dimanche 2 janvier 2011

Mythes et mensonges - Le survivaliste.









Pour un premier pas en 2011…
Le mot "survivaliste", est un de ces termes qui trop souvent se voit être le sujet d'un malentendu.

Le mensonge est ici la propagation d'une logique binaire qui voudrais voir la vie comme étant une succession d'oppositions.
La possession d'une arme par exemple, ne peut que s'opposer a la paix.
Les besoins du monde en nourriture, ne peuvent que s'opposer a une certaine harmonie écologique et une agriculture soutenable.
L'exemple d'un système différent, ne peut que s'opposer a un système existant.

Le comportement d'un survivaliste, est souvent interprété comme étant opposé a une vie simple et harmonieuse…comment pourrait il en être autrement ? Après tout, cet individu ne cesse de se nourrir de sphères qui tendent a la survie, au risque, a la catastrophe, a la préparation, a l'anticipation, a la négociation, a la gestion, a un matériel spécialisé, au manque et que sais-je encore…

Le fait est, que le mot "survivaliste" est sans aucun doute chargé, et lourd d'une émanation médiatique qui la plupart du temps se borne a un sensationnalisme déplacé, et une association navrante avec certains événements, tels que Ruby Ridge par exemple, individus, ou mouvements extrémistes.

Nous sommes donc, nous les survivalistes, toujours plus ou moins forcés d'être discrets, toujours plus ou moins forcés de ne pas partager ou exprimer notre compréhension et notre vision du monde.

Ces dernières années, d'autres termes moins controversés comme "prepper" (individu se préparant a…) ou "self-sufficient" (autosuffisant -autonome) ont fait leur apparition dans le milieu de la préparation, sans doute dans un effort de trouver un terme pouvant décrire une position sociale plus abordable et acceptable par le collectif que celui de survivaliste.
Même si ces termes plus "doux" ont réussit a nous distancer d'un héritage lourd d'extrémisme, ils n'ont, a mon avis, fait que perpétuer notre avarice quand a la propagation de termes toujours plus politiquement corrects les uns que les autres, véhiculant ainsi le désir d'adoucir tout et n'importe quoi dans l'idée d'être accepté et donc d'assouplir notre champ d'action sociale.


Tout comme les termes "secrétaire" ou "femme de ménage" ne sont plus politiquement correct aujourd'hui, le terme "Survivaliste", est soumit a une tension et un carcan intellectuel qui se doit de conformer toujours plus au confort psychologique du collectif.
C'est un fait que le survivaliste dérange, et que nos sociétés souffrent de plus en plus d'un conformisme aigu, et d'un politiquement correct qui influence désormais nos horizons.






A la construction mentale de ce blog, son titre m'a pourtant parut évident, et quand bien même redéfinir le survivalisme n'est pas son but premier, il est inévitable de constater l'évolution pertinente du survivaliste au sein de nos cultures.
Un survivaliste, est avant tout un individu qui travaille et entretient son indépendance et une certaine liberté.
Cette "désobéissance" n'a rien a voir avec du fanatisme religieux, un extrémisme politique quelconque ou une paranoïa sans fin…mais tout a voir avec une responsabilisation et un devoir que notre monde moderne refuse et condamne.

Quand mes grands-parents se préparaient a l'invasion de Paris par l'armée Allemande durant la seconde guerre mondiale, quand ils se préparaient a l'hiver, quand ils avaient un stock de nourriture, quand ils réparaient leurs outils, quand ils faisaient de la cueillette et de la chasse pour complimenter leur jardin, quand ils faisaient des réserves et qu'ils étaient financièrement conservateurs…ils étaient des survivalistes.
Ils travaillaient a leur indépendance et leur liberté. Ils n'étaient pas des victimes de leur environnement, ou dépendant a 100% des systèmes de support…ils étaient des adultes responsables.


