samedi 27 novembre 2010

Le scénario "rouge".






1 individu sur 4, soit 1,5 milliards, vit aujourd'hui comme nous vivions il y a 6000 ans.


Quand bien même la survie dans le temps reste d'un scénario peu probable, elle se doit d'être étudiée. La survie dans le temps est d'un univers ou la tension est toujours présente après 90 jours. C'est un scénario "rouge" (de 1 a 10 jours = vert, de 10 a 90 jours = orange, et de 90 a une durée indéterminée = rouge) qui demande une préparation spécialisée.

La mise en place de systèmes visant a l'indépendance de l'individu et du clan doit être progressive, et s'aligner avec les 3 couleurs. Puisque nous subissons beaucoup plus de scénarios "vert" (pannes d'électricité, coupures d'eau, accidents, incendies, tempêtes, inondations, panne de voiture…), un effort de concentration sur les systèmes pouvant maintenir la vie sur une période de moins de 10 jours est donc une priorité.

La préparation n'est jamais d'une mise en place immédiate…elle s'installe petit a petit et donc il me parait logique que nos systèmes se développent d'une manière graduelle et disciplinée, et suivant une organisation du plus probable.
Il est plus probable que ma famille subisse une coupure d'électricité pendant quelques heures, qu'une guerre atomique. 
Il est plus probable que mes poubelles ne soient pas relevées pendant quelques jours suite a une grève, qu'un météore s'écrase sur Paris. 
Il est plus probable que nous subissions une coupure d'eau, qu'un changement climatique dramatique et globale.


La préparation au scénario rouge est pourtant pertinente, car quand bien même cet événement est peu probable, il reste celui qui monopolise nos esprits.
Le tremblement de terre a Haiti, est un exemple du développement d'un scénario rouge qui cristallise le fait que l'événement même (le tremblement de terre), est non seulement dramatique, mais ses conséquences sont d'une nature capable de prolonger la situation bien au delà de 90 jours, avec par exemple la propagation de maladies telles que le choléra, et la constance d'une insécurité tant physique que psychologique, que physiologique.

Il nous faut aussi admettre, qu'un scénario vert est tout a fait capable de se transformer en scénario orange, et le scénario orange en rouge.
Cette progression alarmante est due a l'interconnexion et donc la fragilité de nos systèmes de supports, mais aussi a la fragilité de toutes nos organisations sociales. Une simple panne de courant, est alors capable d'évoluer en émeutes par exemple. 

Si le scénario orange nous dictes une préparation s'organisant autour de systèmes renouvelables et soutenables, le scénario rouge, lui,  s'organise autour du maintient de ces systèmes.
Le savoir faire, et les moyens d'exprimer ce savoir faire devient ici important.

Si nous prenons l'exemple de la nourriture, nous pouvons voir l'évolution des solutions et des gestes quand a la survie.
- Scénario vert :
La nourriture est prête a la consommation. Elle est d'aliments tels que les conserves, les produits surgelés, les légumes, les produits lyophilisés, bref, d'aliments directement accessibles et consommables.

- Scénario orange :
La nourriture se compose d'aliments toujours prêt a la consommation et venant de nos préparations au scénario vert, mais commence a s'étendre a une consommation d'aliments devant être préparés et manipulés comme la farine, les animaux de petites tailles (Insectes, pigeons, rats, poules, serpents, chats, chiens, lapins…), la nourriture récupérée et la cueillette de produits directement accessibles et courants (jardins et arbres fruitiers)…bref, d'aliments directement reconnaissables, mais demandant une certaine manipulation. Manipulation qui dicte la nature du matériel et de nos systèmes, mais aussi de nos connaissances.

- Scénario rouge :
La nourriture prête a la consommation du scénario vert devient ici rare et de grande valeur, et la nourriture directement reconnaissable du scénario orange s'épuise.
L'apport calorique est alors de la connaissance et des savoirs faire tels que la cueillette de plantes sauvages, la chasse, la pêche, et l'agriculture.
L'alimentation au sein du scénario rouge est d'une organisation de gestes que nous avons pour la plupart complètement oubliés.

Quand bien même nos ancêtres étaient des chasseurs / cueilleurs, ils étaient avant tout des chasseurs (on ne dit pas "cueilleur / chasseur"). Survivre, et plus pertinemment vivre, demande un apport calorique conséquent et adapté.
Cet apport calorique conséquent, est invariablement de la chasse et de la pêche.
L'expédition de Lewis et Clark entre 1804 et 1806 par exemple, était la première expédition Américaine a traverser les Etats-Unis d'est en ouest. 
L'apport moyen d'un homme faisant partit de cette expédition était d'environ 4 kilos de viande par jour.

