lundi 29 novembre 2010

Le coffre fort en banque.







Quand bien même l'achat d'un coffre fort pour le domicile est sans doute un investissement qui a du mérite, il est souvent difficile pour la plupart d'entre nous.
Un coffre, un bon coffre, même assez petit, est souvent chère et volumineux. Il existe bien sur des coffres de petites tailles offrant une protection au vol et a l'incendie relativement acceptable, mais quand bien même cette protection n'est en aucun cas négligeable, elle reste limitée.




Cette protection, est d'ailleurs quelle que soit la taille de notre coffre relative. La destruction totale de notre domicile (et donc de notre coffre), est toujours et indépendamment de nos préparations une possibilité qu'il nous faut envisager.
Une autre possibilité qu'il nous faut envisager, est la perte momentanée du libre accès a notre domicile, sans pouvoir y récupérer un éventail plus ou moins pertinent d'outils capables de nous assurer un minimum de confort administratif par exemple.

Cette perte du libre accès a notre domicile n'est pas rare. Elle peut être par exemple d'une fermeture par les pompiers de tout un pâté de maison a la suite d'une fuite de gaz naturel, ou de la fermeture de tout un immeuble a la suite d'un incendie chez le voisin de palier.
Que la perte de notre domicile soit momentanée ou définitive, qu'elle soit de quelques heures ou de quelques jours, le coffre fort personnel ne nous sert ici pas a grand chose.

Fermeture d'un quartier du a une fuite de gaz.


Pour environs 80 Euros par ans, il nous est cependant possible de mettre en place un système de décentralisation efficace pour parer a certaines éventualités.
La location d'un petit coffre fort en banque est un geste intéressant, parce qu'il est d'une mise en place extrêmement simple, peu couteuse et discrète.

Que nous soyons survivaliste ou pas, un coffre en banque est un moyen efficace de protéger certaines possessions comme des métaux précieux ou du liquide, mais aussi de préserver un kit administratif pouvant nous sortir d'une situation difficile.


Notre coffre en banque est certainement un des premiers système que nous avons mis en place, parce qu'il s'aligne directement avec le scénario vert typique ou l'habitation même est soumise a une tension qui nous empêche son accès.
Le kit est donc ici d'une organisation qui tend a nous donner les moyens de s'abriter et de fonctionner, mais aussi de faire face aux conséquences de la perte de nos biens et de nos papiers.

Les deux modules suivant son donc les fondations du coffre en banque, mais il est évident que votre système peut être différent, et incorporer d'autres modules.

-Argent.
Le liquide est ici d'une somme pouvant nous donner les moyens de se payer un hôtel pendant 3 jours, mais aussi de pouvoir acheter a manger et a boire, ou de nous déplacer. Dans le cas ou pour une raison ou une autre (panne d'électricité par exemple) le plastique est inutilisable, ce module doit être en liquide, et en petites coupures.

-Administration.
Le kit administratif est ici de photocopies de tous nos papiers d'identités, de notre certificat de mariage, de nos numéros de cartes de crédit…bref, de tous nos papiers importants.
En plus de ces photocopies, nous avons aussi une clef USB avec les photos et une video de tous nos biens, ainsi que leurs numéros de séries. En cas de perte totale, ce genre d'information est primordiale pour les compagnies d'assurance. 


Bien sur, le coffre en banque n'est pas pour la plupart des banques, accessible 24/24 heures. Ce problème est cependant absorbée par nos systèmes d'EDC (Every Day Carry), qui devraient avoir un minimum de liquide pour pouvoir parer a l'impossibilité d'accéder a nos domiciles, mais aussi a nos systèmes de sauvegardes tels que le coffre en banque.

De plus, la banque ou se trouve notre coffre, devient un de nos points de rendez-vous au cas ou l'accès a notre domicile ou a notre quartier est impossible. Quand bien même la mise en place de plusieurs points de rendez-vous pour la famille fera l'objet d'un article a part entière, il est important de comprendre que notre domicile est particulièrement vulnérable sur l'échelle des probabilité, et que nous nous devons de mettre en place un plan prenant en compte cette vulnérabilité. 

Au final, le coffre en banque offre une décentralisation qui se doit d'être une priorité quand a nos préparations et a la gestion du risque. 






samedi 27 novembre 2010

Le scénario "rouge".






