dimanche 5 décembre 2010

Une introduction a l'attention.






Au centre de la survie se tient l'attention.

L'attention, est d'un rapport a notre univers qui influence radicalement nos chances de survie. En fait, l'attention, est avec notre héritage biologique et instinctif, le pilier de la survie le plus pertinent. 

L'attention influence nos possibilités bien avant la construction de systèmes, bien avant les connaissances, les savoirs faire, la planification et que sais-je encore, parce que sans elle, nous évoluons au sein de notre univers en déconnexion totale avec notre environnement, mais aussi et surtout peut être avec nous même, et donc avec la totalité de nos moyens de communication avec le monde qui sont nos sens.
Notre niveau d'attention joue alors un rôle prédominant dans notre quotidien, mais aussi durant une situation d'urgence.

L'attention est une discipline. Comme toute discipline, l'attention se travaille.

Aujourd'hui, nos vies s'organisent autour d'une surcharge de l'information sensorielle laissant très peu de place au maintient d'une attention accrue.
Une simple promenade en foret suffit d'ailleurs, pour que nos sens et notre attention reviennent plus ou moins soudainement a un fonctionnement engagé et présent…nous sommes des lors d'une attention plus intense et soutenue.

Etre attentif, être de l'attention, c'est d'abords être du présent.

Quand bien même je me promène sur les grandes rues marchandes d'une ville, quand bien même j'existe pour l'autre, et l'autre existe pour moi, quand bien même mes pas sont du lâcher prise et que mon souffle est de l'instant, je ne suis pas la plupart du temps du présent, de l'attention.


L'information, ou plus précisément la surinformation, éblouie mon attention de ses lumières artifices, de ses sons colporteurs, de ses intentions écartelantes et de ses odeurs mémoires. C'est un détournement continu de mes sens et de mon attention…de mon présent et donc de ma présence.
Mais cette surinformation ne s'arrête pas au monde "extérieur". En moi, ce détournement s'opère tout aussi facilement et inconsciemment. Une odeur attire une mémoire, une idée s'invite, une pensée roule et prend de la vitesse…

Nous évoluons alors dans un monde personnalisé et défait d'attention. 




Cette "condition", est appelée "condition blanche".
La condition blanche reflète une attention minime. La plupart de nos "accidents", sont d'ailleurs le résultat de ce niveau d'attention.
Si la condition blanche est sans doute acceptable devant nos télés et derrière nos portes verrouillées, elle ne l'est pas ailleurs.

Un contributeur important de la non-attention est l'automatisme.
L'automatisme, est l'évolution dans notre environnement en condition blanche, et s'avère être le plus souvent d'une routine qui nous plonge dans le geste inconscient. L'automatisme et la routine, est un fonctionnement qui se repose sur une utilisation minime de nos sens.

Alors, "faire attention", est pour le survivaliste la première "règle". 
Si le survivaliste rentre dans un magasin, et puisqu'il est attention, il fera l'inventaire de toutes les sorties de secours par exemple. 

Un "jeu" s'installe alors, et ce jeu est de l'attention, de la présence.

La survie en milieu urbain ou en montagne est d'abords de l'attention. Si j'évolue en condition blanche, que ce soit en plein milieu de Toronto ou seul en foret, il n'y a aucune différence quand a mes responsabilités au sein de mon univers, et 3 secondes sans attention est souvent la différence entre la vie et la situation de survie.
Puisque nous sommes plus que jamais destinés a ne pas utiliser notre attention pleinement, nous mettons en place des systèmes qui anticipes plus ou moins nos automatismes.

L'outil est alors souvent un substitut pour l'attention.
Si je ne fait pas attention quand je prépare un feu, et que je me coupe la main, alors mes systèmes de premiers soins viennent soigner l'effet du manque d'attention.


Il me semble tout aussi important de développer notre attention, que de mettre en place des systèmes pouvant prolonger la vie…



7 commentaires:

  1. J'avais lu quelque part : "L'attention est la vie même".

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  2. Bonjour,

    Je tenais tout de même, dans un premier temps à féliciter "l'ensemble" de ce blog que je trouve d'un intérêt tout bonnement essentiel.
    Je le trouve très pertinent et je salue cette démarche que de nous faire découvrir et de nous enseigner le Survivalisme. C'est du gros et du bon travail, et je ne peux qu'encourrager à continuer de partager ces connaissances !

