mardi 26 octobre 2010

Le survivalisme en 4.









"Etre un homme, c'est sentir, en posant sa pierre, que l'on contribue a bâtir le monde."
Antoine de Saint-Exupéry.




L'univers survivaliste est parsemé d'informations spécifiques quand a certaines sphères. De la construction de kits de survie aux méthodes de purifications de l'eau, il est facile de voir que le survivalisme est un arrangement complexe de systèmes et de méthodes, d'objets et de réflexions quand a notre environnement.

Cet "arrangement complexe" donc, je le vois comme un énorme centre commercial, ou l'individu déambule de choix en choix, de méthodes en méthodes, d'objets en objets et de réflexions en réflexions.

Notre présence dans ce centre commercial "survivalistique" découle sans aucun doute d'une motivation personnelle, d'une anticipation souvent spécifique, et d'une vision du monde souvent personnalisée.
Celui la se prépare pour la montée des eaux, celui-ci se prépare au crash boursier, et cet autre se prépare a une catastrophe nucléaire. Tous déambules les couloirs néons du centre commercial a la recherche d'informations susceptibles de leurs donner de meilleurs chances de survie.

Pour celui ou celle qui décide d'ouvrir les portes du survivalisme, cette organisation de l'information est parfois synonyme d'une certaine dérive tant intellectuelle que gestuelle.

La construction, qu'elle soit de l'immeuble ou de la préparation, se doit de commencer par les fondations. Sans elles, le tout devient bancale et maladroit. Sans elles, il devient difficile de parler de soi, car comme nous l'avons chuchotés dans les allées du centre commercial, cette construction est personnelle.

Les fondations du survivalisme sont pour moi les suivantes…


1- L'élimination des dettes.

Cette fondation est la première, car la dette est synonyme de dépendance et donc d'esclavagisme. Le seule dette acceptable aujourd'hui devrait être celle qui tend a la possession de la terre (richesse de premier ordre) ou d'un bien immobilier, et seulement si celui-ci est un investissement sensé.

L'achat a crédit est tout simplement une maladie qui s'attaque a nos libertés, a nos rêves et a nos familles. 
Bien avant tout autre geste, l'élimination des dettes devrait être une priorité. La super télé écran plat et la dernière de chez Renaud est un piège qui tue littéralement notre pouvoir personnel.


2- L'étude objective du risque.

Il est très très facile de s'abandonner a des anticipations sorties de films catastrophe. Le centre commercial du risque est un environnement dramatique, qui parfois sans le vouloir influence de sa nature la gestion du risque et l'imagination fertile de l'homme.

Cette fondation est importante, car elle ancre l'individu dans une étude et une gestion du risque qui n'est pas dramatisante. Si cette étude et cette gestion gouverne nos comportements au quotidien, c'est que nous avons sans doute été trop loin.
Ce "trop loin" est par exemple l'individu qui se creuse un abri anti-atomique alors que sa femme et ses enfants claquent la porte. Il gagne une protection relative contre un événement douteux, et perd sa famille en même temps. C'est l'étude et la gestion cannibalisante.

La gestion du risque devrait être de la priorité, et de la préparation dans cet ordre:
- Personnel.
- Local.
- Régional.
- National.
- Global.

Même si une pandémie ou un crash boursier sont des risques réels, nous avons plus de "chance" de faire face a une situation difficile personnelle telle que la perte d'un emploi, un incendie ou une maladie qu'autre chose.
La préparation devrait commencer dans la sphère personnelle, et proposer des solutions adaptées a des problèmes "de tous les jours".

Le masque a gaz et la combinaison NBC (Nucléaire, Biologique et Chimique) ne sont pas des solutions qui devraient prendre la priorité sur l'extincteur d'incendie, l'élimination des dettes, ou les réserves d'eau et de nourriture.


3- La planification.