1 individu sur 4, soit 1,5 milliards, vit aujourd'hui comme nous vivions il y a 6000 ans.


Quand bien même la survie dans le temps reste d'un scénario peu probable, elle se doit d'être étudiée. La survie dans le temps est d'un univers ou la tension est toujours présente après 90 jours. C'est un scénario "rouge" (de 1 a 10 jours = vert, de 10 a 90 jours = orange, et de 90 a une durée indéterminée = rouge) qui demande une préparation spécialisée.

La mise en place de systèmes visant a l'indépendance de l'individu et du clan doit être progressive, et s'aligner avec les 3 couleurs. Puisque nous subissons beaucoup plus de scénarios "vert" (pannes d'électricité, coupures d'eau, accidents, incendies, tempêtes, inondations, panne de voiture…), un effort de concentration sur les systèmes pouvant maintenir la vie sur une période de moins de 10 jours est donc une priorité.

La préparation n'est jamais d'une mise en place immédiate…elle s'installe petit a petit et donc il me parait logique que nos systèmes se développent d'une manière graduelle et disciplinée, et suivant une organisation du plus probable.
Il est plus probable que ma famille subisse une coupure d'électricité pendant quelques heures, qu'une guerre atomique. 
Il est plus probable que mes poubelles ne soient pas relevées pendant quelques jours suite a une grève, qu'un météore s'écrase sur Paris. 
Il est plus probable que nous subissions une coupure d'eau, qu'un changement climatique dramatique et globale.


La préparation au scénario rouge est pourtant pertinente, car quand bien même cet événement est peu probable, il reste celui qui monopolise nos esprits.
Le tremblement de terre a Haiti, est un exemple du développement d'un scénario rouge qui cristallise le fait que l'événement même (le tremblement de terre), est non seulement dramatique, mais ses conséquences sont d'une nature capable de prolonger la situation bien au delà de 90 jours, avec par exemple la propagation de maladies telles que le choléra, et la constance d'une insécurité tant physique que psychologique, que physiologique.

Il nous faut aussi admettre, qu'un scénario vert est tout a fait capable de se transformer en scénario orange, et le scénario orange en rouge.
Cette progression alarmante est due a l'interconnexion et donc la fragilité de nos systèmes de supports, mais aussi a la fragilité de toutes nos organisations sociales. Une simple panne de courant, est alors capable d'évoluer en émeutes par exemple. 

Si le scénario orange nous dictes une préparation s'organisant autour de systèmes renouvelables et soutenables, le scénario rouge, lui,  s'organise autour du maintient de ces systèmes.
Le savoir faire, et les moyens d'exprimer ce savoir faire devient ici important.

Si nous prenons l'exemple de la nourriture, nous pouvons voir l'évolution des solutions et des gestes quand a la survie.
- Scénario vert :
La nourriture est prête a la consommation. Elle est d'aliments tels que les conserves, les produits surgelés, les légumes, les produits lyophilisés, bref, d'aliments directement accessibles et consommables.

- Scénario orange :
La nourriture se compose d'aliments toujours prêt a la consommation et venant de nos préparations au scénario vert, mais commence a s'étendre a une consommation d'aliments devant être préparés et manipulés comme la farine, les animaux de petites tailles (Insectes, pigeons, rats, poules, serpents, chats, chiens, lapins…), la nourriture récupérée et la cueillette de produits directement accessibles et courants (jardins et arbres fruitiers)…bref, d'aliments directement reconnaissables, mais demandant une certaine manipulation. Manipulation qui dicte la nature du matériel et de nos systèmes, mais aussi de nos connaissances.

- Scénario rouge :
La nourriture prête a la consommation du scénario vert devient ici rare et de grande valeur, et la nourriture directement reconnaissable du scénario orange s'épuise.
L'apport calorique est alors de la connaissance et des savoirs faire tels que la cueillette de plantes sauvages, la chasse, la pêche, et l'agriculture.
L'alimentation au sein du scénario rouge est d'une organisation de gestes que nous avons pour la plupart complètement oubliés.

