jeudi 16 juin 2011

Pourquoi travaillez-vous ?






Une sphère pilier et totalement délaissée du survivalisme, germe de cette question pouvant paraitre stupide.

Il m'est toujours intéressant de participer a la rencontre sociale. 
Ce moment ou deux individus, au détour d'une rencontre, s'échangent des questions plus ou moins maladroites, est un ballet que nous répétons sans cesse.

Je remarque cependant qu'une question semble aujourd'hui être des plus importante; "Qu'est-ce que tu fais / tu bosses dans quoi ?"

Sans doute que la recherche rapide d'un repère social est a l'origine de cette question, et sans doute qu'elle représente une manière efficace de comparer nos pouvoirs de consommations. Nous pourrions même dans certains cas demander: "Combien tu consommes toi ?", que ce serait pareil.




Par contre, nous sommes rarement confrontés a la question: "Pourquoi tu travailles ?"
Mais alors…pourquoi travaillons nous ?

-Pour payer nos loyers, nos prêts hypothécaires.
-Pour pouvoir manger…boire.
-Pour nous chauffer, nous éclairer.
-Pour nous déplacer.
-Pour acheter ce dont nous avons besoins.
-Pour nous sentir en sécurité.
-Pour bénéficier de soins…pour avoir une bonne mutuelle.
-Pour donner a nos enfants un toit, une éducation, et une position sociale meilleure.
-Pour cotiser, et pouvoir bénéficier d'une sécurité sociale, d'une retraite.
-Parce que nous sommes obligés ?



L'équation du travail telle que nous la comprenons dans nos sociétés, est basée sur une mathématique foireuse qui nous invite a participer, et ceci durant des années, a un mensonge des plus tordu.

La longue liste politico-économique des problèmes liés a cet univers; promesse de retraite bancale, soins douteux et hiérarchisés, inflation, dépendance, inégalités des salaires, abus du système, taxation a outrance…devrait suffire a nous voir entamer une sérieuse réflexion quand a notre place au sein de cette structure…de cette monoculture.


Imaginez maintenant que je vous donne une terre…et que de cette terre je vous construise un système holistique autonome, durable et stable, pouvant produire la totalité de vos besoins en eau, en énergie et en nourriture.
Imaginez que je vous donne en plus de cette terre fertilisée et propice a l'indépendance, les moyens de vous défendre, de chasser, de pêcher, de cueillir et de traiter la plupart des ressources brutes se trouvant alentours…et tout ceci avec une approche du geste fondée sur une économie d'énergie impeccable, vous laissant le temps et la force d'explorer votre nature dans toutes ses facettes; artistique, philosophique, intellectuelle, nourricière, fainéante, entrepreneuse…

Terre fertilisée, systèmes holistiques autonomes, durable, stable, production énergétique, indépendance, autonomie intelligente par rapport a nos systèmes de support, défense personnelle, chasser, pêcher, traiter…

Ne sommes nous pas ici dans une linguistique familière ?


Si je possèdes toutes les qualités exprimées dans ce don virtuel, ne suis-je pas déjà a posséder une retraite fertile, en pleine possession de mes moyens ?

L'image du couple retraité sur une plage de Bali au couché de soleil Van Goghgien, main dans la main et physiquement, mentalement, a l'apogée de leur terroir, est un mensonge qu'il nous faut confronter.




La réalité de nos retraites, n'est pas pour la majorité d'entre nous d'un voyage au soleil, ou nous pouvons encore faire la pleine expérience de notre sexualité, et croquer a pleine dents blanches le bout de noix de coco qui dormait la sur le bord de nos cocktails flamboyants.

Cette image est le résultat d'une époque filtrée et relatée par la génération baby boom…une projection de leur refus de vieillir, mais aussi de leur pouvoir d'achat.
Cet étalage de luxe est une carotte…une carotte que nous poursuivons dans la tradition du métro/boulot/dodo.




Que ce passe-t-il quand la totalité de cette force massive et travailleuse qu'a été celle du baby boom passe a la retraite ? 
Que ce passe-t-il quand les générations X et Y, beaucoup moins nombreuses et englouties par les taxes et l'inflation, l'insécurité du marché du travail et la facture des traditions passées doivent assurer la retraite de leurs allieux et gérer la dette grandissante de nos pays ?
Que ce passe-t-il pour ces femmes aujourd'hui divorcées et qui n'ont jamais cotisées ?
Que ce passe-t-il quand nos générations, poussées a l'étude jusqu'à 30 ans se retrouvent a 62 ans avec plus de 10 ans de retard sur leurs cotisations ?




