lundi 18 avril 2011

Leçons du Japon.







Le Japon, ce pays d'une population des plus préparée et disciplinée au monde, ce pays d'une technologie avancée et d'une logistique lourde et capable, est aujourd'hui sous l'emprise d'une tension qui risque directement et indirectement de se globalisée.

Le Japon est le deuxième plus gros partenaire d'échange des US, mais aussi de la Chine et d'une grosse partie de l'Europe…et d'une influence économique des plus importante, et les répercutions d'un Japon malade et désorganisé n'est pas bon signe pour l'économie mondiale déjà stressée.


Même si l'impact du désastre Japonais sur la santé de notre économie mondiale est une réalité qu'il nous faut anticiper, les leçons du désastre Japonais qui me paraissent les plus expéditives et pragmatiques pour le citoyen, sont d'une préparation et d'une logistique qui reflètent une urgence environnementale palpable et immédiate.






1- L'importance de l'EDC (Every Day Carry).

Le monde dans lequel nous évoluons, si il est décousu d'une fabrique modernistique offrant une certaine promesse de confort, est un monde ou l'humain est continuellement a répondre plus ou moins efficacement aux tensions qui le gouverne.

Nos organisations modernes ne sont qu'une carapace virtuelle plus ou moins épaisse, qui d'un mensonge élaboré maintient et entretient une déconnexion avec la nature des plus subtile.
Cette déconnexion, se traduit simplement par un rapport au monde qui se base sur une dépendance a outrance du bon fonctionnement de nos systèmes de support, et par une perception intellectualisée de notre univers qui perdure a dispenser l'idée que notre planète est notre amie bienveillante.

Gaia, comme certain la surnomme, se moque complètement de nous…et si nous étions soudainement propulsée tout nu dans ses bras, sans aucun matériel, sans aucun repère social, sans aucune carapace externe, nous comprendrions alors notre fragilité, et son impersonnalité détachée.




L'importance de L'EDC, cet agencement de petit matériel dont la spécialité est de pouvoir être porté sur soi, et donc capable de limiter l'impact du monde sur nos besoins immédiats et ceci a n'importe quel moment, est sans aucun doute l'objet de la première leçon qu'il nous est possible de voler du désastre Japonais.

La réalité d'un événement catastrophique est qu'il peut survenir a n'importe quel moment. En route pour l'école, sur la chaise de notre dentiste, en train de vomir le diner de la veille, au supermarché, au boulot…

Des millions de Japonais se sont retrouvé soudainement tout nu face au monde. Leurs maisons englouties, leurs préparations détruites, leur seule carapace aura été ce qu'ils avaient sur eux au moment de l'impact.
Certains auront marché pendant plus de 2 jours pour rejoindre leurs habitations, pour ne retrouver qu'un amas de débris.

L'urgence a ici été synonyme d'un chaos précipité…d'une fuite des plus primaire et instinctive. 




Pour ceux la qui ont survécu le raz de marrée, l'isolation psychologique d'une disparition totale d'une carapace ne serait-ce que virtuelle, et la confrontation soudaine et précipitée a un monde sans filet social, aura été des plus décisive.
Pour rendre la survie encore plus difficile et problématique, la neige et le froid est venue s'abattre sur le pays…puis l'urgence nucléaire.




Si nos vies sont d'un vas-et-viens constant, de terrains et d'environnements toujours changeant, le nucleus de notre éventail de réponses a la tension, et ceci quelle qu'elle soit, se doit d'être d'un matériel a portée de main, et pouvant être déployé et transporté ou que nous nous trouvions.


Mes EDC prennent des formes différentes selon mon environnement immédiat par exemple, ou le niveau de préparation qu'il m'est permit de déployer.
Le plus souvent, j'utilise cependant un sac "Maxpedition" qui se prête aisément a un environnement semi-urbain voir urbain, et qui de part sa configuration me donne un éventail de possibilités important, tout en restant assez discret.


Sac Maxpedition / 1L d'eau.


Poche étanche a l'intérieur.


Premiers soins.

Bombe lacrymogène.



Le contenu d'un EDC est une affaire personnelle et personnalisée, mais il devrait refléter dans sa composition la nature même de notre condition, et donc se construire sur 7 principes de survie.

Les photos ci-dessous représentent un éventail de possibles et de matériel a notre disposition, mais ne reflètent pas nécessairement le contenu de mon EDC.

1- S'abriter et se protéger.
Régulation de notre température, minimisation de notre exposition aux éléments, défense personnelle…sont autant de gestes qui s'alignent avec la protection de notre corps, et donc de notre outil le plus précieux.

