jeudi 20 janvier 2011

La dernière minute.







Qu'il s'agisse d'un événement anticipé ou "pochette surprise", que nous soyons survivaliste, et donc d'une préparation plus ou moins profonde, ou citoyen dépendant du bon fonctionnement de nos systèmes de supports pour nos besoins,  "la dernière minute" est toujours l'objet d'une agitation mentale et physique pouvant être déterminante.

Quand bien même beaucoup semblent appréhender cette histoire de survivalisme avec un oeil critique, quand bien même beaucoup semblent participer a la vie comme si nos constructions titanesques étaient d'une solidité a toute épreuve, d'une constance pouvant défier le temps et la nature même, quand bien même beaucoup semblent écarter et rejeter l'idée même de la préparation, de l'anticipation, de la responsabilisation, il nous faut bien nous rendre a l'évidence que l'événement dramatique fait partit de la vie.




Quand l'événement frappe a nos portes nous réagissons. Cette réaction est toujours de la préservation de la vie, mais elle s'organise de différentes manières suivant nos possibilités.

La Tunisie, est donc un des derniers pays d'une liste interminable a subir quelques tensions, prouvant encore une fois la véracité et la pertinence d'une manière de vivre qui réduit notre dépendance, et donc l'impact sur nos vies d'une situation précaire et d'un événement que je nomme "pochette surprise", car il abrite un potentiel large et exponentiel de tensions.

L'événement "pochette surprise", est quoi qu'il arrive d'une rupture plus ou moins profonde, plus ou moins longue de nos systèmes de supports.

Impossibilité de ravitaillement généralisé, coupures d'eau et d'électricité, rupture ou effondrement de la sphère politique, émeutes, insécurité, services de santé réduits, ressources alimentaires et énergétiques raréfiées…qu'il s'agisse d'une catastrophe humaine ou naturelle, la liste est plus ou moins toujours la même.





Le citoyen dépendant est ici gouverné par l'événement.
Ses possibilités de réactions sont extrêmement réduites, et dépendent bien sur de paramètres vastes tels que son lieu de résidence, ses besoins physiologiques, le nombre de personnes a charge, ses capacités d'adaptations, ses capacités intellectuelles et physiques, la nature de l'événement, l'étendu de ses organisations ménagères, l'étendu de ses possessions (et oui, posséder une voiture par exemple est a prendre en compte), ses affinités politiques et sociales, ses expériences, ses possibilités financières…bref, la totalité de son univers physique et psychologique.

La dernière minute est ici une opportunité de diversifier nos possibilités, et de minimiser le risque.

a) S'informer.

La première étape est quoi qu'il arrive de l'information.
S'informer est primordiale, car nous devons rapidement définir plus ou moins clairement la nature même de l'événement pour pouvoir mettre en place un plan d'action adapté et rationnel. Ne pas avoir accès a une information même douteuse, est ici synonyme d'une réaction "aveugle".

Le meilleur moyen de s'informer reste la radio a pile ou a dynamo, car elle ne dépend pas, comme la télévision par exemple, de nos organisations électriques vulnérables et fragilisées par la plupart des situations difficiles.

Outil numéro 1 a posséder, a trouver, est donc une petite radio pouvant fonctionner indépendamment de nos systèmes de supports.

Collecter l'intelligence, est ce que nos cerveaux font en permanence. Cet ordinateur organique et organisant, calcul et s'informe constamment, nous permettant d'adopter une attitude qui s'aligne avec notre survie.
Température ambiante, position du corps, calcul des distances, observation du langage du corps d'un passant…notre machine a penser traite l'information, et c'est exactement ce qu'il nous est nécessaire d'obtenir a l'éruption d'une situation menaçant l'équilibre de nos vies.





b) Sécuriser.

Au moment même ou l'information nous parvient, il est temps de sécuriser tout ce qui pourrait avoir une influence direct et indirect sur nos chances de survie…et donc de maximiser et de diversifier la nature même de nos options.

Cette sécurisation systématique, n'est pas seulement de l'objet, mais aussi de personnes, d'endroits et de comportements par exemple.

Notre monde devrait ici être réduit et endurcit.
Cette consolidation est primordiale, car elle permet l'organisation et l'inventaire de nos possibilités réelles.
Cette réduction et cet endurcissement, est aussi une réponse psychologique pertinente qui se détache d'un monde extérieur gouverné par la peur, le chaos et l'insécurité. Pour les familles avec des enfants, la construction d'un univers stable est ici important, et un effort de contradiction devrait être une priorité.

Cette contradiction est tout simplement que notre comportement interne, ne reflète pas les tensions externes. Cette projection physique et psychique, est déterminante quand a la prise de décision et la stabilité de notre univers.




c) Organiser.

L'organisation, est ce geste qui confirme un comportement psychique stable et rationnel. Sans organisation, il est très difficile d'entreprendre quoi que ce soit qui s'aligne avec un rendement pouvant influencer l'impact de nos gestes et de nos décisions.

Ne pas être prêt a gérer l'impact de la perte de nos systèmes de support, suppose que notre organisation de dernière minute doit être extrêmement efficace et spécialisée. Cette spécialisation, et indépendamment de l'événement, devrait nous orienter vers une préparation ciblée de nos moyens.

La première organisation qui devrait voir le jour est celle qui s'oriente vers l'évacuation. Quand bien même notre cocon n'est pas forcement directement menacé, un événement pochette surprise est d'une nature volatile et ayant le potentiel de se répandre ou de s'aggraver…
Dans cette optique, la préparation d'un sac d'évacuation est d'une anticipation pertinente. 

