mercredi 29 décembre 2010

La fin de l'humain.









"La fin du monde", est un sujet de conversation banal dans le cercle "survivalisé" qui occupe mon attention chaque jour. L'effondrement de l'économie, la pandémie, le changement climatique, le super-volcan, la guerre atomique…les scénarios et les idées se dispersent sur les forums comme un fermier disperse la graine au vent, espérant être prêt pour la récolte un matin d'aout.

Quand bien même le monde est bien l'endroit ou nous évoluons, nous l'humain, quand bien même il est cet ensemble de possibles, tantôt biologique, tantôt de la matière, ce monde n'est pas dépendant de notre espèce pour être.
Quand nous parlons de la fin du monde, nous chuchotons en fait la fin de l'humain…

Personnellement, l'humain me semble être aujourd'hui tellement déconnecté, que m'éloigner de son système de pensé, de son comportement, de ses traditions, de sa forme, de ce "moule"…est une discipline qui a pour moi du sens.

Chaque jour, nos constructions, nos systèmes, nos citadelles, s'effritent et révèlent une érosion palpable. Notre dépendance grandissante, non en tant qu'espèce mais en tant qu'individus, en tant que consciences, est simplement un cancer.

Se préparer a l'effondrement de l'économie, a la pandémie, au changement climatique, a l'éruption du super-volcan, a la guerre atomique ou que sais-je encore est un geste qui s'éparpille dans le monde de l'anticipation comme un enfant se prépare a la gifle…et nous sommes pour la plupart, ses enfants qui se préparent plus ou moins bien a la gifle.


40 000 personnes en Irlande du nord sont au jour d'aujourd'hui sans eau depuis plus d'une semaine (11 jours). L'information hivernale qui se propage sur nos postes de télévisions en ce moment, reflète notre dépendance grandissante envers une infrastructure de plus en plus fragile.
Ce qui était pour nos grands-parents un inconvénient, est pour nous "extraordinaire" et "catastrophique"…

Les Irlandais attendent l'eau.


Si en tant que citoyen, en tant qu'être responsable de notre propre conscience nous étions d'un rapport au monde qui n'est pas de la dépendance, alors nous n'aurions pas ce besoin omniprésent de dépeindre l'événement comme étant extraordinaire, pour justifier notre déconnection et notre incompétence.


De la neige et du froid en hiver, n'est pas un événement extraordinaire. Certains hivers sont plus difficiles que d'autres, certains hivers sont d'une tension plus dramatique sur nos systèmes de supports que d'autres, mais ceci n'est pas une découverte météorologique, ou une excuse valable pour notre manque d'éveil et d'attention.





L'événement extraordinaire, est notre dépendance, et le fait que nous nous comportons comme des enfants face a ce monde. Cette enfance perpétuée en partie par notre manque totale de responsabilisation, et notre prise en charge par nos systèmes et nos gouvernements (ils sont les premiers a nous maintenir dans notre enfance par l'interdiction systématique de pouvoir nous affirmer en tant qu'adultes) est l'événement extraordinaire de ces 30 dernières années.

L'événement extraordinaire, est que 40 000 individus sont dépendants d'un "autre" pour un besoin physiologique aussi important que l'eau.
L'événement extraordinaire, est que certains trouvent révoltant le fait que nos aéroports soient paralysés par la neige et le froid.
L'événement extraordinaire, est que la plupart d'entre nous vivons au rythme de nos systèmes de supports, et que quand ceux-ci souffrent d'un dysfonctionnement quelconque, nous soyons étonnés et sans ressources.

Il n'y a aucune différence physique, entre un réfugier dépendant d'une intervention gouvernementale pour le maintient de sa vie et celle de sa famille, et le citoyen.
Si demain, cette respiration artificielle que sont nos systèmes de supports s'éteignait, cesserions-nous de fonctionner…? Serait-il question ici de la fin de l'humain ?

Si nous observons l'impact d'un événement tel que Katrina, ou l'effondrement de l'URSS par exemple, le dénominateur commun est toujours la tension plus ou moins dévastatrice exercée par l'événement sur nos systèmes de supports.
La distribution de l'eau, de la nourriture, du pétrole, de l'électricité, du gaz naturelle, la transportation des individus, des commodités, des déchets, la sécurité…si ces systèmes tombent, l'humain se trouve dans une situation dramatique, parce que inhabitué a être autonome et inhabitué a répondre a ses propres besoins.

