lundi 21 mars 2011

La cigale, la fourmi, et l'organisation alimentaire.







Sur la pointe d'une herbe
devant l'infini du ciel
une fourmi

Ozaki Hôsai


La cigale et la fourmi, est cette fable qui au premier abords nous raconte l'imprévoyance. L'imprévoyance, s'oppose ici a la prévoyance, comme on oppose deux caricatures ne pouvant exister pleinement sur un terrain de jeu qui s'affirme de certaines réalités.

Les réalités de notre monde, sont bien sur d'une multitudes de loi que nous ne pouvons tricher sans certaines conséquences plus ou moins désastreuses pour notre bien être. Bien avant de pouvoir argumenter d'une philosophie ou d'une autre des sujets plus ou moins existentiels, il nous faut bien admettre que notre machine a penser, notre machine a édifier, doit être pour fonctionner d'un apport plus ou moins régulier en nutriments.

Les loi incontournables sont alors d'une priorité physiologique et donc énergétique: respirer, s'abriter, boire, se reposer et manger, sont des piliers de vie qui, si il ne sont pas respectés, nous interdisent la participation.


La cigale et la fourmi, exprime une loi particulière qui nous invite a visiter l'univers énergétique de la nourriture, et plus précisément de l'organisation alimentaire au sein de nos foyers.
Sans nous égarer dans le contexte culturel, politique et social de l'époque ou cette fable est née, il me parait pertinent de noter qu'a la lecture du récit, nous sommes invités a prendre partit pour l'une des deux bestioles. Certains pencheront pour un rapport au monde prévoyant, et d'autres s'aligneront avec un sentiment qui nous dirige invariablement vers un partage et une relation au monde plus "souple", et synonyme de "bon-vivant".

Quel que soit notre penchant, il nous est rarement donné la possibilité pragmatique d'aller au delà de l'effet de caricature, et d'entrevoir l'organisation alimentaire de la fourmi. Au final, nous sommes amenés aujourd'hui a quelques conclusions sentimentales, ou le refus de la fourmi de s'adonner au partage, donne a la cigale un charme désinvolte et bohémien venant conjurer une situation de manque délicate quand a nos idées sociales et plus largement humaines.

La profondeur de champs de beaucoup, sera alors d'une manipulation et d'une projection, qui transformera la cigale en une image pouvant s'impressionner d'un émotionnel accusateur; "Mais, alors toi, si un jour une famille avec des enfants qui meurent de faim vient frapper a ta porte pour te demander de l'aide, tu fais quoi…tu les laisse mourir ?"

Cette proposition est bien évidement farfelue…mais surtout, elle expose un terrain culturel, psychologique et intellectuel, qui refuse de voir le pragmatisme d'une relation au monde basée sur la prévoyance et la responsabilisation, et s'obstine a rationaliser la dépendance par la négation systématique des loi énergétiques…par la négation systématique de la réalité de notre univers.

Haiti.




1- Nourriture = énergie.

"Eh bien: dansez maintenant."

Voila comment se termine la fable de la cigale et la fourmi…
L'action, n'est possible que si nous avons l'énergie nécessaire pour l'accomplir.

Nous sommes cette bouteille d'eau trouée.
Quand bien même certains sont de capacités volumiques plus importantes que d'autres, quand bien même certains sont de fuites moins importantes que d'autres, nous sommes tous gouverné, et ceci quel que soit notre manière d'agiter le monde, par la perte énergétique.

"Se remplir", est alors une nécessitée. 
Ce que la fourmi ne dévoile pas, c'est que la nourriture n'est pas d'une constance énergétique ou de valeurs égales.
Un pot de confiture, n'est pas d'une valeur énergétique égale a une tranche de pain…et une tranche de pain, n'est pas d'une valeur énergétique égale a une poire.

Non seulement ces produits ne sont pas de valeurs énergétiques semblables, mais ils ne sont pas non plus d'efforts énergétiques égales dans leur production, leur fabrication, leur impact écologique, leur consommation, leur rendement, leur préservation, et leur longévité par exemple.




Quand le survivaliste/fourmi que nous sommes se penche sur son organisation alimentaire, il doit alors comprendre la nourriture pour ce qu'elle est véritablement…de l'énergie.

A son état brut, l'alimentaire est le produit d'un effort et d'organisations qui sont elles aussi de la dépense énergétique. Que nous soyons chasseur, éleveur, agriculteur ou cueilleur par exemple, l'effort fourni pour résoudre la tension "faim", est a confrontée au rendement nutritionnel du produit.

Cette mathématique de l'alimentation, est alors primordiale au sein des organisations survivalistiques, et devrait nous amener a une organisation alimentaire influencée par une gestion "effort+rendement" des plus optimal.



2- Planification et objectif.