La planification est incontournable. C'est très bien d'avoir un sac d'évacuation, mais sans le plan qui va avec, la seule chose a dire est "bonne chance".
Planifier c'est réfléchir, c'est observer, c'est s'informer, c'est questionner, c'est anticiper, c'est prévoir, c'est sentir, c'est tendre a…c'est de l'intention.

De l'élimination des dettes au stockage de la nourriture en passant par l'organisation de notre réponse face a un risque quelconque, la planification transforme un univers chaotique et vaste en geste organisé et compréhensible, autant pour nous même que pour notre conjoint, notre ami, ou notre voisin.


4- La construction de systèmes.

La construction de systèmes est la mise en place d'outils ayant pour rôle le maintient de la vie et l'affirmation de notre conscience. 
Un sac d'évacuation (BOB - Bug Out Bag), est un système permettant le maintient de la vie dans une situation de fuite ("fuite", n'est pas un négatif).
Le stockage de nourriture est aussi un système, et son rôle est de maintenir la vie dans une situation de retranchement.

Les systèmes doivent être complémentaires et pragmatiques. Ils doivent aussi s'adapter a la planification et non l'inverse…ce qui veux bien dire qu'ils naissent forcement de l'intention.


Cette construction est de deux sphères: les systèmes mobiles (SysMo), et les systèmes immobiles (SysImo).

Les systèmes mobiles sont par exemple les sacs d'évacuation, les EDC (Every Day Carry) et les kits en tout genre. Ce sont des systèmes qui s'alignent avec un besoin de mouvement et leur rôle est du maintient de la vie sur une durée déterminée.

Les systèmes immobiles sont multiples et parfois très complexes. Le stockage de la nourriture et de l'eau est du système immobile…mais cette sphère regroupe aussi la production de nourriture et les énergies renouvelables par exemple.

Le rôle du système immobile est aussi le maintient de la vie, mais sur une durée beaucoup plus longue que les systèmes mobiles, et donc ils sont beaucoup plus lourds et généralement plus couteux.



dimanche 24 octobre 2010

L'essence.









La pénurie d'essence qui enquiquine la France ces derniers jours, ne peut être qu'une excellente manière de nous rappeler gentiment notre rapport de dépendance envers les systèmes de supports, et de l'importance de l'énergie dans notre quotidien.

Quand bien même cette "pénurie" est donc plus enquiquinante que dramatique, elle reste cependant pour certains d'une logistique épuisante et stressante.

Si nos préparations prennent en compte certains besoins tels que l'eau, la nourriture et les premiers soins, il me parait logique de prendre en compte nos besoins en essences. Cette mise en place est d'autant plus importante pour ceux qui doivent prendre la voiture au quotidien pour ce rendre au travail, mais aussi au cas ou l'essence se ferait rare comme en ce moment, et qu'une urgence quelconque nous obligerait a utiliser nos voitures.

Ces situations d'urgence peuvent être de l'évacuation ou d'une urgence médicale par exemple, et ne pas avoir les possibilités dans ces moments critiques de se déplacer rapidement et jusqu'à une certaine destination pour cause d'un manque d'essence est sans aucun doute un risque facilement contournable.

Stocker l'essence dans des quantités importantes et sur le long terme est d'une logistique qui n'est pas évidente pour tout le monde. 
Un système simple et pragmatique consiste a avoir deux jerricans de 10 litres, et de ne jamais descendre en dessous de la moitié du réservoir avant de faire le plein.

Au premier passage a la pompe, nous remplissons nos deux jerricans et nous faisons le plein. J'entrepose les jerricans dans notre garage.
Quand j'arrive a la moitié du réservoir, je prends un jerrican et je le vide dans le réservoir, puis je vais a la station essence et je fais le plein du réservoir et du jerrican, ce qui devrait couter la moitié d'un plein, au cas ou il y aurait une restriction et donc une somme ou un volume a ne pas dépasser.
De retour au garage je mets le jerrican a l'essence la plus neuve derrière l'autre jerrican pour alterner l'essence.

