mardi 17 mai 2011

Le bon samaritain.





"Et qui est mon prochain ?"

Cette dimension du "prochain", illustrer dans l'Evangile de Luc au travers de la parabole du Bon Samaritain, propose une relation a "l'autre" qui reflète une certaine responsabilité.

Aujourd'hui, cette proposition s'exprime timidement au travers de lois telles que la non-assistance a personne en danger par exemple (mise en place durant la seconde guerre mondiale pour encourager les français a traiter les soldats allemands avec plus de compassion), soit l'engagement de la responsabilité pénale d'un individu qui n'interviendrait pas face a une personne en péril.

Art. 223-6 du code pénal:
Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne, s'abstient volontairement de le faire, est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.
Sera puni des mêmes peines quiconque s'abstient volontairement de porter a une personne en péril l'assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours.

Art. 122-7 du code pénal:
N'est pas pénalement responsable la personne qui, face a un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire a la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s'il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace.



Nous sommes ici aux portes de plusieurs notions: la liberté individuelle, le droit a la sécurité, l'infraction de meurtre involontaire…et la question de qui est mon prochain.

Ces quatre directions, ces quatre vents porteurs de difficultés, deviennent pour beaucoup une paralysie intellectuelle. Ajoutons a ce méli-mélo théorique et juridique certains axes et comportements biologiques hérités, et nous nous retrouvons face a une problématique qui aujourd'hui influence plus que jamais nos rapports, nos univers…notre prochain.

Ce qui parait simple devient complexe, et ce qui était complexe est devenu abstrait. Porter assistance a une personne en péril, ce geste simple et bienveillant, est aujourd'hui extrêmement complexe.
Tellement complexe, que beaucoup ont complètement rayé de leurs connexions internes cette notion d'aide...cette notion de prochain.

Consciemment ou non, ces connexions internées, font de nos sociétés, de nos villes, de nos quartiers, de nos rues…des bastions hermétiques et sourds, ou l'individu malintentionné est capable de vivre au rythme de ses faiblesses, rarement soumit a la pression d'une population endormie.




Si la liberté est la règle, et la contrainte l'exception, la diminution observable du courage du citoyen révèle une liberté individuelle amputée, un droit a la sécurité engluée, et une responsabilité au raz des pâquerettes quand il est question pour le samaritain d'intervenir et de venir en aide a une personne se faisant agresser par exemple.


Que signifie "porter assistance a une personne en danger" ?
Cela signifie, tout simplement, d'accepter de mourir pour cette personne…pour cet autre.

Cette mort peut être physique et palpable; les pompiers et les agents de l'ordre qui sont montés en haut des tours durant l'attaque du 11 septembre par exemple, comme elle peut être psychologique et juridique; cet homme qui défend sa famille contre 4 hommes armés, et qui après avoir tué l'un d'entre eux est condamné a 25 ans de prison ferme.

N'importe quelle intervention, que celle-ci soit d'une catastrophe naturelle, d'une dispute entre amoureux ou d'une agression dans le métro, est potentiellement mortelle, et devrait être traitée de la sorte par l'intervenant…par le samaritain.

Intervenir, c'est accepter de mourir pour son prochain.
Intervenir, c'est accepter de perdre sa liberté pour son prochain.


Nous avons tous vus ici et la des vidéos ou une personne est en péril, en danger immédiat, et autour, la foule s'éteint.
L'année dernière, une video est sortie, montrant une bande de jeune a la sortie d'un aéroport s'attaquant physiquement a une femme.
Il y avait des centaines de passant, des cameras, de la lumière…et un agent de la sécurité.

Personne n'a bougé.
Ils ont tous ignorés le drame qui se déroulait a quelques pas d'eux.
Manque de moyens ? Manque de courage ? Manque d'empathie ? Manque d'éducation ?
Difficile de se prononcer, tant la géométrie du conflit, et ceci que ce soit pour la victime ou le samaritain, est généreuse de lignes et de divergences, de courbes et de limitations, de possibles et d'inconnus.


Si aider une personne lorsque celle-ci se trouve en péril suite a une crise cardiaque est un geste appliqué par la plupart, le geste impliqué et impersonnel au sein d'une situation conflictuelle, est lui beaucoup plus difficile a trouver.

Dans l'exemple de cette femme agressée par un groupe, les dynamiques sont extrêmement complexes, et une lourdeur instinctive semble s'abattre sur le samaritain, comme un troupeau de gazelle renonçant a la cohésion et l'union pour faire face au prédateur.