Le survivalisme est bien plus qu'une anticipation et une gestion du risque, bien plus qu'une préparation ordonnée qui tend a minimiser l'impact d'un événement catastrophe…le survivalisme est aussi une influence pertinente sur notre manière de vivre, sur notre rapport a la tradition du travailleur, sur nos traditions économiques…sur notre retraite.

Même si nous sommes dans la plupart des cas obligé "d'aller bosser"…le survivaliste, dans son intention de liberté, d'indépendance et d'autonomie, pense et s'exerce a une minimisation systématique des dépenses, non pas en devenant un gros radin, mais en se penchant sur la mise en place de systèmes pouvant lui offrir un rendement toujours supérieur.

Récupération, recyclage, jardinage et énergie renouvelable, sont autant de moyens d'atteindre cette autonomie tout en influençant la nature même de nos retraites.
Réduire nos factures mensuelles de 75% par exemple (nourriture, énergie…), est le signe d'une gestion nous donnant plus de liberté a court terme, mais aussi a long terme, en nous offrant les moyens de se détacher d'un système basé sur une économie licorne.

En parallèle, cette gestion financière "Permaculturique" (la Permacutlure s'applique a tout), et qui s'oppose a la monoculture de nos traditions en élargissant intelligemment nos possibilités de gain, nous donne les moyens d'être en phase avec les principes du survivalisme.



Le boulot tel que nous le vivons…est une monoculture financière, et le système en place, nous enseigne a devenir une patate diplômée, au milieu d'un champs de patates.







14 commentaires:

  1. quelle beau volume d'intelligence synthétisé en peu de lignes ! Tout cela devrait être lu et compris par le plus grand nombre, afin d'élever leur niveau de conscience dans un premier temps, et surtout afin de leur permettre de passer à une action permaculturelle durable et stable.
    Belle vie à toi !

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  2. Très belle analyse, merci à toi !... ;-)

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  3. Super article , comme d'habitude , un grand merci à toi !

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  4. Merci pour cet article

    Question/demmande conseil:
    pour ceux qui se posent la question de ce pourquoi ils veulent travailler, quelles options ont-ils hormis le bénévolat et l'auto-entrepreunariat? Je cherche des inspirations et contacts, je ne sais pas apr où commencer...

    Jennifer

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  5. Encore du bon bouleau!

    Mais ça fait très idéaliste utopiste quand même non, il faut bien quelques revenus ou avoir du bien, sinon, comment faire au départ?

    Sinon même question que Jennifer.

    Merci à toi, et continu(EZ)!

    superbes vos vidéos à toi et Mato!

    Jepahin.

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  6. Salut…

    Il n'est pas ici question de ne pas travailler, mais de s'ouvrir a la possibilité que d'une part, nos traditions économiques (individuelles et collectives) sont une monoculture, et que d'autre part, le survivalisme au sens large permet une plus grande liberté.

    Se mettre a son compte, diversifier nos rémunérations et nos investissements, réduire notre dépendance, sont autant de gestes que nos traditions économiques "interdisent" ou rendent difficiles.

    Réduire notre dépendance, par la mise en place d'un potager par exemple (si je fais pousser ma propre nourriture, non seulement je réduit mes dépenses mensuelles, mais en plus je limite ma dépendance envers nos systèmes de productions et de distributions), nous permet d'investir un certain capital dans plus d'indépendance.

    Cette permaculture de l'indépendance est exponentielle.
    Et a un moment, nous sommes capables de ne plus être enchaînés a une monoculture économique basée, entre autre, sur la carotte de la retraite.

    Par ou commencer ?
    Par la réduction intelligente de nos dépenses.