    J'aime beaucoup ce sujet en particulier qui touche réellement chaque instant de notre vie et je ne peux qu'insister dessus avec une humble participation.


    Pour prendre un exemple de tous les jours : La voiture, ou l'auto, comme disent les Canadiens. :)

    Etant elle aussi un engin de mort, le premier moyen de rester en vie, c'est d'être attentif puisque 90% de la conduite se fait avec la Vue, et seulement 5% avec l'Ouie ; les autres sens sont très mineurs. L'odorat par exemple n'intervient qu'en cas de problème mécanique. C'est primordial d'avoir 100% d'attention puisqu'à ne serait ce que 50km/h, on parcourt 14 mètres en une seconde. C'est beaucoup, surtout que l'inattention dure parfois plus d'une seconde.

    Maintenant, pour ancrer encore plus la nécessité d'être attentif,On peut parler de l'homéostasie du risque. Qu'est ce que c'est ? C'est le "mécanisme comportemental" qui explique pourquoi on a le plus de chance d'avoir un accident (ici de voiture) par beau temps, sur une ligne droite, tout seul, sur un trajet qu'on connait, dans une auto en bon état ect...

    Paradoxalement, là ou il y a le moins d'accidents, c'est en hiver, par vents et par neige, et pour faire court : Là ou c'est pourtant le plus dangereux. Ce n'est pas un mythe, c'est incroyable mais il en est ainsi. La raison est tout bonnement le sujet même de cette page : L'attention.

    " Pourquoi faire attention alors que je roule sur un trajet que je fais tous les jours, que j'ai une très bonne visibilité par ce beau temps, dans cette ligne droite ? Je peux même, si j'en ai envie me permettre de faire un petit excès de vitesse, passer un coup de fil à un pote puisque je ne vois aucun danger à l'horizon, que tout baigne ". Et là, c'est le drame.

    Par contre, dans les endroits dangereux, les routes montagneuses, verglacées, je suis "attentif" car le danger est évident. D'ailleurs, des panneaux de danger sont là pour faire écho à ma perception du danger. Je suis à 100% dans ma tache de conduite et je reste en vie.

    Je choisi le parallélisme avec l'automobile parce que c'est pour moi un des exemples les plus communs mais comme l'a justement dit notre ami, l'Attention, c'est la règle la plus élèmentaire.

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  3. voir prévoir anticiper

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  4. règle N.1 que j'explique à mes enfants: "Be here now".

    "sois-présent maintenant".

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  5. Je pratique une sorte de méditation qui s'appelle Zazen, vivre l'instant présent...
    Notre esprit est soit dans le futur ou le passé, nous pouvons fairre des kilométres en voiture sans nous soucier de la route parce que nous la connaissons, nous faisons nos taches ménagéres de la même maniére, notre vie est ainsi, c'est un un travail immense que de vivre le présent.
    J'adore ce blog, Volwest tu donnes des lettres de noblesses au survivalisme.

    Neville

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  6. J'ai toujours eu le sentiment que pour être indépendants, vivre en autarcie tout en demeurant responsable, il est évident que l'esprit, dans le sens de la pensée en action, doit être clair...
    Ce qui nécessite trois choses, l'attention, l'intention et la visualisation.
    Je m'explique : être attentionné est important, mais si l'on n'y ajoute pas l'intention d'être attentionné, cela ne marche pas ! De plus, si l'on ne visualise pas bien la situation, que l'on soit attentionné, même avec l'intention de bien faire, cela ne suffit pas non plus... Il faut réunir les trois pour pouvoir faire face à tout imprévu me semble t'il... Et pour moi les trois englobés cela donne : LA VIGILANCE ! (pas dans le sens du vigile qui surveille tout, mais bien dans le sens d'un éveil des sens, soutenu en période d'instabilité ou d'imprévu possible, allié à la volonté d'obtenir une bonne visualisation de ce que l'on est prêt à faire pour la préservation de sa vie ! Dans le respect de la vie d'autrui... bien sûr !) Et chapeau bas pour ton blog, je découvre, mais c'est de plus en plus génial !

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