lundi 22 novembre 2010

Le scénario "vert".






Le scénario "vert" est d'une durée allant de 0 a 10 jours.
Ce scénario est de tensions courtes mais pouvant être très intenses. Si nous nous attardons sur l'étude de la probabilité quand a l'évaluation du risque, nous nous apercevons très vite que le scénario vert est celui que nous rencontrons le plus souvent.

Le scénario vert est par exemple la panne de courant. Quand bien même une rupture des réseaux électriques n'est généralement pas d'une nature dramatique car souvent de très courte durée, elle peut quand même avoir des effets important sur nos organisations comme nous avons eu l'occasion de l'observer plus d'une fois, avec les coupures massives d'électricité sur le continent Nord Américain. Ces coupures ont affectées une quantité impressionnante de systèmes comme les hôpitaux, les distributeurs d'argent, les pompes a essences et les transports en commun.

Bien sur, le scénario vert est aussi de la situation de survie propulsée par un événement naturel tel que l'inondation, le froid extreme, la canicule, et le tremblement de terre par exemple.



 Que ce soit une interruption du bon fonctionnement de nos systèmes de supports ou une canicule, le scénario vert devrait être d'une préparation et d'une responsabilisation évidente puisque nous sommes tous confrontés a ce type de situation a un moment donné dans nos vies, et qu'il n'y a aucun moyen d'y échapper.

Puisque ce scénario est d'une nature omniprésente, il me parait nécessaire de concentrer nos efforts sur la mise en place de moyens ayant pour but de minimiser l'impact de ce genre de situation sur nos vies, et celles de nos familles.

Quand bien même il est ici question d'un événement d'une courte durée, nous ne pouvons pas nous laisser aller a l'idée que nos systèmes d'urgences ou nos gouvernements auraient les moyens de nous prendre en charge ou de nous sauver.
L'organisation et la logistique mise en place par nos gouvernements pour les situations d'urgences ne sont que très limitées, et elles ne peuvent en aucun cas s'occuper et gérer une situation ou des milliers voir des millions d'individus seraient en danger. 

La préparation s'organise donc ici autour d'une indépendance face a nos systèmes de supports allant jusqu'à 10 jours.
Quand bien même les sites gouvernementaux prônent une préparation minimum de 72 heures, et que 72 heures d'autonomie est sans aucun doute mieux que rien, il me semble plus pertinent de nos jours de pouvoir répondre a nos propres besoins sur une durée plus importante.

Le problème du raisonnement gouvernemental, est qu'il ne prend en compte que l'événement même (tornade, séisme, tempête, acte terroriste, défaillance des systèmes de supports…), alors que l'événement a lui seul, ne peut pas être une donnée suffisante pour la mise en place d'une préparation quelconque.
La situation d'urgence est souvent comme un accident de voiture. L'accident même est effectivement l'événement dramatique, mais le temps qui s'écoule entre l'événement même et le rétablissement complet de la victime est bien plus important que nous aimerions le penser.




Si nous ne prenons en compte que l'événement, alors effectivement, 72 heures pourrait nous sembler approprié dans la plupart des cas. L'ouragan Katrina, "l'événement dramatique", a effectivement influencé la destinée de bon nombre d'individus sur une durée inférieur a 72 heures (évacuation obligatoire de toute la zone)…mais l'impact de l'événement, influence encore aujourd'hui la région et la population touchée.

7 jours après l'événement Katrina, il n'y avait toujours pas d'eau, toujours pas d'électricité, toujours pas d'aide suffisamment adéquate, tout simplement parce que les services d'urgences sur place se sont retrouvés débordés par les événements, et que la situation est tombée dans les oubliettes administratives et politiques d'un gouvernement maladroit.

N'oublions pas non plus une chose importante concernant les services d'urgences tels que les pompiers, les ambulanciers, les docteurs, les infirmiers, les policiers, les gendarmes, les opérateurs, les techniciens et que sais-je encore…c'est que tout ce personnel est humain. Cette évidence veux bien dire que ce personnel est lui aussi soumit a l'événement et l'apres événement, que lui aussi se doit de se préoccuper de sa propre famille, et que dans une situation dramatique ce personnel pourrait ne pas être disponible.

