mardi 28 septembre 2010

Mythes et mensonges-1







Aujourd'hui, je voudrais adresser un article concernant le survivalisme.
Le titre de cet article est: "Le survivalisme pour contrer la fin du monde ?"…avec un sous-titre, puisque le titre n'est apparemment pas assez lourd qui dit : "Se préparer a l'Apocalypse annoncée depuis des millénaires."

Même si il me semble évident que le titre sous-titré est l'annonce flamboyante d'une compréhension limitée de ce que le survivalisme propose, il me faut cependant bien voir ici une manipulation perverse et l'objet de notre premier mythe.

Ce mythe est de l'association du survivalisme, a la fin du monde et l'Apocalypse.
Cette approche sous-entend un terrain psychologique névrosé, qui tend a une relation au monde qui ne peut être que farfelu et instable.
La fin du monde et l'Apocalypse sont des événements Biblique…et quand bien même cette croyance, car il est ici question de la croyance, est une réalité pour des millions d'individus, il serait dommage de faire une soupe des le départ, en mélangeant des ingrédients tels que les religions, le survivalisme et les prophéties.

Inévitablement, l'image qui accompagne le titre, est une photo de promotion du film 2012…pourquoi pas, continuons la construction d'un fanatique névrosé ayant un gout cinématographique quelque peu puéril.



"De folles rumeurs circulent a propos du 21 décembre 2012, annoncée par certains comme la fin du monde. Les survivalsites en profitent pour recruter de nouveaux adeptes…
Depuis le déluge biblique et l'Arche de Noé, l'imaginaire humain est teinte de craintes apocalyptiques. Les hommes n'ont cessé de s'interroger, de chercher a anticiper des catastrophes. Certains se sont tournés vers la religion, la philosophie, d'autres plus matérialistes apprennent a se protéger."

Personnellement, étant survivaliste, je ne crois pas plus a la fin du monde le 21 décembre 2012 qu'a l'Arche de Noé. L'imaginaire de l'Homme (avec un grand H madame), est effectivement teinté de craintes. Que ces craintes soient d'une nature apocalyptique ou du rapport a l'autre, il me semble naturel dans un monde prédateur et construit sur une biologie de l'héritage, que nous entretenions une certaine sensation au travers de l'imagination. Que ceci soit harmonieux ou non, c'est un débat philosophique et/ou métaphysique qui n'a pas sa place ici.

Maintenant, conclure de cette analyse superficielle que les survivalistes profitent de notre patrimoine biologique a des fins de recrutements d'adeptes…je rigole.
Il ne faut pas confondre ici survivalistes et marchand de place publique. Les deux existent, mais ils sont rarement au même endroit et au même moment…et quoi qu'il arrive, leurs intentions sont immuablement différentes.

Pour ce qui est de la dernière phrase gratuite, il n'y a a ma connaissance, aucune organisation ou mouvement plus matérialiste et gardé que la religion et la philosophie.
Les deux germes d'une vision qui prône l'esclavage et la dépendance, et ne font qu'entretenir la crainte et la sphère imaginaire chez l'Homme. L'un est un esclavage du corps, et l'autre une dépendance intellectuel.
Le survivalisme, est justement contraire a ce genre de vision, et tend, même si parfois maladroitement, a une indépendance physique et psychique qui passe par la responsabilisation de l'être face a ses craintes justement.



"Le survivalisme est une technique qui consiste en diverses préparations pour survivre face à une hypothétique catastrophe. Si, dans les années 1960, la dévaluation puis l’inflation inquiétèrent les populations, notamment américaines, les années 1970 devaient, avec la crise pétrolière, devenir un terrain fructueux pour les auteurs de manuels de survie et autres spécialistes en matière de prévention de catastrophes ( Don Stephens, Kurt Saxon, Mel Tappan).
Les tremblements de terre des années 1980, le bug annoncé de l’an 2000, les attentats du 11-Septembre et le tsunami de 2004 ne firent que renforcer les idées de protection forts présentes dans certaines contrées du monde."
Non…le survivalisme n'est pas une technique pour survivre une hypothétique catastrophe. 
Le survivalisme est une manière de vivre qui tend a l'indépendance et a la liberté…même si ce terme est relatif. Survivre a une hypothétique catastrophe est naturellement ce a quoi notre biologie nous prépare, et cette réponse est de l'instinct. Les techniques de survie, ne sont pas le survivalisme.
Le survivalisme est un terme qui désigne un état d'esprit qui découle d'une certaine relation a la vie même. Cette vision est systémique et englobe la totalité des gestes produits par l'individu. De la relation humaine a notre impact écologique, de nos droits en tant que conscience a l'exploitation intelligente de la terre par des méthodes comme la permaculture par exemple.