Ce système simple de rotation me permet de toujours avoir un réservoir plein au cas ou, et de toujours avoir une essence "fraiche", sans pour autant devoir bidouiller avec des produits de stabilisation et une quantité importante de carburant dans le garage.

Mon choix du 2 x 10 litres est aussi du poids de chaque jerrican.
Au cas ou je ne serais pas disponible ou frappé d'incapacité, je voulais un système facilement manipulable par ma femme. 10 kilos a donc été notre limitation.




Au final, ce système marche a merveille…et nous l'utilisons depuis des années.
Avoir un système de secours quand a l'essence est comme nous le voyions aujourd'hui un moyen d'être un peu plus parés aux éventuels hoquets de nos systèmes de supports.



vendredi 22 octobre 2010

Comment se préparer a la survie urbaine.







Le milieu urbain est sans aucun doute une jungle qui mérite une attention particulière. La ville est souvent une source de calcules et de logistiques interminables pour la personne qui anticipe et se prépare. Il n'y a aucun doute que le milieu urbain est d'une nature fragile, d'une chimie abracadabrante plus ou moins stable, et ce geste de l'anticipation, de la préparation, me semble être un rapport approprié.

La chimie du milieu urbain commence par le commerce. Ce commerce est la germination d'une organisation complexe quand a la production et la distribution. Il me parait important de comprendre ce commerce, car il est inhérent a la fragilité de toute l'organisation. 
Les villes d'Europe, sont souvent construites en rapport a cette organisation de vas et viens, avec les quartiers riches a l'ouest, et les quartiers pauvres a l'est. Cette organisation est simplement du vent…qui d'un courant ouest-est pousse l'odeur des quartiers populaires et des usines loin des narines des riches. Paris est d'ailleurs un très bon exemple de cette organisation par l'odorat.

Mais la chimie du milieu urbain, est surtout aujourd'hui et pour notre intention de survie d'une pyramide inversée.
Tout en haut de cette pyramide il y a bien sur les habitants, les consciences. A ce niveau, la problématique est non seulement de la quantité, mais surtout de la quantité de différences. 
Statut sociale, religion, perception, croyance, histoire personnelle, besoin, idée, expérience, désir, intention, état d'esprit, compulsion, tendance, culture, humeur, habitude, possession, contrainte, mode, âge, sexe, politique, tempérament…bref, c'est une tempête de consciences qui cohabitent dans un espace limité.

Tout en bas de la pyramide, la pointe donc, se trouve la ville elle même. Ce niveau est d'une problématique de la gestion des habitants. Egouts, santé, ordre, fonctionnement, stockage, transports, finances, énergie, eau, nourriture, distribution, tourisme, habitat, communication, sont autant de sphères qui doivent répondre aux besoins toujours plus grands des habitants toujours plus nombreux et différents. C'est une gestion énorme qui se compose de milliers de systèmes.

Du feu rouge qui passe au vert au bon moment, a l'eau qui coule de milliers de robinets en même temps, en passant par le traitement de millions de tonnes de déchets, ces systèmes gouvernent le bon fonctionnement de la ville, et donc, ils gouvernent aussi les habitants, qui, sans ces systèmes seraient voués a l'abandon de la ville, car physiologiquement parlant, la ville par elle même est incapable de maintenir la vie. Pour être encore plus vicieux…la ville est d'une dépendance de l'ailleurs.

