dimanche 12 septembre 2010

La Permaculture.










La permaculture germe d'une philosophie qui tend a travailler avec la nature, plutôt que contre elle, qui tend a l'observation attentionnée et un geste écologiquement soutenable plutôt qu'un travail qui repose sur une manipulation et un rapport avec la nature dans le court terme.

La permaculture est aussi une manière de voir les plantes et les animaux dans toutes leurs fonctions plutôt que de traiter chaque sphère comme étant un système de production unique.
Cette approche systémique, présente des stratégies pour la création d'un système de production de nourriture qui s'adapte précisément aux besoins de chacun et qui a pour but d'être d'une écologie soutenable et d'une intégration intelligente de l'homme au sain de nos écosystèmes.

Les Nations Unis et FAO (Food and Agriculture Organisation), ce réunissent d'urgence le 24 septembre 2010 pour aborder le sujet dramatique de la crise mondiale de la nourriture.
L'inflation est de retour.
Les "experts" de l'industrie de la nourriture observent avec grand intérêt une augmentation radical du prix de produits comme le blé et le sucre faisant déjà des émeutes au Mozambique avec pour cause une augmentation du prix du pain de 30%.

Au même moment, le gouvernement Russe (quatrième producteur de blé au monde) a décidé de prolonger de 12 mois son interruption d'exportation de blé sur le marché mondiale, a la suite d'une sécheresse persistante, d'un manque de stock et d'une inflation importante dans leur propre pays.
Le prix du blé sur le marché Européen a atteint les 231E par tonne la semaine dernière, soit 60% plus haut qu'a la même époque l'année dernière.



Les problèmes associés a la production et a la distribution dans le monde de ce besoin essentiel a notre survie qu'est la nourriture sont nombreux. Une étude relativement simple et rapide de l'état de cette industrie au niveau mondiale révèle une fragilité et une inconscience qui sans aucun doute verra notre faim.

Le reportage "Food Inc." (http://www.foodinc-lefilm.com/) est une de ces révélations…

Il n'est pas nécessaire ici de faire un compte rendu et une analyse poussée de l'histoire de l'agriculture moderne, pour comprendre que notre vision et nos méthodes de productions sont plus ou moins incohérentes.
Cette monoculture est le produit d'une "monovision" propre a l'homme, qui ignore complètement la nature et son dessein varié et intelligent.

Pour le survivaliste, la production de nourriture a l'échelle individuelle est une démarche d'indépendance qui prend une place importante dans sa philosophie car son influence est multiple…et la permaculture s'adapte parfaitement a une intention de se voir vivre une relative autonomie qui se doit d'être viable même si il ne se passe jamais rien de catastrophique.

La permaculture est une réponse intelligente a un rapport énergétique avec notre monde qui doit plus que jamais s'aligner aux lois d'économie d'énergie. 

Si le stockage de nourriture est pour nous important, la production est primordiale et signe une certaine révolution par rapport aux systèmes de supports, et a la direction douteuse d'une agriculture, d'une distribution et d'une planification qui n'est pas écologiquement soutenable et économiquement viable.





Les 12 principes de la permaculture.

1- Observer et interagir.
Observer et interagir, c'est d'abords faire partit d'un tout…c'est un "voir" et une attention particulière de notre monde ou nous pouvons concevoir et mettre en place des solutions adaptées.
Ce principe résume aussi la place du survivaliste dans le monde et son action.

2- Recueillir et stocker l'energie.
Ce principe touche principalement aux projets concernant les énergies renouvelables…mais aussi certaines méthodes concernant la création de microclimats au sain de nos designs a l'aide de pierres et de marres par exemple.

3- Obtenir un rendement.
Obtenir un rendement c'est d'abords maintenir une production qui subsiste et qui est donc soutenable. C'est une réponse direct aux problèmes associées avec la monoculture.
Cette même monoculture, aura engendrée une des plus grosse famine d'Europe, quand un champignon parasite anéantit les cultures de pommes de terre Irlandaise en 1845. La pomme de terre compte plus de 700 variétés, pourtant, l'Irlande persiste a cultiver une poignée de variétés et il suffira d'un seul parasite pour engendrer la famine.
Ce principe est donc un principe de diversification sur le court et le long terme.

4- Accepter les signes.
Ecologiquement parlant, les signes sont plus ou moins évidents…l'orientation, le terrain, les couloirs de vent, mais les signes sont aussi en relation avec l'agencement de certaines plantes, la composition du sol, les insectes et ainsi de suite.

5- Utiliser et apprécier les ressources.
Une poule par exemple, est une ressource. Non seulement elle produit des oeufs, mais elle produit aussi des plumes, du CO2, de la chaleur, et bien sur de la nourriture.
C'est une ressource qui a de la valeur.
Apprécier et utiliser cette ressource, c'est peut être voir le poulailler comme un système pouvant chauffer une serre par exemple.
Ce principe s'applique aussi a notre consommation, qui devrait s'aligner avec un mode de vie qui ne prend que ce dont nous avons besoin, et ce prendre est directement influencer par notre niveau d'indépendance.

