dimanche 27 mars 2011

Le nucléaire aujourd'hui.






En parcourant les places publiques ces derniers temps, il nous est difficile d'ignorer la lourde présence du nucléaire. 
L'événement Japonais qui perdure, est sans aucun doute l'expression d'une angoisse mondiale quand au rôle du nucléaire aujourd'hui, mais aussi et surtout de ses dangers demain.

Quand nous parlons du "nucléaire", nous parlons avant tout d'énergie.
Cette énergie, qui s'exprime en toute chose, représente un certain potentiel d'action et de possibilité qui influence la totalité de notre position par rapport a notre univers.

Pour vivre, nous avons besoin d'énergie…pour vivre "mieux", non seulement nous avons besoin d'énergie, mais surtout, nous avons besoin d'une énergie optimisée et adaptée a nos besoins.
Le plus nos besoins sont importants, et le plus notre énergie se doit d'être optimale pour répondre a la demande.




Ce rapport entre nos besoins et l'énergie est pertinent, car il défini le rôle du nucléaire aujourd'hui, mais aussi nos besoins a venir…et nous nous retrouvons alors face a un problème des plus complexe.


Le terrain énergétique sur lequel nous évoluons est extrêmement réduit si nous l'opposons a la demande globale croissante.
Non seulement la demande globale en énergie augmente chaque jour a un taux exceptionnel, mais en plus, cette demande s'oriente invariablement vers une organisation générale fondée sur une consommation énergétique des plus large.

Nos besoins en énergie sont alors exponentiels, et le rapport production/demande qui impact notre monde moderne, se métamorphose en une machine infernale qui ne peut faire autrement que de se nourrir d'elle même.




Tchernobyl, Three Mile Island et aujourd'hui Fukushima par exemple, ne sont que les effets d'une relation a l'énergie gouvernée par nos besoins toujours plus important, et par la rationalisation systématique d'une demande toujours plus pressante.

Les chiffres associés au développement de l'énergie nucléaire dans le monde reflètent d'ailleurs cette inévitable course-poursuite qui s'opère devant nos yeux.
En 2009, le nombre de centrales nucléaires opérationnelles et commerciales dans le monde était de 436. 
Aujourd'hui, nous avons plus de 440 centrales opérationnelles, et reparties dans 30 pays différents, avec une production continue de 14% de l'électricité globale.
56 pays utilisent plus ou moins 250 réacteurs de recherche en plus des 440 centrales, et plus de 140 navires sont propulsés par 180 réacteurs.




Demain, la Chine et l'Inde a elles seules, rajouteront plus de 200 centrales aux 400 déjà présentent.
Au total, le nombre de centrales nucléaires dans le monde atteindra les 900 en très peu de temps.




Que nous soyons d'accord ou pas avec l'utilisation commerciale et/ou militaire de l'énergie nucléaire, n'a eu et n'aura aucun impact sur l'avenir de son développement…celui-ci est inévitable, parce que la demande est inévitable.

Comment pourrions nous d'ailleurs, nous qui bénéficions directement ou indirectement de l'énergie nucléaire depuis quelques dizaines d'années maintenant, interdire ou réguler l'utilisation de cette promesse énergétique a des millions de chinois par exemple, qui de leur muraille observent et souhaitent une manière de vivre pouvant leur offrir les mêmes opportunités énergétiques que sont les nôtres.


Le problème énergétique qui nous menace n'est pas a proprement parler de telle ou telle source…pour la plupart d'un potentiel pouvant menacer l'équilibre précaire de notre monde, mais bien de notre propre rapport a l'énergie même, et il nous faut  des lors étudier notre consommation.




Le roi soleil, avait lui une consommation énergétique des plus fantastique. Des jardiniers aux cuisiniers, des cochets aux bucherons, des servantes aux aristocrates, des charpentiers aux artisans, la dépense énergétique produite et maintenue pour faire vivre l'univers du roi était des plus importante.

Aujourd'hui, nous sommes des millions, des milliards de rois soleil.
De nos machines a laver a nos voitures, de nos avions a nos ordinateurs, de nos ampoules électriques a nos fours a micro-ondes, de nos trains a nos frigidaires, de nos supermarchés a nos systèmes des eaux, notre dépense énergétique brute, rivalise et/ou dépasse largement celle du roi soleil.


Si l'événement de la centrale nucléaire de Fukushima nous amène aujourd'hui a douter de la nécessitée et du rôle de l'énergie nucléaire, il me parait essentiel dans un premier temps de remettre en cause notre rapport personnel au monde de l'énergie.

Avant d'aller acheter des pilules d'iodes, avant de penser a une protection personnelle plus ou moins adaptées a l'incident nucléaire, avant de protester, avant même d'avoir peur et de s'interroger sur la portée et la direction d'un nuage radioactif venant de l'autre bout de la planète, ou la possibilité d'un autre incident plus proche, plus sévère…nous nous devons de contempler notre propre impact énergétique.