Les Indiens d'Amérique du nord considéraient la cueillette comme un apport complémentaire a la viande de cerf et de bison, d'élan et de perdrix, mais en aucun cas voyaient-il les plantes sauvages comme le centre d'une alimentation adaptée a l'effort.

Seul "l'agriculture moderne" est capable de fournir un apport nutritif quelque peu adapté a une dépense énergétique conséquente. Le mais, les lentilles, le haricot et le riz, sont sans doute des exemples pertinents d'apports nutritifs ayant des rôles plus importants au sein de la nutrition, mais la logistique de cette agriculture est souvent lourde et inadaptée a certaines latitudes.

Quand bien même la logistique de l'agriculture est plus ou moins lourde, avoir les moyens de mettre en place ce genre d'apport nutritif est intéressant au sein du scénario rouge. L'agriculture est alors de deux sphères. Une sphère qui s'organise autour de notre résidence, et une sphère qui s'organise autour de la mobilité de nos systèmes. Notons ici que la moitié de l'humanité cultive…et que 3/4 de cette moitié le fait a la main, avec des outils inchangés depuis plus de 6000 ans. 

La méthode d'agriculture qui me semble être la plus pertinente et offrir le plus de solutions adaptées au scénario rouge est la Permaculture. Non seulement la Permaculture offre des méthodes simples et efficaces quand a la production d'une alimentation variée et riche, mais elle offre aussi une organisation du "jardin" qui n'est pas soumise a l'évidence. C'est le "jardin invisible".
Le principe est ici de faire que tout ce qui est planté soit comestible et d'une organisation "sauvage" et variée, s'éloignant donc de notre agriculture moderne reposant sur la rangée et la monoculture.

Rendement typique d'une organisation permaculturique.


Bien sur, au sein d'un scénario rouge, la possibilité de devoir être gouvernée par une migration est assez importante. Les paramètres de cette migration reposent entre autre sur les conditions et la nature de l'événement dramatique. Quoi qu'il arrive, et ou que nous allions, nos besoins caloriques ne seront pas moindre.
La solution ici est alors de la graine.

Au sein de mes caches réciproques, et complétant un matériel de l'essentiel, se trouve des paquets de graines. Les graines nous offrent la possibilité de pouvoir planter, selon les saisons et les climats, des jardins basés sur un design permaculturique. 
Il est d'ailleurs intéressant de noter que nos gouvernements ont eux aussi mis en place dans des bunkers sous-terrains des banques de graines pour le "au cas ou".

Exemple de graines, mais, carottes et betteraves.


Que ce soit du jardin banlieusard, de la ferme éloignée ou du balcon parisien, tout ce que nous plantons des aujourd'hui, devrait être comestible et d'une agriculture soutenable. Dans le cas échéant ou nous sommes obligés d'abandonner la sécurité relative de nos nids, la mise en place de banques de graines décentralisées est une préparation simple et efficace pour le scénario allant au delà de 90 jours.

Quand bien même la préparation a l'agriculture "guérilla" est sans aucun doute une sphère incontournable et complémentaire dans le temps, les méthodes d'apports en calories suffisantes pour l'effort dans un milieu sous tensions restent la chasse et la pêche.
Il n'y a aucun groupe d'individu vivant, ou ayant vécu primitivement sur cette terre, qui se contante d'une alimentation uniquement basée sur la cueillette. Les végétariens du monde moderne, évoluant au travers d'un scénario rouge, redeviendront omnivores.

Les outils de chasse et de pêche sont ici plus ou moins élaborés, mais en aucun cas définissent-ils cette sphère. La chasse et la pêche est du savoir faire. De la mise en place de pièges, a savoir "lire" la rivière, de la traque au traitement et a la conservation de la viande, cet univers est d'une connaissance plus ou moins complexe…la pêche étant la moins complexe. D'ailleurs, la nourriture de base d'une personne sur 5 aujourd'hui est du poisson.
Simplement, il est encore une fois impossible de nourrir une famille de 4 sur du thé d'aiguilles de pin et 3 morelles.

Pièges a rats et a souris, petits, léger, simples et efficaces.
Le lance pierre est un outil de chasse pertinent.
Un simple arc offre des possibilités plus vastes.


