mardi 5 avril 2011

Les 3 erreurs du survivaliste.






Si je ne connaissais rien du survivalisme et de la préparation, et si pour une raison ou pour une autre il m'apparaissait important aujourd'hui de sécuriser certaines ressources vitales, de me pencher un peu plus sur une responsabilisation personnelle et personnalisée, de mettre en place une organisation pouvant répondre a mes propres besoins au cas ou un risque quelconque venait a menacer mon bien être et celui de ma famille…alors il me faudrait sans aucun doute écumer la toile et plus précisément certains sites et forums dédiés a la gestion du risque et a la préparation.

Se lancer dans la préparation, aussi petite et sommaire soit-elle, est une décision qui germe souvent d'un événement particulier.
Les images nous parvenant du Japon en ce moment par exemple, sont sans aucun doute porteuses d'une réflexion personnelle quand a notre propre fragilité…mettant en évidence la pertinence d'une remise en cause de notre dépendance envers les systèmes de support, qui a tout moment peuvent s'effondrer sous le poids d'un événement naturel et/ou humain.

Ces événements sont pourtant inhérents a notre monde, et depuis la nuit des temps, ils s'abattent sur nos générations comme l'hiver s'abat sur nos cultures…sécheresse, guerres, pollution, émeutes, famines, pandémies, tensions économiques, éruptions volcaniques, tremblements de terre, agressions, persécutions, pauvreté chronique, déplacement géopolitiques, insécurités sociales,  accidents de la route, maladie, perte d'un conjoint, d'un parent, d'un enfant…sont autant de situations dramatiques auxquels nous serons confrontés a un moment ou a un autre dans nos vies.

Pour la plupart d'entre nous, ces événements seront d'une anticipation des plus précipitée, définissant ainsi la nature même de l'urgence.

Si l'événement dramatique est inhérent a la vie, et si il nous est difficile de prédire sa nature et le moment ou cet événement fera son entrée en scène, il est encore plus difficile de prétendre s'y préparer intelligemment, et sans sombrer dans l'extreme d'une préparation paralysante.

Beaucoup de sites internet, de forums et de blogs comme celui-ci, aujourd'hui proposent certaines solutions et approchent quand a la préparation et l'anticipation du risque.

L'effervescence actuelle de la gestion du risque sur la toile, s'explique en partie par un pic générale de plusieurs phénomènes.

1- Pic de la population mondiale.
2- Pic de la densité de population dans les villes.
3- Pic de la dépendance de la population.


Cette combinaison d'apogées en puissances, est la recette parfaite d'une explosion de l'événement dramatique.
Le plus il y a de monde au monde, et le plus l'impact d'un événement dramatique est…dramatique.
Le plus cette population est densifiée, et le plus l'impact d'un événement dramatique est important.
Le plus cette population densifiée est dépendante du bon fonctionnement de nos systèmes de support, et le plus l'impact d'un événement dramatique est englobant.




L'événement Japonais est la parfaite représentation de ce schéma, et le monde de la survie, du survivalisme, connait alors un certain succès généralement éphémère, du principalement a la simple prise de conscience que si un événement comme celui qui se déroule au Japon en ce moment même venait a frapper notre propre pays, notre propre région, notre propre famille, nous serions alors projetés maladroitement dans une survie précipitée.



Quand bien même la préparation au sens large me semble être un geste raisonnable et pertinent qui s'aligne avec la nature même de notre existence, il me semble encore plus pertinent aujourd'hui d'influencer directement le schéma de pics qui résume l'univers de l'humain, par une mise en place systématique d'une indépendance personnelle qui quoi qu'il arrive, événement dramatique ou pas, devrait influencer positivement notre vie, mais aussi celle de nos enfants.

Il me parait alors utile d'exposer ici 3 sphères survivalistiques des plus répandues, et qui sont souvent le sujet d'une confusion et d'un raisonnement linéaire et non tentaculaire, quand au risque et a l'anticipation.




1- La priorité.

La première erreur du survivaliste, est souvent de percevoir l'événement dramatique comme une situation des plus extraordinaire.
Quand bien même ces événements sont réels (le Japon aujourd'hui), ils ne définissent pourtant pas notre réalité quotidienne quand a la fréquence, la nature et tout simplement la probabilité du risque.

