mercredi 22 septembre 2010

Introduction a l'energie.









Tout ce que nous entreprenons est synonyme d'une certaine dépense d'énergie.
La vie repose sur cette échange énergétique…et donc l'économie d'énergie est devenue un pilier qui influence la pyramide de l'effort et plus généralement l'évolution.

Ce pilier, cette loi, est le développement de la feuille d'arbre et de son optimisation quand a la photosynthèse, mais c'est aussi notre histoire.
Il n'est pas ici question de faire la récapitulation de l'évolution de notre espèce…car il me parait évident que la loi de l'économie d'énergie est une constance qui luit sur les parois de la grotte de Lascaux dans le témoignage d'une chasse intelligente, et se reflète sur les panneaux solaire de la station spatiale internationale dans le rendement énergétique.

Il est d'ailleurs remarquable, que notre biologie nous rappel de temps a autre que nous sommes en partie le produit de ce pilier.
Il y a quelques années, un tremblement de terre important avait piégé un nouveau né pendant plus d'une semaine avant que les équipes de secours arrivent.
En réponse a la situation, le métabolisme du petit a tourné au ralentit…économisant ainsi l'énergie disponible et vitale a sa survie.

Ce témoignage biologique de notre relation a l'énergie a été pour moi une révolution, car il est applicable a la relation au sens large du terme, et devient encore plus pertinent dans l'approche du survivalisme.

Cette relation a l'énergie est du rendement.
Ma femme faisait du pain l'autre jour, après pétrir la pâte pendant 15/20 minutes, elle s'exclama: "c'est du travail!".
Je me demandais alors combien de calories elle brulait, et combien de calories ce pain allait lui rendre pour son effort.
Nous avons changé de recette…avec un pain qui se travail tout seul !

Ce rapport énergie/rendement, est la base de la survie.
Il est la base de la survie, car quoi qu'il arrive, quelle que soit la situation, ce rapport existe. Nos corps, sont dans la relation a l'énergie 24/24 heures, et cela toute notre vie. 

Le métabolisme de base (MB), représente la dépense d'énergie minimum et au repos permettant a l'organisme de survivre et donc de maintenir les fonctions vitales telles que le cerveau, la respiration, la circulation sanguine, la digestion et le maintien de la température du corps.
Ce MB est simplement le nombre de calories que nous brulons sans rien faire du tout…

Le métabolisme de base dépend donc de la taille de l'individu, de son sexe, de son poids, et de son âge. Un homme brulera toujours plus qu'une femme, et un enfant aura un métabolisme de base deux fois plus élevé que celui d'un adulte.
Le calcul de notre MB est donc important pour la considération de nos préparations quand a l'apport calorique…mais aussi pour la conscientisation au quotidien de la relation énergie/rendement.

Voici donc un tableau simple d'utilisation pour trouver votre MB.




Mon MB est donc de 1857 kilocalories au repos complet, de 2544 kilocalories sédentaire, et de 2795 dans l'action.
Il devient donc évident ici, que dans une situation qui demande une certaine action, nos besoins caloriques augmentent dramatiquement, et qu'il est donc nécessaire de prendre en compte cette relation a l'énergie, surtout sur le long terme.
Pendant l'expédition de Lewis et Clark qui était la première a traverser les Etats-Unis en 1804, un membre du groupe consommait de 3 a 6 kilos de viande par jours!
Bien sur, leur relation a l'énergie était principalement influencée par les habitudes alimentaires de l'époque et une approche de l'effort physique limitée, mais cette consommation "mamoutienne" est un signe pour celui ou celle qui s'anticipe chasseur/cueilleur, car le premier mot ici n'est pas "chasseur" pour rien.

Pour le survivaliste, le rapport énergie/rendement fait partie intégrale de son mode de raisonnement. Si j'ai besoin d'un couteau, quel est celui qui sera le plus adapté a cette relation ? Si je me lance dans ma propre production de nourriture, quelle méthode ou mise en place sera la plus adapté a un effort minimale, et un rendement maximal ?
Pareil si je prépare un kit de survie, un EDC (every-day carry) ou un BOB (Bug Out Bag).

L'outil, se doit d'être l'expression la plus cohérente possible de la loi de l'économie d'énergie.
Il doit servir le rendement, et donc il est généralement d'une nature polyvalente ou bien spécialisé mais essentiel. 

Si je dois faire un effort spécifique, la réponse doit toujours être du chemin le plus court et le moins coûteux en énergie.

Même si on me dit que je peux survivre 3 semaines sans nourriture, l'apport calorique est inévitable bien avant cela dans l'action. Si cet apport calorique est limité par le choix de l'outil servant a la préparation de la nourriture, nous réduisons alors le rapport énergie/rendement.
Le ragout par exemple, est une de ces préparations qui s'aligne avec le rapport énergie/rendement, ou l'animal est utilisé dans sa totalité en minimisant le gaspillage et maximisant l'apport nutritif. Imaginez alors faire un ragout de lapin, de poisson ou de crabe dans un quart…


Maintenir un MB de plus de 2000 kilocalories avec un thé a l'épine de pin dans un quart et quelques fraises sauvages, n'est pas une relation durable et soutenable sur le long terme…surtout pour les enfants ou les jeunes hommes d'un gros gabarit, ou dans une situation de stress ou nous brulons beaucoup plus d'énergie.
L'histoire de Christopher McCandless est ici pertinente quand a la logistique du maintient de notre métabolisme de base par les plantes sauvages.


