vendredi 8 octobre 2010

Les enfants de la verte.





Une prise de position particulière et inhérente a l'anticipation du risque et a la sphère de l'évacuation que je rencontre fréquemment, est celle de l'individu, et plus précisément de l'homme, qui aura prit la décision de se voir survivre une catastrophe quelconque dans le milieu naturel.
Peu importe pour cet individu la nature de la catastrophe et les complexités de la situation, la solution pour lui est quoi qu'il arrive de partir dans les bois, et d'y survivre dans le temps avec un matériel plus ou moins adapté.

Cette vision n'est pas rare, et nombreux sont ceux qui anticipes et se tournent vers une logistique "Robinson Crusoé", voyant la société comme un navire s'échouant sur les rochers de l'inévitable, et trouvant refuge au sein d'une nature bienveillante et simple, ou l'homme se doit d'être de nouveau un homme.

Cette vision particulière qui hante nos "forteresses-de-tables" ou nos cabanes dans les arbres pour nous les garçons, est un héritage complexe et audacieux…un désir de solitude caché et silencieux, qui ce murmure a nos oreilles au travers de certaines tendances biologiques et chimiques.


Robinson Crusoé, Mad Max et Je suis une légende…sont par exemple des histoires symbolisant ce désir et cette position de se voir confronter le monde dans une certaine solitude qui par défaut, transforme ces caractères en représentants d'une force qui s'éprouve et s'exprime difficilement de nos jours.
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ces 3 mousquetaires de la survie sont soumis aux mêmes épreuves, qui se résument a une mathématique simple et direct et qui ne s'adresse qu'a leurs frères.

Il est vrai que de nos jours, l'homme est difficilement capable d'exprimer pleinement et consciemment certains fantômes biologiques qui hantent les couloirs de son bureau, de sa voiture ou de son domicile. L'homme est devenu mou, "metro-sexuel" et conforme a une peinture "modernistique" qui n'envisage plus depuis longtemps de perpétuer une tendance plus sauvage et moins civilisée. 


Alors, comme un chien qui ne connaît jamais le mordre et la chasse, il reste juvénile. Il se réfugie dans l'imagination et la compulsion, la frustration parfois. Si il y a une chose dont je suis absolument certain, c'est que l'homme n'est pas construit pour rester assis sur une chaise de bureau 40 heures par semaines pendant 42 ans. Notre construction, notre dessein, est du geste qui s'aligne avec une certaine nature en relation avec la survie au sein de notre univers.

L'adaptation a la vie moderne, a été et est encore plus ou moins difficile pour certains. Même si la relation au monde reste dans le concept la même que celle de nos ancêtres, elle est beaucoup moins évidente et palpable. Il me parait alors évident que les séminaires dans la nature pour les cadres supérieurs ou les stages de survie sont des réponses adaptées a entre autre, un besoin biologique de l'homme de se confronter a autre chose que son  téléphone portable et les embouteillages périphériques.



Dans la sphère de la gestion du risque et au cœur du survivalisme, ce tient un débat plus ou moins cohérent et nutritif quand a la réponse a certaines situations. Les autoroutes sont ici d'une fausse dualité qui est résumée au Bug in et au Bug Out. 
L'un tend au retranchement et l'autre a l'évacuation. Même si beaucoup anticipent une adaptabilité sereine qui prend en compte les deux sphères, certains sont toujours dépendant d'un axe plus ou moins définit et s'abandonnent a l'ivresse d'une solution unique.

Personnellement, il me parait évident que la préparation se doit d'anticiper un éventail large de possibles, et donc le retranchement et l'évacuation ne sont pas des sphères opposées mais bien complémentaires l'une de l'autre.
Si une situation quelconque se présente a mon univers, ma réaction s'adaptera en fonction de certaines chances de survie…et puisqu'il m'est impossible de prédire la situation, il me faut bien mettre en place des systèmes complémentaires et avoir une vision englobante et souple du risque.