Les auteurs de manuels de survie ne sont qu'une partie de la réflexion quand a l'état de santé de notre monde. D'ailleurs, si nous regardons attentivement les dernières décennies, ce ne sont pas que les manuels de survie qui sont devenu populaire, mais aussi les livres d'entraide, la multiplication des livres de santé physique et psychique, l'approche métaphysique, anthropologique, ésotérique, et toute la gamme "vie pratique" ou "self-help".

Le survivalisme, même si le terme est assez récent, est aussi vieux que le monde. Il n'apporte rien de nouveau que nos ancêtres ne pratiquaient pas déjà.
Une tribu chasseur/cueilleur pratiquait le stockage et la prévention, ils appliquaient des méthodes de survie et avaient une approche intelligente de la nature qui s'alignait avec la loi de l'économie d'énergie. Ils envisageaient les catastrophes puisque les catastrophes sont de ce monde…et qu'il faudrait être aveugle, sourd et muet pour ne pas les voir ou les anticiper.

C'est a croire qu'il nous faut nous convaincre que le monde va bien, et que l'anticipation et la préparation aux catastrophes est une maladie. Alors, renforcer les idées de protection est il me semble une idée qui a du sens…surtout quand cette idée s'aligne avec une intention d'indépendance et de responsabilisation quand a notre conscience.


"De nombreux risques sont considérés comme des menaces pour la société mondiale :
- les catastrophes naturelles : séismes, blizzards, ouragans, tornades, tsunamis;
- les conflits humains, armés : guerre bactériologique, guerre nucléaire;
- les catastrophes économiques : misères, krachs boursiers.
Englobant largement les risques auxquels l’homme doit faire face, le survivalisme s’adapte tout particulièrement aux prophéties qui annoncent la fin du monde et qui remplissent autant les magazines scientifiques que les ouvrages plus légers qui flottent sur la vague du scoop, du sensationnel."
"La société mondiale" ?
Je me demande ce que c'est que cette bête la…et ce que les Indiens d'Amazonie en pense.
Evidement, la liste ne prends en compte que le spectaculaire médiatique. Le survivalisme, c'est aussi prendre en compte la perte d'un travail, le décès d'un parent, la voiture qui casse, l'incendie de foyer, la coupure d'électricité, la grève de métro, les systèmes juste-a-temps et que sais-je encore.

Le survivalisme ne s'adapte pas tout particulièrement a quelque chose de précis, il tend simplement a une indépendance qui influence notre rapport avec le monde, et ce qui s'y passe.


"Le mouvement survivaliste est alimenté par des crises majeures de plus en plus nombreuses. Les tremblements de terre meurtriers, les risques d’épidémies, les dérèglements climatiques, le terrorisme, les menaces nucléaires sont autant de facteurs d’appréhension qui font que de plus en plus d’individus se rallient à l’idée d’apprendre à survivre. En effet, on ne s’improvise pas survivaliste : des formations sont dispensées à travers le monde pour lutter et anticiper les risques (apprentissage des technique de survie et rudiments de notions médicales)."

Normal non ?


"Que la menace soit énergétique, climatologique ou sociétale, l’homme se doit de se préparer activement à survivre dans un monde susceptible de lui devenir hostile. C’est ainsi que de nombreux américains envisagent le survivalisme et prévoient leur avenir.
Alimentés par toute une armada de films ou de livres aux scénarios catastrophes ( "Le jour d’après", "2012", "The Road", etc.), mais aussi par des conférences et des interventions de grands spécialistes des théories apocalyptiques, le survivalisme est devenu un business florissant pour les fournisseurs d’équipements de survie (boussole, appareil de positionnement GPS, paquetage d’urgence) et pour les constructeurs de bunkers, de cylindres, et de souterrains habitables."
"Un monde susceptible de lui devenir hostile" ?
Et notre système immunitaire il est en réponse a un monde non-hostile ? La vie repose sur une organisation ou l'un mange l'autre. A moins de passer a une organisation différente, c'est ici que nous sommes.

Le business de la peur, profite bien plus a nos gouvernements qu'aux fournisseurs d'équipement de survie. On se demande pourquoi ?
La peur sert le contrôle…l'indépendance est l'ennemi numéro un de nos gouvernements, car c'est bien le business de la peur et non le survivalisme que nous questionnons ici. Le survivalisme ne travail pas pour la peur, mais bien pour la prise en main et la confrontation intelligente d'une peur quelconque.
Pour ce qui est des bunkers, a moins d'être très riche et/ou excentrique, cette sphère est d'une idée du survivalisme a laquelle je ne m'abonne pas.