En plus du personnel d'urgence pouvant ne pas être au rendez-vous, c'est toute une présence de pères, de mères, de frères, de soeurs, d'amis et de voisins, occupant des rôles plus ou moins importants au sein de nos sociétés, qui pourraient ne plus être de la partie. Ces rôles sont du chauffeur de bus, du conducteur de métro, du technicien en laboratoire, du pharmacien, du boucher, du dentiste, de l'éboueur, du banquier, de l'électricien, du plombier, de l'ouvrier, du routier, du pompiste, de la caissière…

Qui s'occupe du bon fonctionnement de l'usine du traitement des eaux si 50%, 70%, 90% du personnel n'est plus présent ? Qui transporte et délivre la nourriture a nos supermarché "Juste-a-temps", si la plupart des routiers s'occupent d'évacuer leurs propre familles ? Qui va défendre votre famille si les forces de l'ordre ont un effectif réduit et un ordre de mission autre que la protection du citoyen ?

Cette construction dressée sur la présence d'un personnel limité pour le bon fonctionnement de systèmes vitaux pour des milliers voir des millions de personnes, est une réalité qui s'est découverte durant Katrina.
Une énorme partie du personnel d'urgence et du personnel de maintient de la ville de la Nouvelle Orléans s'est retrouvée a devoir évacuer, et donc délaisser un rôle primordiale au sein d'une communauté dévastée.

Des outils simples et efficaces.

Nous devrions tous être capable de minimiser l'impact d'un scénario vert. Nous devrions tous nous donner les moyens de ne pas devenir des victimes, mais des participants actifs et sereins. Nous devrions tous avoir les moyens d'apporter des solutions au sein de nos familles et de nos communautés.
Quelque soit l'événement, la solution est toujours la même. La préparation n'est pas une question de savoir si nous sommes prêt a affronter ceci ou cela, mais de savoir pour combien de temps nous pouvons être de la solution, et non du problème.

Si la logistique de la préparation est d'un scénario, ce scénario est le plus souvent de la durée.
Si l'anticipation de l'événement dramatique est d'un scénario, ce scénario est le plus souvent de la durée.

Puisque la solution est toujours de l'indépendance, et puisque le futur est plus ou moins de l'inconnu, il nous est inutile de tenter une voyance étroite et subjective d'un possible qui pourrait ne jamais voir le jour.
Si je me donne les moyens d'être plus ou moins confortablement autonome pendant 10 jours, alors je me donne les moyens de minimiser l'impact d'un événement quelconque pendant cette durée.

Un moyen efficace de préparer la nourriture et de bouillir l'eau.


Pragmatiquement, cette organisation est encore et toujours de l'eau, de la nourriture, de l'abri, de l'énergie, du soin et de la protection. C'est ici l'univers de "s'abriter sur place" ou le BUG IN.
Puisque nous nous limitons a une durée précise, la mise en place de nos propres systèmes de supports est facilement négociable.
C'est par exemple 40 litres d'eau par personne, 10 jours de calories adaptées a notre métabolisme et 10 jours d'énergie adaptée a notre environnement.

40 litres d'eau potable.


Si je me donne les moyens d'être indépendant de tous nos systèmes de supports, alors je me donne les moyens de m'adapter a n'importe quelle situation, a n'importe quel événement, mais aussi aux conséquences de cet événement. Bien sur, "se donner les moyens" n'est en aucun cas une promesse de réussite, mais bien une responsabilisation face a la réalité de notre monde.

En parallèle de la préparation, un effort de sensibilisation a notre environnement et de conscientisation est nécessaire dans notre quotidien. La plupart d'entre nous évoluons plus ou moins fréquemment dans un monde plus ou moins peuplé "d'autres", et cet autre n'est pas toujours d'une philosophie basée sur la non-agression.
Dans une situation de survie, cette sensibilisation est encore plus importante, car ceux la qui sont soudainement gouvernés par le manque, la peur, le besoin et la désespérance, risquent de mettre en danger notre propre famille.


L'autre aspect complémentaire de la préparation au scénario vert est l'évacuation ou le "BUG OUT".
Que nous soyons confrontés a un scénario vert, orange ou rouge, devoir évacuer notre lieu de résidence est toujours une possibilité qu'il nous faut planifier et préparer. Quand bien même ce geste n'est pas idéal, surtout en famille, la construction d'un sac d'évacuation (Bug Out Bag) et d'un EDC (Every-Day-Carry), est une mise en place incontournable. 






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