Le survivalisme, n'est rien d'autre que de minimiser ou d'éliminer notre condition de dépendance face a ces systèmes…et non d'anticiper la gifle.

Le survivalisme est de la désobéissance, parce que désobéir est ici le signe d'un refus calculé et systématique de voir nos consciences être fragilisées par un système qui fonctionne sur un principe de dépendance collective et massive.
Le survivalisme est de la désobéissance, parce que désobéir est ici le signe d'un refus de perpétuer un esclavagisme pervers.

Nous sommes les esclaves de nos systèmes de supports, et nous n'avons que les libertés que nos systèmes de supports nous accordent…
Etes-vous vraiment libre si demain l'eau ne coulait plus de vos robinets ?
Etes-vous vraiment libre si demain la nourriture était soumise a une inflation de 1000% ?
Etes-vous vraiment libre si demain le gaz naturelle cessait de chauffer vos maisons ?
Etes-vous vraiment libre si demain l'électricité était taxée de 1000% ou arrêtait de faire fonctionner vos frigos ?
Etes-vous vraiment libre si demain le pétrole n'était plus ?


Une nouvelle année approche…un nouveau demain!




lundi 20 décembre 2010

Le renard.





Seul ce matin...




C'est alors qu'apparut le renard :
Bonjour dit le renard.
Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
Je suis là, dit la voix, sous le pommier...
Qui es-tu? dit le petit prince. Tu es bien poli...
Je suis un renard, dit le renard.
Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...
Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
Ah! pardon, fit le petit prince.
Mais, après réflexion, il ajouta :
Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?
Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu?
Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?
Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant ! Il élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules?
Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?
C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ca signifie créer des liens..."
Créer des liens?
Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits gerçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivoisé...
C'est possible, dit le renard. On voit sur terre toutes sortes de choses...
Oh! Ce n'est pas sur terre, dit le petit prince
Le renard parut très intrigué :
Sur une autre planète?
Oui.
Il y a des chasseurs, sur cette planète-là?
Non.
Ça, c'est intéressant! Et des poules?
Non.
Rien n'est parfait, soupira le renard.
Mais le renard revint à son idée :
Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sur terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois là-bas, les champs de blé? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé! Le blé qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
S'il te plaìt... apprivoise-moi, dit-il.
Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaìtre.
On ne connaìt que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaìtre. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi!
Que faut-il faire? Dit le petit prince.
Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...
Le lendemain revint le petit prince.
Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, pas exemple, à quatre heures de l'après-midi, dés trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le coeur... Il faut des rites.
Qu'est-ce qu'un rite? Dit le petit prince.
C'est quelque chose de trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux! Je vais me promener jusqu'à la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurais point de vacances.
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure de départ fut proche :
Ah! dit le renard... Je pleurerai.
C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...
Bien sûr, dit le renard.
Mais tu vas pleurer! dit le petit prince.
Bien sûr, dit le renard.
J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé. Puis il ajouta : Va revoir les roses. Tu comprendras. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.
Le petit prince s'en fut revoir les roses : Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais, j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde. Et les roses étaient bien gênées. Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.
Et il revient vers le renard : Adieu, dit-il...
Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.
Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...
Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir.
Le petit Prince - Antoine de Saint-Exupéry.




dimanche 19 décembre 2010

L'arme du sac d'évacuation.








Le sac d'évacuation (Bug Out Bag par chez moi), est un système qui s'organise autour de possibilités pour répondre a une menace direct de nos habitations et donc de nos vies.
Quand bien même nous pourrions comprendre ce système comme étant l'enfant d'une paranoïa modernistique quelconque, il est de notre univers depuis la création de l'outil par nos ancêtres caverneux.




Pour notre espèce, le maintient de la vie est de plusieurs complexités.
La régulation de notre température et donc la protection contre les éléments, est une complexité qui s'apparente a la construction de carapaces ou la mise en place de techniques pouvant offrir une régulation thermique plus ou moins adaptée en fonction de notre environnement.
Cette carapace joue également un rôle important quand a la protection personnelle, et a donc toujours été d'une fonctionnalité double qui s'exprime dans la construction de nos abris, et les matériaux employés pour la fabrication de nos vêtements.

L'hydratation, est ce besoin physiologique incontournable qui s'organise autour de systèmes tels que la récupération de l'eau, le transport, le stockage et la purification.