Le survivaliste se doit donc de se concentrer ici sur les savoirs faire liés a la terre, et la mise en place de systèmes et de techniques soutenables, ayant un rapport énergétique adapté a un univers sous tensions. Je n'ai absolument rien contre les connaissances liées aux plantes sauvages, tant que nous sommes conscients que nos besoins caloriques sont bien plus importants que ce qu'un pissenlit est capable de nous apporter.


La sphère de l'eau au sein d'un scénario rouge est de la récupération, du transport, d'une filtration primitive et de l'ébullition. Nos filtres a carbone et nos méthodes de désinfections sont ici épuisés. Il nous reste les méthodes de filtrations primitives et l'ébullition.
Rendre l'eau potable efficacement demande un outil adapté…et cet outil est encore et toujours un récipient en métal assez large pour rendre l'opération valable. C'est la marmite, la casserole, la popote.
Le minimum du potentiel de la popote doit être de 2 litres. Construire un feu ou utiliser un combustible maintenant rare pour un rendement inférieur a 2 litres d'eau potable est un gâchis de nos précieuses ressources, et les individus vivant la survie au quotidien en témoignes.

Pas de quart sous les tentes Darfouriennes.


De la deuxième guerre mondial a Darfour en passant par Haiti, la Nouvelle Orleans et Bagdad, avoir les moyens de transporter (et donc de stocker) un volume conséquent d'eau est primordiale, surtout pour les familles.

Le Jerrycan reste un des 10 outils les plus utilisé par les pros de la survie long terme. 


L'énergie du scénario rouge fait elle aussi un retour en arrière. Si l'évolution de nos énergies est du bois au charbon, et du charbon au pétrole et au gaz naturel, le scénario rouge est principalement d'un retour au bois.
Si la Russie décidait demain de stopper l'exportation de son gaz naturel sur l'Europe, la plupart des individus touchés retourneraient a l'univers du bois.
Ce retour a l'univers du bois signe un effort particulier.
Se chauffer au bois, mais aussi cuisiner, demande un volume et un effort considérable, surtout l'hiver.




A l'exception de quelques villes comme Moscou par exemple, ou le charbon et le gaz naturel a continué son travail de maintient de la température et de la préparation de la nourriture, l'effondrement de l'URSS a vu la plupart de ses citoyens revenir a l'utilisation du bois.
La question ici est combien de temps pouvons nous maintenir une température ambiante raisonnable au sein de nos foyers et sans nos systèmes de supports tels que le gaz ou l'électricité.

L'énergie renouvelable capable d'alimenter un réseau plus ou moins important telle que le solaire par exemple, est ici extrêmement intéressante, mais aussi délicate car elle est synonyme d'une sédentarité incertaine.
Les systèmes solaires portables pour le maintient d'outils consommateurs de piles électriques (radios, lampes torches…) sont pertinents et sans doute appréciables, mais en aucun cas devraient-ils être nécessaires a la survie, après tout, 1,6 milliards d'individus vivent sans électricité aujourd'hui.

Au final, l'énergie qui s'organise autour d'un scénario de plus de 90 jours est de l'outil a main, et qui dit outil a main dit consommation accrue de calories.




La sécurité du scénario orange est d'une organisation des forces et des moyens.
Il est impossible de maintenir une sécurité lourde tout en étant soumit a un retour du travail a la main, sans un nombre important d'individus pouvant assurer différents rôles.
La ou le scénario vert éparpille les forces, le scénario orange et surtout rouge invite la collaboration et le retour a la réciprocité. 

Le .22LR est polyvalent, simple d'utilisation et d'un calibre répandu. 


Autant les scénarios verts et oranges sont sans doute plus difficiles a gérer pour le citadin, le scénario rouge est complètement imprévisible quand a son impact sur nos organisations sociales.

Il est évident que si nous pouvions choisir notre environnement au sein d'un événement tel que Katrina ou le tremblement de terre a Haiti par exemple, qu'une maison plus ou moins isolée a la campagne aurait été beaucoup moins soumise a l'événement et l'âpres événement qu'un appartement en plein milieu du centre ville.
Cependant, si nous prenons l'effondrement de l'URSS comme exemple de scénario rouge, le milieu urbain a dans ce cas été beaucoup moins touché que le milieu rural. Dans les villes, les services de transports en communs ont continués de rouler, et les systèmes de supports, même si inconsistants ont continués de fonctionner.