Gants de travail, sac poubelle, Bivy/sac de couchage de survie, poncho.


2- S'éclairer et se réchauffer.
Etre capable de faire un feu est sans aucun doute un geste primordial. De la signalisation a la préparation de la nourriture en passant par la régulation de notre température, le feu reste la base d'une survie adaptée.

Fire steel, Spark-Lite, BIC, Allumettes tempête.

Petzl e+Lite, Fenix LD10, Photon.


3- S'hydrater et se nourrir.
L'hydratation devrait occuper une place catégorique au sein de nos organisations. Une méthode de transportation, une méthode de filtration et une méthode de purification devrait être la base de cette sphère.

Filtre paille Aquamira Frontier Pro, Katadyn pilules.

Bouteille "Platypus" de 1L.

Boissons en poudre, barres énergétiques, sel, sucre.

Collet et matériel de pèche.



4- Se soigner.
La catastrophe au sens large, conjure un univers ou le risque de blessure devient une probabilité pouvant influencer nos capacités d'actions, et réduire notre potentiel physique mais aussi psychologique.

Trousse de soins de niveau 1.


5- Construire et transformer.
L'une des caractéristiques les plus prononcé de notre espèce, est cette capacité de pouvoir adapter certaines matières premières ou ressources a nos besoins.
Sur un terrain hostile et "dépouillé", cette manipulation est nécessaire et promesse d'amélioration.

La survie, est d'abord cette intention d'amélioration, qui est une force et un axe psychologique extrêmement pertinent pour la santé du survivant.

Leatherman Wave et Spyderco Tenecious.


6- S'orienter.
Pouvoir se placer, s'observer, et se projeter dans l'espace et le temps au travers du calcul des distances, est un atout incontournable.




7- Exister. 
Quand bien même je n'ai besoin de personne pour être, ce n'est qu'en la présence des autres que j'existe.
Exister, est alors un effort d'apparition qui se traduit par la signalisation de notre présence, mais aussi tout ce qui concerne l'information donnée et/ou reçue, et tout le coté administratif de nos vies (argent, identité...).

Portable et Flash Drive.

Miroir, Sifflet Fox40 et marqueur.




2- L'importance du sac d'évacuation.




Si vous n'avez pas encore considérer la construction et la mise en place d'un sac d'évacuation pour vous et tous les membres de votre famille, même sommaire et minimaliste, il est temps d'étudier sérieusement cette carapace.

L'évacuation du domicile, reste une composante indissociable des conséquences d'une catastrophe.
Quand la centrale de Fukushima s'est retrouvée a disperser des niveaux de radiations trop élevés pour la sécurité physique des habitants alentours, l'ordre d'évacuation a été donné.

Quand bien même nous pourrions ici critiquer le temps qui s'est écoulé entre le moment ou la centrale a atteint un niveau de toxicité critique et l'ordre d'évacuation, ou encore le choix de l'étendue du cercle évacuée (seulement 30 kilomètres), il n'en est pas moins que la possession d'un sac d'évacuation adapté par la majorité de la population Japonaise, aurait été un avantage des plus pertinent.

Tout comme l'EDC, le sac d'évacuation repose sur une construction qui implique les 7 principes de survie, mais la différence est qu'il s'organise autour d'une anticipation d'autonomie beaucoup plus importante que son petit frère.

Si 3 jours d'autonomie reste une standardisation de toutes les organisations gouvernementales qui adressent plus ou moins maladroitement la possibilité de nous voir être coupé des services d'urgences, l'événement Japonais démontre encore une fois que cette durée d'autonomie n'est pas dans bien des cas suffisante.

Le gouvernement Japonais, pourtant l'un des plus sérieux et préparé au monde a faire face a une catastrophe et a venir en aide a ses citoyens, a été complètement débordé et incapable d'atteindre certaines régions pendant plus de 4 jours.
Cette réalité devrait nous orienter vers la construction d'un sac d'évacuation pouvant répondre a nos besoins les plus vitaux sur une durée beaucoup plus importante que 72 heures, et de voir une nation et une culture aussi prévoyante être complètement accablée par cet événement est une leçon des plus émouvante.

Le "guide de préparation aux situations d'urgence" du gouvernement Français (http://www.risques.gouv.fr/IMG/pdf/guide-urgence.pdf), fait d'ailleurs un bon travail de mise en garde en ce qui concerne la durée, la pertinence et la nature potentielle d'une autonomie pouvant faire la différence en cas de besoin.

