la CGT s'en mêle, Arlette s'enflamme, la SNCF se met en grève, et tout le monde s'en met plein les poches…sauf nous…qui bouffons toujours de la merde, mais devant une super télé a écran super plat!




La révolution française, n'est pas cette magnifique expression d'un peuple qui s'est libéré d'un système tordu, injuste et malade, elle nous a simplement extirper d'une construction sociale, pour en adopter une autre…et ces deux constructions sont basées sur le même principe; notre dépendance.




Cependant, et comparée a celle de 1789, notre dépendance actuelle est tout juste un petit peu plus subtile…mais beaucoup plus dangereuse, car le collectif, le citoyen, se contente de distractions douteuses, d'une information qui n'est que de la désinformation, et d'un confort matériel des plus redoutable.


Travailler sa propre indépendance, que celle-ci soit énergétique, nutritionnelle, économique ou physiologique, est alors une révolution en soi.

"Tout le monde ne peut pas faire pousser sa propre nourriture" on va me dire !
C'est vrai, au premier degrés.
Mais c'est aussi l'illusion que nous perpétuons.

"Faire pousser sa propre nourriture", c'est d'abord choisir ce que nous voulons manger. Et que faisons nous quand nous achetons une certaine marque ou un certain produit au supermarché du coin si non de choisir…de voter pour ce produit ?

Refuser d'acheter un fruit du Chili, ou tout autre produit importé par avion par exemple, est un vote.

Un paysan en bio parmi tant d'autres, Martial, qui a déposé quelques messages sur ce blog (Liberté et indépendance), le dit d'ailleurs très bien dans son commentaire;
"La magouille et le mensonge sont la ou est l'intérêt, c'est a dire dans l'industrie agroalimentaire…Si les gens faisaient l'effort d'accorder plus d'importance a leur bouffe qu'a leur écran plat, ils iraient l'acheter (ou la troquer ?) chez les petits paysans. 
Cela profiterait aussi grandement a ces derniers, car ils sont ruinés par les intermédiaires (et les banques) parasites et improductifs."

"Faire pousser sa propre nourriture", c'est aussi aller chez Martial! Qui en plus propose d'éviter certaines taxes en faisant la promotion du troque.
D'ailleurs, et pour aller jusqu'au bout de la démarche, j'invite tout "fermier du Delaware", tout petit paysan bio, tout Martial, a laisser un commentaire ici même avec un contact (site web, email, téléphone, page facebook (et oui, facebook est un outil fantastique qui devrait intéresser et faire partit des outils de nos "Martial")…).




"Faire pousser sa propre nourriture", c'est aussi et peut être surtout faire une certaine démarche communautaire. C'est aller visiter nos fermiers et nos paysans, parlez avec nos voisins qui ont la chance d'avoir un petit bout de jardin.
C'est aussi pour les fermiers, de construire une page facebook par exemple, et de faire promouvoir leurs méthodes, leurs cultures…


Je parlais avant hier, sur notre marché local hebdomadaire, avec un petit producteur bio et "off the grid", soit "hors réseaux", c'est a dire complètement indépendant en électricité etc.…et il me racontait ses radis, et ses conversations avec les insectes.

C'est le genre de paysan, le genre de méthode qu'il nous faut soutenir, et c'est pareil pour tout le reste…de la mise en place de systèmes personnalisés pour parer a certaines tensions sur nos systèmes de supports, a la fabrication d'une méthode de récupération des eaux de pluies en passant par l'étude de nos dépenses, le survivaliste fait l'expérience d'une révolution permanente dans tout ce qu'il entreprend, mais en aucun cas il attend d'un autre, d'un individu ou d'un gouvernement, pour entamer un geste, pour limiter son impact écologique, pour son bien être, pour sa défense...pour sa liberté.


Le changement commence a la maison…entre deux habitudes.






Pour élargir la pensée, et assis devant des plants de tomates et de haricots en jardinières, voici une petite video d'amis qui racontent la dépendance a leur façons…




8 commentaires:

  1. http://www.gentside.com/argent/elle-vit-sans-utiliser-d-039-argent-depuis-15-ans_art25049.html

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  2. Se sentiment patriotique français, un pastis à la main, au fin font de l'Amérique. Merci à vous! esobook

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  3. Merci pour ton texte. C'est comme ça que je vois les choses. Pas toujours facile, avec la mentalité ambiante...

