jeudi 21 avril 2011

Coup de poing.






La culture de la bagarre, c'est avant tout le coup de poing dans la gueule.

J'avais environs 12 ans quand j'ai délivré mon premier vrai coup de poing dans la gueule d'un autre. Au même instant, je recevais donc mon premier vrai coup de poing.
Je ne sais pas qui a décidé de cristalliser cette méthode de combat dans nos cultures, je ne sais pas si tout bêtement ce geste est d'un héritage instinctif plus ou moins adapté a la dominance et fruit d'une anatomie mâle, ou juste le produit d'une prolifération médiatique…mais ce que je sais, c'est que le coup de poing devrait être aujourd'hui confronter a certaines réalités modernes concernant le monde de la défense personnelle.




Personnellement, il m'a toujours apparut absurde de frapper un endroit dur du corps humain, avec une partie du corps assez fragile et importante. Et du haut de mes 12 ans, du haut de ma fierté en mâle de devenir, il m'a fallut accepter que le langage du jeu de mains auquel nous nous livrons pour affirmer notre place, est une danse des plus symbolisée et sans doute inadaptée…




Depuis quelques années pourtant, se dévoile a l'horizon quelques pensées qui pourraient nous faire réfléchir.
La confrontation physique, et en dehors de tout sport de combat ne pouvant refléter la réalité même du combat de rue, la réalité même de la survie acculée, ou défavorisée, est un univers extrêmement complexe.

La complexité de la confrontation physique a mains nues est telle, que personne ne semble s'entendre sur une méthode unique et englobante pouvant être appliquée par tous, et d'une résolution, d'une efficacité telle, que l'adversaire n'aurait aucune chance de pouvoir imposer son calcul prémédité de nous voir devenir une victime.

Le fait est, que l'univers du combat est ce tas de paramètres qu'il nous est impossible de contrôler et/ou d'anticiper a 100%…et que le meilleur moyen de ne pas devenir une victime reste de méthodes "passives" qui reposent sur la non-confrontation, la désescalade systématique, l'évitement et l'attention par exemple.

C'est un combat intelligent, ou l'adversaire devient soi…et ou il nous faut combattre non seulement une culture mâle omniprésente des plus lourde, mais aussi un éventail de réflexes internes, d'héritages, de routines, d'idées, de laisser aller, de tendances, et que sais-je encore.

Que ce soit la culture du héros ou la culture du blaireau, l'omniprésence de l'image du mâle qui met des coups de poings dans la gueule d'un autre, est une invitation mystifiée a perpétuer l'idée que cette méthode est la bonne.


Peut être effectivement que sur le tas de paramètres impossibles de contrôler et d'anticiper, peut être effectivement que acculé, apeuré, et sous l'emprise de l'adrénaline, le coup de poing reste un moyen comme un autre, un outil comme un autre d'assurer sa survie…et il m'est alors impossible de nier la pertinence de ce geste a ce moment la.

La plupart des services d'ordre du monde, subissent un entrainement plus ou moins adapté a la confrontation physique. Apres tout, il me parait utile de regarder chez eux en premier, puisque leur travail les amènes quotidiennement a gérer cet autre désordonné, cet autre intoxiqué, cet autre enragé, ou tout simplement cet autre décidé.

Quand bien même les polices du monde ont a leur disposition un matériel varié qui reflète un éventail de situations important, un éventail de réponses plus ou moins décisives, elles évolues dans un univers ou la confrontation physique est a un moment ou un autre du jeu de main.

Aujourd'hui, certains policiers reçoivent un entrainement qui s'éloigne radicalement du coup de poing comme moyen de défense ou d'assouvissement, principalement parce que cette méthode est trop risquée.

Le risque de blessures aux mains lors de confrontations physiques a d'ailleurs été le sujet d'une étude extrêmement poussée. Fractures, lacérations, dislocations et luxations…sont autant de blessures pouvant mettre le policier dans une situation extrêmement précaire.




Une autre considération qui est rarement abordée au sujet de la défense personnelle et qui devrait pourtant nous faire réfléchir, est le risque de transmission de maladies telles que le Sida et l'hépatite par exemple. La violence d'une confrontation ou les poings sont utilisés, est dans la plupart des cas d'une effusion de sang mélangé a des lacérations, et ceci chez les deux individus.




Les policiers Américains par exemple, sont des lors fortement encouragés par leurs départements, de posséder et d'utiliser des gants spécialisés pour se protéger cette partie du corps qui est inévitablement du contact.




Tous mes systèmes incorporent d'ailleurs des gants biologiquement adaptés a la nature même du monde de l'accident (principalement des gants en nitrite dans mes trousses de premiers soins), mais aussi des gants de travail, car je considère que la protection de nos mains est primordiale au sein d'un événement dramatique, et ceci quel qu'il soit.

Une blessure, même mondaine a la main, réduit dramatiquement notre champs d'action, et influence directement et immédiatement notre survie.