Il me parait des lors important que nos préparations soient avant tout d'une priorité qui s'aligne avec la probabilité.
Cet effort de priorité fondée sur la probabilité est d'ailleurs pertinente a plusieurs niveau.

D'un point de vue social, il est extrêmement difficile de convaincre nos proches que la construction d'un abri anti-atomique sous la niche de Fido dans le jardin est un geste adapté. Ce changement de comportement dramatique et soudain, est exactement ce que les survivalistes devraient éviter. 




En revanche, si nous nous penchons sur une gestion du risque qui répond adroitement et fréquemment a certaines tensions quotidiennes, alors notre entourage sera plus ou moins forcé de succomber a notre pragmatisme, et il nous sera plus aisé par la suite d'élargir nos organisations, et pourquoi pas d'envisager un "cellier" ou une "cave a vin".

Une petite trousse de secoure de niveau 1 placée dans la voiture par exemple, est une organisation qui fait rarement l'objet d'un débat, et qui pourtant ouvre bien des portes, tout en étant extrêmement pertinente au quotidien.
Si j'avais compté le nombre de pansement et le nombre de tubes de crème antiseptique que j'ai offert ces 10 dernières années, il me faudrait arriver a la conclusion qu'une petite trousse de premiers soins est effectivement une organisation des plus pertinente et prioritaire.




Financièrement parlant, il est sans doute plus intelligent de construire nos préparations graduellement, et la priorité devient alors une plate forme redoutable quand a la gestion de nos dépenses survivalistiques.
Encore une fois, il n'est aucunement utile de stresser le nucleus familiale avec une gestion de l'argent qui ne peut être justifier que par un "au cas ou" plus ou moins abstrait.
Nos organisations devraient en priorité s'aligner avec un pragmatisme et un utilitaire des plus raisonnable, et la solution ici est que l'objet ou l'organisation convoitée devrait pouvoir servir et donc être utile, et ceci quand bien même il ne se passerait jamais rien de dramatique.

Mon premier sac d'évacuation était simplement mon sac de rando, et mon matériel de camping était parfaitement justifié, puisque qu'il se passe quelque chose de dramatique ou non, ce matériel était utilisé.

L'exemple parfait est ici de l'événement Y2K ou le passage a l'an 2000. Beaucoup auront acheté une tonne de matériel pour survivre la "fin du monde", et cette dépense spécialisée aura été un gâchis des plus cruel, non seulement financièrement, mais aussi socialement.


Crise cardiaque, accident de voiture, incendie, vol, agression, faillite, endettement, perte d'un emploi, maladie, perte d'un conjoint, stress, conflit relationnel, insécurité…la priorité est surtout d'une information personnalisée de la probabilité, qui recentre nos organisations et les rends pertinentes pour nous.

Nous avons beaucoup plus de chance d'être les victimes d'un accident de la route, que de voir un astéroïde s'écraser sur la Tour Eiffel. Il est beaucoup plus probable que nous soyons confronté a un divorce pénible, plutôt qu'a une guerre nucléaire globale.

L'effort de priorité est alors d'une construction de nos organisations qui repose sur la formule suivante.
a) Personnelle.
b) Localisée.
c) Régionale.
d) Nationale.
e) Continentale.
f) Globale.




2- L'indépendance et la préparation.




Si nous demandions a un survivaliste ce qu'il fait…sa réponse serait sans doute: "je me prépare" (a question idiote réponse idiote on va me dire…).

Se préparer a un voyage, est sans aucun doute un geste pragmatique qui répond d'une certaine organisation a certaines éventualités plus ou moins définies.
Cette préparation oblige un certain effort de préméditation, une certaine anticipation, mais elle est toujours d'un univers pouvant être perçu et réfléchit dans le temps et dans l'espace.

La survie, l'événement dramatique, est lui aussi en partit d'un univers pouvant être perçu et réfléchit au travers de l'histoire et de l'information globalisée, mais il nous est impossible de nous y préparer, car cette préparation serait interminable.

La seule chose que nous puissions entreprendre, la seule chose qui finalement est capable d'influencer non seulement la gestion d'une situation dramatique mais aussi la gestion d'un quotidien ou il ne se passe rien de catastrophique, et ceci dans le temps et dans l'espace, est notre niveau d'indépendance.

