mercredi 22 septembre 2010

Bug Out - Cache Réciproque










Un univers relativement bancale du survivalisme est la notion de cache.
Pour un survivaliste, une cache est une "capsule de survie", un conteneur "hermétique" et résistant a l'eau généralement enterré, qui abrite une panoplie plus ou moins variées d'outils ou de matériel en rapport avec la survie dans le temps et l'espace.

Cette idée de cache n'a rien de nouveau…nos ancêtres cachaient leur nourriture ou certains outils, et durant les conflits armés, la cache joue toujours un rôle important dans la logistique et la stratégie sur le terrain, comme par exemple les caches d'armes destinées a la résistance pendant la deuxième guerre mondiale.
Dans le monde animal, cette cache est celle du corbeau…ou du chien qui enterre son os "pour plus tard".

Il est donc logique de voir apparaitre ce concept au sein d'une vision qui tend a la préparation et au survivalisme. 
Si je parle de la cache dans le module BO, c'est que souvent ce concept est lié a l'évacuation, et a la logistique qui prend en compte un point de chute, ou un trajet conséquent.
L'anticipation d'une évacuation est complexe, et beaucoup d'individus se tournent vers la cache pour résoudre certains problèmes dans le mouvement et la distance.
C'est une vision "Paris/Dakar" qui s'installe, ou il nous faut prendre en compte un possible ravitaillement ou quelques étapes avant d'arriver au point de chute choisit a l'avance.

Dans cet esprit, la cache devient une réponse plus ou moins viable.

Enterrer, a d'ailleurs toujours été le symbole d'une certaine richesse qu'il nous faut cacher a l'autre. C'est le trésor…qui s'aligne avec un concept inconscient de richesse de la terre.
Il n'y a d'ailleurs que 3 richesses au monde.

La première est celle de la terre. Une terre riche de quoi que ce soit (pétrole, or, argent, abondance de nourriture, eau, terre cultivable…) est la richesse principale qui gouverne notre monde.



La deuxième richesse, est celle de la possession de cette terre.
Elle découle de la première, et rend le "proprié-terre" riche par défaut. D'ailleurs, ne sont pas ceux la qui possède dans ce monde qui nous gouverne ? 

Cette réflexion aura d'ailleurs provoquée la fuite de certains d'une Europe qui interdisait la possession de la terre au peuple, ou la rendait d'une rentabilité impossible par la mise en place de taxes toujours plus importantes.
Cette impossibilité pour le peuple de vraiment posséder la terre, est la germination des Etats-Unis. 

La troisième richesse est celle de la valeur que nous mettons sur la possession. C'est le système bancaire, l'échange boursier, les actions etc…

La deuxième et la troisième richesse n'est pas possible sans la première…sans la terre, ou ce qui s'y trouve. Certains disent ici: "la seule manière de devenir riche sur cette terre, est de posséder la terre même".

Mais alors revenons a notre histoire de cache…qui prend un peu plus d'ampleur si l'on considère le principe des 3 richesses.
Cacher, est simplement la mise en place de solutions a un problème qui pourrait menacer nos possessions, par la valorisation artificielle de la terre pour se donner des chances de survie meilleurs.

Même si ce concept est viable dans certaines situations…je pense qu'il y a des solutions plus adaptées a ce genre d'anticipations.
Aller creuser un trou dans la foret pendant la nuit dans l'idée d'y déposer son os, n'est certainement pas un geste qui tend a une survie adaptée a notre nature, et surtout a nos besoins.

Entre en jeux le concept de la cache réciproque.
La survie au sens large, même si elle dépend de la situation, est une affaire de groupe. Il est vrai que des hommes comme Richard Proenneke nous ont prouvé que l'homme était capable de vivre en autarcie plus ou moins complète, et avec un besoin de présence humaine très réduit…mais au sens large, notre histoire est celle du clan et de la réciprocité.