Le milieu rurale a lui été soumit a des tensions extrêmes telles que des coupures d'eau massives et l'effondrement totale du maintient des routes et des systèmes de supports.
Si le milieu urbain est d'une sécurité complexe, le milieu rurale est d'une transportation et d'un isolement difficile.

Dans les deux cas, le travail reste d'une indépendance et d'une adaptabilité infléchissante face a l'événement, mais surtout aux conséquences de cet événement.




5 commentaires:

  1. Hugh collègue !

    Je préfère l'échelle de durée de crise proposée par NineseveN (http://neardeathexperiments.com/smf/index.php?topic=22), à savoir :
    1- l'urgence (72h max),
    2- la merde qui tape le ventilo (situation de crise de moins de 30 jours),
    3- la fin du monde tel que nous le connaissons (K2KK sur plus de 30 jours).

    Qu'en penses-tu ?

    Il est vrai qu'au bout d'un certain nombre de jours risquent d'apparaître des gens affamés qui vont poser problème donc à un stock de nourriture doit correspondre un stock de munitions...:-(

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  2. Salut Canis…

    Ce que j'en pense ?
    la différence est d'une mathématique qui n'est pas nécessaire. Mon intention est d'exprimer une certaine indépendance quand a nos systèmes de supports.
    Si tu préfères un modèle basé sur ce que propose NineseveN, et que ce modèle t'amène a vivre cette indépendance, et bien je suis content.


    Tu remarques que je ne suis pas rentré dans les détails d'une préparation modulaire (équipements et préparations) quand aux scénarios vert, orange et rouge…je ne sais pas si comme tu dis a un stock de nourriture doit correspondre un stock de munitions.
    J'ose espérer, que la solution au problème "des affamés", ne se résume pas a devoir avoir un stock de munitions suffisant pour pouvoir préserver notre propre nourriture.

    C'est aussi dans cet esprit que ce blog a été crée, pour peut être éviter ce genre de dérapage quand a la sphère de l'urgence et de la survie.
    Quand bien même le conflit est sans doute inévitable dans certaines situations, je prône la coopération et le travail en amont de l'urgence, et non des solutions visant a nous enfermer dans des scénarios ou la survie ressemble a un film Hollywoodien…ou barricadés et armés jusqu'aux dents nous serions a même de repousser des hordes d'affamés.

    Se défendre par la force, n'est pas un geste qui est a prendre a la légère…et comme je l'exprime dans les derniers articles, la gestion d'une famille affamée par la force est d'un impact psychologique terrifiant…tout au moins en ce qui me concerne.

    A un stock de nourriture, doit correspondre une planification qui prend en compte "l'autre"…et il serait dommage de résumer cette planification a un stock de munitions conséquent.
    Donner la mort pour sa propre survie devrait être une solution de dernier recourt…et si ta survie, et la survie de ta famille dépend d'un stock de nourriture unique, c'est que tu n'a pas exploré et mis en place des systèmes prenant en compte certaines éventualités avant l'événement.

    Ce qui pose problème ne sont pas les gens affamés, mais le manque d'adaptabilité de ceux la qui ne le sont pas…encore.

    a+ l'ami.
    volwest

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  3. "coopération et travail en amont de l'urgence"

    Bah... Quand tout va bien (ou presque), les gens ne veulent pas entendre parler de preps, ils te prennent pour un illuminé anxieux et paranoïaque :-). J'ai plus ou moins renoncé et je ne suis pas le seul.

    Quand je parlais de stocker des munitions, ce n'est pas dans le but d'achever les pauvres gens affamés mais plutôt de se défendre contre les gens armés qui viendraient te dévaliser par la force, pour leur propre estomac ou pour faire du profit avec ton stock de nourriture.

    Mon collègue garde ses vieux paquets de riz, pâtes et autres aliments de longue conservation dont la date limite d'utilisation optimale est dépassée. En fait il s'est un peu planté question gestion du stock donc il met ça de côté pour le troc ou éventuellement le don à des refugees.

    Qu'entends-tu par : "des systèmes prenant en compte certaines éventualités avant l'événement." ?

    @+

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  4. C'est vrai que pendant que tout va bien la plupart d'entre nous ne voulons pas entendre parler de préparation, d'anticipation ou de gestion.
    Mais je remarque surtout, que durant un événement difficile, les gens ont dans la majorité cet esprit de coopération.