La réponse du survivaliste devrait être: "je travaille mon indépendance."

Cette réponse quelque peu anodine, est instinctivement a des années lumières d'une intention souvent crispée et refermée sur soi de préparation.
Nous n'évoluons plus au sein d'un calcul prêtant a confusion, d'un calcul pouvant être interprété comme une anticipation névrosée et quelque peu farfelue, mais bien sur un terrain qui propose une relation au monde des plus ouverte et responsable…des plus généreuse.

En plus d'être généreuse, cette intention d'indépendance est englobante, et elle influence tout aussi bien notre vas-et-viens quotidien, que l'événement dramatique et l'urgence.
Cette polyvalence est pertinente, parce qu'elle maitrise alors le coté sociale et familiale de nos vies, nous donnant une fondation raisonnable et solide sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour gérer la dichotomie qui s'installe parfois au sein des organisations de ceux la qui s'engagent a la prévoyance.


Pour ce qui est de l'événement dramatique, la différence entre "se préparer" et "travailler a son indépendance" est de taille.

La catastrophe naturelle ou humaine, quelle qu'elle soit, influence plus ou moins dramatiquement nos systèmes de supports. De Katrina au Japon, de la deuxième guerre mondiale a l'effondrement économique de l'Argentine, le point commun a toutes ces catastrophes est d'une rupture ou d'une tension palpable sur tous les systèmes qui chuchotent une promesse de confort et de bien être pour une majorité de la population.

Electricité, eau courante, livraison, transports en communs, déchets, chauffage, gaz naturelle, essence, services de santé, disponibilité d'une nourriture variée et saine, forces de l'ordre…sont autant de systèmes de support qui sont invariablement touchés par la catastrophe.

Ces ressources plus ou moins vitales, sont alors d'un manque qui invariablement affecte les probabilités de survie de certains, et sans aucun doute les possibilités de tous.
Devenir indépendant de ces systèmes, est alors synonyme d'une réduction importante voir totale de l'impact d'une catastrophe sur nos besoins vitaux, et ceci quelle que soit la nature de l'événement, son intensité, et sa durée.




3- L'organisation.

L'incontournable sphère de la nourriture et plus précisément du stockage, est sans doute un des sujets les plus répandu quand au survivalisme.
Cette organisation pilier, est pourtant l'objet d'une erreur fondamentale, qui est d'emmagasiner le plus de nourriture possible au même endroit.




Quand bien même le stockage d'une alimentation personnalisée est d'une pertinence adaptée a l'effondrement de nos systèmes de support (l'événement Japonais étant le dernier exemple des conséquences d'une rupture totale ou partielle de la chaine de distribution alimentaire, de la rupture totale ou partielle de la chaine de distribution énergétique…), il est impératif pour le survivaliste de réaliser que si nous mettons tous nos oeufs dans un même panier, nous prenons le risque de tout perdre.

Nos organisations devraient alors pouvoir répondre a une urgence immédiate ou le retranchement est souvent une phase d'observation et de recueillement d'information inhérente a l'événement dramatique, mais aussi s'aligner sur une prudence et une multiplication systématique de nos possibilités au travers de la décentralisation de nos ressources.


Un petit peu ici, un petit la en plus du nécessaire a la maison, est alors une pratique qui permet au survivaliste une liberté d'action et de choix qui reflète parfaitement la nature même d'un événement déstabilisateur.

Cette approche est d'ailleurs d'une gestion de l'environnement hostile qui a été et est encore appliquée par bon nombre de groupes évoluant sur des terrains politiques et sociaux instables.

Que ce soit de la diversification économique, énergétique, ou de la décentralisation de nos ressources, une organisation tentaculaire dans l'espace et le temps, exprime concrètement une aptitude a l'adaptation et a l'indépendance qui caractérise un survivalisme des plus fluide.





2 commentaires:

  1. Parfait, comme tout ce que tu écris d'ailleurs.
    Cela fait 1 an que je me suis lancé dans ma préparation et en quelques pages de ton blog tu as chamboulé toute mon organisation et mes réflexions... Presque tout est à repenser ... Merci de nous ouvrir sur de nouveaux horizons et perspectives.

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  2. Salut Drahk,

    De rien…
    Mais, je me demande, quelles étaient ces organisations et réflexions avant le chamboulement ?

    Prends soin.

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