Si nos lois rendent l'action difficile, nos terrains sociaux sont aujourd'hui tellement influencés par un individualisme toujours plus développé, qu'il n'est pas surprenant d'observer ce qui ne peut être qu'un massif abandon par le collectif de la notion du bon samaritain…devenue au fil des générations un rapport a l'autre spécialisé. 

Cette spécialisation du bon samaritain, est avant tout d'un métier qui tend a porter secours; pompiers, policiers, secouristes…sont des exemples de sphères qui impliquent une notion d'impersonnalité et d'altruisme, et ceci indépendamment du caractère de l'individu qui s'exerce a ces métiers.




L'une des conséquences de cette spécialisation dans nos sociétés modernes, est cependant le désengagement systématique du collectif quand a un rôle beaucoup plus actif et percutant au sein de nos communautés.
Le citoyen, le samaritain, devient des lors le produit d'une théorie des plus alarmantes, et simplement basée sur l'idée que nos spécialistes Bon Samaritains (nos policiers, nos pompiers, voir même nos gouvernements…), sont d'une omniprésence qui les rends aptes a intervenir a tout moment en cas d'urgence.

Pire encore, cette idée permet au samaritain de rationaliser sa non-action; "je ne suis pas flic, "je ne suis pas pompier, je ne suis pas militaire, et donc je n'ai pas les outils, les connaissances, ou encore le droit d'agir, d'intervenir."




Le seul problème ici, est que l'omniprésence du spécialiste est d'un décalage temporel.
Le spécialiste est tout simplement et dans la majorité des cas, absent lors de l'événement. Le spécialiste arrive toujours après qu'il est été convoqué.

La seule présence capable d'influencer l'événement, et ceci qu'il soit d'une urgence médicale ou d'une confrontation, d'une catastrophe naturelle ou de n'importe qu'elle situation, critique ou mondaine, est le samaritain…




Quand une personne se fait tabasser dans le métro, quand un vieux tombe dans la rue, quand une inondation menace la famille du voisin, quand un incendie se propage dans notre cuisine, quand un accident de la route se déroule devant nos yeux, la seule présence pouvant influencer directement ou indirectement, par l'action ou la non-action, ce présent instable dans lequel nous nous trouvons, est notre propre conscience.


La timidité collective qui se cimente aujourd'hui face a l'instabilité de notre univers doit cesser.

Si nous continuons de nourrir cette apathie de la conscience, cette notion du prochain qui pousse l'autre dans les bras de la prédation (notion perverse alimentée par une rationalisation systématique d'un non-engagement prémédité…tel que ceux la qui sont contre les armes mais pour l'ordre et la sécurité; "les armes c'est moche, sauf si ma vie ou celle d'un proche est en danger, et la je suis d'accord pour qu'un autre s'en serve, pour qu'un autre risque sa vie…"), alors, nous sommes voués a un futur ou notre prochain sera l'esclave de nos faiblesses.


Pour le survivaliste, la notion du Bon Samaritain, et ceci sans tomber dans une moralisation stagnante, est un élément important de son univers.
D'ailleurs, il m'est permit de constater au travers de ce blog, que la majeur partie des survivalistes proclamés, sont d'un métier ou d'une histoire personnelle directement lié a un altruisme sain et vivifiant.

Il est souvent question dans les médias, de dépeindre le survivaliste comme étant une personne renfermée, et dépourvu d'un comportement sociale impliqué.
La réalité est pourtant bien différente.
Le survivaliste est avant tout un Samaritain sentinelle, d'une conscience attentionnée et tournée vers l'extérieur…vers son prochain.





9 commentaires:

  1. vraiment un rama-ci de connerie cette article .

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  2. Si tu n'apprécies pas les articles tu n'es pas obligé de les lire, si tu n'es pas d'accord, on t'écoute et donnes tes points de vue. Ta critique impersonnelle et non constructive est connerie.

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  3. Bonsoir.
    Je me permet d'intervenir sur la question du "samaritain". En effet, en tant qu'étudiant en psychologie je retrouve énormément de schèmes psychologiques qui se transforment en philosophie, voire en politique.
    Je m'explique: Quand un individu se fait agresser (dans le métro par exemple, aux heures de pointes tant qu'à faire), on peut observer une dilution de la responsabilité individuelle. Chaque personne qui assiste à la scène (les spectateurs) évalue les avantages et les inconvénients d'agir: il est en état de dissonance cognitive (http://fr.wikipedia.org/wiki/Dissonance_cognitive) il est partagé entre continuer sa journée comme si ne rien était, mais subir un sentiment de culpabilité, et agir, au détriment potentiel de sa santé, de sa capacité à "survivre" justement à la suite de sa journée.

    Il se dit donc souvent: "le(s) agresseur(s) est/sont trop nombreux/forts, je ne peux rien faire" Il a donc une solution à son sentiment de culpabilité, et peut continuer sa journée tranquillement.