Si nous voulons que nos enfants, et leurs enfants après eux puissent évoluer dans un monde qui n'est plus basé sur une surconsommation énergétique suicidaire, une remise en question me semble inévitable pour nous donner les moyens d'explorer des énergies renouvelables telles que le solaire, et de réduire intelligemment notre consommation générale.

Puisqu'il est question ici de survivalisme…cette remise en question ne peut que nous diriger encore et toujours, vers une manipulation consciente de nos rapports énergétiques pouvant nous dégager d'une relation de dépendance qui menace directement ou indirectement un bien être globale, tout en influençant nos possibilités de réactions face a une catastrophe telle que Fukushima.

Tout comme nos gouvernements n'ont de cesse de nous répéter que nos pays respectifs doivent tendres a une indépendance énergétique des plus efficace, nous nous devons individuellement de tendre a cette même indépendance.

La seule différence, est que contrairement aux solutions proposées et installées par nos gouvernements, notre indépendance se doit d'être durable, intelligente et responsable.


Quand bien même l'énergie nucléaire offre un rendement pertinent et adaptée a la demande actuelle et future, elle reste dangereuse et instable…et le risque d'une catastrophe est inévitable, parce que nos organisations nucléaires sont susceptibles d'être les victimes d'un séisme, d'une attaque terroriste, d'une erreur humaine, d'une simple usure ou encore d'un événement tel qu'une pandémie, pouvant réduire dangereusement le nombre de personnes qualifiées et capables de maintenir nos centrales…

L'indépendance au sens large, offre alors un moyen efficace et rationnel de limiter l'impact d'un incident nucléaire prêt de chez nous.
Fukushima, devrait ici non pas réveiller en nous une peur éparpillée par rapport a l'événement critique nous propulsant dans une série de gestes maladroits et complètement inadaptés, mais servir de support pour réaliser que notre dépendance au sens large, ne fait de nous que des victimes.

Pénurie d'eau potable, pénurie de nourriture, instabilité sociale, effondrement économique, surcharge des services de santé, interruption totale ou partielle de la majorité de nos systèmes de support…que l'événement soit d'une catastrophe naturelle ou d'une urgence nucléaire, notre dépendance limite nos chances de survie, mais aussi invariablement contribue au désastre, et a notre future.

Si l'incident de la centrale de Fukushima doit nous apprendre quelque chose, c'est que notre dépendance nous condamne invariablement a subir les conséquences d'événements faisants pressions sur nos organisations humaines toujours plus nombreuses, toujours plus densifiées, toujours plus fragilisées.


Les solutions sont alors d'une priorité environnementale qui s'organisent selon le niveau de risques de chacun, mais quoi qu'il arrive, et quel que soit notre environnement ou la distance qui nous sépare d'une centrale nucleaire, les fondations restent ici la construction d'un kit de survie, la construction d'un sac d'évacuation, et la mise en place d'un plan d'action.

En parallèle a cette préparation, il me semble donc pertinent de nous orienter vers une réduction systématique de notre consommation énergétique, et de mettre en place des moyens durables pouvant influencer directement ou indirectement notre niveau d'autonomie…notre niveau d'indépendance.





8 commentaires:

  1. Excellent article et conclusion logique si on veut trouver des solutions. Tout d'abord réduire nos besoins, c'est la première étape...

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  2. yep, et ce serait si facile de les faire toutes exploser en même temps... :

    http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/est-ce-que-les-centrales-91105

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  3. Salut Volwest,

    Habitant un peu trop près d'une centrale nucléaire à mon goût, je souhaiterais acheter des pastilles d'iode 136. Mais malgré ma recherche sur le net, je n'ai rien trouvé. Sais-tu où l'on peut s'en procurer ?

    Merci par avance de ta réponse.

    Toni

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    1. Salut Toni,

      Tout simplement en pharmacie il me semble.
      :)

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  4. En France les pharmacies ont des comprimés mais n'en vendent pas. C'est seulement sur injonction du gouvernement que les pastilles d'iode 136 sont distribuées à la population. Même lors de l'accident nucléaire de Fukushima, personne n'a pu s'en procurer dans les pharmacies (ni ailleurs d'ailleurs).

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  5. Salut,

    Toni: Tu peux en trouver sur ebay. Moi, j'ai cherché «radiation pills». Je ne sais pas comment ça marche pour commander en France, mais au Québec, ça se fait très bien.

    Volwest: J'adore ton site. Je le dévore littéralement. Comme plusieurs, je me sentais seule dans ma façon de voir les choses. Ça fait du bien de te lire, c'est toujours très censé!

    Krystelle

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  6. Merci de ta réponse, Krystelle ;-)

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