Toutes les bases du maintient de la vie pour l'homme, sont importées par la ville.
-Abri : La matière première est traitée ailleurs et transportée en ville pour la construction et le maintient des bâtiments.
-Eau : L'eau est pompée (donc dépendante de l'électricité) et traitée ailleurs, puis transportée en ville et stockée pour la consommation.
-Nourriture : La nourriture est d'ailleurs (d'un ailleurs de plus en plus loin), elle est ensuite traitée et transportée en ville pour sa consommation.
-Energie : L'énergie est récoltée, amassée et traitée avant d'arriver dans le milieu urbain (voir le monopole du gaz de ville sur l'Europe par la Russie). 
-Sécurité : Même si la ville a sa propre sécurité en place, celle-ci ne concerne que le maintient de l'ordre primaire. Une tension plus importante comme les émeutes de Los Angeles en 1992 par exemple, demande une sécurité plus musclée (militaire) qui réside ailleurs.

Cette construction "Shadocks" de la pointe en bas, est de la fragilité…car elle mise tout sur un commerce sain et fluide, et la boucle est bouclée.



La préparation a la survie dans le milieu urbain est donc de deux sphères complémentaires qui sont l'indépendance et l'évacuation.

1- L'indépendance.

L'indépendance est ici du maintient de la vie.
Puisque le milieu urbain est inerte sans le bon fonctionnement du vas et viens, et puisque ce fonctionnement est d'une fragilité morbide, le citadin se doit de se donner certains moyens.
Ces moyens sont bien sur en relation avec les bases du maintient de la vie…abri, eau, nourriture, énergie et sécurité. A ces bases, il me faut ici rajouter le soins, qui dans une situation difficile devient un pilier de la survie.

a) L'abri.
Notre maison ou appartement, doit subir une vision du manque et de la survie car il défini notre univers. Cette vision est donc des bases.
De l'isolation thermique a la sécurité, l'abris doit être optimisé et traité comme un refuge pragmatique offrant le plus d'avantages possible. 
Redéfinir le rôle de chaque pièces est important, car nos agencements modernes sont souvent inadaptés a une vie urbaine d'une nature autarcique et d'un profile bas. Il nous faut donc prendre en compte le vis a vis par exemple, la cuisson et donc la ventilation, la récupération de l'eau de pluie, le chauffage passif, la disposition et l'élimination des déchets, la lutte de l'incendie et bien sur la sécurité.

L'histoire de villes soumises a des tensions dramatiques comme Berlin, Londres, Beirut, la Nouvelle Orleans ou Madrid par exemple, est surtout l'histoire de l'optimisation de l'abris par les habitants. La régulation thermique des locataires est ici décisive. Nos planifications modernes sont de plus en plus attirées par un abris vaste et ouvert, avec très peu de petites pièces et un plafond haut…mais ce genre de plan est d'une régulation thermique difficile pendant l'hiver. Nos ancêtres, n'ayant pas le même rapport que nous a l'énergie, évoluaient dans des logements étroits et donc facilement régulés par un apport en énergie minime. 

La situation difficile en milieu urbain, est un retour immédiat a l'usage d'énergies rustres comme les habitants de Moscow pendant la chute de l'URSS peuvent en témoigner.
La réduction de l'espace de vie est presque toujours nécessaire en hiver, et l'utilisation de combustibles variés est une réalité incontournable. 

Pratiquement parlant, la première étape est ici de dessiner un plan de l'abri plus ou moins grossier, et d'observer les différentes caractéristiques qui composent le lieu. L'orientation et le rapport au soleil, la densité et la nature de chaque murs, la ventilation, le vis a vis, les matériaux (moquette, parquet, double vitrage, béton et ainsi de suite), l'élévation, l'agencement des pièces, la direction d'ouverture des portes, la pièce la plus isolée, la pièce la plus éloignée de la porte d'entrée, la pièce la plus froide, la pièce la plus chaude…bref, une étude poussée et engagée de votre lieu de résidence. 

La deuxième étape est de l'équipement. L'adaptation du logis en temps d'urgence est probablement incontournable. Il me serait impossible de faire ici une liste exhaustive et personnalisée de cette sphère, mais le bon sens et la logique dictent que des outils élémentaires comme marteau, scie, tournevis, pied de biche et pinces devraient trouvées leurs place au sein d'une boite a outil.
Le matériel pourrait aussi être de matériaux divers comme un tuyau d'arrosage, du duct tape, des conduits, de la corde, des clous, des vis, du film plastique et ainsi de suite.