Une autre expression pertinente de notre héritage biologique, est la réticence de nos enfants de consommer des plantes.
Ce système de défense est l'expression d'une méfiance respectueuse quand aux plantes sauvages, et non une protestation gratuite contre papa et maman. Les plantes sont des organismes qui ont beaucoup de pouvoir, et elles sont autant médicinales que mortelles, et ce souvenir est enraciné dans notre héritage biologique, et passé de génération en génération.


Bien sur, la cueillette a sa place au sain de la survie, mais les protéines, sont pour l'omnivore que nous sommes un carburant nécessaire, et notre dentition en est d'ailleurs la preuve.
Nos préparations et nos comportements, sont donc toujours a l'affut d'une relation énergétique qui s'aligne avec la loi de l'économie d'énergie et qui tend a un rendement particulier.


Dépense énergétique minime + rendement importent = vie.
Dépense énergétique moyenne + rendement moyen = survie.
Dépense énergétique importante + rendement minime = mort.


La situation de survie, de part sa nature, réveil en nous cette relation qui parfois se perd dans les labyrinthes de la vie moderne. 






3 commentaires:

  1. Ton tableau est très interressant, un peu flippant aussi... Je suis a presque 3500calories en mode de vie dynamique...
    Tu l'a eu ou ? C'est basé sur quoi comme calcul ?

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  2. Salut Draven…

    Et oui, nos besoins caloriques peuvent être impressionnant.
    Pour le tableau et plus de données: Wikipedia + métabolisme de base.
    J'avais déjà il y a longtemps calculé notre MB et les chiffres du tableau correspondent, donc c'est juste plus simple que d'avoir a ce taper des maths.

    @+ l'ami.

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  3. Merci pour toutes tes informations, très précises !
    Après la lecture de ce post, J'aimerais ajouter quelques éléments d'information. en tant que végétarien (depuis ma naissance, ça veut dire jamais mangé de viande ni poisson en 30 ans), et adepte des plantes comestibles. J'ai déjà fait des sorties sans rien à manger d'autre que des plantes trouvées sur le chemin, pendant plusieurs jours, et comme le dit François Couplan dans son Dictionnaire "le Régal végétal", penser que les plantes ne suffisent pas à notre organisme est une désinformation. Certaines comme l'ortie contiennent plus de protéines végétales qu'un bon Bifteck. Et les protéines végétales sont mieux intégrées par le corps que les protéines animales, elles sont plus opérationnelles aussi. Quand au besoin Calorique, je préfère donner mon propre témoignage plutôt que de vous baratiner avec des nombres : Ma première sortie de 72h sans autre nourriture que ce que je trouvais dans la forêt a été très instructive pour moi : Pendant ces 3 jours, j'ai pété le feu (ce qui n'arrive JAMAIS quand je prends de la nourriture avec moi) et j'avais beaucoup d'énergie, pourtant je ne mangeais que des plantes. Lorsque mon corps devait normalement crier "Famiiiiineee !" il me suffisait de manger quelques feuilles et j'étais repus. La partie la plus intéressante est à la fin : en rentrant chez moi, juste avant d'arriver, je n'avais pas faim, et j'étais toujours en pleine forme (pourtant je me suis trimbalé un sac assez lourd et j'ai fait que marcher presque tout le temps) et je n'avais pas faim. En arrivant chez moi, mon corps a réalisé que le frigo était à ma disposition, et là, j'ai été pris d'une soudaine et irrésistible envie d'engloutir tout ce que j'avais dedans ! J'ai avalé un bon repas comme un hystérique qui n'a pas mangé depuis un mois, et après coup, j'ai réalisé que ce que mon corps demandait là, ce n'était pas de la qualité (les plantes m'en donnaient largement assez) mais DE LA QUANTITE. Eh oui, notre corps est habitué à manger de la nourriture palpable et conséquente, mais quand on le prive de cette quantité, il s'adapte très bien et trouve le nécessaire dans des aliments de qualité. Par la suite, cette phase de transition du retour à la "normale" est devenu plus stable, mon corps c'est habitué.

    Ensuite, j'aimerais parler du Jeûne, que je pratique, et comme d'autres qui ont pu en témoigner, en s'entraînant à jeûner une fois par semaine, on habitue notre corps à prendre sur ses réserves, mais jeûner en se reposant complètement n'est qu'un début. Ensuite on apprend à notre corps à puiser suffisamment dans ses réserves pour qu'on ait l'énergie nécessaire à un effort conséquent. Après plusieurs mois d'auto-discipline, on arrive à se passer de nourriture spontanément, et le corps n'a plus besoin de 3 jours pour passer en mode "réserve", mais il le fait instantanément, car il est habitué, et là, on peut tenir 1 ou 2 semaines en ne ressentant aucune fatigue (j'ai assisté au quotidien de plusieurs amis qui se sont essayé à l'expérience, y'a pas à dire, ils pétaient le feu !), mais il ne faut pas trop prolonger au delà de 2 semaines, car après, des réserves... ben y'en a plus et on ressemble à un squelette embulant ;)

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