La survie sur le long terme demande un travail conséquent.
Le débat de "l'avoir" contre le "savoir" qui parcourt les forums de survie, n'a pas pour moi de sens, car le savoir c'est aussi de l'avoir…et ce résume ici a "avoir des connaissances". Je suis d'ailleurs méfiant de ceux qui prônent la sagesse de l'un plus que de l'autre.
La situation de survie sur le long terme est un rapport a l'énergie, l'avoir et le savoir travaillent pour se rapport et non l'inverse.

Si nous devions récapituler toutes les sphères qui participent de près ou de loin au maintient de la vie, nous nous rendrions vite compte que la survie basée sur les prouesses d'un seul individu, n'est qu'un rapport de force qui s'aligne difficilement avec la loi de l'économie d'énergie.

Alors, au lieu de creuser des trous pour y déposer nos possessions, je propose de créer des liens. Je n'ai pas de BOL (Bug Out Location - point de chute), j'en ai 7. Mes caches ne sont pas dans la terre, mais chez mes amis. 
Cette approche me permet de ne pas être soumit a un point de chute spécifique, ou je ne trouverai rien de plus que quelques souvenirs d'"Ainsi parlait Zarathoustra"…

La cache réciproque, découle d'une longue réflexion sur les problèmes de logistiques quand a l'évacuation et le point de chute. Un ami du Colorado, partageant mon intention quand a la réciprocité, aura été le premier participant de cette vision.
Le résultat est un échange de cache, et donc une promesse simple qui ce traduit par l'acquisition de nos 2 familles d'un point de chute en dehors de notre environnement immédiat…ma maison est son point de chute, et sa maison est mon point de chute.
Ce système est intéressant, parce qu'il combine l'idée de cache, avec l'idée du clan…et donc des possibilités plus variées sans un investissement financièrement conséquent.

Je cache du matériel chez un ami, et il cache chez moi. Ce matériel peut être n'importe quoi, de la nourriture, des vêtements, de l'eau…Chacun y met ce qui lui semble important et pertinent.

1- Même si il ne se passe jamais rien de grave, j'ai des amis.
Ce que le survivaliste entreprend, n'est pas limité a l'anticipation d'une situation difficile. La mise en place d'une cache dans la foret, n'apporte rien si la fin du monde n'arrive jamais !
Le survivaliste tend a l'indépendance face aux systèmes en place, et non au retranchement sociale…ne confondons pas les deux.

2- Si je dois évacuer, j'ai un endroit ou aller. 
Posséder un point de chute comme une maison a la campagne est financièrement impossible pour beaucoup. Le système de réciprocité nous permet d'avoir autant de points de chutes que nous avons d'amis ou de membres de la famille.

3- Si je dois évacuer, je peux aller au 4 coins de la république.
Se limiter a un seul point de chute est un pari qui repose sur la chance. Imaginez devoir évacuer votre domicile comme dans la situation de Katrina, et que votre point de chute soit toujours dans la région touchée par l'événement. Dans le cas de Katrina, la dévastation s'est étendue a plus de 7 états, et a plus de milles kilomètres au delà de la Nouvelles Orleans. Aller de l'état de la Louisiane a l'état de l'Alabama ou du Tennessee n'aurait pas changé grand chose au problème. Par contre avoir un point de chute au Texas, dans le Colorado ou même a New York aurait été salutaire.



Ceux qui ont un point de chute a moins de 2/3 heures de leurs habitations feraient bien de considérer cet aspect, car l'événement déclencheur d'une évacuation pourrait être bien plus vaste que nous pouvons l'imaginer. Dans l'idéal, nous devrions pouvoir avoir un choix certain quand a notre évacuation.