6- Ne pas produire plus déchets que nécessaire.
En trouvant une valeur a chaque ressource disponible et en les utilisant toutes, rien est un déchet. Ce principe est une affaire de recyclage et de trace, qui repose encore sur notre niveau d'indépendance.
Nos supermarchés par exemple, avec leur système de stockage "juste a temps", produisent une énorme quantité de déchets.



7- Dessiner a partir des motifs et des détails.
Si une chose est visiblement choquante dans l'agriculture, la monoculture et l'agribusiness est cette obsession de l'homme pour la ligne droite. 
Quels sont les motifs dans la nature ?
C'est un système interconnecté a plusieurs niveaux ou tout a sa place, comme la foret, qui se compose d'une canopée, d'une couche d'arbres intermédiaires, d'arbustes, d'herbes annuelles, de plantes de couverture, de racines, d'une dimension verticale comme les vignes et d'une mycosphère.






8- Intégrer, plutôt que de séparer.
C'est aussi comprendre le pouvoir d'une équipe.
Certaines tribus d'Amérique du nord appliquaient d'ailleurs ce principe qu'ils appelaient le principe des 3 soeurs.
Le mais, le haricot et la courge.
Le mais apporte un support verticale pour la croissance du haricot. Le haricot apporte du nitrogène nécessaire a la croissance du mais, et la courge apporte l'humidité nécessaire a la croissance du mais et du haricot.
C'est une culture a plusieurs niveaux avec un rendement triple sur une superficie minimale.
Voila un exemple de permaculture qui est soutenable et intelligent et qui s'applique a tous les niveaux de la survie.

9- Utiliser des solutions petites et lentes.
Au lieu d'aplatir un champs, et d'y faire une monoculture qui est un investissement a court terme…c'est aller pas a pas vers une production rentable et sur le long terme.
L'arbre fruitier est une de ces solutions.

10- Utiliser et apprécier la diversité.
Ce principe tend a la réduction du risque et a la prévention du manque.
C'est la différence entre un champs avec une multitude de plantes, et un champs avec une seule plante.
Comme tous les autres principes, ils tendent aussi a l'univers sociale de l'homme, ou la diversité des intentions, des natures, des tempéraments, et bien sur des rôles et des spécialités est important, surtout pour l'individu qui conçois la survie comme étant une affaire de groupe. 
Dans une situation difficile, un groupe d'individu qui comprend en son sain une panoplie variée de spécialités aura sans doute un champs d'action varié et se verra être plus apte a l'adaptation et a la réponse.

11- Utiliser les bords et apprécier le marginal.
La ou 2 choses se touchent, nous y voyons souvent un conflit d'opposition. Dans cette perception subjective apparait donc 2 camps, ou 2 cotés.
Le lac et la berge, la foret et le champs, l'ouvrier et le patron…mais c'est justement sur ce bords que ce trouve la plus grande production et l'abondance des possibles.
L'abondance de vie, est justement la ou la foret rencontre le champs, la ou le lac rencontre la berge.
De l'agriculture a l'entreprise, de la survie a la préparation, utiliser les bords et apprécier le marginal est une vision prolifique qui donne naissance a une productivité intelligente.

12- Utiliser la créativité et s'adapter au changement.
Ce principe résume les autres.
Tous les écoliers font l'expérience de la ligne droite et de la monoculture. Nous apprenons les mêmes leçons, nous lisons les mêmes livres, et adulte, nous nous voyions travailler dans les mêmes bureaux bien rangés.
Notre approche de l'agriculture, nos champs, sont dessinés de la même manière que notre éducation, que nos vies…et cette vie est plus ou moins conformité.

Le survivaliste doit être créatif, et toujours pointer sa boussole dans la direction de l'adaptation.

La permaculture est cette adaptation intelligente a nos besoins nutritifs.
Elle se résume par la mise en place d'une approche systémique et écologiquement soutenable de notre environnement. Elle répond pragmatiquement aussi aux questions souvent pertinentes de certains, d'une production qui se voit être visible et donc soumise a la convoitise du voisin. Le respect des méthodes et des techniques de la permaculture tendent a une production abondante et pourtant relativement subtile et discrète.




Pour plus d'informations…



Bill Mollison, David Holmgren, Permaculture 1, une agriculture pérenne pour l'autosuffisance et les exploitations de toutes tailles, Debard, 1978 en anglais, 1986 en français (editions Corlet: www.corlet-editions.fr)

Bill Mollison, Permaculture 2, aménagements pratiques à la campagne et à la ville, Equilibres Aujourd'hui, 1979 en anglais, 1993 en français (editions Corlet: www.corlet-editions.fr)






8 commentaires:

  1. Bonjour,

    Très bonne analyse tout comme à ton habitude. Voici un lien sur la permaculture qui pourrait t'intéresser. Il y a également de très bonnes analyses.

    Bien à toi

    Rémi

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  2. C'est cool cet article et ce site !

    Est-ce que tu connais ça : http://planet.permaculture.fr/ ?

    voudrais-tu en être et diffuser tes articles qui parlent de permaculture dessus ?