Il est étonnant aussi de constater, que quand bien même bon nombre de disciplines expéditives et de systèmes de self défense se concentrent sur une frappe a main ouverte de parties sensibles et impossible a conditionner telles que le nez et les oreilles par exemple, que la majorité des confrontations physiques restent du coup de poing dans la gueule…en tout les cas pour les mâles, car les femmes semblent moins gouvernées et influencées par un conditionnement et une réponse physique principalement dominée par le coup de poing.




Cette réalité, suggère que le coup de poing est solidement installé dans nos systèmes de réponses internes par rapport a la menace physique et au combat, et que la réduction de notre habileté, inhérente au changement de bain chimique dans nos corps lors d'une attaque, influence pour ne pas dire gouverne nos réactions et notre éventail de réponses.

S'acharner grossièrement sur le visage de l'autre semble être la base de nos réponses physiques, et une réponse plus fine, plus intelligente et disciplinée, semble être difficile a atteindre et maintenir dans le feu de l'action.




Si la confrontation éclate, il est fort probable de nous voir répondre instinctivement et donc grossièrement, puisque notre physiologie et notre biologie est telle que notre éducation musculaire est immédiatement court-circuitée par un système de défense autonomiste, qui gère de lui même le cloisonnement de notre fonctionnement.

Ce court-circuit peut être primitivement adapté, comme par exemple la diminution du flot sanguins vers nos avant bras pour anticiper et réduire le risque de coupures et donc d'hémorragie, mais cette réponse influence des lors notre motricité, et peut nous interdir la mise en action de gestes prémédités et complexes.

D'autres réflexes tels que le haussement des épaules et l'accélération de la respiration par exemple, sont eux extrêmement pertinent pour la protection de certaines parties vitales et l'oxygénation massive de nos muscles, et ne réduisent pas dramatiquement la mise en action de gestes complexes et complexifiés par certaines disciplines de combat.

Nos corps sont donc a même de nous aider, mais aussi de nous paralyser ou de nous limiter.



Ces limitations devraient nous chuchoter la sévérité d'un engagement physique et conflictuel, et nous amener a étudier et incorporer des systèmes de défense personnelle pouvant nous éviter a tout prix le combat.






11 commentaires:

  1. Je trouve cet article une fois de plus tres bien ecrit et pour ma part je pense que le coup de poing est une histoire de fierte plus qu'il ne s'agisse d'une question demale un coupde pied dans les testicouilles est bien plus approprier mais bien moins classe quand au coup deboule c un peu debile si le mec en face de toi a le crane plus solide mais le copup de poing... la boxe est un noble sport, sport noble...et pas de coup bas.

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  2. " Noblesse " " Honneur ", ect.. Oui s' est beau mais dans les combats de rues, es que ce là vaut encore quelque chose ? Quand je vois les agressions que j' ai subit, quand je vois des vidéos de combats de rue ( Manif violente, guerre civil , je ne vois aucun " honneur " et " noblesse ". Ne faut il pas privilégier " l' efficacité " ? Du style un bon gros pavé dans la gueule de l' adversaire ?

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  3. Hello Volwest, je me permets de glisser un lien dans ce commentaire; cela fait un peu prosélyte, mais comme il est question du sujet... Dérouler jusqu'au titre "faut-il fermer la main?"
    Je ne sais pas si tu as entendu parler du rédacteur de ce texte...
    http://www.henryplee.com/Archives.htm

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  4. Salut anonyme…

    Excellent texte!
    Merci du lien.

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  5. @david : Dans la mesure du possible, n ne donne pas de coup de boule dans le crâne, mais dans le nez ou la poitrine... Là où on fait mal sans se faire mal...

    Niveau efficacité, le coup de poing reste pour moi valable à condition qu'il soit porté sur une zone molle, de préférence avec le kento (bosses à la base de l'index et du majeur), de préférence un poing faible. Ainsi, un coup de poing sur le crâne vous fait plus mal qu'à l'ennemi, mais s'il est porté au sternum, il peut être dévastateur.

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  6. Un tetsui uchi sur l'emplacement de la fontanelle met KO, limite tue.

    C'est un coup de poing "marteau".

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  7. J ai travaille dans un bar a Londres ou la securite etait assuree par des videurs jamaicains, ils m ont explique qu ils ne ferment jamais le poing, ils frappent d estoc, la main ouverte visant les parties molles. Exercice dangereux, les doigt sont fragiles...Pour se conditionner ils remplissent un seau avec du riz (20Kg), et quasi quotidiennement y plongent leurs mains ouvrant et fermant les doigts pour se muscler. Perso j ai des doigts gros comme des cure-dents, j aurais peur de me les casser en frappant d estoc. Je crois que notre morphologie determine notre technique de combat, l estoc n est pas pour tout le monde. Erwan.

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  8. @Erwan : une solution pour frapper d'estoc peut être l'ippon ken, frappe avec l'articulation de la dernière phalange.

