mercredi 29 décembre 2010

La fin de l'humain.









"La fin du monde", est un sujet de conversation banal dans le cercle "survivalisé" qui occupe mon attention chaque jour. L'effondrement de l'économie, la pandémie, le changement climatique, le super-volcan, la guerre atomique…les scénarios et les idées se dispersent sur les forums comme un fermier disperse la graine au vent, espérant être prêt pour la récolte un matin d'aout.

Quand bien même le monde est bien l'endroit ou nous évoluons, nous l'humain, quand bien même il est cet ensemble de possibles, tantôt biologique, tantôt de la matière, ce monde n'est pas dépendant de notre espèce pour être.
Quand nous parlons de la fin du monde, nous chuchotons en fait la fin de l'humain…

Personnellement, l'humain me semble être aujourd'hui tellement déconnecté, que m'éloigner de son système de pensé, de son comportement, de ses traditions, de sa forme, de ce "moule"…est une discipline qui a pour moi du sens.

Chaque jour, nos constructions, nos systèmes, nos citadelles, s'effritent et révèlent une érosion palpable. Notre dépendance grandissante, non en tant qu'espèce mais en tant qu'individus, en tant que consciences, est simplement un cancer.

Se préparer a l'effondrement de l'économie, a la pandémie, au changement climatique, a l'éruption du super-volcan, a la guerre atomique ou que sais-je encore est un geste qui s'éparpille dans le monde de l'anticipation comme un enfant se prépare a la gifle…et nous sommes pour la plupart, ses enfants qui se préparent plus ou moins bien a la gifle.


40 000 personnes en Irlande du nord sont au jour d'aujourd'hui sans eau depuis plus d'une semaine (11 jours). L'information hivernale qui se propage sur nos postes de télévisions en ce moment, reflète notre dépendance grandissante envers une infrastructure de plus en plus fragile.
Ce qui était pour nos grands-parents un inconvénient, est pour nous "extraordinaire" et "catastrophique"…

Les Irlandais attendent l'eau.


Si en tant que citoyen, en tant qu'être responsable de notre propre conscience nous étions d'un rapport au monde qui n'est pas de la dépendance, alors nous n'aurions pas ce besoin omniprésent de dépeindre l'événement comme étant extraordinaire, pour justifier notre déconnection et notre incompétence.


De la neige et du froid en hiver, n'est pas un événement extraordinaire. Certains hivers sont plus difficiles que d'autres, certains hivers sont d'une tension plus dramatique sur nos systèmes de supports que d'autres, mais ceci n'est pas une découverte météorologique, ou une excuse valable pour notre manque d'éveil et d'attention.





L'événement extraordinaire, est notre dépendance, et le fait que nous nous comportons comme des enfants face a ce monde. Cette enfance perpétuée en partie par notre manque totale de responsabilisation, et notre prise en charge par nos systèmes et nos gouvernements (ils sont les premiers a nous maintenir dans notre enfance par l'interdiction systématique de pouvoir nous affirmer en tant qu'adultes) est l'événement extraordinaire de ces 30 dernières années.

L'événement extraordinaire, est que 40 000 individus sont dépendants d'un "autre" pour un besoin physiologique aussi important que l'eau.
L'événement extraordinaire, est que certains trouvent révoltant le fait que nos aéroports soient paralysés par la neige et le froid.
L'événement extraordinaire, est que la plupart d'entre nous vivons au rythme de nos systèmes de supports, et que quand ceux-ci souffrent d'un dysfonctionnement quelconque, nous soyons étonnés et sans ressources.

Il n'y a aucune différence physique, entre un réfugier dépendant d'une intervention gouvernementale pour le maintient de sa vie et celle de sa famille, et le citoyen.
Si demain, cette respiration artificielle que sont nos systèmes de supports s'éteignait, cesserions-nous de fonctionner…? Serait-il question ici de la fin de l'humain ?

Si nous observons l'impact d'un événement tel que Katrina, ou l'effondrement de l'URSS par exemple, le dénominateur commun est toujours la tension plus ou moins dévastatrice exercée par l'événement sur nos systèmes de supports.
La distribution de l'eau, de la nourriture, du pétrole, de l'électricité, du gaz naturelle, la transportation des individus, des commodités, des déchets, la sécurité…si ces systèmes tombent, l'humain se trouve dans une situation dramatique, parce que inhabitué a être autonome et inhabitué a répondre a ses propres besoins.

Le survivalisme, n'est rien d'autre que de minimiser ou d'éliminer notre condition de dépendance face a ces systèmes…et non d'anticiper la gifle.

Le survivalisme est de la désobéissance, parce que désobéir est ici le signe d'un refus calculé et systématique de voir nos consciences être fragilisées par un système qui fonctionne sur un principe de dépendance collective et massive.
Le survivalisme est de la désobéissance, parce que désobéir est ici le signe d'un refus de perpétuer un esclavagisme pervers.

Nous sommes les esclaves de nos systèmes de supports, et nous n'avons que les libertés que nos systèmes de supports nous accordent…
Etes-vous vraiment libre si demain l'eau ne coulait plus de vos robinets ?
Etes-vous vraiment libre si demain la nourriture était soumise a une inflation de 1000% ?
Etes-vous vraiment libre si demain le gaz naturelle cessait de chauffer vos maisons ?
Etes-vous vraiment libre si demain l'électricité était taxée de 1000% ou arrêtait de faire fonctionner vos frigos ?
Etes-vous vraiment libre si demain le pétrole n'était plus ?


Une nouvelle année approche…un nouveau demain!




1 commentaire:

  1. Salut

    J'ai rencontré ton blog courant 2013, au moment ou j'ai commencé à m'intérresser au survivalisme, aussi j'ai décidé de consulter ton blog depuis le début, je trouve ce que tu dis plein de bon sens mais affolant également, nous sommes totalement dépendant de nos supports et même s'ils s'effondrent que pouvons-nous faire ? Où que sommes nous capables de faire ? Nous ne savons même plus penser par nous mêmes, les T.V le font à notre place.
    Le survivalisme ce n'est pas simplement avoir un gun à la maison, il faut apprendre à vouloir changer et surtout en profondeur, c'est un travail immense qui peut porter ses fruits.

    Stay safe.
    Neville

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