Personne a cette époque n'aurait eu l'idée de pointer du doigt leur manière de vivre et d'appréhender ce monde…parce que tous vivaient plus ou moins ainsi.
Avoir quelques mois de réserves de nourriture était normal, avoir une arme a feu était normal, et anticiper l'hiver et le manque était…normal, pour ne pas dire logique.








La définition même du mot "survivaliste" qui s'inscrit dans nos dictionnaires, est une définition qui renforce l'idée que le terrain psychologique du survivaliste est bancale, et que son intention n'est centrée qu'autour d'un événement catastrophe particulier. Il est plus ou moins ici gouverné par une peur irrationnel d'un événement qui est peu probable et dramatique.
Survivaliste :
Adjectif singulier invariant en genre.
1-Relatif a un mouvement américain préparant la survie après un éventuel holocauste nucléaire.
Nom singulier invariant en genre.
2-Adepte d'un mouvement américain préparant la survie après un éventuel holocauste nucléaire.

Je comprends des lors en lisant cette définition simpliste et obsolète, que nous soyons ici dans l'effort d'adopter de nouveaux termes pour designer un rapport au monde qui n'est pas d'un conformisme aveugle, mais d'une conscience qui s'organise et se responsabilise.

Le fait est, que le survivalisme a énormément évolué depuis son apparition aux USA durant la guerre froide. Le survivalisme n'est plus un mouvement américain, mais un mouvement mondial…et les survivalistes ne se préparent plus a la survie après un éventuel holocauste nucléaire, mais travaillent a prévenir, réduire et éliminer des tensions toujours plus complexes.
Quand bien même l'événement dramatique était la cible d'une attention particulière il y a 30/40/50 ans, et le reflet d'un certain univers politique, social et culturel, le survivaliste "moderne" est d'une indépendance catégorique quand a nos systèmes de support, et donc beaucoup plus large dans son anticipation et son raisonnement.

"Jardin" typique d'un prepper, ou d'un survivaliste.


La définition du survivaliste ci-dessus est donc la représentation du survivaliste d'hier, et n'a rien a voir avec l'engagement intellectuel et physique que nous rencontrons aujourd'hui.
Rares sont d'ailleurs les survivalistes "moderne" qui s'abandonnent a la construction d'un abri anti-atomique, et répondent a la définition que nous connaissons.
Aujourd'hui, le survivaliste est cet individu qui s'investit dans la permaculture, il est cet individu qui prépare sa voiture pour l'hiver, qui installe des panneaux solaire sur son toit, qui refuse de participer a un endettement financier systématique. Il est ce citoyen qui se responsabilise, et qui anticipe une rupture des systèmes de supports pour minimiser son impact sur les services d'urgence, il est ce citoyen qui se demande ce qu'il peut faire pour son pays, et non ce que son pays peut faire pour lui.

Il est cette mère de famille par exemple, qui fait des économies en achetant de la nourriture en gros, qui réduit son impact écologique (moins de voiture, moins d'emballage…etc.), et qui par la même occasion limite les conséquences sur sa famille d'une rupture éventuelle de nos systèmes juste-a-temps.




Le survivaliste moderne est aussi cet individu qui refuse intelligemment de perpétuer une attitude et un rapport au monde qui est du pillage des ressources naturelles, d'une pollution a outrance, d'une dépendance de nos systèmes juste-a-temps, d'un consumérisme conséquent et non-soutenable, et d'un future bancale pour nos enfants.

Nous sommes bien loin d'un survivaliste individualiste et anxieux, qui creuse un trou dans son jardin pour peut être survivre une guerre atomique. Nous sommes bien loin d'une organisation "placentique", ou le trou en question est remplit de nourriture et d'armes, et ou l'individu cesse tout rapport direct avec le monde pour s'engloutir dans la peur du lendemain.

Lux et peur...