La nourriture est ici une complexité qui a vue des transformations importantes tout au long de notre histoire. Les principales organisations sont de la chasse, de la cueillette, de l'agriculture et de la pêche, mais aussi de la préparation, de la conservation et du stockage.
La sphère de la nourriture est sans doute une des plus complexe, car elle demande un travail continu, et elle est donc gouvernée par la constance d'un rapport a l'énergie qui se doit d'être impeccable.

Le soin a toujours fait l'objet d'une préoccupation chez nous, car il est la promesse du maintient de la vie sous l'emprise d'une tension physique.

Toutes ces complexités, ont de tout temps occupées une place primordiale au sein de nos esprits. Ces mêmes esprits, ont toujours travaillés a la "création" et a la fabrication d'outils pouvant influencer ces agencements de complexités incontournables et omniprésents.

Influencer la totalité des complexités qui gouvernent notre survie, veux cependant bien dire que les outils et les connaissances liées a cette manipulation doivent, pour être efficaces, appartenir a notre champ d'action immédiat.
Cette réalisation, a fait de nos constructions et de nos systèmes d'influences, des organisations portables.
Il est d'ailleurs assez fascinant, de voir a quel point cette probabilité a une place importante au sein de nos systèmes modernes…le téléphone portable étant sans doute une représentation pertinente de ce courant quand a l'objet et sa fonction…son influence.


La complexité qui nous intéresse ici est elle aussi de la réduction portative, et de l'influence. Cette complexité est la protection personnelle.

Si nous avons besoin d'eau, si nous avons besoin de manger et de dormir, de réguler notre température et de nous soigner pour maintenir la vie, pour exister, il me parait évident que nous avons aussi besoin de défendre cette vie.

Nous sommes d'ailleurs déjà d'un héritage lourd de protections physiques et psychiques…nous sommes ce système immunitaire qui "fait la guerre", cet construction d'instincts qui au travers du réflexe conditionnes nos réactions, et bien sur ce cerveau qui s'adapte, et qu'est-ce que l'adaptation sinon la protection de notre conscience ?

Dire que la protection personnelle n'est pas du dessein de la vie, est un ment-songe qui a aujourd'hui contaminé la plupart de nos constructions sociales. 
La dichotomie est paradoxale.
D'un coté on nous demande de combattre nos cancers, de tuer tout ce qui pourrait mettre en danger nos vies et la vie de nos enfants, de mettre nos ceintures de sécurités, de javelliser nos éponges, de se laver les mains toutes les 2 minutes, de dénoncer nos voisins et que sais-je encore, mais on nous interdit de différentes manières d'avoir les moyens de ne pas être les victimes d'un viol ou d'un meurtre ? 

Avoir une arme dans nos sacs d'évacuations me semble pertinent.
La nature même de l'évacuation implique que nos constructions personnelles ou sociales, sont sous l'emprises de tensions plus ou moins importantes.
Si mes systèmes incluent des outils pouvant prévenir, réduire, éliminer, et donc influencer certaines complexités telles que le régulation de la température, la soif, la faim et le soin, alors ces systèmes devraient inclurent des outils pouvant influencer ma protection personnelle.

Souvent, trop souvent même, le choix des outils qui tendent a la protection personnelle au sein du sac d'évacuation se base sur notre compréhension militarisée de cette sphère.
L'arme, et surtout l'arme a feu, est souvent comprise comme étant un objet qui se résume a faire la guerre. Logiquement, si l'arme est comprise comme un outil de guerre, tout ce qui s'organise autour de cet objet devient automatiquement militarisé.

Le sac d'évacuation devient alors lui même la photocopie d'une logistique militaire, et cette association est navrante, car par défaut, elle influence la vision du collectif de ceux la qui comme moi ont une compréhension de l'arme beaucoup plus large qu'un simple outil de guerre.


-Choisir une arme pour le sac d'évacuation:
La discrétion quand au port d'une arme au sein de nos systèmes d'évacuation est primordiale.

a) Le milieu urbain.

Le choix d'une arme est ici extrêmement limité et paradoxalement extrêmement pertinent.
La combinaison d'une densité de population importante et d'un événement dramatique est d'une mathématique et d'une histoire évidente. 
La protection personnelle en milieu urbain est incontournable et devrait recevoir une attention particulière.