Quand bien même nos ancêtres étaient des chasseurs / cueilleurs, ils étaient avant tout des chasseurs (on ne dit pas "cueilleur / chasseur"). Survivre, et plus pertinemment vivre, demande un apport calorique conséquent et adapté.
Cet apport calorique conséquent, est invariablement de la chasse et de la pêche.
L'expédition de Lewis et Clark entre 1804 et 1806 par exemple, était la première expédition Américaine a traverser les Etats-Unis d'est en ouest. 
L'apport moyen d'un homme faisant partit de cette expédition était d'environ 4 kilos de viande par jour.

Les Indiens d'Amérique du nord considéraient la cueillette comme un apport complémentaire a la viande de cerf et de bison, d'élan et de perdrix, mais en aucun cas voyaient-il les plantes sauvages comme le centre d'une alimentation adaptée a l'effort.

Seul "l'agriculture moderne" est capable de fournir un apport nutritif quelque peu adapté a une dépense énergétique conséquente. Le mais, les lentilles, le haricot et le riz, sont sans doute des exemples pertinents d'apports nutritifs ayant des rôles plus importants au sein de la nutrition, mais la logistique de cette agriculture est souvent lourde et inadaptée a certaines latitudes.

Quand bien même la logistique de l'agriculture est plus ou moins lourde, avoir les moyens de mettre en place ce genre d'apport nutritif est intéressant au sein du scénario rouge. L'agriculture est alors de deux sphères. Une sphère qui s'organise autour de notre résidence, et une sphère qui s'organise autour de la mobilité de nos systèmes. Notons ici que la moitié de l'humanité cultive…et que 3/4 de cette moitié le fait a la main, avec des outils inchangés depuis plus de 6000 ans. 

La méthode d'agriculture qui me semble être la plus pertinente et offrir le plus de solutions adaptées au scénario rouge est la Permaculture. Non seulement la Permaculture offre des méthodes simples et efficaces quand a la production d'une alimentation variée et riche, mais elle offre aussi une organisation du "jardin" qui n'est pas soumise a l'évidence. C'est le "jardin invisible".
Le principe est ici de faire que tout ce qui est planté soit comestible et d'une organisation "sauvage" et variée, s'éloignant donc de notre agriculture moderne reposant sur la rangée et la monoculture.

Rendement typique d'une organisation permaculturique.


Bien sur, au sein d'un scénario rouge, la possibilité de devoir être gouvernée par une migration est assez importante. Les paramètres de cette migration reposent entre autre sur les conditions et la nature de l'événement dramatique. Quoi qu'il arrive, et ou que nous allions, nos besoins caloriques ne seront pas moindre.
La solution ici est alors de la graine.

Au sein de mes caches réciproques, et complétant un matériel de l'essentiel, se trouve des paquets de graines. Les graines nous offrent la possibilité de pouvoir planter, selon les saisons et les climats, des jardins basés sur un design permaculturique. 
Il est d'ailleurs intéressant de noter que nos gouvernements ont eux aussi mis en place dans des bunkers sous-terrains des banques de graines pour le "au cas ou".

Exemple de graines, mais, carottes et betteraves.


Que ce soit du jardin banlieusard, de la ferme éloignée ou du balcon parisien, tout ce que nous plantons des aujourd'hui, devrait être comestible et d'une agriculture soutenable. Dans le cas échéant ou nous sommes obligés d'abandonner la sécurité relative de nos nids, la mise en place de banques de graines décentralisées est une préparation simple et efficace pour le scénario allant au delà de 90 jours.

Quand bien même la préparation a l'agriculture "guérilla" est sans aucun doute une sphère incontournable et complémentaire dans le temps, les méthodes d'apports en calories suffisantes pour l'effort dans un milieu sous tensions restent la chasse et la pêche.
Il n'y a aucun groupe d'individu vivant, ou ayant vécu primitivement sur cette terre, qui se contante d'une alimentation uniquement basée sur la cueillette. Les végétariens du monde moderne, évoluant au travers d'un scénario rouge, redeviendront omnivores.

Les outils de chasse et de pêche sont ici plus ou moins élaborés, mais en aucun cas définissent-ils cette sphère. La chasse et la pêche est du savoir faire. De la mise en place de pièges, a savoir "lire" la rivière, de la traque au traitement et a la conservation de la viande, cet univers est d'une connaissance plus ou moins complexe…la pêche étant la moins complexe. D'ailleurs, la nourriture de base d'une personne sur 5 aujourd'hui est du poisson.
Simplement, il est encore une fois impossible de nourrir une famille de 4 sur du thé d'aiguilles de pin et 3 morelles.

