mardi 22 février 2011

Le système de support.







Nous sommes, nous les citoyens du monde moderne, des patients branchés sur un système de support de vie.

Cette machine, ces organisations modernistiques plus ou moins vitales, font de nous les prisonniers d'une vie rythmée aux sonorités mécaniques, les prisonniers d'un certain confort et de ce qu'il représente.
C'est le "bip" du réveil matin, le "bip" de la cafetière, du camion poubelle, du premier texto de la journée, du métro qui annonce son départ, de la voiture qui nous ouvre ses portes, de l'ordinateur qui s'allume, du laser de la caissière encore rêvassante, de la radio du gendarme, du lave vaisselle qui fini sa corvée, de la machine a laver qui se prépare au rinçage, du chauffage qui atteint ses 22 degrés bien mérités…

Le système de support maintient quotidiennement un niveau de confort sans précédant dans l'histoire de l'Homme…mais pour être plus précis et pouvoir comprendre un peu plus l'étendu de notre dépendance, il nous faut plonger dans le monde des sous-systèmes.
Ces sous-systèmes sont nombreux et de rôles variés, mais tous sont plus ou moins dépendant des uns des autres. Le sous-système "déchet", qui collecte, traite et dispose de nos déchets, est intimement lié a certaine sphères du sous-système "énergie" par exemple, qui permet entre autre l'utilisation des camions poubelles.

Puisque le monde caverneux des sous-systèmes se comporte tel une rivière qui alimente un énorme réservoir de possibilités, et que nous nommons ici "confort" dans le but d'appuyer sur une relation au monde devenue extrêmement complexe, il me parait difficile de faire une liste exhaustive de tous ces sous-systèmes.
Dans un effort d'illustration, voici une poignée de sous-systèmes "piliers" pouvant, si ils sont soumis a certaines tensions, menacer la stabilité du système de support de vie.



- Biomasse;




La biomasse est un terme utilisé ici pour décrire la totalité de chaque étape de la chaine alimentaire nécessaire pour que celui qui mange prenne une unité d'énergie.
La biomasse est donc un sous-système qui produit, stocke et fournit des produits agricoles de base pour le sous-système alimentaire.

- L'alimentation;




L'alimentation est un sous-système qui stocke et distribue les produits alimentaires et les boissons. Il transforme les produits bruts agricoles provenant du sous-système biomasse en produits alimentaires consommables.

- Déchet;




Ce sous-système collecte, traite et dispose des déchets de l'habitat tels que les déchets humains, les emballages, la biomasse non consommable et tout ce qui provient de tous les autres sous-systèmes.

- L'eau;




Ce sous-système collecte, emmagasine, transporte, traite et distribue l'eau a un degré appropriée de pureté pour la consommation et l'hygiène du citoyen.

- Energie;




Un sous-système qui fabrique, transforme et alimente nos habitations en électricité, mais aussi un certain nombre d'autres sous-systèmes.

- La sécurité;




Ce sous-système s'intéresse a une protection suffisante contre les agressions externes et internes, et permet de maintenir une production adéquate servant la totalité de tous les sous-systèmes existant.

- Les services de santé.




Les services de santé sont un sous-système permettant le traitement plus ou moins adapté de tout le personnel productif et participant au bon fonctionnement de tous les sous-systèmes.

- L'énergie fossile;




Ce sous-système récupère, emmagasine, transporte, traite et distribue une énergie non renouvelable mais indispensable au maintient de tous les autres sous-systèmes.



Quand nous parlons de préparation, de survivalisme et de la gestion du risque a l'échelle personnelle mais aussi globale, nous parlons consciemment ou inconsciemment de la santé du système de support de vie et de ses sous-systèmes. 

Evaluer la santé de ce système, est ce que le survivaliste tente plus ou moins laborieusement et objectivement de faire lorsqu'il observe son univers. 
Le diagnostique est alors non pas d'une vision dramatique et fataliste de nos organisations collectives, mais d'une intention résolue d'indépendance.

L'événement; tornade, séisme, accident nucléaire, émeute, inondation, incendie, crise économique, crise politique, pollution, pandémie, sécheresse, guerre civile et que sais-je encore, est toujours d'une tension plus ou moins dramatique sur le système de support de vie et ses sous-systèmes.

Si nous sommes partiellement voir totalement indépendant de ce système, cette pression devient alors acceptable…non pas "sans risques", mais d'une pression pouvant être plus facilement gérée que si nous étions complètement dépendant de la totalité des sous-systèmes.