Ayant vécu a Los Angeles pendant plus de 15 ans, ville énorme et d'un passé lourd en événements dramatiques et parfois extrêmement violents (tremblements de terre, émeutes, gangs, tensions raciales importantes, systèmes de supports fragiles voir inexistants…), le choix de l'arme doit avant tout être d'une forme facile a dissimuler.

Il est hors de question en milieu urbain de sortir de chez soit un AR15 a la main, ou tout autre arme longue. Quand bien même un nombre important d'individus ont défendus leurs propriétés avec des armes longues durant les émeutes de Los Angeles par exemple, nos systèmes d'évacuations sont d'une nature complètement différente, car ils ne sont pas statiques et doivent être d'un profile bas.

La protection personnelle en milieu urbain au sein de l'évacuation est alors de l'arme de poing.
Rappelons ici que l'évacuation, n'est pas dans la plupart des cas synonyme de guerre civile ou de l'effondrement totale de notre civilisation, mais qu'elle est le plus souvent d'une situation temporaire et personnelle.
Imaginez devoir évacuer votre domicile en plein Paris, avec un BOB "photocopie militaire" et le fusil a pompe sur l'épaule…




Si la forme de l'arme se doit d'être facile a dissimuler, son calibre doit lui s'aligner avec plusieurs paramètres. 
La question qu'il nous faut nous poser est de la disponibilité. 
Il serait dommage de limiter les possibilités de ravitaillement en munitions par la possession d'un calibre rare. Un moyen efficace de choisir le calibre, est d'aligner nos systèmes avec ceux des forces de l'ordre et de l'armée.

Si votre police utilise principalement le 9mm Luger par exemple, avoir le même calibre est pragmatique, car cela implique que la manufacture et la distribution de ce calibre est commun et donc beaucoup plus disponible qu'un calibre plus rare tel que le .40S&W par exemple, qui, même si il devient de plus en plus populaire en tout cas par chez moi, n'est pas aussi commun que le 9mm ou le .45ACP.
L'autre avantage de cet alignement, est que les armes ont ici été intensément testées.

Une arme de poing intéressante qui n'est pas du monde du semi-auto, est aussi le revolver de calibre .357magnum, car en plus d'être un calibre répandu et commun, ce revolver accepte aussi le 38SPL, qui lui aussi est un calibre répandu et commun.
La fiabilité sans reproche de cette arme est un plus, et ces deux calibres offrent des possibilités de stoppages pertinentes.
Un bon revolver de compagnies telles que Smith&Wesson (modèle 19, 36, 640…) ou Ruger (GP100 et SP101) par exemple, est un excellent investissement.




Si il me fallait choisir un seul outil pour la protection personnelle en milieu urbain, il me faudrait sans hésitation choisir le Glock 19 en 9mm.
La taille du G19 est parfaite, plus petit que le G17 et donc facile a dissimuler, mais tout de même assez important pour accepter des chargeur de 15 balles sans affecter la forme, et pouvoir être utilisé confortablement par ceux la qui comme moi ont de très grandes mains.
La fiabilité et l'aisance du maintient de l'arme font de cet outil un candidat de premier ordre pour la défense personnelle.




D'autres choix sont cependant extrêmement fiables et robustes…les Springfield XD, Beretta 92FS, CZ75, SIG P226 sont des outils qui ont fait leurs preuves. 

Quand bien même le .45ACP est un calibre commun et puissant, il m'apparait comme un calibre parfois trop puissant pour les femmes et les jeunes adultes, voir les enfants.
Les limitations quand aux capacités des chargeurs (généralement 7), et le prix assez élevé des munitions (le double du 9mm), rend cette plateforme d'un choix qui ne tient qu'a une préférence personnelle.

Un choix tout aussi pertinent que le G19, me semble être d'une arme de poing de calibre .22LR. Ce calibre est extrêmement répandu, extrêmement facile a obtenir, et nous donne des possibilités quand aux capacités de ports qui sont inégalables.
Il est totalement possible de transporter 500 munitions au sein du sac d'évacuation par exemple, et avec son prix dérisoire, le .22LR est lui aussi un candidat de premier ordre.

Quand bien même il pourrait sembler incongrus d'inclure ce petit calibre dans une liste ayant pour but la protection personnelle au sein de l'évacuation, il nous faut nous rappeler que nous ne sommes pas tous des experts en armes, et nous n'avons pas tous les même capacités physiques.
Il me parait évident qu'un certain nombre d'individu peuvent avoir certaines restrictions physiques telles que l'âge, ou souffrir de maladies telles que l'ostéoporose ou l'arthrite par exemple, et que la manipulation et le recul d'armes de calibres plus puissants soit hors de question pour eux.




