dimanche 13 mars 2011

L'événement Japonais.






L'événement Japonais de ces derniers jours qui se jette sur nos écrans affamés d'informations, n'a de cesse de nous rappeler la fragilité de notre fabrique, de nos organisations et de nos systèmes de supports.

Quand bien même le peuple Japonais est d'une préparation soutenue, quand bien même ce peuple est d'une culture qui des le plus jeune âge s'attarde a préparer son citoyen a une éventuelle catastrophe, a lui donner les moyens de réduire l'impact de certains événements tels que les tremblements de terre, il est aujourd'hui confronté a une situation des plus critique.

La préparation qui se construit sur des bases inadaptées, sur des fondations qui ne supportent qu'une anticipation partielle, relative, et principalement réduite a l'impact immédiat d'un événement comme celui qui se déroule sous nos yeux, est inévitablement d'un rapport a la survie qui se voit être d'une réaction bancale et pressée.

Même si la plupart des Japonais sont familiers avec des concepts tels que les sacs d'évacuations ou un minimum de préparations et de stockage par exemple, ils sont, comme la plupart de ceux la conseillés par leurs gouvernements, de capacités extrêmement limitées.

Cette limitation n'est pas nouvelle…elle est d'une compréhension de l'événement dramatique qui perdure a croire que le monde de la préparation se résume a l'incident, et la préparation qui bourgeonne de cette mentalité, de ce mensonge collectif, n'est pour la plupart du temps que d'une réponse tardive et inadaptée, ajoutant a l'événement même un gout âpre et une sensation de désolation.

L'incident, n'est que très rarement envisagé dans sa totalité.
Pour le peuple Japonais, cette préparation pourtant déjà bien plus proéminente que celle de beaucoup de pays, de beaucoup de cultures, est pour la plupart du temps d'un sac d'évacuation et d'organisations personnelles et gouvernementales basées sur une tension de 24h.

Aux dernières nouvelles, et si nous nous devons d'apprendre quelque chose d'événements comme celui-ci, le stade des 24h est largement dépassé, et les conséquences de l'événement sont encore en pleine évolution.
Ce mensonge est global, et le gouvernement Américain par exemple, persiste lui a une préparation de ses citoyens de 72h.

L'anticipation de la gestion d'un événement dramatique, doit comprendre et réfléchir la totalité des causes et des effets pouvant exercer une pression quelconque sur nos vies et celles de nos proches…et la solution est encore et toujours de tendre a plus d'indépendance.

Se préparer a un événement est une fausse solution.
Comment pourrions nous sincèrement prétendre pouvoir nous préparer a un événement précis, alors que l'événementiel est d'une nature non prévisible ?

Le Japonais s'étant préparé a un tremblement de terre, se retrouve aujourd'hui inondé, sans domicile, sans eau potable, sans nourriture, sans électricité, sans protection…et aux portes d'une catastrophe nucléaire.
Comment aurions-nous eu l'idée de nous préparer a de telles conséquences ? A de telles réactions en chaines ?

La réponse de la plupart des survivalistes est ici de se préparer a tout et a rien, selon le conditionnement plus ou moins subjectif de l'individu.
Famine, pandémie, guerre civil, ouragan, effondrement de l'économie, pic pétrolier, émeute, météorite, guerre nucléaire, sécheresse…et que sais-je encore.
La question fatidique semée sur l'ensemble des forums liés de prêt ou de loin a la survie est alors; "A quoi vous préparez-vous ?"
Et les réponses pleuvent invariablement d'une imagination débordante et donc de solutions partielles et mensongères, ou nous entretenons la validité d'idées farfelues.


Ne soyez pas Japonais.
Travaillez votre indépendance!


Quelque soit l'événement, quelque soit la tension, être en déficit d'indépendance est la véritable catastrophe, la véritable impasse de "l'homme moderne"…et cette catastrophe n'a pas besoin d'un événement comme celui au Japon pour être dramatique.

Le dramatique de l'humain, est ce manque de plus en plus évident d'indépendance a tous les niveaux de sa pyramide existentielle. Que celui-ci soit des émotions ou de la physiologie, notre dépendance grandissante envers tout et rien est une crise des plus pertinente.


Notre relative indépendance est ce que l'événement catastrophique influence.
Si notre indépendance est d'un privilège indissociable des systèmes de support, alors elle est elle même dépendante du bon fonctionnement de ceux ci.
Si notre indépendance est de pouvoir nous laver les mains et boire un verre d'eau fraiche venant de notre robinet, alors notre indépendance est dépendante du bon fonctionnement d'un éventail d'organisations qui peuvent cesser d'une minute a l'autre de fonctionner.

Nous sommes alors "libre" et "indépendant", seulement si tout va bien…seulement si tout fonctionne, si tout est stable.
Quelle sorte de liberté, d'indépendance, est soumise a des conditions aussi pauvres et bancales ?


Alors…la ou la seule règle est de survivre, nous ne pouvons qu'apprécier la fragilité de nos existences, la fragilité de nos constructions, et poursuivre intelligemment ce défi de tous les jours qu'est la vie.





5 commentaires:

  1. beaucoup de pistes de reflexion et un raisonnement souvent interessant sur ce blog. La question de l'independance au sens large vaut bien sur d'etre traitée. Y attribuer un jugement est plus délicat. Dans cette situation catastrophique ou le contexte change extremement brutalement, la dépendance et l'interdépendance vont continuer d'exister à d'autre niveaux et tant mieux. Meme si l'homme est un loup pour l'homme, l'histoire nous montre aussi que quand il s'agit de faire plus avec moins, la solidarité et les rapports humains sont d'un apport très précieux.

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  2. Salut…

    Tendre a une certaine indépendance n'est en aucun cas la négation d'une solidarité pilier…bien au contraire. En effet les rapports humains sont d'un apport que nous ne pouvons disputer…et comme je m'efforce de le proposer depuis le commencement de ce blog, la survie, et donc le survivalisme, est une affaire de groupe.

    Cependant la dépendance au sens large résume notre vulnérabilité, notre fragilité.

    Prends soin et a+

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  3. bonjour,

    deux documents Sciences et avenir / France 24 sur le japon

    un article (j'ai le pdf si vous voulez)

    http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/crise-nucleaire-au-japon/20111128.OBS5491/les-refugies-du-nucleaire-le-prix-varenne-pour-marie-linton-et-guillaume-bression.html#refugies


    un webdocumentaire (çà rame un peu , pas super l'application html5 ... ou problème de serveur)

    http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/nature-environnement/20120229.OBS2562/docu-un-an-apres-le-japon-bouleverse.html

    Cordialement
    Alain

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    1. de rien , je pompe des informations depuis quelques semaines , il faut bien contribuer un peu.

      Dans le web documentaire j'aime particulièrement la vidéo de la dame de 72 ans qui se prépare en prévision des tremblements de terre ... assez loin du stéréotype du survivaliste avec un couteau autour du cou ... je ne vise personne bien sûr, je me le permettrais pas ;)

      Je vais me renseigner si les vidéos de ce document sont disponibles sur un service de vidéo en ligne afin de les visualiser sans passer par le web documentaire.



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