"Le 21 décembre 2012, selon les prévision mayas, la fin du monde arrivera. Il convient donc de préparer sa survie et pour cela les bases élémentaires sont :
- de rejoindre un abri construit (souterrain ou en hauteur) selon des normes précises pour se protéger de toutes attaques (avec radios à ondes courtes pour communiquer avec les survivants environnants, compteur radioactif pour anticiper une réaction nucléaire);
- accumuler suffisamment de vivres pour être capable de vivre en autarcie pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.
- s’armer pour lutter contre d’éventuels pillards ou individus moins prévoyants désireux de sauver leur peau (armes, masque à gaz)."
1- Vraiment ?
Il y a des normes précises ?
J'ai du rater le film.

2- Je suis toujours étonné de lire ce genre de raisonnement quand au stockage de la nourriture, encore une fois comme ci ce geste était d'une maladie contagieuse…comme si d'être capable de nourrir sa famille pendant quelques mois sans être dépendant de nos systèmes de supports était complètement inadapté et mentalement incohérent.

3- Ah…l'arme. Attention nous voila dans une sphère glissante et éprouvante. 
Retournons a notre système immunitaire. Si un virus par exemple attaque notre corps, la réponse de notre système immunitaire est simple. Eliminer le danger.
Personnellement, un individu qui menace ma vie, ou celle de ma famille, sera la victime de mon système immunitaire. Point final.
Si j'anticipe cette possibilité, ce n'est pas dans un esprit de violence gratuite, mais bien dans la réalisation que toute conscience s'affirme, et que la prédation est une réalité.

En tant que survivaliste, et affirmant donc ma conscience et mon intention d'indépendance, il m'est difficile de reléguer mon système immunitaire a quelqu'un d'autre.
Ceci dit, l'article ne propose pas non plus l'utilisation de l'arme pour la procuration de nourriture, ou la négociation des forces…


"Avec cet instinct de survie, seuls ceux qui se seront prémunis contre le danger auront le droit d’être sauvés. C’est en ces termes que certains citoyens américains voient les choses pour l’après chaos. Ainsi dans l'Utah qui serait, d’après de savants calculs, l’Etat des Etats-Unis le plus sûr, car loin des zones les plus peuplées, s’est construit un site, Freedom Ranch. L'accès au lieu est interdit aux curieux. L'endroit regroupe une quarantaine d’habitations dont les occupants vivent en autarcie (maison ultra-modernes, écologiques et protectrices, panneaux solaires, etc.). Ils refusent d’envoyer leurs enfants à l’école car ils estiment que la civilisation a déjà sombré et n’ont aucune confiance dans l’institution publique. Une suprématie de certains individus qui n’est pas sans rappeler un certain sectarisme et à l’opposé de l’idée d’entraide dans les pires cas de tragédies. Il est même question pour eux de recréer une nouvelle société avec les survivants, selon des règles sélectives strictes.
Info ou intox, fin du monde ou non, nombreux sont ceux qui préparent leurs arrières et s'enrichissent avec la vente de produits censés protéger d'une Apocalypse annoncée depuis des siècles."

"Une suprématie" ? Si certains veulent acheter une maison avec des panneaux solaires, et ne veulent pas envoyer leurs enfants a l'école, et bien qu'ils le fassent. Devrions nous tous vivre dans le conformisme ? Comme l'article commence par une soupe, il doit ce terminer par un dessert religieuse-au-survivalisme. 

8 commentaires:

  1. Salut à toi Volwest,
    Bon, tu ne l'entends pas, mais je suis en train de t'applaudir mentalement.
    Tu as superbement résumé notre façon de voir (en tout cas la mienne).
    J’étais en effet tombé sur cet article il y a quelques temps, mais l’avais laissé de coté, lassé de voir comment une fois de plus il abordait le sujet en surface sans aucune réelle investigation (et même sans aucune réflexion).

    Le plus marrant, c’est de se dire que l’auteur doit être de ceux qui se tartinent de crème matin midi et soir dés l’âge de 20 ans pour avoir deux rides en moins à 60 ans…

    Bref, sa préparation face à l’avenir se résume à un masque hydratant…

    Mais nous, telle la fourmi dans la fable de la Fontaine, qui préparons un minimum notre futur en envisageant aussi des cas difficiles, mais tellement plausibles et vus tant de fois dans nos contrées, sommes raillés par les cigales qui représentent aujourd’hui la majorité de nos concitoyens. Dans la civilisation du « tout tout de suite », comment supporter celui qui vous montre la réalité en face ?