Pièges a rats et a souris, petits, léger, simples et efficaces.
Le lance pierre est un outil de chasse pertinent.
Un simple arc offre des possibilités plus vastes.


Le survivaliste se doit donc de se concentrer ici sur les savoirs faire liés a la terre, et la mise en place de systèmes et de techniques soutenables, ayant un rapport énergétique adapté a un univers sous tensions. Je n'ai absolument rien contre les connaissances liées aux plantes sauvages, tant que nous sommes conscients que nos besoins caloriques sont bien plus importants que ce qu'un pissenlit est capable de nous apporter.


La sphère de l'eau au sein d'un scénario rouge est de la récupération, du transport, d'une filtration primitive et de l'ébullition. Nos filtres a carbone et nos méthodes de désinfections sont ici épuisés. Il nous reste les méthodes de filtrations primitives et l'ébullition.
Rendre l'eau potable efficacement demande un outil adapté…et cet outil est encore et toujours un récipient en métal assez large pour rendre l'opération valable. C'est la marmite, la casserole, la popote.
Le minimum du potentiel de la popote doit être de 2 litres. Construire un feu ou utiliser un combustible maintenant rare pour un rendement inférieur a 2 litres d'eau potable est un gâchis de nos précieuses ressources, et les individus vivant la survie au quotidien en témoignes.

Pas de quart sous les tentes Darfouriennes.


De la deuxième guerre mondial a Darfour en passant par Haiti, la Nouvelle Orleans et Bagdad, avoir les moyens de transporter (et donc de stocker) un volume conséquent d'eau est primordiale, surtout pour les familles.

Le Jerrycan reste un des 10 outils les plus utilisé par les pros de la survie long terme. 


L'énergie du scénario rouge fait elle aussi un retour en arrière. Si l'évolution de nos énergies est du bois au charbon, et du charbon au pétrole et au gaz naturel, le scénario rouge est principalement d'un retour au bois.
Si la Russie décidait demain de stopper l'exportation de son gaz naturel sur l'Europe, la plupart des individus touchés retourneraient a l'univers du bois.
Ce retour a l'univers du bois signe un effort particulier.
Se chauffer au bois, mais aussi cuisiner, demande un volume et un effort considérable, surtout l'hiver.




A l'exception de quelques villes comme Moscou par exemple, ou le charbon et le gaz naturel a continué son travail de maintient de la température et de la préparation de la nourriture, l'effondrement de l'URSS a vu la plupart de ses citoyens revenir a l'utilisation du bois.
La question ici est combien de temps pouvons nous maintenir une température ambiante raisonnable au sein de nos foyers et sans nos systèmes de supports tels que le gaz ou l'électricité.

L'énergie renouvelable capable d'alimenter un réseau plus ou moins important telle que le solaire par exemple, est ici extrêmement intéressante, mais aussi délicate car elle est synonyme d'une sédentarité incertaine.
Les systèmes solaires portables pour le maintient d'outils consommateurs de piles électriques (radios, lampes torches…) sont pertinents et sans doute appréciables, mais en aucun cas devraient-ils être nécessaires a la survie, après tout, 1,6 milliards d'individus vivent sans électricité aujourd'hui.

Au final, l'énergie qui s'organise autour d'un scénario de plus de 90 jours est de l'outil a main, et qui dit outil a main dit consommation accrue de calories.




La sécurité du scénario orange est d'une organisation des forces et des moyens.
Il est impossible de maintenir une sécurité lourde tout en étant soumit a un retour du travail a la main, sans un nombre important d'individus pouvant assurer différents rôles.
La ou le scénario vert éparpille les forces, le scénario orange et surtout rouge invite la collaboration et le retour a la réciprocité. 

Le .22LR est polyvalent, simple d'utilisation et d'un calibre répandu. 


Autant les scénarios verts et oranges sont sans doute plus difficiles a gérer pour le citadin, le scénario rouge est complètement imprévisible quand a son impact sur nos organisations sociales.