    Une solution intelligente et alternative aux arts martiaux classiques est la pratique de l'Aïkido, un art martial dont le but et de neutraliser l'adversaire sans dommages physiques pour un des participants (en l'immobilisant ou, mais c'est plus risqué pour lui, en le projetant). L'Aïkido apprend à esquiver ou parer les coups ou les armes blanches, à conserver son équilibre tout en déséquilibrant l'adversaire, à repérer les ouvertures dans la posture de l'adversaire et à les exploiter.

    Si j'ai pu tester l'efficacité de ces techniques dans un contexte de défense face à un mec bourré (personne dangereuse car agressive et moins sensible à la douleur), je ne l'ai jamais testé lors d'une confrontation impliquant des risques pour la survie. Il me semble toutefois que si on sait se maintenir, analyser l'environnement, et neutraliser temporairement son adversaire en l'immobilisant, on doit être capable de le neutraliser définitivement en cas d'urgence.

    Bien entendu, une arme a feu sera presque toujours plus efficace. D'un autre coté, dans certaines situations de confrontation courantes, ces techniques peuvent éviter bien des tracas administratifs en évitant à une confrontation de dégénérer.

    Vincent.

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  9. Hello !!!
    Ce que je viens de lire m’a passionné, c’est le bon sens. Le coup de poing est dangereux sur les surfaces dures du corps, parce que la main est fragile, d’ailleurs, la fracture des métacarpiens ne s’appelle pas pour rien la fracture du boxeur. Pour s’en convaincre, il suffit de cogner sur un sac de frappe, à la moindre erreur, le poignet ou les métacarpiens cèderont. Le poing, oui, mais dans des endroits bien précis : les points vitaux. A ce titre, je vous recommande le livre référence dans ce domaine «L'art sublime et ultime des points vitaux par Henry Plée chez Budo Editions ». La main ouverte pour les attaques au visage, par exemple, est bien plus redoutable et efficace. Le poing fermé est une attitude anglo-saxonne, qui s’est développée avec l’avènement de la boxe anglaise. Les coups de poing, ne sont entrés dans les arts martiaux asiatiques que lorsque ces derniers se sont occidentalisés, même s’ils existaient (bien évidemment ) dans leurs bagages guerriers.
    Si je ne devais retenir qu’une technique, elle serait l’attaque du bas vers le haut avec le bas de la paume de la main à la base du nez. Les techniques les plus simples, les plus directes sont les plus efficaces, et il faut les répéter, jusqu’à l’obtention du mouvement, de la réaction réflexe. Le combat de survie, doit être le plus court possible. J’aime cette phrase, qui dit : « Je n’ai pas peur des mille techniques que tu connais, mais j’ai peur de la technique que tu as répété mille fois ».
    Je pratique les arts martiaux depuis.....longtemps, mais c’est vers le taekwondo que j’ai percé en qualité d’instructeur fédéral. Cet art martial est redoutable, tout comme les autres, sous l’impérative réserve de s’éloigner de sa partie sportive très très limitée en terme de réalité et d’efficacité.
    Une agression physique est toujours très violente, et même un homme entraîné perdra toujours un peu, voire la totalité de ses moyens, parce qu’à quelques exceptions près, l’art du combat se prépare en salle et sans risque. Ils se valent tous, mais le jour de vérité, seules les qualités physiques et émotionnelles du combattant feront la différence. J’ai été militaire pendant trente quatre ans, et j’ai vu de sacrés gaillards auxquels je ne me serais pas frotté, paralysés et incapables de réagir à la première gifle, et j’en ai vu d’autres, partir en crise de nerfs.
    Pour finir sur une note d’humour, je dirais, qu’en terme de « confrontation virile », compte tenu du fait que la victoire n’est jamais acquise, et si le choix s’offre encore, qu’il vaut mieux s’arranger avec son ego qu’avec son chirurgien.
    Méditer sur ce très vieux proverbe qui guide depuis longtemps ma vie : "PRIMUM VIVERE, DEINDE PHILOSOPHARI", en d’autres termes, « vivre d’abord, philosopher ensuite ».
    Amitiés à tous ! ! !

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  10. Petit conseil de lecture (et je soupçonne notre très honorable ami Vol West de le connaître déjà) :
    Penchez vous sur l'extraordinaire ouvrage "L'art sublime et ultime des points vitaux" (et sa séquelle "L'art sublime et ultime des points de vie") d'Henri Plée. C'est une mine d'or. Le genre de bouquins dont on sort marqué à vie...

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  11. Vous êtes vous-même l'ennemi de l'Humanité, et ce malgré tous vos discours et positionnement pseudo intellectuels et idéologiquement défavorisés!

    Vous prétendez vous inscrire dans la défense du genre humain, mais vous faites le contraire, pourquoi?

    Par pure vanité, orgueil, sophisme viril mal placé, si ce n'est par pure arrogance lubrique et- vice sur le corps de l'Homme mis en souffrance sous vos coups -soit votre propre ubris de domination de type SM!

    Pour tout cela, vous me faites vomir!

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