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  7. Le début du texte m'évoque un peu des (mes) convictions d'il y a quelques années ... et les comptines de notre jeunesse :

    http://www.youtube.com/watch?v=45n3mwSilvQ&feature=related

    Fred ;)

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  8. je voudrais temporiser un peu le propos car le sujet peut se preter à une vision du travail un peu reductrice. On peut aussi exprimer quelquechose avec son travail, le partager, developper du lien social, cultiver un savoir qui nous donne une satisfaction, le faire progresser au contact des autres etc... Et accessoirement se dire que la compensation aux contraintes presentes dans tout travail est représenté par la retraite lorsqu'on a "fait son temps". Bref le travail peut aussi servir d'appui à l'expression de quelquechose de très humain. Trouver une place dans la vie de la cité et pouvoir y apporter sa sensibilité personnelle est quelquechose d'essentiel. On peut envisager ce sujet sous l'angle du bénéfice du travail qui prete à discussion dans le contexte actuel. Je prefere l'envisager sous l'angle de son re-investissement humain.

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  9. Salut Ben…

    Oui bien sur…ce que tu dis est un possible qui me semble évident. D'ailleurs, beaucoup s'épanouissent de l'univers "travail".
    C'est bien cette permaculture qui transpire dans ton témoignage.

    a+

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  10. Comme très souvent à travers ce blog, on touche à la philosophie bien plus qu'à autre chose.

    Le "travail", à comprendre ici comme le "salariat" va bien au delà de la nécessité impérieuse de satisfaire nos besoin à travers un système économique donné.
    Le "salariat" s'affirme alors comme la forme contemporaine du contrat social cher à Rousseau, permettant une allocation des ressources à travers la société.

    Le travail salarié reste pour beaucoup un lien social, un moyen de se projeter dans l'avenir, d'établir une continuité entre les générations, de faire perdurer une système établi.... ça "rassure" (l'homme cherche toujours à se prémunir de l'incertitude!)

    C'est sans doute un des derniers vestiges d'une réalité désormais menacée (démographie, mondialisation, dette..) car toute à une fin...

    Plus que s'interroger sur la pertinence de l'utilité du travail, il convient aussi de s'interroger sur la pérennité de ce lien, de ce contrat social. Comme tu le soulignes, ce lien s'effrite de plus en plus à travers nos sociétés : quid au moment de sa disparition??...
    La fin du "travail" signera t elle la fin de notre société? le survivaliste a toute légitimité pour se poser cette question...

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  11. Bonsoir,


    Peut être que la société de clan qu’amènerait le survivalisme anéantirait désavantageusement l'effort de la civilisation passée.

    C'est à dire, un effort qui a créé des institutions sensées comme celle de la santé (hôpitaux...) par exemple, ou qui a créé l'union des peuples tout en sachant que la paix est utopique et que la guerre est intérêt inévitable de l'attaquant ou du défenseur (France médiévale d'avant la révolution française).

    Ces efforts seraient vains et remplaçés par une société de clan ou la vie serait peut être plus juste, loin des abérations de la société moderne mais serait un combat incessant face aux guerres claniques (gaule des clans avant l'empire romain).

    Passer d'un extrême à l'autre n'est pas une solution.

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  12. Merci pour ce bel article et tout ce que vous partagez sur ce blog. Je m'intéresse surtout à vos conseils de jardinage, mais aujourd'hui, à la lecture de vos lignes, je ne peux m'empêcher de penser philosophiquement à une utopie qui s'appelle le paradisme. L'idée est de ne pas travailler parce que l'on y est obligé, pour obéir à un système où l'argent nous esclavagise, mais de se servir de notre intelligence pour nous faciliter la tâche. Tout est expliqué sur ce lien: http://www.paradism.org/ A bientôt Elenachacha

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  13. Vraiment remarquable. je viens de lire ce contenu, et croyez moi, ça fait un moment que je me demande à quoi sert tout ce temps passé cloîtrer dans un bureau. Un semblant de travail pourtant indispensable, il n'est en fin de compte que l'épine d’un système imposé, j’avoue qu’il est très difficile à contourner, car en absence de sensibilisation suivi d’initiation, si ce n’est de formation, nécessitant des moyens adéquats pour faire fasse à une éventuelle probabilité en dehors de l'héritage de nos habitudes, n’est pas offert, alors : « Que faire ? »

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  14. Je ne vais pas être original, mais c'est un article remarquablement bien rédigé. Je suis de tout cœur avec ta philosophie et la place du travail dans nos sociétés.
    C'est une des raisons pour laquelle j'ai décidé de retourner aux études, me concentrer sur un avenir semblable aux valeurs que tu décris.
    Merci

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