Il est évident que si nous pouvions choisir notre environnement au sein d'un événement tel que Katrina ou le tremblement de terre a Haiti par exemple, qu'une maison plus ou moins isolée a la campagne aurait été beaucoup moins soumise a l'événement et l'âpres événement qu'un appartement en plein milieu du centre ville.
Cependant, si nous prenons l'effondrement de l'URSS comme exemple de scénario rouge, le milieu urbain a dans ce cas été beaucoup moins touché que le milieu rural. Dans les villes, les services de transports en communs ont continués de rouler, et les systèmes de supports, même si inconsistants ont continués de fonctionner.

Le milieu rurale a lui été soumit a des tensions extrêmes telles que des coupures d'eau massives et l'effondrement totale du maintient des routes et des systèmes de supports.
Si le milieu urbain est d'une sécurité complexe, le milieu rurale est d'une transportation et d'un isolement difficile.

Dans les deux cas, le travail reste d'une indépendance et d'une adaptabilité infléchissante face a l'événement, mais surtout aux conséquences de cet événement.




mercredi 24 novembre 2010

Le scénario "orange".







Le scénario orange est d'un événement allant de 10 a 90 jours.
Quand bien même ce genre de scénario est moins probable et moins courant que le scénario vert, il est d'une suite logique quand a la mise en place de systèmes visant une indépendance plus importante dans le temps.

Si la préparation aux scénarios vert (de 0 a 10 jours) se compose principalement de sphères et de méthodes nous donnant les moyens de minimiser l'impact d'un événement plus ou moins dramatique, le scénario orange doit nous amener a une gestion soutenable de nos besoins sur une durée plus conséquente. 

Si nous prenons la sphère de nos besoins en eau par exemple, il est évident que la différence en volume est ici énorme.
Pour une indépendance de 90 jours, le volume totale et minimum d'eau potable requise par personne est a présent de 360 litres a raison de 4 litres par jours.
Quand bien même la logistique de l'eau est raisonnable pour une indépendance de 10 jours, la logistique sur 90 jours est difficilement abordable, surtout pour les citadins.
La préparation sur 3 mois devient alors, en plus d'une réserve d'eau potable d'au moins 10 jours (scénario vert), la mise en place de moyens de récupérations, de transportations, de stockages, de filtrations et de purifications.

Purification, transportation, filtration...


Une autre sphère qui fait son apparition sur 90 jours est l'hygiène. Une hygiène douteuse sur 10 jours est sans doute acceptable, mais une durée de 3 mois sans nos systèmes de supports tels que l'eau courante, et l'accès a une quantité d'eau suffisante pour assurer ce travail est tout de suite beaucoup plus complexe.
3 mois signifie aussi que nous devons prendre en compte l'hygiène féminine par exemple. Quand bien même la plupart des femmes ont une petite réserve de produits hygiéniques pouvant accommoder un scénario vert, cette petite réserve ne sera pas suffisante pour accommoder un scénario orange. 

En plus de l'hygiène, l'univers du soin prend ici une importance aux conséquences incontournables. Sur 90 jours, c'est tous les individus dépendants de soins et de médicaments pour leurs survie qui seront soumit a des tensions pouvant être mortelles. Les diabétiques par exemple, sans accès a un surplus d'insuline et aux services de santés, seront tout simplement dans la merde.
Si vous ou une personne de votre clan avez aujourd'hui une ordonnance pour un médicament indispensable et vital, il est temps de vous procurez un surplus de 90 jours.


La nourriture est ici aussi d'une préparation plus complexe. Sans devoir faire un effort extreme, la plupart d'entre nous devraient pouvoir, caloriquement parlant, sortir indemne d'une situation de manque sur 10 jours. Certains en tirerons même quelques bénéfices.
90 jours sans accès a nos sources de nourriture habituelles, est par contre synonyme de tensions extrêmes, elles même synonymes de gestes gouvernés par la désespérance.
La mise en place d'une indépendance calorique sur 90 jours, est a l'inverse de l'eau assez facile a obtenir si nous considérons des aliments adaptés.
Pâtes, riz, haricots, farine, sucre, sel, miel et boites de conserves, sont des exemples de sources caloriques adaptées a un scénario orange.

Il nous faut ici aussi penser aux besoins alimentaires de nos animaux domestiques, et prévoir entre autre 90 jours de nourriture. Tout comme avec notre nourriture, celle de nos animaux doit être de la rotation. 
Quand bien même certains animaux domestiques pourraient ne pas avoir un rôle pertinent au sein d'une atmosphère difficile, ils sont quoi qu'il arrive notre responsabilité. 