    J'ai témoigné de cela plus d'une fois, et pas seulement durant des événements plutôt simple a gérer. Des tremblements de terre conséquents aux émeutes de Los Angeles en passant par la Nouvelle Orleans, le collectif se réveil soudainement, et se sert les coudes. Bien sur, certains éléments seront toujours de l'autre coté de la barrière, et leurs comportements seront toujours de la violence et de la force, et la, je te rejoint dans ton sentiment. Je voulais juste être clair quand a l'usage de la force.

    Pour ta question, je parle ici de systèmes basés sur la décentralisation, et prenants en compte le fait qu'il est parfois plus adapté d'abandonner notre principale lieu de résidence, plutôt que de le défendre.

    a+ l'ami.

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  5. Site très intéressant.
    Quelques remarques sur (1) les possibilités de survie sous nos latitudes grâce à la chasse avec des armes primitives (arc, lance-pierres etc..).
    2°)le régime alimentaire des tribus relativement récentes de chasseurs-collecteurs (appellation qui a remplacé celle de chasseurs -cueilleurs)

    1°)J'ai de gros doutes au sujet du premier point. Plusieurs raisons :

    -La chasse à l'arc est pratiquée en France avec un arc et des flèches différents de ceux du tir sportif. Les gars reviennent bredouilles à 99,9% à un point tel qu'ils n'emportent même pas de carnier.

    Ayant passé il-y-a une douzaine d'années une licence d'Ethnologie il m'a été donné de voir de nombreux films tournés par les ethnologues eux-mêmes et d'assister à leurs interventions. J'en ai retiré l'impression que la chasse avec de tels moyens était pour le moins hasardeuse. Je me souviens du "rite de passage" d'un jeune Africain (à vue d'oeil 19 ans) qui devait dans un espace de trois jours tuer avec son arc un oiseau. Nib de nib. Les bestioles le repéraient et s'envolaient ou la flèche passait à côté. Il fut sauvé le troisième jour par une intervention (secrète) de sa mère qui lui fit parvenir un oiseau (tué par quelqu'un d'autre et par d'autres moyens).

    Autre exemple chez les Papous. Ils avaient abandonné la chasse, trop difficile, élevaient des cochons noirs et cultivaient (mal) de petits jardins. Ils vivaient dans un état de faim permanente Le seul moment de bombance imbécile arrivait une fois par an. Ils attachaient les cochons aux cases et leur tiraient dessus à cinq mètres de distance. Les pauvres bêtes lardées de flêches tiraient sur leur corde, gémissaient, couinaient. Elles ne comprenaient pas ce qui leur arrivait, ayant été pendant un an cajolées, caressées, gratouillées etc.. Enc...és de Papous! Ne venez pas me parler de bons sauvages. Suivait un festin idiot de viande et de vin de palme ou la nourriture de toute une année était engloutie en 48 heures.

    J'ai bien d'autres exemples en tête mais ne voudrais pas lasser le public. Je suppose que la chasse à l'arc ne doit être vraiment rentable que dans certain cas, celui par exemple des Indiens des Grandes Plaines capables de cerner à cheval un troupeau de bisons, de séparer quelques individus et de les abattre.

    2°) Les chasseurs-collecteurs que nous étudiâmes ( des tribus de Bornéo) pratiquaient fort peu la chasse (sauf dans le cas d'une aubaine) mais beaucoup la collecte (de mollusques, de fruits, de baies). Ils se déplaçaient continuellement bien-sûr, l'univers dans lequel il trouvaient leur subsistance étant provisoirement mais très rapidement épuisé. Savez vous combien de temps ils "travaillaient"? Deux à trois heures par jour d'après l'ethnologue?. Prenez-en de la graine et voyez ce que vous coûtent vos écrans plats et vos iPad.

    En conclusion je ne m'embarrasserais pas d'un arc sauf pour la défense (voir le film "Délivrance" )mais de lignes de toute grosseur, de plombs, d'hameçons, d'appâts etc...et si je ne devais garder qu'un couteau ce serait un kukri népalais (l'arme des Gurkhas pour le corps à corps) arme polyvalente avec laquelle on peut couper du bois, découper de la viande, et faire passer le goût du pain à un attaquant. Sa lame en est courbe et est plus lourde dans sa partie supérieure, ce qui fait qu'elle a un effet de hache (c'est une des fonctions de ce couteau chez les paysans népalais). Sa poignée est souvent percée d'un trou (sinon on peut le percer soi-même) par lequel on peut passer une lanière de cuir pour l'assurer autour du poignet. Il est maintenant fabriqué dans des aciers au carbone qui peuvent être affûtés façon rasoir. A bon entendeur...
    Bonne soirée à tout le monde.

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