Le manque de place en appartement est un réel casse-tête pour le citadin.
Cependant, il existe plusieurs moyens pour optimiser le rangement et l'organisation. Loin d'être petit comparé a l'appartement Parisien typique, notre premier appartement a Los Angeles a du subir une optimisation importante quand a la place. Los Angeles étant un désert, l'anticipation des problèmes liés au manque d'eau a vue notre appartement devoir accommoder un stock d'eau de plus de 200 litres soit un mois d'autonomie pour deux personnes.
Une des premières transformations a donc été de construire notre lit nous même, en prenant en compte la dimension de jerrycans d'environs 30 litres chacun. 





b) L'eau.

Cette sphère est incontestablement une logistique lourde et imposante, cependant, l'eau reste un de nos besoins les plus pertinent.
Même si je prends Paris comme exemple ici, les agglomérations du monde sont toutes plus ou moins identiques quand a la relation a l'eau. 

Un des premiers besoins physiologiques qui apparait lors d'un événement dramatique est le besoin de s'hydrater. Parallèlement, une des première ressource a disparaitre est l'eau potable. 
L'organisation ci-dessous est celle de la ville de Paris, mais elle est comparable a presque toutes les grandes villes du monde. L'information suivante est donc "personnalisée", et de ce fait j'encourage le citadin a faire une recherche poussée sur l'organisation de l'eau de sa ville. 

Paris compte plus de 2 100 000 habitants, et plus de 1 000 000 de personnes y travaillent chaque jour. Pour satisfaire la demande en eau, la ville de Paris distribue environs 550 000 m3 d'eau potable sur toute la capitale.

L'approvisionnement de Paris en eau provient a part égales de rivières comme la Seine et la Marne, et de sources situées jusqu'à 150 km de la ville. Cette organisation est plus ou moins la même a New York ou toute autre grande ville, c'est a dire que l'eau est captée et traitée en dehors de la ville, pour être ensuite amenée a des réservoirs et enfin a nos logements.

Les captages d'eaux souterraines sont dans un rayon de 80 a 150 km autour de la capitale, et cette organisation fournit la moitié des besoins de la ville en eau potable. En tout, il y a 102 zones de captages situées dans les régions de Sens, Provins, Fontainebleau et près de Dreux. 
Cette eau est pompée, puis acheminée à Paris par gravité jusqu'à un plan d'eau libre.

Les eaux superficielles (rivières, fleuves) sont prélevées dans la Seine et la Marne. Elles sont ensuite traitées dans 2 usines de potabilisation situées dans le sud-est de la région parisienne, a Orly sur la Seine, et a Joinville sur la Marne. Cette organisation fournit donc l'autre moitié de l'eau potable destinée aux Parisiens.

En tout, il y a 470 km d'aqueducs et plus de 3 600 km de conduites dans Paris.
Avant d'être distribuée, l'eau potable est stockée dans 5 réservoirs principaux d'une capacité totale de 1,4 million de m3 d'eau, soit un volume qui correspond a environs 2 jours de consommation Parisienne. Le réseau Parisien est cependant interconnecté avec l'ensemble du réseau de la banlieue, et en cas de besoin, les différents fournisseurs d'eau peuvent se porter mutuellement secours.

Voici une petite carte qui montre le réseau et l'organisation des eaux pour la ville de Paris. Même si ce système est triple, nos besoins en eau sont trop importants pour ne pas anticiper un problème sur un des maillons de la chaine, du pompage a la distribution.



La mise en place d'une indépendance plus ou moins longue quand a l'eau est multiple. Tout comme l'organisation des eaux de Paris, il nous faut décentraliser nos méthodes, et élargir nos possibilités.

