lundi 4 octobre 2010

La fin du monde...











Un stigmate pertinent et de taille attaché au Survivalisme, est sans aucun doute celui qui tend a dépeindre le survivaliste comme un individu souhaitant plus ou moins consciemment "la fin du monde".
Il est vrai que la préparation comme l'entreprend certains survivalistes, semble pour beaucoup un geste extreme ne pouvant qu'anticiper une apocalypse, ne pouvant exprimer autre chose que la négation d'un monde en mouvement…d'un monde tourné vers un futur stable et d'une certaine prospérité.

Cet extrémisme souvent enraciné dans la religion et la prophétie, se caractérise et se cristallise dans le collectif inconscient au travers d'un sentiment de ruine globale, que le cinema Hollywoodien se fait un plaisir d'exploiter au travers de films comme 2012.

Bien sur, l'extrémisme n'est pas seulement une affaire de religion a proprement parler, mais plus sournoisement de croyance. Croire est d'ailleurs un passe-temps favori de l'Homme, et il y consacre sa vie. Cette croyance gouverne et influence nos comportements par la mise en place d'une auto-suggestion constante comme:
-Je dois être aimé.
-C'est absolument horrible quand les choses ne vont pas bien.
-Toute ma souffrance vient de l'extérieur, des autres.
-Je devrais éviter les problèmes.
-J'ai besoin de quelqu'un ou de quelque chose de plus fort que moi pour me soutenir.
-Je dois avoir le contrôle de tout.
-Je dois être compétent, sinon je suis sans valeur.
-Le monde doit me donner de la joie.
Etc.

La liste du croire est longue, et elle se glisse dans nos vies petit a petit au fil des années, sans jamais vraiment dévoiler son emprise sur nos comportements.
L'extrémiste est en fait ici ni plus ni moins l'individu qui exprime ces tensions venant de certaines croyances…ou est-ce l'inverse ? Que cette expression soit "hors-normes" est sans aucun doute l'objet d'un débat culturel qui pourrait nous voir examiner la croyance au sens large, et peut être nous rapprocher d'un comportement socialement acceptable et facilement reconnaissable par tous.

Il me parait évident dès lors,  que certains individus évoluent dans un sentiment perpétuel de ruine, et que leurs préparations sont en effet l'expression d'un futur apocalyptique. Le retranchement est alors une solution évidente pour eux, et je suis sur qu'ils souhaitent plus ou moins consciemment un événement décisif qui signera la fin d'un monde, et le début d'un autre.
Ce retranchement "embryonnaire" est l'attente d'une naissance, et la mise en place d'une retraite fortifiée, la tentative d'un retour a l'univers in utero dans la sensation…une membrane protectrice réfléchie et construite en rapport avec un monde dangereux, imprévisible, et pour beaucoup voué a l'échec.

Cet individu ne représente cependant qu'une prise de position par rapport aux nombreuses croyances qui habitent nos placards, et en tant que libertarien, a partir du moment ou il ne fait de mal a personne, je ne vois pas trop l'utilité d'un débat quand a son "croire".



Il y a cependant une autre manière de voir, et un autre individu, qui lui ne souhaite en aucun cas la fin du monde, bien au contraire.
Si j'utilise le mot "libertarien" plus haut, c'est bien que la philosophie politique du Libertarianisme a une place et un rôle pertinent au sein du survivalisme "moderne".

Si il me fallait réduire dans un esprit de simplicité la nature du survivalisme moderne, qui s'oppose a une attente et un retranchement "sociale", il me faudrait encore utiliser le mot indépendance, et même si le survivalisme englobe et absorbe dans le geste ceux la qui attendent et souhaitent "la fin du monde", il est au contraire d'une intention complètement différente.