L'organisation alimentaire de la fourmi, est avant tout de pouvoir nous permettre une certaine autonomie nutritive. 
Quoi qu'il arrive dans le monde, quel que soit notre statut social, notre adhérence politique ou religieuse, nos rêves ou nos tendances, notre environnement ou encore nos anticipations, nous devons manger régulièrement.

Cette loi, cette réalité, est une constance de tous les jours qui devrait se réfléchir sur nos listes de priorités quand a nos préparations.

La planification de l'organisation alimentaire peut des lors anticiper 4 objectifs. Ces objectifs sont pertinents, car ils peuvent servir de support pour la mise en place d'une indépendance nutritive graduelle.

Avant de nous pencher sur ces 4 objectifs, il me parait essentiel de prévoir et d'intégrer avant toute chose une ou plusieurs méthodes autonomes de préparer notre nourriture, et une organisation en eau potable capable de soutenir notre effort alimentaire.
Posséder 1 ans d'indépendance alimentaire avec une réserve de 3 jours d'eau potable est un paradoxe insurmontable…de même que d'avoir 100 kilos de pâtes sans un moyen indépendant de nos systèmes de support pour leur préparation.

Rechaud + carburant.



a) l'immédiat (1 semaine).

Notre "immédiat".


L'immédiat est ici d'une organisation simple et souvent déjà présente dans la plupart de nos foyers. Cette indépendance nutritive répond a un besoin immédiat lors d'une urgence personnelle ou localisée telle qu'une maladie passagère, ou une coupure momentanée de nos systèmes de support due a une tension météorologique par exemple. 

Il est alors question ici d'une simple étude de nos habitudes alimentaires, pour pouvoir déterminer la nature des produits les plus utilisés, et donc les plus aptes a être d'une rotation et d'une assimilation pragmatique.

La règle fondamentale d'une organisation alimentaire intelligente et basée sur la fonction plutôt que l'anticipation, sur la raison plutôt que sur l'imagination, est de stocker ce que nous mangeons régulièrement, et de manger régulièrement ce que nous stockons.

Si votre foyer ne consomme que très rarement voir jamais de sardines, il me parait inconcevable d'intégrer ce produit a nos organisations, et ceci quelle que soit ses propriétés nutritives.
Si en revanche votre foyer consomme du riz au minimum une fois par semaine, alors ce produit est capable d'être assimiler a votre quotidien, et sera d'une rotation pertinente et pragmatique.

Puisqu'il est question ici d'une préparation axée sur une courte durée (7 jours), et une rotation continue, l'importance des propriétés conservatrices et/ou énergétiques de ces produits n'est pas une priorité.
Nous n'envisageons pas a ce stade de la planification un portefeuille de produits pouvant résister et faire valoir une guerre atomique globale, mais la mise en place d'une gestion de la nourriture qui reflète une certaine routine, et une décision de se voir influencer notre aptitude a résister une urgence des plus probable.

A ce stade de notre organisation alimentaire, nous influençons aussi tout un éventail de paramètres plus ou moins symboliques. C'est l'invité surprise, la réduction de nos dépenses énergétiques telles que l'essence, et la réduction de nos dépenses alimentaires puisque nous sommes maintenant a l'affut d'affaires souvent liées a un achat plus ou moins "en gros" par exemple.

Pratiquement, la ou nous achetions une boite de ravioli 2 fois par semaine, nous achetons maintenant le paquet de 6 boites en promotion.



b) La rallonge (1 mois).

A partir du moment ou le premier pas de l'organisation alimentaire de l'immédiat est cristallisé, a partir du moment ou nous réalisons le véritable impact financier, écologique et pragmatique de l'organisation fourmi, nous pouvons des lors appréhender la mise en place d'une organisation "rallonge".

Etendre nos possibilités nutritives a 1 mois, signifie que nous pouvons maintenant faire face a une tension beaucoup plus importantes telle qu'une catastrophe naturelle par exemple, ou une pénurie quelconque ayant un impact plus ou moins important sur nos systèmes de support a un niveau personnel et/ou régional.
Mais étendre notre indépendance nutritive a 1 mois, signifie aussi que nous devons maintenant intégrer au sein de nos possibilités alimentaires des produits pouvant affirmer une alimentation diverse, et de propriétés conservatrices et énergétiques adaptées.

Il est donc toujours question ici de respecter la règle de stocker ce que nous mangeons régulièrement, et de manger régulièrement ce que nous stockons, mais d'élargir ce potentiel rotatif a des produits plus brut tels que farine, sel, sucre, huile et levure par exemple, ainsi que de privilégier des produits ayant un rendement nutritif important, une durée de vie optimisée, et ne demandant pas une préparation lourde.

6 litres d'huile d'olive.


Nous ralentissons des lors notre taux de rotation, et nous élargissons notre portefeuille d'investissement dans des produits souvent susceptible d'être la base d'une alimentation qui reflète un univers plus difficile.