C'est peut être pour provoquer une renaissance de la responsabilisation individuelle, que le titre de ce blog est du choix conscient d'un terme souvent associé a une position sociale en marge d'un confort collectif qui se repose sur l'adoucissement de nos univers, sur la dépendance.
Il n'y a rien de "doux" dans le mot survivaliste, et c'est précisément pour cette raison qu'il me parait adapté et pertinent.

La conscience qui s'affirme, l'individu qui se responsabilise, ne devrait pas avoir peur d'être perçu comme étant le résultat d'un cynisme et d'un terrain psychologique n'ayant aucune place dans notre monde faussement aseptisé.
"Le politiquement correct ne proclame pas la tolérance; il ne fait qu'organiser la haine", disait l'historien américain Jacques Barzun, et il m'est difficile de le contredire.

Il serait alors dommage de nous livrer par défaut a cette organisation de la haine, ou de devoir censurer l'expression de nos systèmes immunitaires et de nos consciences engagées.
Si le survivaliste reste pour certains cet individu armé jusqu'aux dents et en marge de la société, c'est que la compréhension de ce terme s'aligne avec une vision obsolète du survivalisme en tant que manière de vivre.

La manière de vivre du survivaliste "moderne" germe de la raison. Le survivaliste est avide d'indépendance et refuse de se voir être la victime d'un événement lié a la rupture momentanée ou permanente de nos systèmes de support par exemple. En ce sens, il nous rappel une génération moins prête a reléguer certaines responsabilités quand a son rôle au sein de nos sociétés, et d'un rapport au monde qui n'est pas de l'adoucissement systématique de tout et de rien, ou d'un laisser aller paralysant.

Un citoyen dépendant et sa famille qui font l'expérience d'un événement prédît...


Cette manière de vivre le monde, influencée par un rapport a l'énergie du plus haut rendement, pousse invariablement le survivaliste a adopter des systèmes soutenables, et donc a s'écarter d'une relation au monde qui ne prend pas en compte les générations future.

Le terme "survivaliste" reste cependant férocement complexe, tant nos projets internes sont énormes, et tant le voyage de notre conscience est particulière.      
L'éventail de gestes et de pensées au sein du survivalisme est donc ici sans limites, et le survivaliste en évolution constante.





4 commentaires:

  1. Je découvre.

    J'aime!

    Encore!

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  2. loll
    Merci de prendre le temps de découvrir !

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  3. +1 Volwest.

    En France, le mot "survivalisme" fait peur.

    Je le vois tous les jours dans la manière dont les gens, mes collègues, amis et même ma famille se ferment complètement à la résonance de ce mot dans l'air...

    Ne crois tu donc pas qu'à la vue de cette pensée le mot "survivalisme" ou "survivaliste" n'est plus adapté ? Car comme tu le site plus haut dans ton blog la définition même de ce mot ne convient plus avec l'idée que "nous", les "survivaliste" moderne, nous en faisons.

    Je vais essayer de m'expliquer un peu mieux.

    Dans le mot "survivalisme" il y a la racine "survie". Et quand on est un tant soit peu "survivaliste" on fait tout pour éviter d'en arriver à la survie ! C'est pour éviter de survivre qu'on se prépare ! Pour éviter de devoir utiliser de l'eau croupie dans une vieille flaque moisit et ce même en la filtrant convenablement au préalable par exemple ! Bien sur le "survivaliste" A & AURA toujours des notions de survie. Mais son but n'est pas de les utiliser tous les jours !! Au contraire ! (Du moins c'est l'idée que je me fais du "survivalisme" et je pense que c'est pareil beaucoup de gens qui pratique ce mode de vie. Car c'est bien de ça dont on parle ici: un mode de vie, un choix personnel. Personne n'oblige un "survivaliste" à l'être.

    Quand on y réfléchit il faudrait presque trouver un terme "anti-survie"; Car pour le fondement même du "survivaliste" en arriver au stade de la survie serait un échec...

    Voilà, alors je ne sais pas si j'ai réussit à me faire comprendre mais au moins j'aurais essayé ! :)

    Bonne continuation à toi et @+ !

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