Le stockage, même si lourd et encombrant, doit être de la panoplie du survivaliste Urbain.
Personnellement, je donnerais a ma famille un minimum d'un mois d'indépendance…soit 4 litres par personne et par jour. Si cette logistique est hors de question pour vous, alors je vous conseil fortement d'avoir simplement le plus possible.
Les méthodes de stockage sont variées, mais je reste fidèle au jerrycan pour 90% de notre stock, et le dernier 10% nous faisons tourner des bouteilles en plastique d'1/2 litre qui peuvent être facilement jetées dans la voiture en cas d'évacuation, distribuées en cas de besoin, ou simplement utilisées pendant la journée.


D'autres sources d'eau potable a ne pas négliger...


La deuxième sphère est ici de la récupération des eaux comme les fontaines (nombreuses a Paris) et l'eau de pluie par exemple. Le témoignage des survivants de toutes les villes ayant été soumises a des tensions extrêmes est toujours celui du transport et du stockage de l'eau. De la Nouvelle Orleans a Port-au-Prince, les habitants de ces villes ont tous été amenés a un moment ou un autre a transporter et stocker l'eau dans des quantités suffisamment rentables pour leurs besoins. 
Aucun doute donc, que le jerrycan a sa place dans l'arsenal du citadin.

La récupération de l'eau de pluie, même si complètement gouvernée par les nuages, est un investissement minime avec des possibilités de rendement énorme. 
Une bâche de 1m x 1m et une pluie d'1cm a un rendement d'environs 7 litres d'eau !
C'est 7 litres sans aucun effort, et sans risque.

La troisième sphère est ici du traitement de l'eau.
Les méthodes de purifications et de filtrations sont vastes, et un article entier sera prochainement dédié a cette sphère plus ou moins complexe, et remplie d'informations plus ou moins valides.
En attendant, un des outils qui devrait faire sa place dans tous les placards du monde est l'eau de Javel (non parfumée). Efficace, polyvalente et bon marché, l'eau de Javel est une ressource primordiale pour rendre l'eau potable et la conservée. Même si bouillir reste le moyen le plus efficace pour rendre l'eau potable, cette méthode est dépendante d'une énergie parfois rare, et dans certaines situation impossible a mettre en place.

Eau de Javel, et matériel de filtration et de purification.


Voici une petite formule simple.
2 goutes d'eau de Javel pour 1 litre d'eau.
Si l'eau est particulièrement trouble, doubler la formule.
Attention cependant a la date d'expiration…l'eau de Javel devrait subir une rotation tous les 6 mois.

Un simple entonnoir et quelques filtres a cafe font un système de filtration expéditif.



c) La nourriture.

Quand bien même la nourriture n'est pas une priorité physiologique, il nous faut bien admettre que notre corps fonctionne beaucoup mieux avec un apport calorique adapté, surtout dans une situation de survie ou l'effort physique et le stress influencent notre métabolisme au quotidien.
La sphère de la nourriture pour le citadin est trop souvent un rapport du juste a temps. Des magasins a nos placards de cuisine, un inventaire de 3 a 5 jours est principalement l'étendu des possibilités pour le plus grand nombre des personnes vivant en ville.

Tout comme l'eau, la nourriture est d'abords du stockage.
1 mois d'indépendance me semble ici aussi être un minimum. La clef du stockage n'a pas changée, stockez ce que vous mangez, et mangez ce que vous stockez.