    Oui c'est triste, mais la structure même du cerveau est dirigée vers la survie individuelle, mais l’espèce humaine passe avant tout, c'est pour cela que l'on peut observer des actes de "bravoure" en temps de crise (guerre ou catastrophe naturelle par exemple)

    Une petite astuce pour les victimes d’agression dans une foule: Choisissez quelqu'un dans cette foule qui ait l'air en mesure d'agir, adressez vous à lui directement, il se sentira alors obligé d'aider, et une réaction en chaîne peut avoir lieu, toute la foule vous aidant, vous aurez assisté à une expérience humaine inoubliable =)

    Cordialement.

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  4. Salut Gedro.

    Je pense que psychologie, philosophie et politique, sont d'un même univers…celui de l'humain.
    Il est normal des lors que ces sphères viennent s'échanger et se transformer l'une a l'autre.

    Merci de venir partager cette pensée, et au plaisir de te lire.
    Prends soin et bon courage pour les études.
    volwest

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  5. Merci pour ce texte. De la part d'un végétarien survivaliste "bon samaritain" prêt à se battre, et qui s'est déjà engagé physiquement pour son prochain.
    La raison du plus fort est toujours la meilleure.

    C'est pourquoi le juste se doit d'être fort.

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  6. Je suis surpris que vous n'abordiez pas la responsabilité pénale qui est systématiquement alourdit en France, dès lors que l'on est titulaire d'un brevet/diplôme de secourisme.

    Et cela en parfait contraste avec une Loi des US et du Canada dite juste du "bon samaritain" ou le secouriste est automatiquement inattaquable dès lors qu'il intervient de bonne foi, quelque soit les erreurs qu'il peut comettre ou la tournure que peuvent prendre les évènements.
    J'ajoute que nul n'est obligé d'intervenir .

    En France, la non assistance à personne en danger impose à tous l'obligation d'intervenir, mais va alourdir la responsabilité de ceux disposant de compétences particulières.
    Elle permet aussi aux victimes et aux proches de se retourner juridiquement contre les secouristes...

    Personnellement, cela me dérange au plus haut point car je souhaite pouvoir secourir ou pas une personne si je le souhaite.

    J'ai horreur qu'une obligation soit imposée de la sorte, surtout si la victime concerne une personne que je déteste, voir qui est un ennemi. Je n'ose imaginer le nombre de raisons qui pourrait alors pousser cette "victime" à se retourner contre moi, avec une bonne probabilité de succès vu le flou massif entourant notre Code Pénal sur la question...

    Fort de la connaissance de ces éléments, qui m'ont été confirmé par des professionnels du secourisme et des juristes, j'ai décidé de me former clandestinement au secourisme et de ne passer des formations qu'à l'étranger ou au sein d'organisme non-reconnu par l'Etat.
    J'ai également consulté pas mal d'ouvrages sur le sujet, y compris les programmes de formation officiels, dans le cadre de mon auto-formation.

    Mais il est hors de question pour moi de risquer que ma famille et/ou moi-même vivions un enfer juridique du fait d'un acte altruiste de secourisme que j'aurais pu entreprendre.

    Référence : l'article 121-17 du Code pénal prévoit qu'il y a délit en cas de « manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, s'il est établi que l'auteur des faits n'a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait. »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_des_premiers_secours

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_du_bon_samaritain

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Non-assistance_%C3%A0_personne_en_danger#Historique

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  7. Salut Altern…

    Cet "alourdissement français" dont tu parles, contribue sans aucun doute a la problématique abordée dans cet article en rapport a l'assistance, et donc au rôle du samaritain.

    Nous nous retrouvons vite dans une situation ou quoi que nous fassions, nous sommes perdant.

    Ta solution est cependant intéressante.
    Etant moi même titulaire d'un brevet de secourisme français, je suis honnêtement plutôt content de ne plus vivre dans ce pays par rapport a la présence d'un code pénal des plus troublant, et menant invariablement le citoyen a une confusion paralysante.

    Merci de prendre le temps d'illuminer un peu plus ce sujet délicat.
    Prends soin.

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  8. Bonjour Volwest, je relis cet article avec bcp de plaisir et je ne peux m'empêcher de faire la comparaison avec la problématique "amok" (active shooter). Celui ou celle qui pourra faire qch, sera le premier sur place , donc rarement un policier ou un militaire mais le plus souvent un citoyen lambda.
    Je n'en dit pas plus ici vu que la section est publique mais il y aurait encore quelques points à soulever dont celui de l'armement du citoyen..sujet o combien polémique"...
    Take care.
    Man

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