D'autres calibres comme le .380ACP par exemple, assez répandu par chez moi, offrent des choix d'armes intéressants quand a la dissimulation, mais ce genre de calibre n'a que les inconvénients du .22LR pour le stoppage, et pourtant aucun des bénéfices que le .22LR offre. Il me faut cependant retenir le Ruger LCP, et le KelTec 3AT dans cette catégorie.

Une arme intéressante pour l'urbain, et qui s'éloigne un peu d'une certaine conformité est le Taurus Judge, de calibre 45 Colt et .410. Cette polyvalence dans le calibre est ici pertinente, étant donné que cette plateforme nous offre des possibilités adaptées pour la défense personnelle mais aussi la chasse.



b) Le milieu rurale.

Si le milieu urbain est difficilement tolérant quand a l'arme longue, le milieu rural l'est un peu plus, même si il y a ici des paramètres qui me sont impossibles a prendre en compte tant ils sont personnels.

Quand bien même nous pourrions dans certaines conditions ajouter une arme longue a nos systèmes d'évacuations ruraux, l'arme de poing reste primordiale, et s'aligne plus ou moins avec le choix du citadin et l'esprit de discrétion, a l'exception peut être d'un besoin plus important d'un calibre plus puissant tel que le .44 magnum, et le .44 spécial, la ou la présence d'animaux sauvages de grandes tailles (ours, lion des montagnes…) est un risque a prendre en compte, même si l'arme de poing n'est en aucun cas l'outil adéquate pour ce genre de protection.

Si la situation le permet, l'arme longue offre ici des possibilités que l'arme de poing ne pourra jamais offrir, et qui sont principalement de la distance et de la chasse en plus de la protection personnelle.

Le fusil de chasse est d'une longue histoire de survie.
Depuis sa création, il nourrit et défend nos familles, point final. C'est un outil robuste, fiable et polyvalent (Voir - Le shotgun).




La carabine en 22LR. reste un outil pertinent…fiable et très précise, elle s'aligne avec la procuration de petit gibier, et s'utilise dans tous les conflits armées pour la protection personnelle (Voir - Le .22LR).




Combinons les deux ?
Les fusils combinaisons, sont des fusils qui combinent deux calibres.
Généralement, ces deux calibres sont le 22LR, et soit le calibre .410, soit le calibre 20.
(a suivre…)




Un outil intéressant qui connait un succès important aux USA en ce qui concerne la logistique de la protection personnelle et de la survie, est une arme de chez KelTec, et plus précisément la SU16.

Quand bien même nous sortons ici de l'univers de la chasse de petit gibier ou d'oiseaux, nous entrons au même moment dans un accroissement important de la distance et de la puissance.

La KelTec SU16 est d'un calibre de 5.56 NATO / .223 REM.
Semi-auto, bipod intégré, la crosse retient 2 chargeurs, et surtout, elle est pliante en moins de 2 secondes pour lui donner une longueur de 60cm, et donc rentrer dans un sac a dos. Son poids est de 2.3kg.






Au final, nous devons comprendre que la protection personnelle, qu'elle soit de l'univers de l'arme a feu, d'armes non-mortelles ou des arts martiaux, n'est pas de la confrontation et du combat, mais bien de l'évitement a chaque fois que cela est possible.
Le but ultime de la protection personnelle est de sortir vivant d'une situation qui menace notre vie…et le meilleur moyen d'éviter le conflit, est toujours de ne jamais se retrouver dans une telle situation.

Stay safe.





mardi 14 décembre 2010

Le kit de premiers soins - Niveau 2.










Le kit de premiers soins de niveau 2 est bien plus qu'un agencement d'outils et de médicaments pouvant répondre a des urgences médicales plus ou moins importantes, ou la gestion de certaines conditions physiques.
Ce kit, pour le survivaliste, est un système qui anticipe l'effondrement de nos systèmes de santé, de nos hôpitaux, de nos services d'urgences et plus généralement de nos systèmes de supports.

Le soin est une sphère complexe.
De la prévention a l'identification en passant par le traitement et l'agencement de nos lieus de vie, le soin est de cette organisation et de cette compréhension holistique de notre physiologie, mais aussi de notre environnement.