L'attention du survivaliste est alors d'une constance tournée vers tout ce qui peut permettre une position d'autonomie plus ou moins résolue envers chaque sous-système.
Il ne se demande pas comment il serait capable de survivre a une crise économique sans précédant, il travaille a son indépendance du sous-système "économie", et de tout ce que ce sous-système nourrit ou se nourrit de.

Il se limite a une désobéissance pragmatique de l'essentiel.
Il se pose des questions telles que:
Quels sont mes besoins ?
Comment subvenir a ces besoins sans passer par tel ou tel sous-système ?

Le survivaliste ne se demande pas comment il va pouvoir survivre a une hausse inévitable des prix des produits agricoles bruts, il travaille a son indépendance envers le sous-système "biomasse", et tous les sous-systèmes qu'il nourrit, et se nourrit de, comme les sous-systèmes "alimentation" et "énergie" par exemple, intimement lié a celui de la "biomasse".


Stocker 6 mois de nourriture dans un sous-sol est sans aucun doute pertinent, mais cette organisation par elle même ne nous libère pas des sous-systèmes biomasse et alimentation, elle ne fait que nous offrir un peu plus de temps que le voisin.

Cette réduction de nos dépendances est exponentielle, car se libérer d'un sous-système implique que nous créons un sous-système personnalisé.
Si le survivaliste décide de se débrancher du sous-système biomasse et alimentation par exemple, il doit s'investir dans une production qui se confronte obligatoirement a d'autres sous-systèmes. 

Planter un potager, veux bien dire qu'il nous faut adopter une multitude de sous-systèmes pouvant supporter la production, le traitement, le stockage et la préservation  des produits bruts que nous produisons.
Ce système indépendant, n'est pas vraiment indépendant si nous sommes toujours prisonnier du sous-système "eau" ou "protection" par exemple.

Si les fermes hippies des années 60 se sont pour la plupart retrouvées désertées après quelques récoltes, c'est qu'il est extrêmement difficile de parvenir a se libérer totalement de tous les sous-systèmes existants.
Acheter une petite ferme dans les Cévennes, y travailler la terre et récolter l'énergie solaire, n'élimine pas les taxes sur l'habitation, l'assurance auto ou les connaissances et les outils spécialisés du réparateur de panneaux solaires.
Ce geste réduisant n'élimine pas non plus les réalités associées a la protection de nos "libertés" physiques et intellectuelles, a la production adéquate d'une biomasse soutenue et soutenable, ou aux possibilités modernes de pouvoir survivre une maladie telle que le choléra.

Pouvez-vous faire vos propres vêtements, vos propres chaussures, vos propres râteaux, vos propres points de suture, vos propres lunettes de vue, vos propres tuiles, vos propres briques, vos propres soudures, vos propres antibiotiques, vos propres lavabos et robinets, vos propres amalgames dentaire ?

La rupture complète du système de support de vie tel que nous l'utilisons aujourd'hui, et de l'ensemble des sous-systèmes qui l'habite, est pour l'homme moderne un cauchemar et un paradoxe sans précédents.

Le problème qui vient se confronter a nous est alors de situations telles que nous pouvons les observées a Haiti par exemple, ou l'événement "tremblement de terre" a plus ou moins achevé un système de support déjà bancale.
Survivre l'événement est indiscutablement une priorité qui n'est pas négociable au sein de la survie, mais survivre les conséquences de cet événement sans la présence, même bancale, de sous-systèmes de support piliers (eau, soins, énergie, protection, biomasse et alimentation) est sans aucun doute un défi des plus redoutable.




Au final, il est extrêmement difficile pour nous qui avons grandit dans un univers ou notre système de support de vie a été une constance fiable propice au confort, de réellement cerner la nature d'un monde ou ce système serait inexistant.

Des ouvrages comme par exemple "Un monde fait a la main" de James Howard Kunstler,  nous permettent d'explorer intellectuellement les réalités d'une vie ou nos systèmes de support ont cessé d'exister, et ou la nature même du mot "confort" est réduite a une nécessité aujourd'hui noyée dans le tourbillon de nos besoins et de nos dépendances grandissantes.




1 commentaire:

  1. Salut volwest !
    Merci,j’ai été énormément impressionné par ton blog, hyper intéressant =)
    Je ne trouve pas la version en français du livre "Un monde fait a la main"

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