Le survivalisme tend a réduire notre dépendance, et affirmer notre conscience.
Il n'anticipe et ne travail qu'a cela.
"La fin du monde" ou les catastrophes apocalyptiques ne définissent en aucun cas le survivalisme, tout comme le mot révolution n'est pas défini par le meurtre ou une certaine agitation sociale comme en témoigne Sri Aurobindo quand il dit: "Quand bien même je serais seul et immobile sur une montagne, il ce peux que sous l'apparence de cette inactivité ce trouve de véritables révolutions".

Ce n'est pas parce que le survivaliste "se prépare a", qu'il souhaite…d'ailleurs le docteur se prépare au soin, mais je doute qu'il souhaite la maladie. Le grimpeur se prépare a l'escalade, mais je doute qu'il souhaite la chute. Par contre, le médecin comme le grimpeur, sont tous deux conscients que la vie n'est pas cette organisation de projets sans risques.

Le survivaliste lui, se prépare a l'indépendance, car il a comprit que la dépendance est une fausse représentation de la vie. Un des bénéfices de cette démarche, est que dans une situation difficile inhérente a la vie même et sans être pour autant une situation apocalyptique, le survivaliste se donne les moyens de répondre a ses propres besoins, parce que simplement parlant…les plus forts sont ceux qui ont le moins de besoins.

Le besoins, est ici le mot clé qu'il nous faut explorer.
Quand bien même certains survivalistes sont extrémistes dans leurs croyances de fin du monde et donc dans leur approche de la préparation, il nous faut bien admettre que la plupart du monde est extrémiste dans le besoin. 
Autrement dit, la plupart des individus sont dépendant d'un système pour la résolution de leurs besoins vitaux.
Cette dépendance n'est pas un hasard ou le fruit d'une évolution harmonieuse au sein de notre univers…cette dépendance est le produit d'un certain vouloir, d'un certain calcul.

Le Libertarianisme est donc une "philosophie politique" prônant la liberté individuelle (comprise ici comme étant un droit naturel) comme valeur fondamentale des échanges économiques, du système politique, mais aussi et surtout des rapports sociaux.



Le calcul de la dépendance, est un calcul qui soumet l'individu a dépendre d'un autre par la mise en place d'un système qui ne reconnait pas certains droits naturels comme étant primordiaux au développement et au bien être de l'être, mais indispensable au pouvoir.
Cette manipulation se résume a la mathématique suivante:
Dépendance = pouvoir.

Il est alors évident de reconnaitre dans le besoin un rapport difficilement indissociable au pouvoir. Si tu as besoin de pain, et que j'ai du pain, je possède alors du pouvoir. 
Le survivalisme est une réponse impeccable au monde de l'homme et du pouvoir, car il tend a la diminution de ce rapport.
Si un individu a besoin de nourriture, d'eau, de sécurité, d'énergie et d'un abri pour sa survie, et que c'est encore et toujours un autre qui possède la clé de ses besoins, il est alors dépendant et esclave de ce rapport.

Ce calcul est la restriction de l'arme, la mise en place de la monnaie, la pratique du juste-a-temps, les taxes, le système scolaire, l'agri-business et la monoculture et ainsi de suite.
Le résultat est une dépendance a outrance.

Quand je stocke 6 mois de nourriture comme le faisaient nos ancêtres, ce n'est pas dans l'anticipation de la fin du monde, mais bien dans une intention d'indépendance face a un système juste-a-temps. 
Quand je possède une arme a feu, ce n'est pas dans l'anticipation de tuer, mais bien d'affirmer ma conscience et celle de mon clan, et de me voir indépendant d'une police, d'une armée ou d'un gouvernement. 
Quand je produis ma propre nourriture, ce n'est pas dans l'anticipation de la famine, mais bien dans l'intention de ne plus être dépendants d'une agriculture inconsciente et dévastatrice pour notre planète.
Quand je porte mon attention vers une énergie renouvelable, ce n'est pas dans l'anticipation d'une catastrophe globale, mais bien dans l'intention d'une certaine indépendance quand a nos systèmes pollueurs et non soutenable.