    "Comment, tu penses que notre société ne va pas durer éternellement ? Mais c'est sûrement en fait que tu SOUHAITES sa destruction."
    Bien sûr que non je ne souhaite pas la fin de notre civilisation, car bien que je ne la trouve pas parfaite, je suis content d'avoir accès aux soins, aux loisirs, de manger à ma faim chaque jour sans devoir bosser 16 heures sur 24 7 jours sur 7. J’aimerai la voir évoluer doucement, sans à-coup, vers un système encore plus juste et plus respectueux de notre environnement, et j’essaye moi-même de l’influencer dans ce sens…

    Mais je vois aussi ses faiblesses : son système du juste à temps, qui peut partir en couille à la moindre grève générale, son système d’ordre, qui repose entièrement sur l’intervention motorisé, toutes ces failles qui pourraient bloquer complétement la belle mécanique si complexe qu’est notre société actuelle.

    Donc si je reste complétement dépendant de cette société, moi aussi je pourrai me retrouver totalement paralysé. Alors, en tant qu’homme responsable, je dois prendre les choses en mains.

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  2. Salut…


    Oui…d'ailleurs, je pense faire de ce "Mythes et mensonges" une partie permanente de ce blog pour répondre a l'incompréhension du survivalisme et peut être couper-les-dires ou tout du moins démystifier la chose.

    Tu touches aussi dans ton commentaire a la face cachée du survivalisme, et qui est celle du futur de nos enfants. Nous y reviendrons.

    Prends soin l'ami.
    volwest

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  3. Les livres de survie ou les stages et j'en passe ne sont que des moyens de tendre vers le survivalisme. Il en existe pleins d'autres mais il faut se tourner vers toutes les options possibles. Pour ma part, je me renseigne également sur l'écologie par exemple. Tous les moyens réunis forment le survivant que nous serons grâce à une bonne préparation élargie.

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  4. je viens de vous lire et j'avoue que vous me rassurez : je me croyais seul dans mon coin .
    personnelement j'ai commencé par me rendre autonome ; recupération eau de pluie dans citerne avec filtre ( tout fait maison) motopompe etc.... 5 m3 d'eau du réseau uniquement pour l'année pour l'eau sur l'évier de la cuisine : tout le reste assuré par citerne sans soucis . electricité ..panneaux photovoltaiques ; 1 seul interupteur et je bascule pour moi si besoin ; en attendant je vends au prix fort a e.d.f. : j'ajoute la possesion d'un groupe electrogène 3kw avec branchement prise male aux deux extrémitées pour les petites coupures ..tempètes ; neige ..
    faut penser aux congèlateurs . chauffage : bois exlusivement : chauffage central et cheminée ( si nessecaire )mon jardin qui me nourrit et plus tu rajoutes 5 poules ; un couple de beauceron et quelques (guns)etc.... juste prèt a affronter l'imprévisible assez sereinement et en esperant me planter ..mais !!!

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  5. Bonjour,

    Oui, c'est juste une question de responsabilisation…
    Content d'être capable de vous rassurez, vous n'êtes pas tout seul !!!!

    Au plaisir.
    Volwest

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  6. bon sujet mais le fric dans tous ça? parce qu'il est bien la cause de beaucoup de maux!!! crois tu que certain renonçerais a tout ce fric? j'en doute et tant qu'il y auras des innégalités de la sorte, ce n'est pas prés de changer en ce qui concerne l'environnement tenez lisez ça http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/planete/20101123.OBS3422/sommet-sur-le-climat-a-cancun-vers-un-echec-programme.html a ce rythme là, ça n'avance pas..

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  7. Salut...

    Le fric ?
    Je ne pense pas qu'il soit la cause de quoi que ce soit…notre rapport a lui par contre.
    La cause des maux que nous pouvons observer est notre, et non celle des systèmes ou des valeurs que nous avons inventées.

    Quand aux inégalités, elles sont de la vie, car rien dans cet univers est égal.
    Il n'y a pas 2 vies qui soient égales, tant les projets internes et les diversités de chaque complexités sont importants, et tant le voyage de notre conscience au sein de sa matière pour évoluer et tendre a une certaine forme qui habite nos individualités est particulier.
    Il n'y a pas d'égalités, ni au sein des champs d'énergies, ni dans les propriétés, ni dans les designs.

    L'égalité, et donc notre compréhension de l'inégalité, est une affaire tordue qui découle de nos esprits.

    a+

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  8. oh yeah!!!
    no comment!
    ras!
    ...........merci!

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