Chaque membre de la famille devrait avoir la possibilité de pouvoir évacuer le domicile avec au minimum quelques affaires et outils pouvant maintenir un certain confort, et nous donner d'autres chances de survie.




Ce sac d'évacuation expéditif (sac poubelle, valise, sac a main, couverture…) se doit de naitre d'une influence sur nos besoins physiologiques.
Eau, nourriture, régulation de la température et sécurité est ici la base et le minimum. Un kit administratif se composant de nos papiers d'identité et d'argent est aussi a organiser.

La liste ci-dessous n'est en aucun cas exhaustive, mais elle a le mérite de ne prendre en compte que des choses qui ne sont pas forcement de nos organisations survivalistiques (dans ce cas précis nous emporterions nos sacs d'évacuation déjà prêt), mais des choses que nous pouvons tous avoir a la maison.


-Argent liquide / bijoux.
-Passeport / carte d'identité.
-Téléphone portable.
-Affaires de rechange adaptées et appropriées (solide et confortable).
-Bouteilles d'eau.
-Gourde.
-Couverture.
-Lampe de poche.
-Radio.
-Stylo / papier.
-Papier toilette / mouchoirs.
-Allumettes / briquet
-Bougies.
-Couteau (un petit couteau de cuisine est tout a fait adapté).
-Nourriture (s'orienter vers de la nourriture qui ne demande aucune préparation).
-Corde / ficelle / lacets / fil de fer / fil dentaire / rallonge électrique / tuyau d'arrosage...
-Gants.
-Tarp.
-Tournevis.
-Marteau.
-Ciseaux.
-Médicaments / trousse de premiers soins.
-Savon.
-Matériel de couture.
-Piles.
-Cartes routières / plan de ville / plan de métro…
-Carte téléphone.
-Eau de Javel.
-Papier d'aluminium.
-Sacs poubelles / sacs plastique.
-Cuillère a soupe.

Un exemple de sac d'evacuation de dernière minute...


Bref, tout ce qui peut être utile a votre survie…n'hésitez pas a cannibaliser votre habitation. Une rallonge électrique ou un câble de télévision est une corde expéditive par exemple.

Avec les systèmes d'évacuations opérationnels, nous élargissons nos champs d'actions en nous donnant les moyens de pouvoir évacuer intelligemment si besoin est.

Toujours dans un esprit expéditif, les familles devraient ici mettre en place un plan d'évacuation simple, et qui se résume a deux questions.

Ou, et comment ?
Evacuer est une manière de sauver la vie, mais évacuer sans destination, sans plan et sans rien est source de troubles, surtout si notre environnement est sous l'emprise de tensions volatiles. Que se passe t'il si le "ou" en question est détruit ? Si vous êtes séparés de votre famille ? 
Ce genre d'éventualités est exactement ce qui menace les personnes forcées a une évacuation qui n'est que de la réaction, et non de la planification.

Deux points de chute sont alors un minimum quand au "ou". Tous les membres de la famille devraient connaitre ces endroits, et pouvoir s'y rendre en cas de séparation.

Le comment est ici aussi pertinent, surtout encore une fois pour les familles.
Dans un environnement instable et hostile, il n'est pas question d'entreprendre un déplacement sans avoir au minimum étudier la meilleur façon de procéder.
Quand bien même il m'est difficile de résumer ici "l'art du déplacement" tant ce sujet est vaste et unique a la situation, approchez cette sphère avec le même effort de sécurisation que votre habitat.

Votre "cocon" familiale dans le mouvement devrait toujours être réduit et endurcit.


La deuxième organisation se penche sur l'habitat même.
La construction de nos sacs d'évacuation étant complète, nous pouvons maintenant porter notre attention sur la possibilité de devoir endurer l'événement au sein même de notre habitation.




Un inventaire de nos possibilités est donc nécessaire, pour pouvoir calculer l'étendue de notre autonomie. Nourriture, eau et énergie sont ici au centre de l'organisation du replie sur soi.
Si l'eau courante fonctionne encore, le premier geste devrait être d'optimiser nos réserves d'eau. Cette optimisation est du remplissage de tous les récipients disponibles (baignoires, bouteilles, lavabos, vases, pots, casseroles, bassines…).

Cette optimisation est de toutes les autres sphères inhérentes a notre survie.



d) Décider.

La décision d'évacuer ou non est un sujet délicat.
Simplement, si notre vie est en danger immédiat, il me parait évident qu'il nous faut nous éloigner au plus vite du danger.
Si en revanche notre vie n'est pas directement menacée, le retrait et l'organisation de notre habitat devrait nous donner une excellente fondation pour endurer l'événement.

Que cette réalisation soit immédiate ou non, la préparation d'un sac d'évacuation, même petit et extrêmement limité, est un atout majeur qui se doit d'être de nos préparations de dernière minute.









3 commentaires:

  1. Encore un article digne d'intérêt !
    Anticipation et organisation sont donc les maîtres mots.
    Si tu veux aborder ultérieurement "l'art du déplacement" (tu en déjà parlé un peu dans l'organisation du kit voiture), c'est sans problème pour moi :)

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  2. Salut shooter et merci…
    Ca marche alors le truc mobile ?

    Pour l'art du déplacement, aucun problème !
    a+

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  3. Salut Volwest
    Malheureusement le widget prévu par Nokia n'a pas l'air d'aimer Blogspot et Blogger. Il n'y a aucun changement...
    Mais je suis tenace, je vais trouver une autre solution :)

    Amicalement

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