Cependant, certains s'obstinent a une vision de fuite dans les bois…et je pense qu'un regard démystificateur s'impose a cette réponse.

Il me faut d'abords faire ici une parenthèse, pour dire que la survie dans la nature est complètement possible, et bien des exemples modernes nous permettent d'en faire le témoignage. Aussi, mon expérience dans le milieu naturel me permet d'avoir une opinion plus ou moins objective de cet univers que je continue de côtoyer fréquemment, seul, en couple, et en groupe, sans pour autant être un expert...loin de la.

Le maintient de la vie dans la nature est une affaire complexe d'énergie.
Couper, creuser, se nourrir, s'abreuver, fabriquer, marcher, tirer, courir, s'abriter, construire, préparer, cuisiner, faire, réchauffer, réparer, se soigner, observer, maintenir, nettoyer, couper…sont autant de gestes qui occupent une place incontournable dans le quotidien, et ces gestes sont plus ou moins gouvernés par le maintient d'un apport en énergie. 

Cette relation énergie/geste est elle même plus ou moins gouvernée par l'environnement. Dans mes montagnes par exemple, il m'est impossible de recueillir l'énergie requise par mon corps pour le maintient du geste, sans la chasse ou la pêche. La flore, indépendamment de la saison, est simplement trop maigre dans les environs pour m'assurer un geste soutenable dans le temps.
La survie est alors ici dépendante d'un univers chasse qui doit être d'un rendement important, et d'un effort minimale. 



La nature n'est pas un supermarché…La densité de population, l'élargissement des villes, l'agriculture moderne, la pollution de nos rivières et la construction de barrages sont autant de paramètres qui font de notre univers un cousin anémique de la nature d'autrefois.
Bien sur il y a des régions moins habitées, moins dérangées, et donc plus aptes a un rendement énergétique adapté au maintient de la vie, mais généralement, l'individu qui voit l'évacuation dans la nature comme solution viable n'habite que très rarement ce type de région.

Tout ceci, est évidement relier a l'individu.
Si nous rajoutons maintenant la sphère collective a la sphère individuelle, nous nous trouvons face a une problématique du monde moderne, qui est la densité de population et le rôle du collectif inconscient.

L'homme est donc d'un certain héritage. Un de ces héritages est de la "topographie". Il est évident, que si je propose a un individu de choisir entre deux lieux pour sa survie, il choisira l'endroit qui selon lui offre le plus de critères spécifiques au maintient de la vie. Ces critères semblent parfois "personnels", mais ils ne sont que l'expression de milliers d'années d'expérience. 
Si je propose le même choix a 1000 hommes, ils prouverons tous que cet héritage est très particulier, et tous choisirons le même endroit.



L'individu qui envisage une fuite en foret de nos jours, ne sera j'en est bien peur jamais seul…ou tout du moins pas pour très longtemps, car des milliers "d'autres" auront au préalable fait la même démarche. 
Quand je vivais dans le désert de Mohave au milieu de nul part, je sortais tous les jours rejoindre mon endroit préféré. Un petit genévrier tordu donnant sur un canyon était parfait pour observer les oiseaux et les lapins.
Des milliers d'hectares, des milliers de genévriers, des milliers de possibles.
Un jours, mon oncle et moi marchions dans la direction de "mon coin", et je lui proposais de le lui faire découvrir. Lui aussi avait un coin, et bien sur, nous avions choisit le même arbre.

La densité de population est ici primordial.
La notre était de deux.

L'héritage "topographique" combiné avec une densité de population importante est une recette implacable. Même dans mon état du Montana, même en poussant loin la démarche de solitude, il m'est difficile de trouver un endroit propice a la survie qui n'a pas vu l'empreinte de l'homme.
Ces endroits, sont un aimant pour nous.
Croire que nous pouvons éviter la rencontre dans un milieu naturel après une catastrophe quelconque est une supercherie, surtout si cet endroit est a moins de 2 heures d'une densité de population importante.