La sécurité est elle aussi plus délicate, car la nature même d'un événement dramatique dans le temps est de l'accroissement continu des tensions inhérentes au manque.
La ou le scénario vert est d'une sécurité encore gouvernée par la morale établie par nos société, le scénario orange ronge petit a petit cette fabrique, et germe alors une morale basée sur le besoin.
La ou le pillage et le vol du scénario vert reste d'une populace déjà soumise a une morale douteuse en temps normaux, ce vol et ce pillage devient de plus en plus acceptable et normal dans le temps. Cette normalisation du geste conflictuel et de la confrontation verbal et/ou physique demande une préparation axée sur la gestion efficace du conflit…tant dans le retranchement que dans le mouvement.

La rationalisation de certains comportements prend alors le dessus sur les comportements, et la sécurité devient une constance au sein d'un scénario orange. La différence est ici d'une psychologie complexe, due au fait que nous devons maintenant gérer des familles, des enfants et des femmes dans le besoin…
Une relation particulière s'installe alors avec le monde, ou le "bien" et le "mal", le "bon" et le "méchant", le "haut" et le "bas" devient extrêmement complexe et paradoxale.

La boussole familiale ou clanique est ici primordiale…et l'infusion de personnalités, de regards, de rôles et de philosophies influencera la direction du groupe, et sa survivabilité au sein d'un univers prédateur.


Pour ce qui est de l'énergie, le scénario orange doit être d'un rapport qui s'aligne a l'économie d'énergie. A l'inverse du scénario vert ou l'utilisation de l'énergie est souvent explosive, la durée du scénario orange dicte une approche énergétique soutenable dans le temps.
La ou le scénario vert s'aligne complètement avec l'utilisation d'énergies "explosives" (intenses mais de courte durées) telles que les piles électriques par exemple, le scénario vert s'aligne avec l'utilisation d'énergies renouvelables ou "lentes" (faibles mais continues).

Les lampes torches par exemple, sont parfaitement adaptées a un événement de courte durée, mais elles doivent, soumises a un événement de longue durée, être d'une utilisation secondaire ou d'urgence. Les lampes a pétroles ou l'énergie solaire, sont ici des méthodes bien plus adaptées.

La régulation de la température, la préparation des repas, le traitement de l'eau et l'éclairage, doivent recevoir une attention particulière sur 90 jours. Le citadin est ici d'un désavantage certain comparé aux populations rurales, et la course a l'énergie sera déterminante au coeur des villes.


Une sphère faisant aussi son apparition sur 90 jours est le troc.
Cette relation économique est ici d'un rôle important, et la mise en place de préparations anticipants le troc est d'un avantage certain pour le survivaliste.
Les produits de consommation tels que les allumettes, les piles électriques, l'essence et le pétrole, les munitions, les médicaments, les produits hygiéniques, le fil de fer, les taros, les lampes torches, les bougies, les mèches de lampes a pétroles, les sacs plastiques, les tuyaux de jardin, le papier toilette et que sais-je encore, devraient trouver leur place au sein de nos préparations.

En plus d'outils et de matériel divers, la nourriture devrait aussi être préparée dans un esprit de troc. Farine, huile, sel, riz, pâtes, boites de conserves, lait déshydraté et miel sont sans doute des produits intéressants quand au troc.
Puisque cette préparation est du surplus, elle peut aussi être utilisée pour l'aide et le don.




Au final, la préparation au scénario orange devrait nous voir adopter une approche de la survie qui se construit sur des systèmes soutenables.
En plus d'une mise en place de systèmes soutenables s'alignants avec les principes d'économies d'énergies, un effort d'anticipation doit être de "l'autre".

Cette anticipation de l'autre est primordiale, car si une constance s'installe sur 90 jours, c'est la constance de la rencontre. Cette rencontre peut être de la coopération, comme elle peut être du conflit. 
Dans les deux cas, il nous faut être prêt a gérer cette situation.

Si la rencontre est de la coopération, il nous reste a gérer ce que cette coopération implique d'un point de vu logistique. La nature de la coopération va d'un simple échange d'informations, a l'intégration complète au sein du clan.
Quand bien même le simple échange d'information n'est pas d'une logistique lourde, la logistique de l'intégration est une affaire délicate et complexe.





lundi 22 novembre 2010

Le scénario "vert".