Même si certains sont réticents quand a l'usage des boites de conserves, elles offrent cependant une nourriture stable dans le temps et sont d'une relation a l'énergie qui est adaptée a la survie. Elles ne sont pas dépendantes d'une méthode de réchauffage, et n'ont pas besoin d'eau pour leur préparation comme avec le riz, les pâtes ou les haricots par exemple.
Ceci étant dit, le rapport place/prix/longévité/rendement énergétique, est sans aucun doute du riz, des pâtes et des haricots, ainsi que certaines bases comme la farine, le sucre, le miel et le sel. Dans cette compréhension, le réchaud de camping se doit de faire partit de nos préparations pour pouvoir préparer cette nourriture mais aussi pour faire bouillir l'eau.
(voir les articles: "La cueillette de grande surface", "Les Mormons et la préparation", "Juste-a-temps", "Le réchaud" et "Le stockage de nourriture: pourquoi, comment et quoi")




Se procurer de la nourriture dans le milieu urbain sous tension n'est cependant pas impossible. Pigeons, chats, chiens, rats et insectes ont toujours été au menu du survivaliste urbain. Le piège est donc une sphère intéressante pour lui, et surement le sujet d'un article a venir.




d) L'énergie.




La course a l'énergie était, est et sera un pilier de la survie. La première ligne de défense est ici le réchaud de camping, et assez de carburant pour un minimum d'un mois.
Bougies, allumettes, briquets, piles, carburant, sont des exemples d'énergies que le survivaliste urbain devrait stocker des maintenant.

Cette sphère reste un des commerce les plus actif dans le milieu urbain stressé. L'énergie est un univers de la demande et du besoin constant pour le maintient de la vie. Chauffer, éclairer, transformer, transporter et s'informer sont des piliers de la survie qui ne peuvent exister sans l'énergie.




Des milliers d'astuces et de solutions sont a trouver et a penser. Une de ces astuces est d'acheter une lanterne de jardin solaire par exemple. Pour moins de 5 Euros, nous avons ici une source de lumière complètement indépendante de tout système, mais aussi un chargeur indépendant pour une pile AA.

Je l'emmène en "camping voiture" aussi...parfait pour le camp.


e) La sécurité.

Le milieu urbain est sans aucun doute fécond a la violence.
Quand bien même cette violence est plus ou moins contrôlée en temps "normaux", elle devient difficilement canalisable dans une situation difficile, principalement parce que les forces du désordre sont en manque immédiat d'effectif.
Les deux exemples les plus récents sont bien sur la Nouvelle Orleans et Haiti.

La première ligne de défense ici n'est pourtant pas l'arme.
Même si je pense que celle-ci a définitivement sa place dans nos préparations, elle reste cependant un outil de dernier recourt.

La sécurité, est avant tout de la relation.
Cette relation est du monde, parce que la relation est de nos sens, et c'est a travers eux que nous communiquons avec le monde.
La première ligne de défense est donc nous même.
L'anticipation est d'ailleurs de la vision lointaine.

Observer, écouter, sentir, sont autant de gestes qui servent notre sécurité.
Cette relation personnelle doit s'étendre a notre voisinage. Il m'est impossible d'envisager la survie urbaine sans prendre en compte mon voisin. La densité de population est ici incontournable, et quoi qu'il arrive, la relation est inhérente a cet environnement.

La deuxième ligne de défense est donc le voisin.
Cette préparation ne coute rien, et elle commence par "bonjour". Un effort de communication et de protocoles de bon voisinage est pour le survivaliste une méthode de survie qui implique la compréhension du comportement humain dans l'urgence, c'est a dire le besoin du nombre. Connaitre son voisin, c'est aussi connaître ses possibilités…et si il ne se passe jamais rien, un bon rapport entre voisins est de toute façons un positif. 

La dernière ligne de défense est donc l'arme.
Celle-ci devrait pouvoir s'adapter a un rapport de force en évolution constante. Des outils variés sont donc nécessaires. Du rapport de force de première catégorie (principalement verbal), a un rapport de force de troisième catégorie (menace direct de la vie), en passant par un rapport de deuxième catégorie (jeu de main, jeu de vilain), les outils doivent pouvoir répondre a un éventail de comportements plus ou moins violents.
Le minimum est ici d'avoir 2 ou 3 bombes lacrymogènes de bonne qualité pouvant être distribuées aux voisins de paliers.




f) Les soins.