    Bonne continuation à toi et à ton blog

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  3. Salut Remi…

    Merci du compliment l'ami !
    Je ne vois par contre pas de lien ?


    Salut Moilmain…je ne connais pas non…j'irais jeter une main.
    Pour ce qui est de la diffusion d'articles concernant la Permaculture, je ne pense pas être assez éduqué en la matière pour pouvoir faire une contribution honnête.
    Maintenant, si vous voulez venir cueillir quelques pensettes sur le sujet, parlons-en.

    Au plaisir…et n'hésitez pas a devenir membres.
    volwest

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  4. http://www.arpentnourricier.org/

    voici le lien, j'ai du faire une mauvaise manip

    Rémi

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  5. Ressources sur la permaculture en climat tempéré, ici:
    http://www.dzogchen.fr

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  6. Les principes de la permaculture évoqués ci-dessus sont également ceux qui régissent l'agriculture moderne dite de «conservation». Ça fait longtemps que la monoculture n'a plus le vent en poupe. Les systèmes de travail réduit du sol ou de semis direct sous couvert sont clairement les successeurs de la révolution verte de Norman Borlaug. Ainsi l'agriculteur préfère viser un rendement économique plutôt que maximum. Toutefois je constate que la permaculture est propice aux dérives pseudoscientifiques et aux dogmes. Cette volonté de généralisation des processus naturels vient tout droit de l'époque préscientifique du 18e siècle. Cela ouvre la porte à toute sorte de dérives telles que la biodynamie. Un survivaliste qui utilise la science et l'expérimentation pour le guider vers des choix efficaces en matériel ou en nourriture devrait garder cette saine démarche quand il est question d'agriculture ou même de jardinage.

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    1. Salut bob,

      Tout a fait !


      Par contre, j'ai bien peur que la monoculture soit encore de saison…en tout cas aux US.
      Mais peut être aussi que nous avons une définition différente de la monoculture...

      Monoculture: La monoculture est la production ou la croissance d'une seule culture ou d'une seule espèce végétale, et ceci sur une vaste zone et pour un grand nombre d'années consécutives.

      Par exemple, le plus gros "fabriquant" d'amandes, en Californie, est chaque année obligé d'importer 75% des abeilles du pays pour pouvoir féconder ses arbres.
      Mais bien sur, nous parlons ici d'agri-business, et non d'agriculture…

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    2. Je te rassure nous avons bien la même définition de la monoculture.
      Généralement plus le climat est rigoureux - comme chez toi ou dans les prairies canadiennes - et plus l'agriculteur fait attention à ne pas trop raccourcir ses rotations. La presse spécialisée insiste d'ailleurs sur les risques associés à une monoculture de seulement 2 ans: http://www.albertafarmexpress.ca/news/tightening-canola-rotations-may-pose-problems-in-long-run/1001036663/

      Je cite:
      «A canola-on-canola rotation is believed to reduce yields by 10-15 per cent [...]. However, larger disease issues are also a concern.»

      «Crop rotations of at least one year in three, or one in four, provide the optimal results for canola, said McLean. He noted that even rotating different varieties of canola can provide benefits, as producer consistently using the same variety may also be creating a situation where disease could break through.»

      Au final, c'est l'agriculteur qui prend des risques en voulant trop miser sur une seule culture. J'imagine que les recommandations agronomiques sont les mêmes au Montana qu'en Alberta.
      Concernant les amandes, je ne connais la situation que par le biais du film cité ici. Effectivement, ça paraît un peu extrême. Toutefois je garde à l'esprit que l'agro-industrie arrive à tous nourrir et bien mieux que nos grands-parents. Les animaux sont en bonne santé et on peut manger nos steaks saignants sans craindre une intoxication. Nos céréales ont des taux de mycotoxines très contrôlé ce qui nous évite des spina-bifida comme chez les enfants pauvres du Mexique nourris au maïs infesté de champignons. Enfin, nos chercheurs arrivent à produire des variétés qui résistent à l'évolution des pathogènes. Certes, il y a des améliorations à faire, notamment concernant la durabilité, mais ces dernières ne doivent pas nous faire oublier les bénéfices de ce système.

      À propos de rotations, dans un de tes articles tu parlais des 9 familles de la rotation de Coleman.
      Franchement, comment un agriculteur peut faire une rotation sans céréale et sans oléagineuse (plante à huile: tournesol, colza/canola, soya). C'est une erreur. Tous les foyers agricoles majeurs d'il y a 5000 ans et plus on couplé 3 types de plantes: une céréale, une légumineuse et une plante à fibre (ex: le chanvre). Si ce triptyque à permis l'éclosion de sociétés humaines durables sur tous les continents ce n'est pas pour rien. Le survivaliste devrait s'en inspirer. La lecture de «Histoire des agricultures du monde» de Mazoyer et Roudart permet de mieux comprendre le contexte agricole des civilisations qui nous ont précédées. (Il faut garder à l'esprit que Mazoyer n'est pas un partisan du libre marché en agriculture).

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