Nous sommes donc très très loin ici de souhaiter la fin du monde, puisque le survivalisme repose jusqu'à présent sur la liberté et l'indépendance de l'individu, sur le pouvoir personnel et la prise en main a l'échelle individuelle de nos besoins les plus basiques, tout en adoptant des méthodes écologiquement soutenables, intelligentes et cohérentes.
Ecologiquement soutenable + intelligent + cohérent = futur.

L'individu qui souhaite la fin du monde est justement celui qui continu de s'investir dans une vie dépendante de systèmes qui tuent notre planète. C'est l'individu qui est contre l'arme, mais qui a 2 voitures, qui achète des bananes du Chili et s'offre un voyage en avion une fois par an.

C'est ce genre d'inconscience qui fait naitre chez certains un désir d'indépendance…et je trouve cela sain et généreux. Généreux dans le sens ou le survivalisme est un regard porteur d'avenir…car ce sont nos enfants qui vont hériter de ce monde.



"Ce que nous faisons n'est jamais compris, mais seulement loué ou blâmé."
F. Nietzsche.







6 commentaires:

  1. Salut volwest
    Encore un article bien agréable à lire.
    Je retiens particulièrement cette courte phrase "Le survivalisme tend a réduire notre dépendance, et affirmer notre conscience" qui résume bien et à elle seule, pas mal de choses ..
    logan

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  2. Salut a toi Logan…

    Merci de prendre le temps de lire, et de poster quelques mots miroirs qui m'aident a réfléchir la direction du blog.

    Au plaisir.
    volwest

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  3. l'erreur la plus fondamentale dans le libertarianisme, c'est qu'il n'y a pas au départ aucune théorie de la connaissance pour l'individu. Au moins chez Marx il y a le matérialisme dialectique, et même s'il m'arrive parfois d'y douter, j'ai guère trouvé mieux jusqu'à présent.

    Ainsi donc, on croit que les idées apparaissent dans la tête des individus par génération spontanée, et que cela les rend "libres" ---erreur--- car souvenons-nous de l'axiome démocritien De rien, rien ne nait.

    Étant donné que les conditions matérielles d'existence, mais aussi toute l'histoire personelle et sociale de l'individu semble modeler sa conscience, il n'y a aucune raison de donner liberté à ces gamins d'entrepreneurs, puisqu'ils ne sont pas responsables de leur entrereneurship, pas plus qu'en réalité les pauvres sont responsables de leur pauvreté.

    Ps: il est facile de lâmer la social démocratie, ce piège a con des socials-chauvins, et je vous appui dans votre démarche, mais je vous rapelle que c'est du capitalisme d'État, et non du vrai socialisme. Merci

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  4. Salut Anonyme, et merci...

    Si la liberté est un concept, elle devient du même coup indéfinissable car trop changeante, trop relative.
    Le libertarianisme n'est pas d'un concept nous voyants évoluer dans un univers définissable…il est simplement une manière politisée de se confronter au monde, et qui pourrait se résumer grossièrement a moins de gouvernement, et plus de libertés individuelles.

    Un article a son sujet est prévu.

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  5. salut volwest
    Tu citais le vieux moustachu j'y fais donc echo

    "Peu de gens sont faits pour l'indépendance, c'est le privilège des puissants"
    Friedrich NIETZSCHE

    N'est pas libertarien qui veut mais qui peut ...
    L'ultra majorité des moutons preferent vivre sous la coupe d'un berger que de tenter l'aventure de la liberté ...

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  6. Salut Volwest!

    Le désir de liberté (donc d'indépendance) est extrêmement puissant en toi, viscéral même...Mais une très grande majorité des gens, même s'ils avaient conscience de leur extrême dépendance/esclavage vis-à-vis des "puissants", s'en moquerait éperdûment! Car la liberté n'est pas pour eux un critère de bien-être/bonheur...Le mouton se contrefiche d'être un mouton...
    Stay safe ; )

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