4- L'union fait la force.
Dans une situation difficile, un groupe est un potentiel énorme. 
Couper du bois, chasser, pêcher, cultiver, laver, réparer, construire, garder, soigner, planifier, déblayer, cuisiner, porter, troquer, sécuriser, aiguiser et ainsi de suite est la réalité au quotidien dans une situation ou les systèmes de supports ne sont plus présent. Le clan a été un mode de vie voyant un énorme succès pendant des milliers d'années car il est une réponse adapté a une vie qui repose sur le rapport a l'énergie.

5- Les préparations doivent être décentralisées. Le mot d'ordre est ici option.
Un petit peu ici, un petit peu la, jamais tout au même endroit !
Ce principe est primordiale.
Comment ne pas voir dans la décentralisation, et donc l'option, une loi incontournable de l'indépendance ? Avoir le choix, avoir des options, c'est pouvoir s'adapter plus facilement.
Comme je le disait hier en parlant d'énergie, si nous sommes omnivores ce n'est pas pour rien.



Au final, les forums devrait servir le concept de la cache réciproque. Passer de l'échange de la propriété intellectuelle au geste.
Créons des liens, échangeons des caches et des points de chutes, éduquons nos amis, nos parents et nos voisins. Retrouvons l'esprit du clan…c'est aussi ça le survivalisme.






6 commentaires:

  1. Salut à toi,
    En effet, même si ce n'est pas abordé souvent sur les forums, c'est un sujet dont nous sommes plusieurs à nous préoccuper.

    En attendant, même si cette option est une possibilité pour moi (en discussion), un BOL perso est tout de même en préparation. Je reste dans le même esprit: je multiplie mes chances, je ne reste pas fixé sur une seule solution qui pourrait elle-même foirer. Murphy's Law frappe toujours où on ne l'attends pas, mais frappe rarement plusieurs fois d'affilé...

    Pour revenir sur la dispersion de cache chez les amis, c'est ce que j'ai bien aimé dans ton post sur l'"essentiel". Il permet de garder un minimum de matériel, peu onéreux, de le multiplier et le disperser en différent points. Cela n'est possible à faire pour une préparation plus complète, à moins d'avoir un budget quasi-illimité...

    Le problème des forums est que les liens restent le plus souvent virtuels. Peu de membres se sont rencontrés, et sans rencontre physique, je ne pense pas que l'amitié, nécessaire au minimum de confiance que nécessite l'échange de BOL, puisse naître.

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  2. Salut Anonyme,

    Ca a du sens ce que tu dis.
    Oui, la rencontre physique me semble une étape indispensable a ce genre de mise en place.
    L'article sur "l'essentiel", est justement en relation étroite avec ce sujet, et je suis content de voir que tu as fait le lien entre les deux.

    Au plaisir virtuel.
    volwest

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  3. Yellow !

    L'idée de cache réciproque m'intéresse beaucoup. J'avais dû entendre parler de ce concept sur le Survival Blog ou ailleurs. Pour l'instant, je n'ai qu'une seule BOL dûment équipée, et je compte au moins équiper un autre point de chute mais en France le territoire est plutôt étroit et l'on sort vite du pays si l'on veut s'éloigner de 1000km...

    J'avais commencé à étudier l'équipement à stocker aux BOL dans ce sujet : Equiper ses points de chute

    @+ !

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  4. Salut Canis!

    Oui…avoir 3 points de chutes me semble une bonne solution.
    Maintenant, pas obligé de faire dans le chère et le complexe. Pour moins de 50$ tu peux mettre en place une cache adaptée.

    Prends soin l'ami.
    volwest

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  5. Super ton article Volwest, déjà enfant je m'amusait à cacher certaines chose à divers endrois puis vînt le temps de cacher ses première cigarettes à droite à gauche pour être sur d'en avoir toujours quelques-une prêtent à être fumées...
    Tu ravives là un sentiment "de cache" que tout le monde connait.
    A+ l'ami
    Laruche

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  6. Salut vol west

    Une très bonne pensée que voila et un argumentaire du tonnerre^^ Je me le note dans le coin de ma tête

    mercii^^

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