dimanche 10 octobre 2010

Le survivalisme en pratique - 1 -









On me demande souvent si la préparation et l'anticipation ne sont pas une perte de temps et d'argent, ou une gestion dramatique de la tension.
Quand bien même certaines personnes trouvent le survivalisme intéressant théoriquement et peut être même philosophiquement, la préparation semble toujours être confrontée a une résistance collective.

Si il me fallait débattre de la validité du survivalisme au sain d'une sphère purement intellectuelle, il est évident que la nature même de ce geste se perdrait dans le mes-lires-mes-mots d'un débat stérile et sans fin.
L'approche du survivaliste est un engagement particulier, qui n'a pas la capacité de toucher le collectif tant sa vision du monde s'engage sur un chemin inconfortable pour la plupart.

L'erreur est ici de perpétuité l'écho d'une mise en place dramatique, et donc de perdre de vue le pragmatisme inhérent de la préparation.

Le survivalisme en pratique, n'est que très rarement d'une situation catastrophique. En fait, le survivalisme en pratique est souvent d'une chaine de petits événements plus ou moins intenses, comme la situation des habitants d'une banlieue de Boston en mai de cette année, ou une conduite d'alimentation d'eau a subit une fuite énorme de 30.2 millions de litres par heure, et avec comme conséquence la contamination de l'eau potable de plus de 2 millions d'habitants.

Ne plus avoir d'eau potable sur une densité de population aussi énorme pendant quelques jours est une réalité inconfortable, sans pour autant être la fin du monde. L'événement lui même n'est pas catastrophique, mais comme tous les événements, il expose et met en relief certains faits, et surtout, il rend la préparation palpable.

En moins de quelques heures, tous les supermarchés des environs n'avaient plus une bouteille d'eau a vendre. Quelques heures plus tard, plus aucune assiette en carton. La ruée vers l'eau est intense, et certains supermarchés sont obligés de fermer leurs portes pour des raisons de sécurités.
Le deuxième jours, l'armée distribue des milliers de bouteilles d'eau dans les rues…et l'état d'urgence est déclaré par le maire de Boston.
L'université de Boston, avec 32 557 étudiants, distribue plus de 10 000 bouteilles d'eau le premier jour, et 28 800 le deuxième.

Pour le collectif, cet événement est déstabilisant, et la dépendance gouverne chaque geste et chaque décision.
Pour le survivaliste, cet événement est un exemple parmi des centaines du pragmatisme et de la liberté qu'offre le survivalisme.


2 commentaires:

  1. Bonjour Vol,
    Effectivement, la démarche souffre de la dramatisation qu'elle évoque inévitablement.

    Mais cela ne relève-t-il pas plus de la conséquence d'un choix que d'un fatum. Ce choix qui est celui de la dénomination, l'affichage social de la démarche : "survivalisme"...
    J'avoue m'être interrogé sur l'origine et la portée exacte de ce nom. La logique voudrait que, à défaut de fondateur ou de berceau, l'on désigne une démarche par son objectif.
    Cet objectif, dans le sens de l'état achevé de la démarche, est-il de "survivre", autrement dit de n'assumer que la satisfaction des stricts besoins physiologiques corporels sans épanouissement ou vie spirituelle ? C'est là le propre de toute forme de vie, de chercher à se prolonger, pour elle-même, sans autre considération que sa propre continuité. Mais nous évoquons ici une démarche de l'esprit, entreprise en « temps calmes », alors même que nous ne sommes pas en stricte riposte à des situations d’enjeu vital.
    C'est pour cela que je ne peux me résoudre à nommer cette démarche "survivalisme". Survivre est, au pire, une étape, dans le cheminement le plus éxtrême.
    La démarche que je lis au fil de tes articles, et qui correspond à un besoin que je ressens effectivement, est bien plus générale, moins "anecdotique" (je place les guillemets pour ne pas blesser, mesurant que nous parlons ici d'enjeux vitaux, mais ramenant ces situations à leur dimensions statistiques restreintes), moins spectaculaire également (cela me rappelle un titre des Innocents sur Un homme extraordinaire...)
    Il s’agit, sauf contresens de ma part, de se réapproprier tout ou majeure partie de sa capacité à réagir, à fonctionner dans toutes les latitudes d'action que suppose la condition d’une espèce auto-située au sommet du règne animal.
    A mon sens, cette démarche serait plus justement désignée comme le « Responsabilisme », visant à redevenir un être reponsable, au sens premier du terme, apte à répondre. Une démarche pour se placer, se maintenir, se projeter, en capacité de répondre le plus pertinement possible, à un évenement, une situation.
    En passant en revue une partie de ce qui s’écrit, se filme, sur le « survivalisme », je rejoins tes propos : la très grande majorité des outils, des compétences, des processus, sont destinés à permettre, dans un contexte dégradé, une poursuite d’activité dans des conditions de perturbation minimes. Les niveaux critiques varient, mais les situations de réelle alternative mort/vie sont très rares. Si je me brise une jambe hors recours possible à une structure de soins organisée, la pose d’une attelle va limiter à la fois ma douleur et les risques de handicap futur. C’est très important, évidement…mais ma vie n’est pas en jeu. C’est (je remets des guillemets pour ne pas heurter) une démarche de « confort » qui ne relève pas de la survie.
    La grande difficulté éprouvée à faire passer l’idée dans les esprits tient à cela : nommer la démarche par sa composante éxtrême et dramatique..

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  2. Oui le terme de "responsabilisme" me plait bien...il va droit au but, sans essayer d'être sexy.
    Mais celui de "survivalisme" fait fantasmer = c'est du marketing...
    Même si je partage la plupart des idées de Volwest, aujourd'hui je ne me sens pas "survivaliste".
    Il faut appeler un chat un chat.

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