Nos systèmes de santé sont cependant d'une fabrique et d'une logistique extrêmement fragile, car ils dépendent du bon fonctionnement de toute une série de possibles, tels que la distribution et l'approvisionnement de tout le matériel médicale mais aussi de tous les médicaments (avion, camion, train…), du maintient de l'ordre, de la présence d'un personnel ultra spécialisé, du bon fonctionnement de tous nos systèmes de supports (électricité…) et que sais-je encore. 

L'hôpital de la nouvelle Orléans après Katrina.


La fragilité de ce système est troublant, et quand bien même il nous est impossible de s'improviser médecin ou infirmier(e) tant la quantité de connaissances est importante, et tant l'erreur est décisive, il nous est cependant possible de mettre en place certains systèmes qui s'alignent avec nos connaissances médicales, même si celles-ci sont réduites et limitées.


Il me faut ici insister sur l'importance de poursuivre ne serait-ce qu'une simple formation de premier secours, pour adopter et apprendre certaines techniques ou méthodes qui ne peuvent que s'aligner avec une démarche "survivalistique".
Qu'un événement catastrophique nous plonge dans un univers ou le soin devient une priorité quand au maintient de la vie, ou qu'il ne se passe jamais rien, ce genre de connaissances est d'une pertinence et d'une responsabilité tout autant valide que la préparation et le travail d'indépendance.

Simplement parlant, chaque famille devrait avoir un kit de premiers soins ou une trousse de secours a la maison. Ce kit devrait être construit en relation avec les connaissances médicales de l'individu ou de la famille, et devrait pouvoir intégrer facilement nos systèmes d'évacuations…c'est a dire, que la trousse de premiers soins devrait être réduite a une forme capable d'être transportée sans problème.

Ce kit devrait pouvoir traiter et résoudre une quantité importante de problèmes variées et communs. Les quantités (médicaments, pansements…etc.) ainsi que la nature de certaines possibilités est ici relative et personnelle, et devrait être en fonction de vos besoins et de votre environnement.
Un homme de 25 ans, n'aura sans doute pas les mêmes besoins qu'une famille de 4 avec 2 enfants en bas âges.

Nous avons tous une petite pharmacie dans nos placards, il est temps de consolider nos trousses de secours, de les compléter, et de les transformer en nécessaires portables.
Cette portabilité est d'ailleurs avantageuse quoi qu'il arrive, car un week-end chez les grands-parents devrait voir ce kit de premiers soins personnalisé faire partit de nos valises. Avoir la possibilité de jeter ce kit dans le coffre de la voiture est tout simplement pragmatique.

Puisque ce kit tend aussi a l'anticipation d'une interruption plus ou moins longue de nos systèmes de santé (voir long terme - Haiti ou La Nouvelle Orléans par exemple), et donc d'un environnement ou le risque de blessure augmente la plupart du temps (tremblement de terre, inondations, tempête de neige…) du au fait que les situations difficiles demandent souvent une relation au monde plus physique (couper, scier, fendre, secourir, porter…), le kit devrait être complimenter par 1 ou 2 ouvrages concernant l'univers du soin.


Un ouvrage qui devrait trouver sa place dans toutes les bibliothèques survivalistes est "Where there is no doctor, a village health care handbook" (la ou il n'y a pas de docteurs, un manuel de santé pour le village), de David Werner, Carol Thuman et Jane Maxwell.
Ce livre est une approche de la médecine et du soin qui s'oriente sur les besoins "du village", et donc de la famille, la ou il n'y a pas ou plus de docteurs.
C'est une organisation pragmatique et simple du soin d'une pertinence incontournable.


Un deuxième livre qui me semble être ici pertinent, est un livre qui se spécialise dans les signes et les symptômes tel que "Signs and Symptoms in a page" de Scott Kahan et Ellen G. Smith.
Ce genre de livre est beaucoup plus spécialisé et académique, mais reste une source d'information intéressante et complémentaire.





Le kit proposé par le livre "where there is no doctor", est d'ailleurs une excellente base pour la construction d'une trousse de soin pour "le village". L'idée de "village" est ici intéressante, et représente un environnement dépourvu d'une présence médicale telle que nous la connaissons dans nos pays "développés", et qui pourrait sans aucun doute ressembler a l'organisation d'un clan ou d'une famille a la suite d'un événement catastrophique qui perdure. 
Cette organisation est d'un retour a une relation au monde qui se rapproche des organisations rencontrées dans des régions ou les systèmes de supports sont rares et/ou primitifs, et ou la vie est de gestes souvent enclins aux blessures et a une hygiène difficilement adéquate pour le maintient de la santé.