Ajoutons maintenant la sphère familiale.
Un ami, il y a quelques années de cela quand je vivais encore a Los Angeles, m'expliquait son plan d'évacuation au cas ou nous aurions a re-vivre les émeutes de 1992, ou un tremblement de terre important. Son plan était assez solide, et se tournait bien évidement sur une évacuation familiale en milieu naturel, et plus précisément la foret de Los Padres.

Avec lui il avait une femme et 2 enfants de moins de 10 ans sans aucune expérience de la nature. Son plan était d'aller camper dans la foret...
Sans même parler des besoins physiologiques de toute la famille, sans même approcher le sujet complexe de la nutrition, de la thermorégulation ou de la sécurité, et en restant sur une base de camping avec du matériel, il faut bien nous rendre a l'évidence que vivre dans la nature avec une petite famille qui n'a jamais fait l'expérience d'une nuit sous une tente demande beaucoup de travail…pas impossible soit, mais ajoutons maintenant les menstruations de sa femme, une sale coupure a sa main dominante après un exploit a la hache, un petit peu de diarrhée du a une hygiène de camp administrée au lance pierre, le mauvais choix des vêtements, trois jours de pluie, des fourmis dans le riz, une petite qui pète un câble et un groupe de connards qui s'installent a 500 mètres, et nous avons un gros problème.

Quand bien même le choix est parfois tout fait, et la situation gouverne nos mouvements et nos possibilités au sein de l'évacuation, maintenir la vie dans la nature est une affaire complexe. C'est pour cela d'ailleurs que nous avons des experts du milieu naturel, c'est pour cela par exemple que les militaires font des stages très poussés et spécifiques a cette sphère.
Maintenir la vie dans la nature est tout simplement un apprentissage énorme, qui prend des années, voir toute une vie, et cet apprentissage n'est pas possible sans une habituation et une expérience sur le terrain.









13 commentaires:

  1. Toi qui habite le Montana, tu connais peut-être Mister Elpel qui fait de la "vie primitive".
    Son bouquin m'a beaucoup inspiré : Primitive living, self-sufficieny & survival skills. En gros tu apprends à vivre comme un homme des cavernes (en quelques sortes les compétences "BIOS" de l'homo erectus).
    Trèèèèèèès instructif !

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  2. Salut Canis...
    Oui…il y a plusieurs écoles primitives aux alentours.
    Effectivement très intéressant et instructif.

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  3. Bonjour Volwest,
    et bien vu...
    Dans le cadre d'émeute, c'est vrai que j'aurais tendance à isoler ma famille pour la protéger car ici en France, ce n'est pas facile de se défendre. Mais se barricader chez soi n'est pas si mal finalement avec une bonne préparation. Merci

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  4. Oui la préparation est clef.
    Je reviendrai d'ailleurs sur la sécurité rurale et urbaine, et a la sphère de l'émeute qui est bien souvent une constance des situations difficiles.

    a+ Samuel, et merci a toi.

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  5. As-tu lu le roman "L'ile mystérieuse" de Jules Verne ? c'est passionnant sur la manière de survivre en pleine nature. Comment re-créer un certain confort à partir de rien!

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  6. Salut,

    Oui l'ile mystérieuse et aussi Robinson bien sur..enfin, surtout Vendredi!
    Intéressant que tu utiles le terme "recréer" non ?
    a+

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  7. Super article
    Très clairvoyant!
    Effectivement vivre dans la nature qu'en on a grandi la dedans c'est possible. J'ai pour exemple les tribus nomades d’Asie super adaptées à leurs environnements.
    Par contre avoir le phantasme de pouvoir faire vivre une famille habituée au confort des villes plus de 4 jours dans les bois en mode survie est une autre affaire.

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  8. Quel beau texte, je ne sais que dire qui ne l'est pas déjà été écrit plus haut....cette synthèse résume quasiment tout ce qui me tient à coeur et la vision que j'en partage....