En plus de nous offrir une autonomie portable capable de répondre a nos besoins les plus immédiats sur une durée plus ou moins anticipées par nos gouvernements, le sac d'évacuation est un système de réponse expéditif qui s'aligne avec une situation d'évacuation ou nous n'avons pas le temps de regrouper un matériel pouvant nous aider a survivre l'urgence.


Quelques secondes, sont souvent les termes non-négociables de l'évacuation, et la nature même de la survie.




9 commentaires:

  1. + 1000 sur l'importance de l'EDC. Ceci dit, pour moi l'EDC c'est le fond des POCHES. C'est ce qu'on a SUR SOI EN PERMANENCE.

    Un sac, pour moi, c'est déjà la 2e strate.

    Strate 0 = ton corps.
    Strate 1 = fond de poches.
    Strate 2 = kit de survie (sac maxpé)
    Strate 3 = matériel bivouac et vie dehors x jours
    Strate 4 = véhicule et matériel qu'il contient
    Strate 5 = logement et matériel qu'il contient
    Strate 6 = réseau social de proximité
    Strate 7 = service public...

    Plus les conditions se dégradent, plus on enlève des strates... ;)

    David

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  2. Salut David…et merci de prendre le temps de laisser ici une trace.

    Sans doute que l'EDC est cette organisation malléable, qui comme tu le dis peut être du fond des poches, mais aussi d'une banane, d'un porte clef (tu devrais voir celui de mon épouse!), ou d'un sac plus ou moins important.

    Mon EDC, est comme je l'explique d'une nature changeante.
    Toujours "corps" et "fond des poches", mais souvent sac a dos ou sac Maxpedition.
    L'EDC sous sa forme "sac", est un moyen pertinent de rester mobile tout en ayant accès a un matériel plus ou moins adapté a l'urgence telle qu'elle s'est présentée au Japon.

    Aussi, l'EDC peut intégrer un matériel plus lourd et important…qui souvent influence la forme même de l'organisation. Cette intégration d'un matériel plus variée s'observe chez ceux la qui ont des boulots spécialisés par exemple.

    Par contre, pour moi un kit de survie, se doit d'être "fond des poches", au cas ou l'EDC est perdu ou abandonné. Article a suivre pour le kit de survie...

    a+ l'ami.

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  3. Oui en fait on est d'accord sur le principe important : toujours avoir un minimum SUR SOI. ET si possible un peu plus dans un sac.

    Mon fond de poche n'a pas trop changé depuis quelques années. En revanche, mes kits de survie changent en permanence, en fonction des sorties, du climat, de la ville où je suis, etc.

    Bref...

    Merci à toi. Je lis ton blog régulièrement. Du très bon boulot.

    Ciao ;)

    David

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  4. Exactement!

    Merci du compliment l'ami…venant de toi il me touche particulièrement.
    A tout de suite sur les ondes…

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  5. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  6. Attention, il ne faut pas croire tout ce que racontent les Japonais (Leur gouvernement plus particulièrement).

    En effet ils étaient au contraire très mal préparés à ce genre de catastrophe. La ou l'Europe et les Etats Unis comptent de très nombreuses équipes de secours spécialisés et doté de matériels performants, les japonais ne disposent que de quelques équipes de volontaires armées de bambou pour tenter de retrouver des survivants.

    Les équipes occidentales n'ont même pas eu le droit d'intervenir sur le sol Japonais, on a préféré refusé l'accès aux sites sinistrés à nos équipes plutôt que de perdre la face et d'admettre que le Japon n'étais pas équipé...

    De même, leurs maisons sont parasismiques, mais comme les Français et (je suppose) les Américains, ils construisent en zones inondables.

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  7. Salut Maelvillian…

    Tu as raison.
    D'ailleurs je ne dis pas dans cet article que le gouvernement Japonais était préparé…simplement que le peuple Japonais etait, de part leur environnement, bien plus prêt a faire face a ce genre de catastrophe que la plupart des Européens ou des Américains.

    Maintenant, l'amplitude de ce désastre a été telle, que cette préparation individuelle aura été éclipsée.

    a+

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  8. Merci encore pour cette article. Je découvre pas mal de chose de jour en jour sur ton blog ... je ne sais pas trop par ou commencer ma préparation, mais l'EDC est peut être la première chose à mettre au point.

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    1. Peut être par la !
      http://lesurvivaliste.blogspot.com/2012/01/6-preparations.html

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