Le scénario "vert" est d'une durée allant de 0 a 10 jours.
Ce scénario est de tensions courtes mais pouvant être très intenses. Si nous nous attardons sur l'étude de la probabilité quand a l'évaluation du risque, nous nous apercevons très vite que le scénario vert est celui que nous rencontrons le plus souvent.

Le scénario vert est par exemple la panne de courant. Quand bien même une rupture des réseaux électriques n'est généralement pas d'une nature dramatique car souvent de très courte durée, elle peut quand même avoir des effets important sur nos organisations comme nous avons eu l'occasion de l'observer plus d'une fois, avec les coupures massives d'électricité sur le continent Nord Américain. Ces coupures ont affectées une quantité impressionnante de systèmes comme les hôpitaux, les distributeurs d'argent, les pompes a essences et les transports en commun.

Bien sur, le scénario vert est aussi de la situation de survie propulsée par un événement naturel tel que l'inondation, le froid extreme, la canicule, et le tremblement de terre par exemple.



 Que ce soit une interruption du bon fonctionnement de nos systèmes de supports ou une canicule, le scénario vert devrait être d'une préparation et d'une responsabilisation évidente puisque nous sommes tous confrontés a ce type de situation a un moment donné dans nos vies, et qu'il n'y a aucun moyen d'y échapper.

Puisque ce scénario est d'une nature omniprésente, il me parait nécessaire de concentrer nos efforts sur la mise en place de moyens ayant pour but de minimiser l'impact de ce genre de situation sur nos vies, et celles de nos familles.

Quand bien même il est ici question d'un événement d'une courte durée, nous ne pouvons pas nous laisser aller a l'idée que nos systèmes d'urgences ou nos gouvernements auraient les moyens de nous prendre en charge ou de nous sauver.
L'organisation et la logistique mise en place par nos gouvernements pour les situations d'urgences ne sont que très limitées, et elles ne peuvent en aucun cas s'occuper et gérer une situation ou des milliers voir des millions d'individus seraient en danger. 

La préparation s'organise donc ici autour d'une indépendance face a nos systèmes de supports allant jusqu'à 10 jours.
Quand bien même les sites gouvernementaux prônent une préparation minimum de 72 heures, et que 72 heures d'autonomie est sans aucun doute mieux que rien, il me semble plus pertinent de nos jours de pouvoir répondre a nos propres besoins sur une durée plus importante.

Le problème du raisonnement gouvernemental, est qu'il ne prend en compte que l'événement même (tornade, séisme, tempête, acte terroriste, défaillance des systèmes de supports…), alors que l'événement a lui seul, ne peut pas être une donnée suffisante pour la mise en place d'une préparation quelconque.
La situation d'urgence est souvent comme un accident de voiture. L'accident même est effectivement l'événement dramatique, mais le temps qui s'écoule entre l'événement même et le rétablissement complet de la victime est bien plus important que nous aimerions le penser.




Si nous ne prenons en compte que l'événement, alors effectivement, 72 heures pourrait nous sembler approprié dans la plupart des cas. L'ouragan Katrina, "l'événement dramatique", a effectivement influencé la destinée de bon nombre d'individus sur une durée inférieur a 72 heures (évacuation obligatoire de toute la zone)…mais l'impact de l'événement, influence encore aujourd'hui la région et la population touchée.

7 jours après l'événement Katrina, il n'y avait toujours pas d'eau, toujours pas d'électricité, toujours pas d'aide suffisamment adéquate, tout simplement parce que les services d'urgences sur place se sont retrouvés débordés par les événements, et que la situation est tombée dans les oubliettes administratives et politiques d'un gouvernement maladroit.

N'oublions pas non plus une chose importante concernant les services d'urgences tels que les pompiers, les ambulanciers, les docteurs, les infirmiers, les policiers, les gendarmes, les opérateurs, les techniciens et que sais-je encore…c'est que tout ce personnel est humain. Cette évidence veux bien dire que ce personnel est lui aussi soumit a l'événement et l'apres événement, que lui aussi se doit de se préoccuper de sa propre famille, et que dans une situation dramatique ce personnel pourrait ne pas être disponible.