Pendant que l'ouragan Katrina détruisait la ville de la Nouvelle Orleans et ses alentours, une migration importante vers les hôpitaux de la ville s'opérait. "University Hospital" s'est vite retrouvé débordé par une demande de soins écrasante. En plus de cette demande déstabilisante, l'hôpital a rapidement succombé a la montée des eaux, et a du fermer ses portes. L'abandon de l'hôpital a signé la mort de dizaines de patients.




La situation d'urgence est toujours le signe de cette migration vers les hôpitaux. Dans le milieu urbain, cette migration est décisive pour la logistique de l'hôpital, et il devient vite une jungle pour le personnel et le patient.
Avoir les moyens d'éviter d'avoir besoin des services d'urgences ou d'une aide médicale pendant une situation difficile est sans aucun doute pertinent et adapté. La trousse de premiers soins du survivaliste urbain devrait donc pouvoir traiter un éventail de blessures et de problèmes plus ou moins graves, sans avoir a risquer une migration vers les services de santés.




Il est évident ici, qu'un apprentissage du geste qui sauve est un atout majeur, et j'encourage tout le monde de suivre des cours de premiers soins au travers de la croix rouge par exemple.
Il est aussi évident, que certaines situations sont hors de portées du simple certificat de premiers secours, et que le voyage a l'hôpital est parfois incontournable.
Cependant, avoir les moyens de stabiliser une fracture ou de stopper une hémorragie avant ce voyage est il me semble une nécessité.



Un autre aspect de la sphère des soins est de la prévention des maladies, comme nous pouvons le voir en ce moment avec l'épidémie de choléra qui a déjà fait presque 200 morts a Haiti.
Principalement, cette prévention s'organise autour de l'hygiène. Un des plus gros problème au sein d'une survie urbaine est le traitement et l'élimination des déchets.
Sans le bon fonctionnement de la plomberie moderne et la prise en main des déchets par la ville, le citadin devra faire face a une logistique de l'élimination qui surpassera toutes les autres.
Simplement parlant…achetez beaucoup de sacs en plastic et de sacs poubelle, et ajoutez une bouteille d'eau de Javel a celle prévue pour le traitement de l'eau.




2- L'évacuation.

Même si la survie urbaine dans des conditions horribles est possible (comme le ghetto de Warsaw pendant la deuxième guerre mondiale par exemple, ou la population était limitée a 186 calories par jours!), une logistique de l'évacuation doit faire partit intégrante de nos possibilités d'actions.

L'évacuation est parfois simplement nécessaire.
Pour le citadin, cette sphère doit être explorée, et un plan doit être formulé.
Attendre la dernière minute pour penser a l'évacuation d'une ville de million d'habitants comme Paris est un défi précaire. L'évacuation demande une certaine préparation que nous avons déjà vu sur les articles concernant le BUG OUT ou "la philosophie des-cartes", et que nous verrons encore prochainement. 




Au final, la préparation a la survie en milieu urbain doit pouvoir nous donner le plus de choix et de possibilités dans la réponse, avant le scénario Katrina, avant les émeutes, avant la coupure des systèmes de supports, avant la pandémie, avant l'inondation, avant le hoquet boursier, avant les problèmes de distributions, avant le manque, avant l'attentat terroriste ou l'événement quelconque qui pourrait soumettre la ville a des tensions trop importantes par rapport a son organisation complexe et dépendante d'un ailleurs.

Anticiper ne serait-ce qu'une semaine d'indépendance est aujourd'hui un must pour le citadin. Les gouvernements Américains et Canadiens par exemple, encouragent d'ailleurs leurs citoyens a se préparer et se responsabiliser quand a des situations d'urgences, et pour de bonnes raisons, car ils savent qu'en cas de situation difficile au sein du milieu urbain, ils auront énormément de mal a venir en aide a la population.
La nouvelle Orleans est un témoignage implacable de ce fait.