Pâtes, riz, lentilles, haricots secs, couscous, boites de conserves (viande, fruits et légumes), et produits servant a la cuisson tels que l'huile végétale et l'huile d'olive par exemple, font ici l'objet d'une organisation alimentaire parfaitement adaptée a ce niveau de préparation.

Pates, lentilles, riz et haricots font parties de nos routines alimentaires.

Les conserves offrent une methode de stockage stable et pertinente.

Le sel est un pilier de l'organisation alimentaire.

Le miel est un des rares produits qui a une durée de vie illimitée.

Les supplements énergétiques et fibreux a mélanger a l'eau peuvent être extrêmement pertinents.

Les rations de combat et la nourriture lyophilisée peuvent nous permettre une alimentation qui ne demande pas une préparation lourde.



c) Long terme (de 3 a 6 mois).

Quand bien même certains expriment une indépendance alimentaire basée sur le stockage de plus de 6 mois, il me parait extrêmement difficile de défendre cette pratique, pour la simple raison que cet investissement est extrêmement lourd financièrement, que les risques de perte sont assez important, et que la logistique de stockage et de rotation est ici des plus complexe.

Avoir 100 kilos de blé dans la cave est sans aucun doute une prouesse de fourmi, mais faire de cette organisation une démarche fonctionnelle et utilitaire me laisse aujourd'hui perplexe.

6 mois, est ici une date charnière.
Au delà de 6 mois, nous sommes confrontés a une baisse exponentielle du rapport "investissement/rendement", due principalement au fait qu'il nous est difficile de prétendre pouvoir affirmer la stabilité d'un monde ou nous sommes dans l'incapacité de compter sur nos organisations sociales pour une période aussi longue, et qu'il est aussi difficile de prédire la sécurité de notre foyer, et donc de notre garde mangé.

Eau - place - avenir - mobilité - protection - rotation - environnement - carburant - risques - décentralisation - instabilité - destruction - contamination - sont autant de sphères qui viennent se confronter a une réserve de nourriture dépassant les 6 mois.




Une autonomie de 3 a 6 mois, me semble être un bon compromis entre une préparation pouvant nous offrir une autonomie pertinente en cas de troubles divers et soutenus (pénurie de certains produits, hausse des prix, tensions et événements dramatiques, maladie…), et un investissement au sens large (cout, place, effort, organisation, logistique…) qui n'est pas d'un engagement très risqué.

Puisque nous devrions déjà avoir 1 mois de réserves avant de contempler une organisation fourmi de 3 a 6 mois, nous devrions être intimement familier avec notre consommation, et la nature des produits qui se prêtent a notre logistique personnelle de la rotation.

Les mêmes produits servant a l'organisation de la rallonge servent donc cette tranche d'autonomie, et seule la quantité disponible est travaillée et ajustée.




A ce stade de nos préparations, il me parait évident que notre organisation se doit d'être d'une logistique englobante en ce qui concerne les méthodes de préparations de notre nourriture, et nous devrions nous assurer en parallèle du stockage de nos possibilités énergétiques.
-Réserve de carburant pour nos réchauds.
-Possibilités de réparation des réchauds.
-Possibilités de préservations par la déshydratation ou la mise en place de bocaux.
-Four solaire.

En plus d'une attention particulière concernant l'énergie, il nous faut aussi nous pencher sérieusement sur nos besoins en eau potable.
Si nous comptons sur une réserve de nourriture nous permettant une autonomie de 6 mois, il me parait logique de pouvoir subvenir a nos besoins en eau pour une durée égale ou supérieur a 6 mois.

La récupération des eaux de pluie, la filtration et le recyclage, sont alors des sphères devant appartenir a une organisation "long terme".



d) A durée indéterminée.

Au bout du compte, il me parait normal de réfléchir a une organisation pouvant nous conduire a une indépendance des plus définitive.

Passé les 6 mois, nous évoluons vers une organisation plus ou moins pérenne qui demande un rapport au monde des plus versatile et adapté a nos besoins énergétiques, et donc un environnement capable de supporter cette organisation (terre et source d'eau pour commencer).

Quand bien même certains produits pertinents sont capables d'atteindre des durées de conservations élevées voir indéterminées (miel, sucre, blé, sel…), cette organisation n'est possible que si nous mettons en place plusieurs méthodes de productions.

Chasse, pêche, piégeage, cueillette, cultivation et préservation, sont donc ici les principales méthodes pouvant nous assurer une autonomie a durée indéterminée.






1 commentaire:

  1. Bonjour Volwest,

    Merci encore pour cet article vous parliez de l'exemple de cuba qui avait reussi avec le systeme D à survivre au crash du petrole, et je viens d etrouver cette video, avec un de ces systemes simples et instructif sur la conservation des aliments :)
    Je l'ai trouvé inintéressante et j'espere que cela vous intéressera aussi.
    Amicalement.
    https://www.youtube.com/watch?v=D14H0Hf7jIY

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