    Bonne continuation à toi l'ami.....

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  9. Salut Vol
    Comme un chien qui ne connait jamais le mordre et la chasse, il reste juvenile. Il se réfugie dans l'imagination et la compulsion, la frustration parfois...

    Tu as tout dit mon pote, ce que tu viens d'écrire m'a prit au tripes...
    Stay safe man, stay safe

    P.S: Vol, fais pas la connerie de changer.
    Neville

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  10. Je pense que le coté retour a la nature fait parti de nos fantasmes inconscient en cas de catastrophe j'imagine mal la population Parisienne migré gentiment ver la verte. Après avoir vécu a Paris j’habite un petit village sur un territoire très étendu 200 âmes nous connaissons bien la moitié de nos voisin, très bien 30 d'entre eux et l'autre moitiés plus occasionnel (fête et autre rdv). Nos fermiers son devenue des amis, les chasseurs aussi même si je ne chasse pas je leur fait l’honneur de la table. Je pense que nous pouvons nous en sortir s'il y a un gros problem ici nous somme solidaire malgré les opinions différents sur le monde ici si j'ai besoin d'un coup de main je peux conté sur les autre et vice versa. Mes amis parisiens de visite trouve cela extraordinaire mon frère a même conçu un vélo avec adaptateur pour rail SNCF afin d’évacué au plus vite paris et nous rejoindre. En bref il est très dure de faire poussé des légume en sous bois vivre en foret veux dire "Frai, froid, humide, moisi..." naturellement rare son les hommes au milieu de la forêt mes très fréquent en lisière. voila mon avis seul ont est entouré de danger regroupé les connaissances et savoir faire de chacun sont un gain de temps et d'énergie. "Le loup ne s’attaque que rarement au troupeau il lui préfère la brebis isolé".

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  11. J’adore cet article. J’habite dans les Rocheuses Canadiennes et une de mes passions l’hiver c’est de faire du camping, (du vrai sans tente ni dans un chalet, directement dans la neige au milieu de la forêt) et aussi des expéditions toujours en hiver dans la neige, du genre 10 / 15 jours en autonomie in the middle of nowhere, avec ou sans traineau à chien. C'est éprouvant physiquement et mentalement, et le moindre faux pas de la part de l'un d'entre nous peut devenir une catastrophe viral pour le groupe... Certaine fois il arrive qu’un de mes amis veuillent essayer le «vrai camping d’hiver» on organise alors un weekend non loin de la maison, au cas ou la personne ne supporte pas la nuit et le froid et pète sa coche... Bref, rien que de voir la personne en question par -25° essayer d’allumer le MSR sans quitter ses moufles pour faire chauffer sa bouffe, et d’entendre à 6h le lendemain matin pendant que toi tu dors encore, la question qui tue « C’est bon, maintenant on plie et on rentre ? c’est ça ? hein dis moi ! » je ne peux m'empêcher de sourire et de repenser à la pertinence de cet article !!

    Du plus loin que je me souvienne de la France, de l’Italie, ou de l’Espagne, je ne vois pas l’endroit où l’on pourrait évacuer en nature sans voir rappliquer une horde de pèlerin qui viendrait squatter nos quartiers. Je pense sincèrement que peux d’entre nous, peuvent conjuguer les paramètres de vouloir s’équiper pour évacuer en nature, être sur le terrain pour s’entrainer régulièrement à le faire, et entrainer également sa famille, (au moins celle qui est proche, femme, enfants), obtenir un CPR First Aid (40 ou 60 heures) vital pour ce genre de projet et vivre au bon endroit pour avoir accès dans un délai raisonnable dépendamment du type de menace, à un lieu plus où moins isolé.

    C’est sans compter que le jour « J » le stress sera de la partie... et le stress n’était pas inclus dans vos entrainements... Hahaha ! Too bad !

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