Le kit :




1- Module Instruments et matériel.

-1 Lampe frontale Petzl e-Lite + 3 piles de rechange.
Eclairer sans encombrer nos mains est ici important, une frontale est donc incontournable.
-1 Cyalume Blanc 8 heure.
-1 thermomètre.
-1 coupe ongle (large).
-1 paire de ciseaux de petite taille.
-1 paire de ciseaux Jesco.
-2 paires de pinces hémostatique.
-1 rasoir jetable.
-1 pince a épiler.
-1 pince a épiler pointue.
-10 épingles a nourrisse.
-2 scalpels.
-2 lames de rasoir.





2- Module blessures.

-5 pansements de sutures.
-30 pansements.
*10 - 2cm.
*10 - doigts.
*10 - jointure des doigts.
-1 pansement 10x10cm.
-10 compresses stériles de 7x7cm.
-10 compresses stériles de 10x10cm.
-2 tampons stériles de 12x22cm.
-10 pansements antiadhésifs de 7x7cm.
-2 tube de colle de Cyanoacrylate.
Pour fermer une plaie peu profonde, substitue les points de sutures.
-3 mètres de duct tape.
-20 serviettes antiseptiques.
-2 coussins hémostatique QuikClot.
-5 pansements pour ampoules.
-210ml de solution saline.
Probablement la meilleur solution pour rincer et nettoyer une plaie.
-210ml d'eau oxygénée.
-10 aiguilles de suture de différentes tailles, semi-incurvées, 1/4 de cercle et 3/8e de cercle + 3 mètres de fil polyester.





3- Module dents.

-fil dentaire.
-Kit de réparation:
*1 tube de gel anesthésiant.
*1 applicateur.
*1 tube de "colle dentaire".





4- Module squelette et muscle.

-1 Sam Splint (large).
-1 bandage triangulaire.
-1 attelle pour les doigts.
-2 compresses chauffantes.
-1 bande de contention type Elastoplast de 5x130cm.
-1 bande de contention type Elastoplast de 15x150cm.
-1 bande crêpe.
-5 bandes de gazes de 5x130cm
-1 rouleau de sparadrap.





5- Module protection.

-1 savonnette.
-1 bouteille de gel antibactérien.
-20 paires de gants en Nitrile.
-5 sacs plastique type sac congélation.
Ces sacs peuvent servir a se débarrasser de produits contaminés par exemple. 
-5 masques anti-poussière.
-2 paquets de mouchoirs.
-1 masque de protection bouche a bouche.
-Baume pour les lèvres.
-Crème solaire.





6- Module divers et administration.

-1 nécessaire de couture.
-1 bouteille de tablette pour la purification de l'eau (Potable Aqua).
-1 Sharpie + 1 stylo BIC.
-1 carnet de note.
-1 briquet BIC.





7- Module pharmacie.

-100 Acetaminophen 500mg (douleur et fièvre).
Certaines personnes sont allergique a l'acetaminophen, d'ou l'Ibuprofen ci-dessous.
-100 Ibuprofen 200mg (douleur et fièvre).
-50 Aspirine 325mg.
-30 anti acide 75mg (reflux acide).
La possibilité d'un changement brutale de notre alimentation est a prendre en compte.
-40 Imodium (comprimés a croquer).
Indispensable.
-30 Xanax 0.25mg.
Quand bien même il vous faudra une prescription pour le Xanax, dans une situation difficile, pouvoir gérer le stress sera pertinent.
-20 comprimés antihistaminiques.
-20 Vicodin, 500mg de paracetamol et 5mg d'hydrocodone (douleur).
-1 EpiPen auto-injecteur (traitement de réactions allergiques aiguës pour éviter un choc anaphylactique).
-50 multi-vitamines a croquer.
Avoir ici la possibilité de garder un apport en vitamine est intéressant.
-1 tube de cortisone.
-1 tube de crème pour les brulures.
-1 tube de crème antiseptique triple.





8- Module personnel.

Nous devrions trouver ici un éventail d'articles personnels comme par exemple une organisation liée a une condition physique particulière (diabète par exemple), mais aussi une paire de lunette de vue en plus ou tout autre matériel et produit nécessaire a votre confort et bien être.