jeudi 27 janvier 2011

1+1+1







1+1+1, est une manière symbolique et codifiée de décrire la succession de situations pouvant s'ajouter a un événement critique.
Simplement, c'est un langage qui s'apparente a la gestion de l'attention au sein du risque.

Si je marche dans la rue et qu'une situation pouvant menacer ma vie se présente a moi, cette situation, cet événement se désigne par le chiffre 1.
Cette désignation est pertinente, parce que au moment même ou je prends conscience du danger, mon cerveau élimine plus ou moins toutes "distractions" pouvant interférer avec mon attention.

La confrontation est alors d'un changement rapide et radicale de notre bain chimique qui influence la totalité de nos capacités physiques et mentales.
Un des effets de cette palpitation chimique quand a la confrontation est par exemple la "vision tunnel", qui se résume par la perte de notre vision périphérique.

La plupart d'entre nous, traitons le risque et la confrontation avec comme cible la simple résolution du risque numéro 1. Cette attention soutenue et ciblée est pertinente et instinctive, mais elle nous conditionne invariablement a une gestion du risque qui se limite a la situation dite "numéro 1".

Une fois le risque éliminé, une fois la situation numéro 1 terminée, nous devons appliquer la règle du 1+1+1. 

Exemple...

John est un citoyen.
Il marche dans la rue quand soudainement un homme le branche et le pousse.
John s'oriente vers une désescalade psychologique et physique, ou toute son attention travaille a un retranchement tactique, puisqu'il sait que la confrontation physique est un geste risqué.
L'homme agresse John physiquement, ne lui laissant aucune porte de sortie.
John se défend d'abord, puis attaque a son tour, dans le but d'éliminer le risque ou de pouvoir créer une porte de sortie ou il pourrait prendre la fuite.

Au moment ou le danger (1) n'est plus, John est complètement bouleversé et complètement investit dans ses pensées et dans les sensations qui parcours son corps.

C'est alors qu'un deuxième homme, témoin de la scène mais seulement de la fin de la scène, s'attaque a John physiquement (+1), pensant qu'il est le coupable d'une agression violente contre un individu.

John, n'étant pas prêt physiquement, physiologiquement et psychologiquement a ce "+1", a cette nouvelle confrontation "venue de nul part", succombe a ses coups et blessures sur le trottoir.



Cet exemple de 1+1+1 est typique de la confrontation.
Quand un policier s'entraine a la gestion du risque par exemple, il s'entraine a garder une attention soutenue de son environnement, surtout une fois que le premier danger est éliminé. 
Dans le cas d'une gestion par l'arme a feu, une fois que le danger a été stopper, le policier scrute et examine la totalité de son environnement, ce qui signifie qu'il est toujours en garde, qu'il est toujours en condition de gérer une nouvelle confrontation (+1), jusqu'à ce qu'il soit sur qu'aucune menace ne puisse le mettre en danger.

L'événement 1 étant résolu, cet entrainement est du reflex de vérifier que notre "6" est sans danger d'un +1 (notons au passage le chargeur au sol qui contient encore des balles...signe d'un rechargement tactique ou d'un fonctionnement défectueux (soit un autre +1)).



Je voulais dans l'exemple choisit, aussi aborder la réalité de la perception des témoins. Quand bien même vous pouvez être un citoyen modèle, et n'avoir que défendu votre vie contre la pire des racailles, ce qu'un passant perçoit, ce que la police perçoit, peut être complètement opposé a la réalité de l'événement.

Le contraire est aussi valable, ce que nous percevons en tant que témoin d'une situation délicate est d'un potentiel subjectif.
S'interposer ou intervenir doit être fait intelligemment, et la règle du 1+1+1 doit ici aussi être appliquée.

Le principe du 1+1+1 devrait s'appliquer a n'importe qu'elle événement qui est d'un risque ou d'un certain potentiel pouvant influencer votre bien être, et donc il ne s'applique pas seulement a la confrontation, mais aussi a l'accident de voiture par exemple.


John se rend a son lieu de travail en voiture avec son chien sur le siège arrière.
Une soirée détestable le hante de façon émotive et donc physique…ce qui inévitablement réduit son niveau d'attention.
Il freine trop tard a un feu rouge et percute une voiture déjà arrêtée (événement 1).

Cycle typique humain alors qu'il sort de la voiture…"Merde, quel con, putain, c'est quoi cette merde, pourquoi moi…"
Le conducteur de la voiture percutée s'approche de John, et sans signe perceptible avant coureur lui colle une grosse droite (+1).
Alors que John se remet de la confrontation et s'enferme dans sa voiture, il s'aperçoit que son chien n'est plus dans la voiture (+1).




Ce genre de succession de situations est exactement ce qu'il nous faut gérer dans la vie de tous les jours, mais aussi et surtout au sein d'un événement "catastrophe".
Gérer un événement tel que Katrina par exemple, est une succession de 1+1+1. La résolution d'une situation n'est que très rarement d'une mathématique unique, et doit prendre en compte l'ensemble de notre environnement.

Anticiper au sens large du terme, est tout simplement d'envisager ce +1, et donc de maintenir un niveau d'attention élevé au travers de l'événement, mais aussi et surtout au delà de sa résolution.






5 commentaires:

  1. salut wolf

    je ne suis pas d'accord . L'entrainement fait que tu dois tout le temps conserver ta vison périphérique pas après..

    d'autre part les actions complexes peuvent de diviser en actions simples , dans ce cas on fonctionne en sens inverse . -3=-1-1-1

    serilynpayne

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  2. Salut! Je suis tout a fais en accord avec toi sur la perception qu'un témoin ou un policier peuvent avoir sur une situation d'agression. Aussi dans la vie, une agression se passe généralement très vite et on a pas toujours le temps de réfléchir, de regarder ''notre 6''. Je pense qu'il est important d'être attentif a notre environnement.

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  3. Salut Serilynpayne,


    Je ne comprends pas pourquoi tu n'es pas d'accord puisque nous disons la même chose. Je cite la vision tunnel a titre d'exemple de ce qui peut nous arriver physiologiquement lors d'une confrontation.
    Il n'est nullement question dans cet article de ne pas exploiter au maximum l'étendu de nos sens, que ce soit avant, pendant ou donc après une situation critique.

    J'insiste simplement sur le après, car c'est souvent a ce moment que notre garde se relâche.

    Pour la mathématique en sens inverse…pourquoi pas!

    Salut Apexs,

    Oui tout a fait, c'est pour cela que l'entrainement nous force a un certain automatisme en ce qui concerne le 6 par exemple.

    a+

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  4. hello a vous,
    la vison tunnel est malheuresement un effet incontournable sans entrainement régulier et l'acquisition "d'actes reflexes".
    nous ne sommes pas (ou plus) des soldat, nous manquont de réels entrainement, mais le simple fait de savoir ce genre de chose et de l'appliquer au quotidien sur des situations diverses et variées pourrais permettre de garder un minimun de vigilance.
    un exellent livre sur le sujet:
    tir d'action a l'arme de point, par roland habersetzer, editions amphora.
    je vous le recommande, il est une mine de savoir et d'informations.
    bien a vous

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