    La vidéo me fait penser à ces paroles d'une chanson de kris kristofferson <>

    Jack

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  4. Oups, léger bug, la fin de mon message n'est pas passée. Les paroles de la chanson disent "freedom is just another word for nothing left to lose"

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  5. liberté égalité fraternité. C'est ça 1789 !
    Liberté et fraternité se passent de commentaires…
    Mais la grosse nouveauté, c'est égalité : pas égalitarisme (tout le monde pareil) mais égalité de tous aux yeux de la loi. Car comme le dit si bien Pascale dans ton reportage, avant 1789 les français n'étaient pas égaux devant la loi. Il n'y avait pas une loi, mais plusieurs, qui dépendaient de ta naissance... Certes, nous ne sommes pas tellement plus indépendants, pas beaucoup plus autonomes (au sens premier du terme : auto=soi-même nomos=la loi, avoir ses propres lois) et on peut quand même bien avouer que la naissance joue pour beaucoup pour la suite, mais les 53 000 lois françaises s'appliquent à tous, au plus riche comme au plus pauvre et mine de rien il n'y a pas tant de pays dans le monde où c'est vrai. Et je dirais que de pouvoir critiquer tout ça est un bon signe :-)

    En tout cas j'aime beaucoup ton sujet de discussion.

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  6. " Il n'y avait pas une loi, mais plusieurs, qui dépendaient de ta naissance." Aujourd'hui je dirais que c'est plutôt en fonction de ton "pouvoir" (politique, professionnel, argent...) que les lois diffèrent... Car nous ne sommes toujours pas égaux devant les lois...
    Certains ont des passes droits, des accords, des appuis, de l'argent. Et pour tout, que ce soit des délits étouffés, des marchés publics gagnés d'avance et donnés,... Les "privilèges" existeront toujours...

    Pour ma part, si ce n'est que l'ont vit plus longtemps et dans le confort (progrès de la médecine notamment) nous ne sommes pas plus indépendant. Au contraire nous sommes devenus dépendants de tout un système qui s'est mis en place depuis.

    La facilité d'accès à tout (grâce à l argent) nous à fait perdre en quelque décennies ce que l'homme a acquit en plusieurs milliers d'années. Aujourd'hui avec un billet nous pouvons dormir dans un hôtel grand luxe alors que nous sommes sur les bancs d'accusés, chasser les éléphants en safari encadré, s'acheter un bon steak de baleine (ou plutôt de dauphin) , mais aussi se payer des loisirs pour compenser et se récompenser d'avoir bien travaillé, de pouvoir jouir de disposer de grosses voitures ou 4x4 surtout en ville, de se payer des écrans plats pour voir des matchs de foot à défaut de vouloir se payer de vraies places.

    Avec de l'argent tu peux avoir de "meilleurs" avocats qui te permettront de passer outre certaines lois, une "meilleure" vie donc une sorte de pseudo indépendance...

    Chacun a sa propre vision du Bonheur et de l Indépendance.

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  7. Limiter les groupes en présence avant la révolution à l'aristocratie et aux serfs est une erreur typique de l'histoire officielle française, celle qui vous explique que le peuple a pris le pouvoir en 1789.

    Il y avait une troisième composante dans le jeu, la bourgeoisie. Une caste assez nombreuse et puissante pour renverser le pouvoir et prendre sa place. Ils se sont même entretués entre différentes factions pour accaparer le pouvoir. Cet épisode est connu sous le nom de "la terreur". Le peuple n'a eu droit qu'a un rôle de figurant devant la Bastille, et sur les champs de bataille de la révolution.

    Jack

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  8. D'accord avec vous les gars, je ne nie pas qu'il existe des gens qui passent au-dessus des lois, que les intérêts individuels priment sur les intérêts collectifs (et ce, pour tous, mais forcément ça fait plus de dégâts chez un ministre que chez un prolo) mais avant 1789, les inégalités étaient reconnues par les lois !

    Aujourd'hui, on a des lois, et une constitution (qui fait référence aux droits de l'homme) qui disent que tous les hommes naissent libres et égaux en droit... et qui donc s'appliquent, au moins en théorie, à tous. C'est ça qu'il faut fêter le 14 juillet.

    Après qu'il y ait des progrès à faire, que les faits soient différents de la théorie, je suis le premier à le reconnaître... Mais au moins, on a une base "saine" ! (c'est pas grand chose, mais c'est déjà bien, non ?)

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