En plus du personnel d'urgence pouvant ne pas être au rendez-vous, c'est toute une présence de pères, de mères, de frères, de soeurs, d'amis et de voisins, occupant des rôles plus ou moins importants au sein de nos sociétés, qui pourraient ne plus être de la partie. Ces rôles sont du chauffeur de bus, du conducteur de métro, du technicien en laboratoire, du pharmacien, du boucher, du dentiste, de l'éboueur, du banquier, de l'électricien, du plombier, de l'ouvrier, du routier, du pompiste, de la caissière…

Qui s'occupe du bon fonctionnement de l'usine du traitement des eaux si 50%, 70%, 90% du personnel n'est plus présent ? Qui transporte et délivre la nourriture a nos supermarché "Juste-a-temps", si la plupart des routiers s'occupent d'évacuer leurs propre familles ? Qui va défendre votre famille si les forces de l'ordre ont un effectif réduit et un ordre de mission autre que la protection du citoyen ?

Cette construction dressée sur la présence d'un personnel limité pour le bon fonctionnement de systèmes vitaux pour des milliers voir des millions de personnes, est une réalité qui s'est découverte durant Katrina.
Une énorme partie du personnel d'urgence et du personnel de maintient de la ville de la Nouvelle Orléans s'est retrouvée a devoir évacuer, et donc délaisser un rôle primordiale au sein d'une communauté dévastée.

Des outils simples et efficaces.

Nous devrions tous être capable de minimiser l'impact d'un scénario vert. Nous devrions tous nous donner les moyens de ne pas devenir des victimes, mais des participants actifs et sereins. Nous devrions tous avoir les moyens d'apporter des solutions au sein de nos familles et de nos communautés.
Quelque soit l'événement, la solution est toujours la même. La préparation n'est pas une question de savoir si nous sommes prêt a affronter ceci ou cela, mais de savoir pour combien de temps nous pouvons être de la solution, et non du problème.

Si la logistique de la préparation est d'un scénario, ce scénario est le plus souvent de la durée.
Si l'anticipation de l'événement dramatique est d'un scénario, ce scénario est le plus souvent de la durée.

Puisque la solution est toujours de l'indépendance, et puisque le futur est plus ou moins de l'inconnu, il nous est inutile de tenter une voyance étroite et subjective d'un possible qui pourrait ne jamais voir le jour.
Si je me donne les moyens d'être plus ou moins confortablement autonome pendant 10 jours, alors je me donne les moyens de minimiser l'impact d'un événement quelconque pendant cette durée.

Un moyen efficace de préparer la nourriture et de bouillir l'eau.


Pragmatiquement, cette organisation est encore et toujours de l'eau, de la nourriture, de l'abri, de l'énergie, du soin et de la protection. C'est ici l'univers de "s'abriter sur place" ou le BUG IN.
Puisque nous nous limitons a une durée précise, la mise en place de nos propres systèmes de supports est facilement négociable.
C'est par exemple 40 litres d'eau par personne, 10 jours de calories adaptées a notre métabolisme et 10 jours d'énergie adaptée a notre environnement.

40 litres d'eau potable.


Si je me donne les moyens d'être indépendant de tous nos systèmes de supports, alors je me donne les moyens de m'adapter a n'importe quelle situation, a n'importe quel événement, mais aussi aux conséquences de cet événement. Bien sur, "se donner les moyens" n'est en aucun cas une promesse de réussite, mais bien une responsabilisation face a la réalité de notre monde.

En parallèle de la préparation, un effort de sensibilisation a notre environnement et de conscientisation est nécessaire dans notre quotidien. La plupart d'entre nous évoluons plus ou moins fréquemment dans un monde plus ou moins peuplé "d'autres", et cet autre n'est pas toujours d'une philosophie basée sur la non-agression.
Dans une situation de survie, cette sensibilisation est encore plus importante, car ceux la qui sont soudainement gouvernés par le manque, la peur, le besoin et la désespérance, risquent de mettre en danger notre propre famille.


L'autre aspect complémentaire de la préparation au scénario vert est l'évacuation ou le "BUG OUT".
Que nous soyons confrontés a un scénario vert, orange ou rouge, devoir évacuer notre lieu de résidence est toujours une possibilité qu'il nous faut planifier et préparer. Quand bien même ce geste n'est pas idéal, surtout en famille, la construction d'un sac d'évacuation (Bug Out Bag) et d'un EDC (Every-Day-Carry), est une mise en place incontournable.